Qu'attend Dieu de nous ?

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zélie
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

Roméo,

réalisez-vous que vous êtes une terre qui gémit sous le soc de la charrue qui la laboure, et que cela est peut-être excellent pour votre âme? La terre, c'est vous et ce qu'il y a de plus précieux en vous, votre âme. La charrue c'est votre soif de Dieu, votre faim spirituelle, ce qui vous pousse à dire que vous aimeriez vous rapporcher de Dieu. Cette faim spirituelle est une grâce de Dieu, c'est Lui qui vous pousse à Le rechercher, en se servant de toute occasion comme levier. Pour vous le levier ce sont vos soucis actuels, lesquels comme vous l'avez compris n'ont pas été créés par Dieu, mais qui sont utilisés par Lui pour vous attirer, sûrement parce qu'il n'a pas trouvé autre chose qui vous triture assez, comme pour beaucoup d'entre nous.
Cette soif est aussi le garant que votre recherche de Dieu va durer et aboutir.
Rappelez-vous aussi que toute prière est une initiative de Dieu en nous; ce n'est pas nous qui avons soif tout à coup de prière alors qu'hier encore heureux nous nous en fichions bien, c'est Dieu qui nous envoie cette grâce sans arrêt, dans l'espoir fondé qu'un jour nos passoires d'âmes sachent enfin retenir cette merveilleuse grâce en nous.
Si nous réalisions la pluie permanente de grâces qui nous vient gratuitement de Dieu, toute notre vie, nous serions dans la louange la plus parfaite, heureux et saints... Comme vous le dites, le souci vient de nous, qui ne savons plus écouter Sa voix dans la prière intense et le silence, qui ne savons plus vivre notre vie en dépassant les Commandements par notre zèle, qui serait la marque d'un vrai amoureux de Dieu.
Croyez vous que pour lui, un monde parfait serait que tout le monde prie tout le temps le temps ?
La prière, la vraie prière, la prière amoureuse, est union à Dieu, dans l'amour, l'écoute et le silence. Sans renier aucunement la formule -et j'y ai beaucoup recours-, la prière n'est jamais une récitation, elle est une visite entre amis, un calin de fils à Père. En considérant les choses ainsi, on peut dire effectivement qu'un monde parfait serait celui où tout le monde prierait tout le temps. Attention, la prière étant union à Dieu, elle peut être multiforme; un labeur des plus ingrat et des plus humble est déjà prière s'il est fait avec obéissance, amour et acceptation joyeuse de son devoir d'état; ainsi, le travail ne concurrence pas la prière, alors que l'oisiveté, si.
Mais pourquoi sommes nous ici ?
J'aimerais beaucoup que la réponse soit collective, car l'union profite toujours à tous, et c'est d'elle que sortent les plus belles réflexions: mais si vous me permettez d'y apporter ma pierre, je dirais que nous vivons ici-bas pour apprendre à vivre en Dieu, et à permettre à Dieu de vivre en nous; pour nous rapprocher au maximum de Lui, librement, totalement librement. N'oubliez pas que le end-point, c'est de vivre près de Dieu au Ciel, et encore nous ne savons pas ce qui nous attend vraiment, quel degré de fusion ou d'amour nous reliera à Dieu une fois là-haut. Il est bien évident alors qu’un tel amour ne peut être le fruit que de deux « personnes » absolument consentantes et heureuses de cette union, Dieu et notre âme. Aussi la condition paradisiaque est subordonnée à notre liberté la plus totale, et notre liberté, elle, se subordonne à notre mérite, car sans mérite, si Dieu nous rendait instantanément saint, cela ne respecterait ni notre liberté, ni notre croissance spirituelle, ni la construction de notre pensée et de notre libre choix ; la boucle est ainsi bouclée… Si c’est pas clair, essayez de tout donner à votre enfant sans mérite, ni croissance psychologique, ni liberté de choix de sa part, vous allez vite comprendre ce que c’est que l’enfer !

Il se trouve que la souffrance, issue de n’importe quel souci, est encore le chemin le plus rapide et le plus sûr pour réaliser dès ici-bas l’union avec Dieu, parce qu’orgueilleux que nous sommes, si jamais la souffrance ne venait nous effleurer de toute notre vie, aucun de nous ne se tournerait vers Dieu et ne partirait à sa recherche. Dieu ne créée pas nos souffrances et Il Lui en coûte de les permettre, mais s’Il le fait, vous pouvez être sûr que le but est bon et parfait, et que ce chemin-là est sûr et qu’Il n’a pas d’autre choix que de nous le faire emprunter.
Que diriez-vous d’une mère qui ne saurait pas refuser des bonbons à son enfant diabétique ? Et que diriez-vous de la mère qui au contraire n’autorisera jamais un bonbon à un tel enfant, même s’il lui faut attendre dans les larmes, le cœur serré, que l’enfant atteigne l’âge de raison pour qu’elle puisse enfin lui expliquer les raisons de ses actes, et combien d’être contrainte d’agir ainsi a été une souffrance aussi pour elle ?
dans la bonne direction, où trouver le sens du chemin ?
Bon, conseil de grosse paresseuse spirituelle, qui n’est pas forcément le meilleur ; ne cherchez pas, laissez faire Dieu. Après tout c’est Lui le chef, alors le gouvernail c’est son problème. Faites Sa volonté, priez, agissez selon ses commandements, toujours de façon à Le placer en premier, le bien commun en second et votre personne en troisième ; soyez généreux, pieux, fidèle, prudent, travailleur, sérieux, responsable et avisé, tel qu’Il le souhaite et nous exhorte à l’être dans l’évangile, et après vous, le déluge !
Je prierai pour que les souffrances vous soient plus légères
…Pour que Jésus augmente Son Amour en proportion de la force qu’il me faut pour supporter tout ce que la vie ou Lui m’enverront, et ça ira. Pas pour que les souffrances soient plus légères… ne me déclouez pas, je ne le veux pas, et c’est déjà bien assez tentant comme ça par moments… La Croix est aussi source de joie, même dans un océan d’amertume, la Croix est aussi quelque chose que notre âme a soif d’embrasser, même si notre chair pleure sec de n’avoir plus de larmes… parce que comme l’a dit si bellement Etienne, qui est presque notre directeur spirituel ici, la où est la Croix, là est Jésus…

En Christ,

Zélie
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par etienne lorant »

Ce que Dieu attend de nous, du moins si nous ne Lui resistons pas... c'est finalement ce qui arrive.

Evidemment, çà ne ressemble pas à une réponse, mais c'est une réponse ! En 2OO3, ma boutique a dû fermer temporairement du fait d'un grand chantier. J'ai réclamé des indemnités au maître d'oeuvre, mais il m'a répondu en riant: "Ah, envoyez-moi donc vos avocats, je vous enverrai les miens !" J'ai posé des questions à droite et à gauche, et l'on m'a répondu: "Avec G., tu ne seras jamais gagnant. Même si tu utilises la procédure en urgence, ses avocats vont demander des délais et il les obtiennent toujours. Dans un an, rien ne sera encore fait..." Tout ce que j'ai pu obtenir, c'est que le payement du loyer du magasin soit suspendu un an. Mais pour le reste, j'ai dû abandonner mon logement en ville pour retrouver la maison de mes parents âgés. Et j'ai commencé à compter les mois, tout en cherchant de nouveau du travail... à 47 ans, il fallait tout reprendre: c'est dire qu'il ne me restait plus rien dans les mains que ce délai, mes économies, et le service de mes vieux parents. Je me suis mis à prier, mais j'ai dit souvent: "Cette fois, Dieu m'a abandonné..."

Vers la fin de l'été (il y eut la canicule, cette année-là), je me suis retrouvé en contact privé avec une Johane, de Montréal, qui se préparait à recevoir une formation théologique concernant la miséricorde divine. Elle me propose de m'inscrire moi aussi. Elle commanderait les conférences en double exemplaire en Pologne et à la réception à Montréal, elle me les renverrait ici en Europe. (Pourquoi ce circuit, j'ai jamais su). En attendant, il me fallait me procurer le "Petit Journal" de sainte Faustine. Il n'était pas disponible en ville et donc, je voulais le commander mais je n'ai pas eu à le faire: le 24 décembre, des proches me l'ont offert en me disant: "Nous ne savions pas quoi t'offrir, nous avons choisi un des plus gros". C'est vrai que pour un petit journal, c'était volumineux !

Entre le 24 décembre et le 31 décembre, je parcours ce livre qui m'intéresse, soit, mais je suis assez distrait car entre-temps, j'ai entrepris de nettoyer ma boutique de fond en comble en vue de tenter une ouverture partielle au mois de janvier - la fin du chantier était retardée jusqu'au moins d'avril suivant !
Mon état d'esprit était déjà en train de changer et je m'éloignais de mon idée de reprendre des "cours de religion"... Johane pourtant me relance et j'hésite. Mais la nuit de la nouvelle année, à minuit quinze, depuis ma petite chambre sous les toits j'entends comme une bagarre dans la rue. Je fais pour descendre l'escalier, mais je glisse... et je me casse un orteil ! Cela n'a l'ai de rien, un orteil, mais comme çà fait mal ! Me voici bloqué pour une dizaine de jours minimum, et évidemment, la reprise du magasin est empêchée... Que faire, sur ce lit de douleur ? Je reprends le Petit Journal et cette fois, je tombe sur des passages qui répondent assez exactement à mes interrogations les plus importantes.

En mars, la boutique est rouverte. Le même mois je reçois les premières conférences. Elles sont consacrées à une méthode de vie intérieure: il faut tenir un journal, noter ses échecs et ses réussites (dans la lutte contre les mauvaises habitudes, l'apprentissage d'une discipline). Une dernière fois, au bout de trois jours, j'hésite de nouveau. Mais le jour où j'hésite, je reçois un formulaire à remplir en vue de mon "admission officielle" au sein de la Congrégation. Je n'en reviens pas: c'est donc arrivé, j'ai trouvé une porte ouverte dans l'Eglise ? Je le remplis, je le signe et je le poste... la veille de Pâques. Je me sens déjà un homme différent, beaucoup de choses se sont passées ! Vient le mois de mai. Les affaires reprennent petit à petit mais je voudrais vraiment décrocher du tabac. C'est mon plus gros défaut: il y a vraiment le tabac entre Dieu et moi - c'est comme le nez au milieu du visage. Plutôt que de faire un nouvel effort de volonté, je demande simplement : "Mon Dieu, délivre-moi de cet esclavage et moi je poursuivrai dans la voie que tu m'a donnée"... Le 13 mai 2004, j'ai cessé de fumer. Ce que j'ai vécu ce jour-là fut assez extraordinaire, car je me suis retrouvé comme "hors du temps" entre le moment où j'allais "craquer" et fumer de nouveau et le moment où j'ai fermé la boutique le soir. J'ai connu un état de manque vraiment atroce, mais en même temps mon esprit ressentait une joie telle... que j'aurais voulu que tout recommencer. C'était la joie de ma conversion de 1985, mais en plus fort !

Pour me résumer: en 2003, j'étais sur le point de tout perdre. En 2009, je suis sorti d'affaire sur le plan matériel, ma vie est beaucoup plus ordonnée qu'avant, je reçois des inspirations pour écrire (car je n'ai jamais écrit autant), j'ai fini ma formation, mais ma vie "religieuse" vient à peine de commencer. Malade en janvier et février 2009, j'ai été contraint - et j'y vois une trace de Dieu aussi - de passer un bilan complet, pas très gai à passer puisqu'en hospitalisation, à la suite de quoi je peux dire que je suis en parfaite santé.

Ce que dit mon expérience, c'est : ayez confiance en Dieu, laissez-Le agir en vous, les événements qui semblent contraires vous conduiront à une autre vie (et sans doute, comme pour moi, un autre vous-même, une re-création). Dieu vous bénisse !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Roméo
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par Roméo »

Bonjour Zélie,

Comment dire ....Félicitation....toi, comme tu te décris, la paresseuse spirituelle.....Tu m´as éclairé...
Tu as, enfin, été le trait d´union qu´il manquait entre mon esprit, mes pensées, et Dieu...

Par tes écrits," laisse moi sur ma croix" !!!!!

En fait, c´est bel et bien ça, je me suis écroulé sous le poid de MA croix...
Cette croix, je l´ai décorée, je l´ai garnie, je l´ai fait belle pensant que c´était beau.... Elle est belle....Elle plaît...
Elle est magnifique.....Elle est remplie de présent, d´actes, bons, et d´autres ratés...remplie de pensées bonnes et certaines ratées...
Ma croix....mon couple, ma famille, mon gagne pain, et quelques prières est suffisante à porter, car le chemin est long...
C´est pour cela que je ne pouvais Lui en vouloir, car Il me laissait la décorer à MON goût, mais j´étais très loin de penser
que TOUT actes, et pensées, je me répète, bons ou ratés, est un poid suplémentaire, et à force de vouloir bien faire, à force de mal faire, à force de rien faire, me voici écrasé par cette croix tellement lourde....la tête à ras de sol, voyant les autres continuer leur chemin avec leur croix.....ça fait mal, très mal...tous les soutiens reçus m´ont aider à garder espoir, mais le pourquoi de mon affaiblissement, inatendu, brusque, insuportable, restait la seul force manquante pour la volonté d´une cause, de continuer le chemin.

J´ai réfléchis sur ce que tu as dit, et je n´y vois aucune contradiction possible....félicitation...Apparement tu as l´air de venir de loin, toi aussi, pour pouvoir avoir cette force, de ne pas trop en faire afin de supporter le poid de la vie...
Tu as raison, les réponses devraient être collective, car il suffit, d´une phrase au fond d´une personnalité, pour que tout s´éclaire, et soulage

Ma croix, est suffisament belle, elle n´a pas besoin de dorure, personne ne me le demande, je dois me contenter de ce humble présent, elle est suffisament lourde...il suffit de l´entretenir, en étant équilibré et réfléchi, en oubliant pas que le chemin est plus long qu´on ne le croit...

Je n´ai plus qu´a prier, pour que je puisse me relever, je continurai le chemin, d´une façon de penser différente, m´imprégner, afin de ne pas oublier, ta leçon.


MERCI !!!!!!!!!!!
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par coeurderoy »

Bonjour Roméo,
Le curé d'Ars a dit (mais je n'ai plus la phrase exacte en tête...) que toute la différence était justement entre les croix que l'on porte et celles que l'on traîne. Cher Roméo vous expérimentez la Scientia Crucis : dans ces moments-là méditations, conseils semblent si vains, inféconds : c'est l'heure effectivement de nous unir à la souffrance du Rédempteur et d'accepter le pressoir... Edith Stein a beaucoup médité la valeur de notre union au Christ souffrant dans ces moments de solitude royale...Moments infiniment plus riches et féconds que nous ne le pensons, car après tout, reconnaissons-le, que peut bien tirer l'amour-propre de ces moments humiliants, obscurs, méprisés par l'esprit du monde. Le Père Molinié (Le courage d'avoir peur, livre que je vous recommande) insiste sur l'onction qui naît de la Croix : sans cette union mystique au Christ dans l'Esprit, les croix restent des moments infâmants, douloureux, perdus : nous devons mystiquement (et non "sensiblement") en tirer profit en offrant notre toute petite "goutte" supplémentaire au calice du Seigneur...

Bien à vous ! et Courage : Il a vaincu le monde !!!
Dernière modification par coeurderoy le ven. 09 oct. 2009, 22:38, modifié 1 fois.
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

coeurderoy a écrit : c'est l'heure effectivement de nous unir à la souffrance du Rédempteur et d'accepter le pressoir...
c'est tellement ça, c'est exactement ça! Coeurderoy, vous êtes un scribe d'or...

Pour Roméo,

Merci de votre gentillesse mais ne me félicitez pas, je ne le veux pas; mes croix m'ont peut-être laminées, mais pour autant je me vautre toujours dans mes travers, l'orgueil en tête. Je n'ai rien vécu d'autre que le renoncement sous toutes ses formes, comme tout un chacun ici sur terre, comme dans toute famille; mais sur une personne aussi peu disposée à souffrir que moi et aussi suffisante, le mélange est devenu détonnant. Sinon soyons clairs, il y a presque 6 milliards d'individus sur terre qui auraient aimé avoir une croix aussi légère que la mienne!
Et je n'ai aucune force, aucune... tout chez moi est stupeur et tremblements, à tel point que ma mère se demande parfois ce que je fiche sur terre et d'où je sors; alors mon seul recours pour ne pas me noyer dans un verre d'eau est de recourir à Dieu, tout le temps, pour savoir ce que je dois faire, dire, décider, retenir de faire. Et pour paraphraser Mère Térésa, "si on ajoutait une vingt-cinqième heure au jour, eh bein il me faudrait prier même pendant cette heure-là!"

Que Dieu vous garde, comme un joyau, sur son Coeur,

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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

Cher Roméo,
tête à ras de sol, voyant les autres continuer leur chemin avec leur croix.....ça fait mal, très mal...tous les soutiens reçus m´ont aider à garder espoir, mais le pourquoi de mon affaiblissement, inatendu, brusque, insuportable,
et injuste, et immérité tellement on a fait d'efforts ?

oui... ils sont durs ces moments-là... amers comme s'ils n'avaient pas de limite, comme si l'amertume était un océan autour de nous, comme si pour nous apprendre par le ressenti la notion d'infini, -si belle en elle-même-, cette foutue vie n'avait rien trouvé de mieux que de nous la faire palper par l'amertume!
A ces moments s'ajoutent en plus les "pompons", le cortège de trucs désagréables en plus dont on n'aurait pas besoin dans ces moments-là, cauchemars qui empêchent de récupérer ou soucis en surnombre découlant d'un seul, la gamme est vaste...
Et parfois les choses durent... en tous les cas trop longtemps à notre goût...

Face au pourquoi d'un revers il y a aspect qu'on oublie parfois mais qu'il ne faut pas négliger:
votre affaiblissement , s'il est de l'ordre de la santé, est un signe de votre corps, qui n'est pas qu'une machine biologique bien huilée par votre pratique sportive, mais qui est plus exactement l'expression matérielle de ce que vous êtes, et il se peut que vous, tout au fond de vous, vous ayez aujourd'hui besoin de faire un break, de réorganiser certaines choses, de réorienter votre vie; à nier ces besoins profonds et enfouis, vous prenez le risque que votre corps ne vous envoie que des signaux plus forts, à savoir des affaiblissements lus forts, des maladies. Donc faites face, occupez vous de vous, prenez soin de vous, essayez de résoudre la question qui se pose à vous.

Votre retour de manivelle qui vous presse la tête au sol est une merveilleuse chance si vous décidez que c'en est une, et vous n'êtes ni le premier ni le dernier à qui cela arrive. Si dans un moment pareil vous arrivez à transformer l'essai, à relever assez la tête pour prier (ou faire quelque chose de ocnstructif) alors que vous n'en avez pas forcément envie, vous aurez déjà engagé une lutte contre votre orgueil, vote apitoiement sur vous-même , qui va vous aider dans le temps. Non que l'apitoiement soit votre style, je ne le pense pas du tout à vous lire tellement vous me semblez fort, mais en fait , dans les épreuves raides, l'apitoiement sur nous-même, ... c'est notre style à tous!

Je dois partir,
Que Dieu vous porte sur votre chemin le temps d'un instant,

Zélie
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coeurderoy
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par coeurderoy »

Merci beaucoup Zélie : tes posts à Roméo me soutiennent énormément ces jours-ci : je crois que, la tête dans la poussière, il est tout-de-même bon d'entendre la voix de tel frère ou soeur l'ayant mordue lui-aussi...

Je vous livre juste ce souvenir remontant à deux mois (petite retraite effectuée à Cerfroid)... Je voulais démarrer une petite méditation sur le retour du Fils Prodigue :"classique" dira-t-on : on se met forcément tous plus ou moins dans la peau de ce fils ingrat et imprévoyant que la vie décoiffe et qui, conscient de tous les trésors d'amour qu'il a méprisés, revient pantelant et contrit au domicile paternel...Comme nous connaissons la fin de l'histoire, l'accueil du Père, la fête et les réjouissances, c'est finalement consolant ...

Eh bien, ma méditation a finalement filé sur...l'état d'âme du fils aîné, celui qui est resté près du Père à trimer et qui reproche à ce dernier sa bonté, sa générosité : je n'étais pas trop fier de me rendre compte que moi-aussi j'avais les sentiments du fils fidèle : "Quoi Seigneur ! tant d'années que je te sers, et tel ou tel qui en a fait bien moins que moi pour ton service et que tu accueilles, consoles et réjouis alors qu'à moi tu ne donnes rien ou si peu !"... En gros j'ai quand même compris que, outre ce regard d'envie ou de jalousie que je portais sur tel ou tel, j'étais tout-de-même resté au service du Père et qu'il m'aimait tout autant que la brebis revenant au bercail, même s'il ne me l'exprimait pas de la même façon...

Bon, juste pour dire que si je me retrouve beaucoup dans la teneur de tes messages, Zélie, je ne te vois pas comme une "grosse paresseuse spirituelle", et là je pense qu'il faut savoir aussi admettre et accepter le regard des autres sur nous, plus juste parfois que le nôtre tellement obnubilé par l'idée que nous nous faisons de "notre" sainteté ou indignité...


En union de prières... et beau week-end !
P.S : si le tutoiement pose problème...je reviens au "vous" ! :oops:
Dernière modification par coeurderoy le sam. 10 oct. 2009, 17:57, modifié 1 fois.
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

coeurderoy a écrit : si le tutoiement pose problème...je reviens au "vous" !
Ah non, ah non, tu ne reviens pas en arrière!

A propos du « fils aîné », des exemples de grands saints me reviennent et qui m’ont souvent aidée à me situer ; je pense d’abord à Marie, et à quelqu’un qui a été son « second fils », Saint Jean. Saint Jean est le « fils aîné » des apôtres, tous fils prodigues enfuis pour sauver leur vie, au Géthsémani.
Saint Jean est allé aux pieds de la Croix, et a soutenu Jésus de sa présence, a consolé Dieu de sa fidélité, et a porté Marie à son fils ; il a été lavé du Précieux Sang, et imprégné jusqu’à la moelle par le Saint Esprit, qui l’a rendu intrépide aux heures sombres. C’est un héros de la foi, car ne l’oublions pas, la vindicte contre Jésus lors de la Passion était le déchainement d’une foule entière, donc surement de milliers de gens ; dans la fureur, Saint Jean aurait facilement été pris et crucifié s’il n’avait pas quasi certainement bénéficié d’une grâce divine. Saint Jean a traversé sa vie dans l’obéissance et la paix intérieure au milieu de toutes ses tribulations, a rendu témoignage par tout son être de son amour pour Jésus, et maintenant il a une place à part sur le Cœur de Dieu. Chaque âme qu’il a ramenée à Dieu a été pour lui l’occasion d’une réjouissance, d’une paix accrue, d’une joie spirituelle profonde et pure. Tant mieux que la brebis retrouvée soit fêtée, parce qu’un accueil doit toujours être une fête, mais lui, l’évangéliste, a eu le cœur en fête et en paix à chaque instant de sa vie ; toute âme est un gain, toute âme est un malheureux de moins en enfer, toute âme gagnée console le cœur de Dieu… Ce sont malgré tout les saints Jean qui sont les étoiles qui nous guident dans la nuit de nos préjugés, les martyrs fidèles, les saints chastes et humbles, pas les autres. Et c’est la pureté et la fidélité d’un Saint Jean qui augmente notre soif de Dieu, qui nous lance à sa poursuite et nourrit notre réflexion et nos efforts, parce que c’est libérateur, reposant et rassérénant de voir le monde avec son saint regard.
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par coeurderoy »

Oui cette méditation est belle : le disciple bien-aimé, l'apôtre vierge, que certains disciples ont semblé jalouser, ou en tout cas qui les intriguait, est, comme Marie, une présence tendre, consolante, fidèle auprès du Seigneur. Pour moi il représente aussi la candeur et le courage de la jeunesse (même s'il a vécu très vieux...), l'amant mystique par excellence, celui qui a reposé sa tête sur le Coeur de l'Ami, et le père de toutes les âmes vraiment contemplatives... En France une sainte Jeanne d'Arc, petite alouette de Dieu prise dans les filets des puissants de ce monde, a des traits communs avec l'apôtre dont elle portait le nom...
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par Roméo »

Zélie, Etienne, Cœurderoy,

Je suis éffondré, jonché sur le sol…., j´ai soif, et vous me donnez à boire…. J´ai faim, et vous me donnez à manger…
Vous me donnez tout ce dont j´ai besoin pour survivre….Merci Beaucoup pour votre soutient !!!
Depuis plusieurs jour je lis et relis vos écris, et ça me fait énormément de bien, sachez le !
Aujourd´hui, Dimanche, doit être un jour festif, il y a une fête, un anniversaire à fêter, et je reçois de la visite…et prier….
Je n´ai guère eu de temps libre pour vous répondre, j´essaye encore à sauver *la maison*…je n´ai pas pris de temps pour vous répondre, honte à moi….je vous répondrai, enfin expliquerai un peu plus ma façon de penser au début de cette semaine, je prendrai le temps nécessaire, car méritée…
Je vous écris pour vous souhaiter un BON dimanche à tous, que votre journée soit belle… Je dois y aller…
Encore Merciiiiii…
zélie
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

oui, priez, priez, constamment, appelez Marie au secours, et si vous le pouvez, rendez-lui visite dans une église, devant le Saint-Sacrement.
Je commence à sortir d'un sale moment, et à chaque moment de prière, j'espérais une réponse, un signe de soulagement. Rien ne venait et les jours passaient, n'amenant que des mauvaises nouvelles. Tant pis, une voix me poussait à prier, à ne m'occuper que de prier et à renouveler mes efforts sans attendre de résultat, mais pour ne pas que je puisse me reprocher un attentisme, et de laisser arriver ce qui devait arriver... et finalement aujourd'hui au bout d'un mois de cauchemar j'ai enfin une lueur d'espoir, une flamme qui on dirait cette fois ne va pas s'éteindre en un instant.
Si je me permets de vous dire cela c'est pour vous encourager à prier en compagnie de votre ange, de Marie, de Joseph, qui est formidable quand il s'agit de famille et de toit, de Jésus, tout en faisant au mieux votre devoir d'état chaque jour, et laissez le reste couler. Accrochez-vous à la prière comme à une bouée, ne la lachez pas, remettez votre angoisse, votre naufrage à Dieu, et si il se trouve que vous devez déménager, demandez-lui de vous trouver rapidement un nouveau toit! N'hésitez pas, Il peut tout, et ne veut que vous voir heureux!
Je prierai pour vous, que Dieu vous soutienne de Sa si belle Paix,

Zélie
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par Roméo »

Zelie, Etienne, Coeurderoy,

Mon histoire ressemble à vos histoires, à peu de choses près,…. mon affaire s´écroule, TOUT s´écroule et je ne suis qu´au début…Apparemment on est tous destiné à connaître ce genre de situation…je dois et l´accepterai avec volonté.
Ma façon de penser diffère légèrement, les problèmes aussi…à savoir, que la maison en jeu….N´EST PAS LA MIENNE, elle était juste une garantie administrative, comme mon
était la garantie pour cette maison, j´ai aidé à bâtir cette maison, un labeur aussi …important…….J´ai investi dans mes affaires, juste avant l´accident, et cet accident m´empêche de faire des rentrées….les chiffres s´écroulent, mon couple en ressent….vouloir resté cloué sur la croix, m´est un peu trop « facile »…. Zelie, tu me trouve fort, n´oublie pas que c´est de cette force que coule les larmes….Ais je vraiment le choix ?....ma force, ma valeur…. A besoin de secours….catholique… Encore merci à vous…je n´ai qu´une chose à faire pendant que vous me soigner, penser mes blessures !!!
Je n´arrive pas à en vouloir à une coïncidence, à une injustice ou autres comparaison…je n´y arrive pas !!!….J´ai reçu un coup en pleine face, je ne l´ai pas vu arriver, je n´avais jamais imaginer que la faiblesse, ce serait moi….c´est moi qui n´as pas su voir, ma force n´as pas supportée….je n´arrive pas à mêler Dieu à tout ça….Dieu me paraît comme une aide, que serait ce sans lui ???
C´est pour cela que l´histoire de la croix me paraît correct, j´ai choisit le poids à porter, avec l´aide de Dieu…il m´a laisser faire, car j’aimais ce que je faisais, car il laisse le monde choisir, et c´est le TOUT qui m´a fait endormir au volant, et me rends momentanément immobile, pendant que mon affaire s´écroule..….Et maintenant, je lui demande de m´aider, encore et encore et encore….
C´est pour cela le titre de ma demande, lorsque que je serai guéri, lorsque ma force me sera revenu, que dois je faire pour être sur de mettre ma force en ce qu´il attend de nous et non en ce qui me plaît, même si ce que je fais lui plaît…..
Vous êtes les seuls à croire en ma guérison, vous êtes les seuls à me soigner, tous les autres me disent de lâcher cette croix et de continuer mon chemin, mais à quoi cela servirait il ?, est on vraiment plus heureux avec une croix plus légère, Dieu nous attend t il avec une croix légère ?…En fait, il n´attend rien de nous, c´est à nous à l´étonner, enfin, je crois…
Il y a de l´espoir, infime, et chaque fois qu´un espoir se présente, il s´écroule peu après…mon sang « bouillonne » à chaque espoir, c´est vrai, il se passe quelque chose en moi, et fait de même à chaque désespoir, c´est cela que j´aimerais savoir gérer afin de ne pas être écroulé à chaque espoir reçu…
Zelie, Etienne, Coeurderoy… vous avez l´air si serein, comment en êtes vous arrivez là, est ce le résultat d´un travail, quel était ce travail ?
Je vous laisse…je suis encore entrain d´essayer de sauver ce qui reste à sauver, j´y passerai la nuit…..MERCI POUR TOUT !!!!
La PRIERE et VOUS…..me sauveront……existent il un autre sauvetage lorsqu´on a une conscience ?
A bientôt….
etienne lorant
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par etienne lorant »

"Il y a de l´espoir, infime, et chaque fois qu´un espoir se présente, il s´écroule peu après…mon sang « bouillonne » à chaque espoir, c´est vrai, il se passe quelque chose en moi, et fait de même à chaque désespoir, c´est cela que j´aimerais savoir gérer afin de ne pas être écroulé à chaque espoir reçu…
Zelie, Etienne, Coeurderoy… vous avez l´air si serein, comment en êtes vous arrivez là, est ce le résultat d´un travail, quel était ce travail ?
Je vous laisse…je suis encore entrain d´essayer de sauver ce qui reste à sauver, j´y passerai la nuit…..
"


Je réponds en ce qui me concerne : la sérénité naît de la confiance en Dieu. Mais la confiance en Dieu, je suis obligé de la "refonder" chaque jour - ce qui explique pourquoi je m'efforce de participer à une Eucharistie CHAQUE JOUR. Je crois que Dieu permet ses épreuves car Il a un dessein précis pour chacun de nous. J'ai failli perdre ma boutique - et cette situation d'incertitude a duré trois années durant lesquelles mes nerfs ont été mis à rude épreuve. C'est plus tard, dans "l'après-coup" que j'ai réalisé: en développant mes affaires, j'étais tombé dans "l'affairisme" et cela Dieu ne l'a pas permis - n'avais-je pas fait voeu de pauvreté le jour de ma conversion ? J'avais également prévu de m'agrandir et l'avenir a révélé que c'eût été une grosse erreur - et aujourd'hui, si je survis bien dans la crise, c'est parce que je suis resté "petit".

Confiance en Dieu aussi, lorsque le mois dernier, un peu poussé par mon médecin, je suis parti de moi-même effectuer un bilan de santé complet. Notez ce détail: je suis resté trois jours et trois nuit dans une chambre de deux personnes (en compagnie d'un cancéreux pour qui j'ai prié). Ce qui m'a retourné, c'est que tous les symboles religieux ayant été retirés des chambres, je me suis retrouvé dans la seule qui avait été "oubliée": en m'étendant sur le lit, mes yeux sont tombés sur une petite croix dorée, qui ne portait pas de corps - mais c'était manifestement une croix. Aussitôt, j'ai ressenti que c'était bien là que le Seigneur m'avait voulu. Au bilan des examens et analyses, je suis en pleine forme... sauf pour ce qui est des nerfs (trop de stress).

Dans la journée d'hier, j'ai égaré mon portefeuille. C'est la première fois de ma vie que je perds mon portefeuille ! J'ai eu beau chercher, je ne l'ai pas retrouvé. J'ai donc commencé les démarches utiles (bloquer les cartes bancaires, refaire des photos d'identité, me rendre à la police, puis aux services administratifs de la Ville, etc.) J'ai commencé à "bouger" à 9h30 et à 12h, toutes les formalités étaient remplies. Comment se fait-il que j'ai toujours trouvé à chaque déplacement une place de parking libre et que j'ai été la première personne servie partout ? Cependant, les premières émotions passées, je m'étais repris et j'avais fait acte de confiance en Dieu, ce qui m'a calmé. Pour le reste, j'avais naturellement prié pour retrouver mon portefeuille... Prière non exaucée, bien sûr, mais ma confiance demeure.

Vous essayez de sauver ce qui reste à sauver: vous avez raison. Vous faîtes ce que vous devez faire, et continuez, c'est juste et normal. Pour le reste, croyez que Dieu a un dessein pour vous et les vôtres. Qui peut dire ce que ce sera ! Mais croyez, dîtes Seigneur, je m'en remets à Vous, et Il guidera sûrement vos affaires - puisque vous les Lui avez confiées.

L'attitude de confiance n'est pas facile, certainement pas. Mais c'est comme la foi: nous sommes pécheurs et nous avons difficile de nous en remettre au "Tout Autre" !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par coeurderoy »

Bonjour Roméo,
je ne crois pas effectivement qu'on puisse lâcher (ou fuir) telle croix parce que telle autre paraîtrait plus légère...On ne les choisit pas ces croix mais il est parfaitement humain d'attendre (dans l'espérance - la patience...) que le Seigneur daigne alléger un fardeau qui nous écrase trop.
Nous ne devons pas y laisser toutes nos forces : si tel consolateur se présente, si quelqu'un se propose à nous aider à la porter, béni soit-il !
Mais si vous avez le sentiment intime que le Seigneur intervient volontairement en brisant certains de vos "jouets" (je veux surtout parler de l'idée que vous vous faisiez de vous-même, vos aptitudes, etc) alors c'est une grâce : il ne permet ce type d'épreuves que pour nous permettre de nous détacher davantage de nous-mêmes pour nous unir à Lui.

Ce genre de paroles sententieuses sonnent assez mal, j'ai un peu honte de les écrire d'ailleurs car cela ressemble toujours aux consolations des amis de Job et personnellement je préfère le sourire ou l'aide effective d'un ami que des phrases dans ces moments-là...

Rester persuadé que Dieu permet telles épreuves pour notre avancement spirituel, notre vrai bonheur, n'est pas facile, je ne le sais que trop ! Pourtant continuez à Le louer, à dire "fiat !" "amen !"
Comme vous j'aimerais ne pas m'effondrer lorsqu'après avoir espéré, tout s'écroule tout-à-coup : comme vous le dites, le sang bouillonne, les idées deviennent confuses, la révolte pointe : "mais que veux-tu, Seigneur ? Eclaire-moi je n'y comprends plus rien !"
Or dans ces moments-là il ne nous est pas demandé de comprendre mais de souffrir de façon très abandonnée, pure, confiante...

Autant vous dire que je n'ai pas encore acquis la serénité dont vous parlez. Plus jeune, je pensais réussir à accéder à certaines "zones protégées" baignant dans la paix, le calme, le silence...
Et (tempérament nerveux, sensibilité, imagination...) je constate que je dois affronter la vie avec des blessures qui restent vives et ne m'épargnent nullement de souffrir. Cependant des choses mûrissent discrètement (c'est le Seigneur qui fait le travail...) et je suis étonné de vivre telle épreuve (un deuil par exemple) dans la paix, l'acceptation, même si côté sensibilité je souffre évidemment pas mal...

Eprouvé moi-même j'ai un peu honte à vous exhorter aujourd'hui, mais Dieu reste Dieu : Son Bonheur à Lui est là, le ciel et les couleurs sont splendides et j'ai envie de dire "Béni sois-tu Seigneur !, pour tout, car tu disposes toutes choses pour notre bien et notre salut !"

On a dit que c'était dans la nuit qu'il est beau d'espérer en la lumière. C'est au coeur du creuset de nos épreuves que Dieu accueille la louange de sa créature souffrante, petite, tournée vers Lui pour le bénir, le remercier : ce moment de Foi ne le loupez pas, il est précieux et pur...

Je vous reste cordialement uni dans la prière,
Gilles
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Re: Qu'attend Dieu de nous ?

Message non lu par zélie »

Cher Roméo,
Roméo a écrit : qui m´a fait endormir au volant, et me rends momentanément immobile, pendant que mon affaire s´écroule..….Et maintenant, je lui demande de m´aider, encore et encore et encore….
C´est pour cela le titre de ma demande, lorsque que je serai guéri, lorsque ma force me sera revenu, que dois je faire pour être sur de mettre ma force en ce qu´il attend de nous et non en ce qui me plaît, même si ce que je fais lui plaît….
Voilà comment je vois les choses, mais attention, ce n'est qu'un avis personnel: vous n'êtes pas mort au volant pour une bonne raison, une raison de charité chrétienne: parce que en ne mourant pas mais en vivant l'épreuve d'un accident, votre âme va être labourée par une recherche sans répit de Dieu et de sa "philosophie" (son message), et/ou parce que vos enfants et votre femme ont encore besoin de vous, même s'il n'en semble rien, pour que vous leur serviez de tuteur de croissance spirituelle.MAis quoi qu'il en soit, si vous êtes encore sur terre, c'est que vous avez à y faire. J'ai vu des gens merveilleux, altruistes au sens grandiose du terme, passer une vie à s'user pour les pauvres avec une santé de fer se lever un matin en pleine forme et mourir assis subitement 3 heures après (et je ne vous dis pas la douleur de la famille); tçut simplement parce que quand la coupe est atteinte, que l'âme a fait son chemin sur la terre, Jésus, qui l'aime tellement, la désire tellement près de lui, récompensée et sauvée pour l'éternité, qu'Il l'appelle aussitôt son travail accompli; lisez la vie des saints, c'est souvent décrit dedans... Alors si vous, Etienne, Coeurderoy, Hélène, Papillon et moi nous sommes encore là, c'est parce qu'on a quelque chose encore à faire sur cette terre!

Et pour ce qui est de où Dieu vous guide, je vous l'ai dit: c'est Lui le chef. Laissez le faire, quant à vous, soyez la vierge sage qui alimente sa lampe de l’huile des vertus en attendant dans la prière, l'amour et la confiance.
Roméo a écrit : Vous êtes les seuls à croire en ma guérison, vous êtes les seuls à me soigner, tous les autres me disent de lâcher cette croix et de continuer mon chemin, mais à quoi cela servirait il ?, est on vraiment plus heureux avec une croix plus légère, Dieu nous attend t il avec une croix légère ?…En fait, il n´attend rien de nous, c´est à nous à l´étonner, enfin, je crois…
Non, Il n’attend rien de nous d’une certaine façon, car comme un Amant Puissant (spirituellement), c’est Lui qui vole vers nous, nous secours et nous sauve, avant même que nous bougions un neurone pour y penser par nous-mêmes. Mais si vous lui démontrez votre confiance en vous abandonnant à Lui, en Lui offrant tout, comme l’explique si bien Etienne, alors Il prendra tout en charge et vous guidera d’un pas sûr et rapide là où Il veut que vous alliez, pour le bien de votre âme en premier, mais pas seulement, pour votre bonheur de vivre tout à fait physique aussi. Faites comme Etienne et Gilles, abandonnez-Lui tout, votre santé, votre couple, vos enfants, vos affaires, votre voiture, votre maison, tout ce à quoi vous tenez le plus, votre vie, votre confort, tout… et laissez-le faire… Il vous guidera là où Lui vous veut, et d’autant plus vite et d’autant plus sereinement que vous lui aurez tout offert du fond de tout votre être : âme, esprit et corps. En fait, nous passons notre vie à résister à Dieu, à frétiller comme un poisson dans une poêle, et c’est pour cela que Dieu galère et que nous nous sentons tant de soucis passer. Et quand je vois le fil que je Lui donne à retordre, j’ai honte de vous dire de le faire ; mais c’est un acte d’abandon qui prend des années parfois, en tous les cas pour moi. Mais je sais que là est le chemin ; avoir l’audace de pousser la confiance jusqu’à renoncer à tout, l’humilité de sa laisser amener, aveuglément, un jour à la fois ; s’abandonner à la Providence en vivant intérieurement le « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » du Pater, en demandant ce pain tous les jours, chaque jour, un jour à la fois ; parce que dans cette audace de détachement est le vrai amour pour Dieu (enfin, si tant est qu’un oiseau comme moi puisse oser dire une chose pareille, parce que personne sur terre ne sait vraiment aimer Dieu comme il le mériterait !)

c´est cela que j´aimerais savoir gérer afin de ne pas être écroulé à chaque espoir reçu…
Zelie, Etienne, Coeurderoy… vous avez l´air si serein, comment en êtes vous arrivez là, est ce le résultat d´un travail, quel était ce travail ?
Ben, on a peut-être que l’air en fait…. Je ne peux pas en fait vous répondre là, c’est trop frais pour moi, pas assez géré, pas assez pacifié.
La PRIERE et VOUS…..me sauveront……existent il un autre sauvetage lorsqu´on a une conscience ?
Roméo, beaucoup de gens prient pour vous sur ce forum, j’en suis sûre, même s’ils ne postent pas, parce qu’on bouche peut-être un peu le paysage. Mais comprenez que si la communion des saints est une grâce divine, la rédemption est affaire exclusivement de Dieu ; c’est Lui et Lui seul qui vous sauvera. Oui priez, et si vous le pouvez, déposez dans une église, ou sur le site de Lourdes ou d’ailleurs, ou sur le site d’un monastère des intentions de prière, et gardez, gardez, gardez la foi quoi qu’il vous arrive, même contre toute apparence durable, c’est extrêmement important. Osez cela.


Faites de Jésus votre meilleur ami ; n’ oubliez pas que vous avez un ange qui vous garde tellement Dieu vous aime, que c’est à cet ange que vous devez d’être encore en vie si vous n’êtes pas mort à cause de votre fatigue, mais qu’au dessus de cet excellent ami, vous avez Jésus, qui est un peu « l’ange de tous les hommes », en ce sens qu’à Lui, rien ne Lui échappe, parce qu’il vous aime tellement que votre âme n’a aucun secret pour Lui, qu’Il accourt et colle son oreille à votre cœur à chaque soupir d’amertume ou de chagrin que vous avez, qu’il colle son oreille à votre bouche pour entendre votre prière au moindre murmure de son nom (alors il ne faut pas jurer en utilisant le nom de Dieu, hein). Restez avec Lui par la prière constamment, vous n’allez pas tarder à sentir une proximité silencieuse, et à ressentir que vous marchez dans votre vie avec quelqu’un de fort qui vous tiens par la main ; l’amour pour Dieu, l’humilité, la charité pour tous, la prière, la tempérance et la pureté vont vous ouvrir un chemin que vous ne soupçonnez pas, quelque chose qui reste en paix même devant la perte et les bourrasques. Voyez-vous aujourd’hui je roule avec une voiture « plus vieille que moi » comme je dis, et je finis le mois à sec ou moins ; il ne faut pas avoir peur de cela, parce que l’extérieur ne compte pas tant que cela, c’est l’intérieur qui compte, notre vision des choses… avec le temps, mon regard a changé et apprend encore à changer, mes yeux y voient un peu plus clair et mon cœur s’est mis à chercher, et ça vaut tout l’or du monde. Je ne vis pas sereine autant que je le voudrais, mais je vis remplie et assoiffée, et mon âme ne cesse de souhaiter Jésus ; la lutte dans un tel chemin est de ne pas s’aigrir, mais la lutte est belle, la lutte est notre meilleure amie, et j’ai bizarrement toujours envie d’en découdre.

Que Dieu vous enseigne Ses Merveilleuses Voies,

Zélie
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