réalisez-vous que vous êtes une terre qui gémit sous le soc de la charrue qui la laboure, et que cela est peut-être excellent pour votre âme? La terre, c'est vous et ce qu'il y a de plus précieux en vous, votre âme. La charrue c'est votre soif de Dieu, votre faim spirituelle, ce qui vous pousse à dire que vous aimeriez vous rapporcher de Dieu. Cette faim spirituelle est une grâce de Dieu, c'est Lui qui vous pousse à Le rechercher, en se servant de toute occasion comme levier. Pour vous le levier ce sont vos soucis actuels, lesquels comme vous l'avez compris n'ont pas été créés par Dieu, mais qui sont utilisés par Lui pour vous attirer, sûrement parce qu'il n'a pas trouvé autre chose qui vous triture assez, comme pour beaucoup d'entre nous.
Cette soif est aussi le garant que votre recherche de Dieu va durer et aboutir.
Rappelez-vous aussi que toute prière est une initiative de Dieu en nous; ce n'est pas nous qui avons soif tout à coup de prière alors qu'hier encore heureux nous nous en fichions bien, c'est Dieu qui nous envoie cette grâce sans arrêt, dans l'espoir fondé qu'un jour nos passoires d'âmes sachent enfin retenir cette merveilleuse grâce en nous.
Si nous réalisions la pluie permanente de grâces qui nous vient gratuitement de Dieu, toute notre vie, nous serions dans la louange la plus parfaite, heureux et saints... Comme vous le dites, le souci vient de nous, qui ne savons plus écouter Sa voix dans la prière intense et le silence, qui ne savons plus vivre notre vie en dépassant les Commandements par notre zèle, qui serait la marque d'un vrai amoureux de Dieu.
La prière, la vraie prière, la prière amoureuse, est union à Dieu, dans l'amour, l'écoute et le silence. Sans renier aucunement la formule -et j'y ai beaucoup recours-, la prière n'est jamais une récitation, elle est une visite entre amis, un calin de fils à Père. En considérant les choses ainsi, on peut dire effectivement qu'un monde parfait serait celui où tout le monde prierait tout le temps. Attention, la prière étant union à Dieu, elle peut être multiforme; un labeur des plus ingrat et des plus humble est déjà prière s'il est fait avec obéissance, amour et acceptation joyeuse de son devoir d'état; ainsi, le travail ne concurrence pas la prière, alors que l'oisiveté, si.Croyez vous que pour lui, un monde parfait serait que tout le monde prie tout le temps le temps ?
J'aimerais beaucoup que la réponse soit collective, car l'union profite toujours à tous, et c'est d'elle que sortent les plus belles réflexions: mais si vous me permettez d'y apporter ma pierre, je dirais que nous vivons ici-bas pour apprendre à vivre en Dieu, et à permettre à Dieu de vivre en nous; pour nous rapprocher au maximum de Lui, librement, totalement librement. N'oubliez pas que le end-point, c'est de vivre près de Dieu au Ciel, et encore nous ne savons pas ce qui nous attend vraiment, quel degré de fusion ou d'amour nous reliera à Dieu une fois là-haut. Il est bien évident alors qu’un tel amour ne peut être le fruit que de deux « personnes » absolument consentantes et heureuses de cette union, Dieu et notre âme. Aussi la condition paradisiaque est subordonnée à notre liberté la plus totale, et notre liberté, elle, se subordonne à notre mérite, car sans mérite, si Dieu nous rendait instantanément saint, cela ne respecterait ni notre liberté, ni notre croissance spirituelle, ni la construction de notre pensée et de notre libre choix ; la boucle est ainsi bouclée… Si c’est pas clair, essayez de tout donner à votre enfant sans mérite, ni croissance psychologique, ni liberté de choix de sa part, vous allez vite comprendre ce que c’est que l’enfer !Mais pourquoi sommes nous ici ?
Il se trouve que la souffrance, issue de n’importe quel souci, est encore le chemin le plus rapide et le plus sûr pour réaliser dès ici-bas l’union avec Dieu, parce qu’orgueilleux que nous sommes, si jamais la souffrance ne venait nous effleurer de toute notre vie, aucun de nous ne se tournerait vers Dieu et ne partirait à sa recherche. Dieu ne créée pas nos souffrances et Il Lui en coûte de les permettre, mais s’Il le fait, vous pouvez être sûr que le but est bon et parfait, et que ce chemin-là est sûr et qu’Il n’a pas d’autre choix que de nous le faire emprunter.
Que diriez-vous d’une mère qui ne saurait pas refuser des bonbons à son enfant diabétique ? Et que diriez-vous de la mère qui au contraire n’autorisera jamais un bonbon à un tel enfant, même s’il lui faut attendre dans les larmes, le cœur serré, que l’enfant atteigne l’âge de raison pour qu’elle puisse enfin lui expliquer les raisons de ses actes, et combien d’être contrainte d’agir ainsi a été une souffrance aussi pour elle ?
Bon, conseil de grosse paresseuse spirituelle, qui n’est pas forcément le meilleur ; ne cherchez pas, laissez faire Dieu. Après tout c’est Lui le chef, alors le gouvernail c’est son problème. Faites Sa volonté, priez, agissez selon ses commandements, toujours de façon à Le placer en premier, le bien commun en second et votre personne en troisième ; soyez généreux, pieux, fidèle, prudent, travailleur, sérieux, responsable et avisé, tel qu’Il le souhaite et nous exhorte à l’être dans l’évangile, et après vous, le déluge !dans la bonne direction, où trouver le sens du chemin ?
…Pour que Jésus augmente Son Amour en proportion de la force qu’il me faut pour supporter tout ce que la vie ou Lui m’enverront, et ça ira. Pas pour que les souffrances soient plus légères… ne me déclouez pas, je ne le veux pas, et c’est déjà bien assez tentant comme ça par moments… La Croix est aussi source de joie, même dans un océan d’amertume, la Croix est aussi quelque chose que notre âme a soif d’embrasser, même si notre chair pleure sec de n’avoir plus de larmes… parce que comme l’a dit si bellement Etienne, qui est presque notre directeur spirituel ici, la où est la Croix, là est Jésus…Je prierai pour que les souffrances vous soient plus légères
En Christ,
Zélie


