Bonjour Kerygme,
merci d'avoir répondu, malgré votre maque de temps...
Quant au fond:
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
Bonjour Mikesss,
Je ne partage pas cette mise en garde. Une note explicative n'a pas d'effet, certes, mais elle donne une interprétation juridique compréhensible de ce qui en a un : le décret. Dont voici un aperçu de la portée :
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Un décret d’un dicastère peut avoir une force juridique importante, mais sa valeur dépend de sa nature, de son objet et de l’autorité qui l’a approuvé. Il n’est pas automatiquement équivalent à une loi de l’Église universelle.
Décret général exécutif ou instruction : le dicastère peut en publier dans les limites de sa compétence. Ces actes précisent l’application d’une loi, mais ne peuvent ni la modifier ni y déroger ; les dispositions contraires à la loi sont dépourvues de vigueur.
Décret singulier : il oblige principalement les personnes ou institutions auxquelles il est adressé et constitue un acte administratif susceptible, selon les règles applicables, de recours.
Approbation pontificale ordinaire : elle ne transforme pas nécessairement le décret en acte personnel du pape.
Approbation pontificale « en forme spécifique » : le décret est alors considéré comme un acte du Pontife lui-même et bénéficie d’une autorité supérieure ; les actes ainsi approuvés ne sont normalement pas susceptibles de recours administratif.
En résumé, il faut vérifier : la compétence du dicastère, le type exact de décret, son champ d’application, sa promulgation ou notification, et la formule d’approbation du pape. Sans ces éléments, on ne peut pas conclure qu’il possède une « valeur hautement juridique » au sens d’une loi universelle.
réf : Acta Apostolicae Sedis de juillet 1999 et de mars 1992 , Congrégation pour la doctrine de la foi et son règlement de 2016 (numéro 3, pp. 335–368) , Encyclopédie catholique sur les Actes des Congrégations romaines.
Dans les faits, vous dites la même chose que moi: la note explicative n'a pas de porté juridique en elle même, elle est une analyse de la congrégation sur la signification du décret.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
Désolé de répondre de manière expéditive, mais je manque de temps pour une réponses plus poussée (fini les vacances), aussi je dirai rapidement :
- Pour les clercs c'est plié, ils sont excommuniés : les 4 évêques et co-ordonnateurs, prêtres qui célèbrent et qui est donc signe visible d'un acte illégal (l'ordination presbytérale reste valide mais on parle bien d'absence de mission canonique, donc d'exercice illégal de leur ministère et des sacrements). Vous savez ce pouvoir que Jésus confie à son Église : lier et délier.
Sans parler des évêques dont je ne nie pas que le décret soit fait dans les règles pour eux (même si, bizarrement, le décret ignore les atténuations de sanction qu'il était censé prendre en compte selon le droit canon) , pour les autres clercs, je ne suis pas d'accord. Leur pseudo excommunication ne viendrait pas (selon le décret) d'un exercice illégal de leur ministère mais d'une adhésion à un schisme qui les couperait ipso facto de la communion de l'Eglise (comme des protestants ou des orthodoxes): et là, il y a plusieurs choses à noter: d'une part, la notion de schisme qui, honnêtement, ne tient pas vraiment la route (et c'est pour ça que les papes ont toujours parlé d'acte de nature schismatique sans jamais trancher sur le fait qu'il y avait réellement un schisme): pour qu'il y ait schisme, il faudrait un rejet de l'autorité du Pape et de la hiérarchie de l'Eglise, un rejet de principe; idem pour les orthodoxes qui n'accordent au pape qu'une primauté d'honneur. Le fait de désobéir, même gravement, à une autorité, quelle qu'elle soit, ne signifie pas qu'on remet en cause le principe même de son autorité; je sais que vous allez répondre que c'est jouer sur les mots, mais la nuance est au contraire très importante. quand Luther est devenu schismatique, il a refusé au pape le pouvoir de diriger l'Eglise. En revanche, je suis d'accord pour dire que du fait même de leur façon de fonctionner, il faut que les clercs ne tombent pas dans un refus de principe des ordres de Rome, auquel cas, oui, ce serait un schisme.
Le schisme ne consiste pas à refuser d’obéir au Souverain Pontife avec pertinacité ; mais il y a schisme lorsque l’on refuse de se soumettre au Souverain Pontife en tant que celui-ci est le chef de l’Église. (…) La désobéissance, quelle que soit sa pertinacité, ne constitue pas le schisme sauf si elle équivaut à une rébellion contre la fonction du pape ou contre celle de l’Église de sorte que l’on refuse d’être soumis à cette fonction du pape et de le reconnaître comme son supérieur
Cajetan
d'ailleurs, Benoit XVI lui-même admettait, a demi mot, que les sacres ne constituaient pas en eux-mêmes un schisme
Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme
il dit ainsi que les sacres sont une source
potentielle de schisme, pas un schisme.
La deuxième chose a considérer sont les sacres de 1988 et l'attitude des papes qui a suivi: si on considère que le fait de rester à la FSSPX de la part des clercs après des sacres sans l'accord de Rome est un schisme et donc excommunie, on est obligé d'admettre que les clercs qui sont restés à la FSSPX (et ceux qui y ont été ordonnés par la suite), étaient déjà excommuniés (je rappelle que le décret de 2009 ne levait l'excommunication que des 4 évêques). Et donc quand par exemple le Pape François autorise les prêtres de la FSSPX a entendre les confessions, il admet donc qu'ils ne sont pas schismatiques ni excommunié. Or, cette pseudo excommunication n'a jamais été levée. Donc on ne peut que conclure que les prêtres, dans leur ensemble, n'étaient pas excommuniés. et donc, par suite logique, que le même acte 38 ans plus tard ne peut mener automatique à leur excommunication.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
Donc mariages et confessions sont invalides; de toute façon le mariage à la FSSPX n'était valide qu'avec l'accord de l'évêque diocésain et la présence d'un prêtre diocésain. C'était une validité sous tutelle/curatelle, il est logique que le schisme ayant été imposé par la FSSPX tout cela est de facto caduque et n'a même pas besoin d'être légiféré.
Si on considère ce que j'ai dit plus haut, il n'y a pas forcement de schisme et en tout cas pas d'excommunication des clercs (pas plus qu'en 2015), la situation de ces clercs n'a pas changé depuis le décret du pape François. et donc, je suis en désaccord avec vous, ces décrets ne sont donc pas ipso facto caduques. et pour le mariage, la présence d'un prêtre diocésain n'était pas requise, c'était laissé à l'appréciation de l'évêque du lieu.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
A ceux qui reviendraient à la Communion (et ils ont été nombreux ces dernières années), notre Mère l'Église les accueillerait avec amour non sans quelques vérifications, et avec discernement pour jauger de la bonne foi ou des risques d'arguties cachées.
Pour rappel historique, ce schisme aurait valu - dans la Tradition de l'Église que confisque certains- un pèlerinage aller-retour et à pieds jusqu'à Jérusalem (2 ans), sans certitude de revenir en vie et avec une absolution donnée qu'au retour et après confession publique. La discipline de l'Église s'est considérablement assouplie, alors il est surprenant qu'on puisse trouver difficiles les conditions de la pleine réintégration.
je ne sais pas combien de prêtres ont quitté la FSSPX ces dernière années.
En revanche, votre deuxième paragraphe est un eu un attaque en règle et gratuite. d'une part, historiquement, non, ce n'est pas le cas, et ensuite, là encore, vous partez du principe qu'il y a un schisme consommé et formel, ce que je nie.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
- Pour les laïcs, ceux qui adhéraient avec pertinacité aux idées de la FFSPX sont excommuniés.
Ceux qui assistaient à une messe par proximité géographique, ou pour raison amicale ou familiale à des évènements de la FSSPX ne le sont pas forcément; mais ils sont invités à retourner à une célébration de l'ordinaire de l'Église ou dans une communauté Tridentine en communion avec le Saint-Siège (FFSP, ICRSP, IBP, ...).
Les premiers restent chrétiens, mais ils ne sont plus dans la pleine communion de l'Église catholique et donc plus catholiques. La FSSPX est devenue une Église parallèle au même titre que les schismatiques Gallicans et Vieux-Catholiques.
Même raisonnement que pour les clercs: l'excommunication, s'il y en a une, serait due à l'adhésion à un schisme: mais d'une part, comme dit plus haut, je nie le fait qu'il y ait schisme, pour moi il s'agit d'une désobéissance sur un sujet grave, mais il n'y a pas la volonté (du moins structurellement), de nier l'autorité du souverain pontife. De plus, il faudrait aller sonder les cœurs pour savoir ce que pensent réellement chacun des fidèles, (puisqu'on est au for interne). c'est exactement ce que disait la note de 1996 qui est citée par la note explicative de 2026: ces cas doivent être jugés au cas par cas, donc pas d'excommunication générale des fidèles en bloc comme vous le faites.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
Contrairement aux règles du Droit dans notre pays, un appel n'est pas suspensif et si le souverain pontife, législateur et juge suprême, l'approuve alors il y a "approbation pontificale en forme spécifique" et la messe serait dite même si tous les canonistes du monde contestaient.
Euh, si, un appel ou un recours contre une sentence ou un décret a un effet suspensif (canon1353)
L’appel ou le recours contre des sentences judiciaires ou des décrets qui infligent ou déclarent une peine ont un effet suspensif.
D'autre part, le décret n'a pas été validé par le pape et enfin, même s'il l'était, le pape n'est pas infaillible en la matière (même si je vous accorde que ça donnerait plus de poids au décret, mais ça ne rendrait pas quelque chose de faux, vrai.). Mais de toute façon, le sujet ne se trouve pas là.
Kerygme a écrit : ↑lun. 07 sept. 2026, 13:58
J'ai déjà trop de retard alors pour le reste des débats, j'ai trouvé
cet article qui me semble regrouper l'essentiel de ce qu'il y a à comprendre du décret, de la situation qu'il implique et de l'historicité des échanges compliqués.
Bonne lecture.
J'ai lu l'article en question, et voilà ce que j'en pense: il ne répond pas à grand chose; il ne fait que redire les poncifs repris par tous les journaux au mois de juillet sans répondre a aucune objection et que paraphraser le texte de la note explicative.
En fait, j'ai l'impression, dans cette histoire, comme je le disais il y a quelques mois, qu'il y a chez certains (je ne parle pas de vous, Kerygme, je ne sais pas ce que vous pensez) comme un plaisir général a "bâcher" la FSSPX et une certaine immunité à lui faire des procès d'intention tant que c'est pour pouvoir l'enfoncer. Comme disait Benoit XVI au sujet de la FSSPX:
Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine
Et comme disait St Thomas d'Aquin, le doute doit toujours être interprété favorablement; qui peut affirmer sans hésiter que les supérieurs de la FSSPX ou les évêques avaient l'intention de faire un schisme en sacrant ces 4 évêques?