Kerygme a écrit
Bonjour Mikess,
Je n'ai pas pour prétention de convaincre, et j'ai suffisamment de canonistes autour de moi pour ne pas à être déstabilisé par un subtile mélange de vérités et de raisonnements contradictoires en beaucoup de points.
Le but de ces échanges n'est pas de prouver qui a raison mais d'apporter un peu de lumière dans cette obscurité que certains entretiennent.
Je ne vais pas donc pas reprendre certaines vaines subtilités, mais proposer à tout lecteur de se faire un avis - non pas en mettant sa vérité interprétative au centre - mais en voyant le cadre qui définit un schisme officiel :
Bonjour Kerygme,
le problème de mettre, comme vous le dits, certaines subtilités de côté, c'est qu'on arrive à simplifier à outrance une situation qui est tout, sauf simple. L'obscurité que vous accusez certains d'entretenir n'est pas je pense due à une volonté humaine, mais au fait que cette situation est inédite. dans le cadre des schismes précédents, les schismatiques ne niaient pas leur refus de se soumettre au pape; ils refusaient en actes de s'y soumettre et le posait en principe, ce qui n'est pas le cas ici.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Selon le droit canonique actuel, le schisme consiste à refuser de se soumettre au pape ou de rester en communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis (canon 751).
Cela suppose généralement plusieurs éléments (j'aime être cabotin alors je ne résiste pas à envoyer un "cochez la case" ) :
* Un acte conscient et libre : il ne suffit pas d’être confus, critique ou mal informé.
* Une opposition obstinée à l’autorité du pape en tant que telle, ou une rupture volontaire de la communion ecclésiale. (presque 40 années).
* Une manifestation extérieure suffisamment claire : adhérer à une communauté séparée, soutenir une hiérarchie concurrente ou refuser durablement la communion avec l’Église peut constituer des signes, mais chaque cas doit être examiné.
* Une véritable intention de séparation : la simple présence à une célébration non catholique, une désobéissance ponctuelle ou une critique de décisions ecclésiastiques ne constituent pas automatiquement un schisme. La distinction entre désobéissance et schisme est importante : toute désobéissance n’implique pas le rejet de l’autorité elle-même.
Je vais reprendre vos différents points
* Un acte conscient et libre : il ne suffit pas d’être confus, critique ou mal informé. -> oui, comme pour tout péché.
* Une opposition obstinée à l’autorité du pape en tant que telle, ou une rupture volontaire de la communion ecclésiale. (presque 40 années). -> et voilà votre première erreur; vous pouvez appeler ça une vaine subtilité, mais il n'en reste pas moins vrai que la FSSPX n'a jamais refusé l'autorité du pape dans le principe (encore une fois, ne pas obéir à certains points ne constitue pas un refus de l'autorité)
* Une manifestation extérieure suffisamment claire : adhérer à une communauté séparée, soutenir une hiérarchie concurrente ou refuser durablement la communion avec l’Église peut constituer des signes, mais chaque cas doit être examiné. -> j'y reviendrais plus bas, mais vous soulignez "hiérarchie concurrente", indiquant par la que selon vous, c'est la manifestation exterieure du schisme; mais là aussi vous faites erreur, il n'y a pas d'établissement d'une hiérarchie paralelle
* Une véritable intention de séparation : la simple présence à une célébration non catholique, une désobéissance ponctuelle ou une critique de décisions ecclésiastiques ne constituent pas automatiquement un schisme. La distinction entre désobéissance et schisme est importante : toute désobéissance n’implique pas le rejet de l’autorité elle-même. -> et là, on est d'accord; et c'est une des raisons pour laquelle, selon moi, il n'y a pas de schisme; pas de volonté de la part des dirigeants de la FSSPX de se séparer
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Le schisme dans le cas que nous abordons consiste - entre autres - à rompre la communion hiérarchique et ecclésiale. Comment ?
Concernant les consécrations épiscopales sans mandat pontifical : le Saint-Siège les a explicitement qualifiées d’actes schismatiques, parce qu’elles manifestent un refus pratique du primat romain et établissent une structure hiérarchique indépendante.
Comment défendre une communion avec le Saint-Père par une désobéissance flagrante et la mise en place d'une telle hiérarchie ?
Alors plusieurs choses:
comme vous l'avez dit au dessus, pour qu'un schisme soit réel, il nécessite la réunion de plusieurs éléments simultanément, et entre autre, celui de la volonté de rompre, chose dont s'est toujours défendu la FSSPX. Donc pour juger du fait qu'il y ait schisme ou non, il faudrait juger du for interne des supérieurs de la FSSPX.
Ensuite, un acte schismatique n'est pas un schisme (je vous renvoie la dessus à ce que disait l'abbé Jacquemin)
c'est pour cette raison que le décret de 1988 ne parlait pas de schisme, mais, comme vous l'avez souligné, d'"acte schismatique" et que par la suite, dans Ecclésia Dei, Jean-Paul II utilise le même terme et pas de schisme.
Le décret de 2026 semble faire un mélange entre les deux termes; elle accuse les évêques d'avoir posé un acte schismatique (comme en 1988), mais il conclue directement qu'il y a un schisme, jugeant ainsi le for interne, l'intention des auteurs, ce que n'est pas censé faire ce décret, ce qui embrouille clairement la lecture de la situation.
Concernant la hiérarchie parallèle, j'y reviens juste en dessous.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Pis encore, et je pousse volontairement un peu plus loin le bouchon, Il ne semble étrange à personne que l'autorité de ces ordinations épiscopales vienne du supérieur de la FSSPX ? Qui d'une façon ou d'une autre se place au-dessus de l'autorité de son propre évêque, de l'autorité pontificale, et même de celle de l'évêque du lieu qui a juridiction sur le territoire qu'ils occupent ?
C'est ici que je vais répondre à la question de la hiérarchie parallèle. Tout d'abord, il faut savoir que dans l'Eglise, il n'est pas étonnant qu'un évêque appartenant à une congrégation se retrouve sous les ordres d'un prêtres, supérieur de cette même congrégation (c'est par exemple le cas dans les instituts de droit pontifical qui nécessitent une autorisation spéciale du pape pour élire à leur tête un évêque). Donc rien d'étonnant la dedans.
Ensuite, le fait de ne pas avoir mis à la tête de la FSSPX un évêque était justement là, d'après ce que j'ai compris, pour bien marquer le fait qu'il ne s'agissait pas de créer un hiérarchie parallèle et que ces nouveaux évêques n'avaient aucune juridiction, aucune pouvoir de gouvernement.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Alors je veux bien qu'on s'amuse à se titiller sur des points de droit canonique (avec humilité car un avis personnel ne fait pas l'interprétation du droit alors que générations de canonistes ont été formés pour cela), mais au delà il y aussi la réalité de ces communautés en tant que signes visibles et publics : juger qu'une messe est invalide, qualifier de "ralliés" les communautés Ecclesia Dei en interdisant d'aller à leurs célébrations. Tout cela sont des actes gravement opposés à l'autorité de l'Église catholique et à sa Communion.
Car le schisme n’a pas besoin d’être déclaré par un document pour exister juridiquement ou moralement ; toutefois, pour reconnaître avec certitude la responsabilité personnelle d’une personne, l’autorité ecclésiastique doit établir les faits, l’intention et leur caractère public.
Dans le cas particulier d’un acte formel de sortie de l’Église, la jurisprudence canonique exige une décision intérieure (c'est fait), sa manifestation extérieure (c'est fait) et sa réception par l’autorité compétente (c'est fait).
Je ne vais pas revenir sur chacun des points que vous mentionnez ici, certaines critiques sont justifiées (comme l'appellation "ralliés", un poil désobligeante). Mais vous dites que pour déclarer un schisme, il faut qu'il y ait une décision intérieure de sortir sortir de l'Eglise (en plus de la manifestation extérieure) et c'est justement là ou le bas blesse. Vous préjugez de leur intention intérieure alors qu'eux, se sont toujours défendus d'une telle intention, et du coup, ça me semble un peu léger pour les accuser de schisme. ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas leur point de vue, qu'on ne saisit pas comment ils peuvent poser de tels actes tout en voulant rester dans l'Eglise que ce n'est pas le cas. Une grande prudence est de mise avant d'accuser quelqu'un d'une intention perverse, prudence qui passe à la trappe quand il s'agit de la FSSPX.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Je n'ai rien à redire contre cela, mais à un moment il faut assumer. Et j'ai beaucoup plus de respect pour les Gallicans et Vieux-Catholiques qui ont fait ce choix que je n'en aurai jamais pour la FFSPX qui use d'arguties permanentes. "Paumez mais groupez" vaut mieux que "trompés et séparés".
Ce que je leur reproche ce n'est pas le choix du schisme, mais l'incapacité à l'assumer car voulant le beurre et l'argent du beurre, et à un moment la crémière perd son sourire. Pas tout à fait dedans mais pas tout à fait dehors, à notre époque où chacun se fait sa vérité et la déclare comme un absolu, c'est cette ambiguïté entretenue qui me déplait. Elle assure leur survie, ils le savent et c'est pourquoi ils en jouent.
Alors là je ne vous suis plus; vous ne leur reprochez pas le choix du schisme? c'est bizarre, non?
Et justement, si, contrairement aux Gallicans, orthodoxes..., il n'assument pas le schisme, c'est peut être parce que ce n'est pas leur intention (intention, vous l'avez fait remarquer plus haut, nécessaire à l'établissement d'un schisme).
Quant à la dernière phrase, bon, là encore, vous leur prêtez une intention perverse sans preuve.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Et les choses ne bougeront pas, car la FSSPX affirme le retour à la communion mais selon leurs conditions, l'appel ce sera un coup d'épée dans l'eau ou une occasion d'affirmer encore plus solennellement le schisme (en mondovision ?).
Vous vous trompez, la FSSPX n'affirme pas de retour à la communion, pour eux, il n'y a pas eu de rupture.
Kerygme a écrit : ↑Hier, 15:58
Le reste se traitera au cas par cas : prêtre après prêtre, laïc après laïc. Car la confession seule ne suffit pas automatiquement à lever le schisme ni à réintégrer une personne dans la pleine communion de l’Église. La réintégration concrète suppose donc normalement une démarche auprès de l’autorité ecclésiastique compétente, qui apprécie le cas et indique la procédure à suivre. Le Dicastère pour la doctrine de la foi précise que des procédures doivent être mises en œuvre par les Ordinaires selon les situations.
Oui, là, rien à dire, si ce n'est que ce n'est valable que si on a adhéré à un schisme (et la, la note de 96 que cite la note explication de 2026 se tire un peu une balle dans le pied en disant que justement, il faut évaluer au cas par cas l'intention des fidèles de la FSSPX. Je doute qu'il y ait beaucoup de fidèles de leurs chapelles qui se considèrent comme schismatiques, et comme le fait de fréquenter ces chapelles ne suffit pas à définir le fait d'adhérer à un schisme, dans les faits, ça n'a pas beaucoup de sens.
Bref, je m'arrête là, et j'avoue que, avec la rentrée, je vais avoir du mal à répondre de façon assidue à de potentiels futurs messages.
Pour conclure, je dirais que la situation est loin d'être aussi simple que vous ne le dites. le mieux que nous avons à faire est de prier pour le Pape et pour tous les décisionnaires dans cette affaire (cardinal Fernandez et les supérieurs de la FSSPX) pour que le St Esprit les éclaire.
Je présente mes excuses à l'auteur du message car j'ai édité, au lieu de répondre en citant. Le contenu du message a été écrasé mais récupéré dans le cache du PC (la couleur rouge en moins car les balises PhpBB n'étaient pas récupérables).
Kerygme