L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Ombiace »

Bonsoir Perlum Pimpum,
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 11:13 Dieu n’est plus aimé pour lui-même mais pour le prochain auquel les idolâtres l’ordonnent
Ceci est la réponse à ma question, en fait, et ce que je soupçonnais. Merci de confirmer

Je reviens en arrière :
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 10:58 Il faut les aimer pour Dieu.
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 10:58 4. Les damnés.
Loin de les aimer de charité, il faut seulement les haïr de cette haine parfaite qui est fille de charité.
Comment le conciliez vous avec l'amour de l'ennemi, svp, de Matthieu 5 ?
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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prodigal a écrit : sam. 16 sept. 2023, 11:00 Il s'ensuit que le bon Samaritain est devenu le prochain d'un inconnu, et donc celui-ci n'est plus un inconnu, c'est le prochain!
Oui, en effet.
Cela me fait songer à ce que pourrait imiter une IA, déguisée en robot d'apparence humaine..

Là, la nuance est subtile entre quelqu'un d'inconnu et quelqu'un d'étranger (le bon Samaritain), qui devient un prochain. Je m'y perds..
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Perlum Pimpum »

Bonjour Ombiace,
Ombiace a écrit : sam. 16 sept. 2023, 23:01
Je reviens en arrière :
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 10:58 Il faut les aimer pour Dieu.
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 10:58 4. Les damnés.
Loin de les aimer de charité, il faut seulement les haïr de cette haine parfaite qui est fille de charité.
Comment le conciliez vous avec l'amour de l'ennemi, svp, de Matthieu 5 ?

Je vous ai déjà expliqué, sur le fil dédié à la charité, quoi est l’amour de charité pour le prochain. C’est l’amour de charité qui, procédant d’un cœur (volonté) en état de grâce habituelle et sanctifiante, veut son prochain en et pour Dieu.

La charité pour le prochain étant essentiellement un amour par lequel on veut que le prochain aime Dieu, le vrai Dieu, cet amour ne peut s’adresser aux pécheurs qu’autant qu’ils soient encore capables d’aimer Dieu, capables de se convertir à Dieu, chose impossible aux damnés. Car si, ici-bas, on peut pécher de maintes façons, chacune constitutive d’un désamour de Dieu, sans pourtant tomber du fait-même dans ce péché spécial qu’est la haine formelle de Dieu, en Enfer, les damnés haïssent tous Dieu, la peine de dam impliquant inéluctablement en chacun d’eux le désespoir et la haine formelle de Dieu.

De plus, puisque l’amour de charité pour le prochain n’est tel qu’autant qu’il manifeste l’amour dont il découle, l’amour de charité pour Dieu, et puisque aimer Dieu implique d’aimer ce que Dieu veut et fait, de sorte qu’en cet amour les saints conforment leurs volontés à celle de Dieu, aimer Dieu implique d’aimer qu’il damne les damnés. Bref, l’amour pour Dieu implique la haine parfaite, fille de la charité, pour les damnés.

[+] Texte masqué

Vous trouverez l’essentiel de cette réponse chez saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II-II, question 25, articles 6 et 11.
[+] Texte masqué

II-II, question 25, article 6

« Conclusion :
Dans les pécheurs on peut considérer deux choses : la nature et la faute. Par leur nature, qu'ils tiennent de Dieu, ils sont capables de la béatitude, sur la communication de laquelle est fondée la charité, nous l'avons dit. Et c'est pourquoi, selon leur nature, il faut les aimer de charité. Mais leur faute est contraire à Dieu, et elle est un obstacle à la béatitude. Aussi, selon leur faute qui les oppose à Dieu, ils méritent d'être haïs, quels qu'ils soient, fussent-ils père, mère ou proches, comme on le voit en saint Luc (14, 26). Car nous devons haïr les pécheurs en tant qu'ils sont tels, et les aimer en tant qu'ils sont des hommes capables de la béatitude. C'est là véritablement les aimer de charité, à cause de Dieu.

Solutions :
1. Le prophète haïssait les impies, en tant qu'impies, en détestant leur iniquité, qui est leur mal. C'est la haine parfaite dont il dit (Ps 139, 22) : "je les haïssais d'une haine parfaite." Or, détester le mal d'un être et aimer son bien ont une même motivation. Aussi cette haine parfaite relève-t-elle aussi de la charité.
2. Quand des amis tombent dans le péché remarque Aristote, il ne faut pas leur retirer les bienfaits de l'amitié, aussi longtemps qu'on peut espérer leur guérison. Il faut les aider à recouvrer la vertu, plus qu'on ne les aiderait à recouvrer une somme d'argent qu'ils auraient perdue ; d'autant plus que la vertu a plus d'affinité avec l'amitié que n'en a l'argent. Mais, lorsqu'ils tombent dans une extrême malice et deviennent inguérissables, alors il n'y a plus à les traiter familièrement comme des amis. C'est pourquoi de tels pécheurs, dont on s'attend qu'ils nuisent aux autres plutôt que de s'amender, la loi divine comme la loi humaine prescrivent leur mort. Cependant ce châtiment, le juge ne le porte point par haine, mais par l'amour de charité, qui fait passer le bien commun avant la vie d'une personne. Et pourtant, la mort infligée par le juge sert au pécheur, s'il se convertit, à l'expiation de sa faute, et s'il ne se convertit pas, elle met un terme à sa faute, en lui ôtant la possibilité de pécher davantage.
3. Ces sortes d'imprécations contenues dans l'Écriture peuvent s'interpréter de trois manières. 1° comme des prédictions, et non comme des souhaits ; ainsi : "Que les pécheurs aillent en enfer" (Ps 9, 18), signifie : "Ils iront" en enfer. 2° comme des souhaits ; mais alors le désir de celui qui souhaite ne se rapporte pas à la peine des hommes, mais à la justice de celui qui punit, selon cette parole du Psaume (58, 11) : "Le juste se réjouira en voyant la vengeance" ; car Dieu lui-même, en punissant, "ne se réjouit pas de la perdition des impies", dit la Sagesse (1, 33), mais de sa propre justice, selon la parole du Psaume (11, 7) : "Le Seigneur est juste et aime la justice." 3° comme un désir d'éloigner le péché et non comme un désir du châtiment lui-même, ainsi souhaite-t-on que les péchés soient détruits, et que les hommes vivent.
4. Par la charité nous aimons les pécheurs, non pour vouloir ce qu'ils veulent, et pour nous réjouir de ce qui les réjouit, mais pour les amener à vouloir ce que nous voulons, et à se réjouir des choses dont nous nous réjouissons. De là cette parole de Jérémie (15, 19) : "Eux reviendront vers toi, et toi tu n'auras pas à revenir vers eux."
5. Les faibles doivent éviter de vivre avec les pécheurs, à cause du danger qu'ils courent d'être pervertis par eux. Au contraire, il faut louer les parfaits, dont il n'y a point à redouter la perversion, d'entretenir des relations avec les pécheurs afin de les convertir. C'est ainsi que le Seigneur mangeait et buvait avec les pécheurs, comme on le voit en saint Matthieu (9, 10). Cependant tous doivent éviter de fréquenter les pécheurs en s'associant à leurs péchés ; c'est ainsi qu'il est dit (2 Co 6, 17) : "Sortez du milieu de ces gens-là, et ne touchez rien d'impur" en consentant au péché. »


II-II, question 25, article 11

« Conclusion :
Comme on l'a dit plus haut, nous devons, en vertu de la charité, aimer dans les pécheurs leur nature, mais haïr leur péché. Or le mot démons désigne une nature déformée par le péché. Et c'est pourquoi les démons ne doivent pas être aimés de charité.
Mais si, cessant d'argumenter à partir de ce mot, on se demande si ces esprits, que l'on appelle démons, doivent être aimés de charité, il faut répondre en distinguant, selon ce qui a été établi précédemment, une double manière d'aimer de charité.
1° On peut aimer un être comme un objet d'amitié. Dans ce sens, nous ne pouvons pas aimer ces esprits d'une amitié de charité, puisqu'il est de l'essence de l'amitié de vouloir le bien de ses amis. Or le bien éternel, objet de la charité, nous ne pouvons pas le vouloir à des esprits que Dieu a damnés pour l'éternité ; cela irait contre l'amour envers Dieu, qui nous fait approuver sa justice.
2° On peut aimer un être en ce sens que l'on veut le voir subsister pour le bien d'un autre ; nous aimons en vertu de la charité les créatures sans raison, en tant que nous voulons les voir demeurer pour la gloire de Dieu et pour l'utilité des hommes, on l'a vu plus haut. De cette manière nous pouvons aussi aimer de charité la nature des démons, en tant que nous voulons que ces esprits soient conservés dans leurs biens de nature pour la gloire de Dieu.

Solutions :
1. L'esprit des anges n'est pas, comme celui des démons, dans l'impossibilité de posséder la vie éternelle ; et c'est pourquoi l'amitié de charité qui est fondée sur la communauté de vie éternelle, plutôt que sur la communauté de nature, s'exerce à l'égard des anges, et non pas à l'égard des démons.
2. Les hommes pécheurs ont en cette vie la possibilité de parvenir à la béatitude éternelle ; mais cette possibilité, les damnés de l'enfer ne l'ont plus ; aussi doit-on raisonner à leur sujet comme au sujet des démons.
3. Les avantages qui nous viennent des démons ne sont pas dus à leur intention, mais à l'ordonnance de la providence divine. Et c'est pourquoi nous ne sommes pas engagés de ce fait à avoir de l'amitié pour eux, mais à être les amis de Dieu, qui tourne à notre profit leur intention perverse. »
Quant à la haine parfaite fille de la charité, distincte de la haine satanique pour le prochain, outre II-II, question 25, article 6 précité, voyez encore : I-II, question 29, article 2 ; II-II, question 34, article 2
[+] Texte masqué

I-II, question 29, article 2

« Conclusion :
L'amour, avons-nous dit à l’article précédent, consiste en une certaine convenance de l'aimant et de l'aimé, et la haine, en une sorte d'opposition ou dissonance. Or, en toute chose, il faut considérer ce qui s'accorde avant de considérer ce qui s'oppose ; car si une chose s'oppose à une autre, c'est parce qu'elle est de nature à détruire ou empêcher ce qui s'accorde. Il s'ensuit nécessairement que l'amour précède la haine et que rien ne peut être objet de haine sinon parce qu'il est contraire au bien que l'on aime. C'est ainsi que toute haine est causée par l'amour.

Solutions :
2. L'amour et la haine sont contraires quand ils portent sur le même objet. Mais quand ils ont des objets contraires, ils ne sont plus contraires, ils sont corrélatifs et s'engendrent l'un l'autre : aimer une chose et haïr son contraire relèvent d'un même principe. Ainsi l'amour d'une chose cause la haine de son contraire. »

II-II, question 34, article 2

« Conclusion :
La haine est opposée à l'amour, nous l'avons vu. C'est pourquoi la haine a raison de mal dans la mesure où l'amour a raison de bien. Or on doit aimer le prochain en considération de ce qu'il tient de Dieu, c'est-à-dire en considération de la nature et de la grâce ; on ne lui doit pas d'amour en considération de ce qu'il tient de lui-même et du diable, c'est-à-dire en considération du péché et du manquement à la justice. C'est pourquoi il est permis de haïr chez son frère le péché et tout ce qui est manquement à la justice divine, mais on ne peut haïr sans péché la nature et la grâce de son frère. Haïr chez son frère la faute et ses manquements au bien, relève de l'amour du prochain, car il y a une même raison pour vouloir du bien à quelqu'un et pour haïr le mal qui est en lui. Ainsi donc, si l'on considère de façon absolue la haine de son frère, elle s'accompagne toujours de péché.

Solutions :
1. Selon la nature et les affinités que nous avons avec nos parents, nous sommes tenus de les honorer. C'est le commandement de Dieu, comme le montre le livre de l'Exode (20, 12). Mais nous devons les haïr selon qu'ils sont pour nous un obstacle dans notre montée vers la perfection de la justice divine.
2. Ce que Dieu hait chez les médisants, c'est leur faute, non leur nature. Ainsi nous pouvons haïr les médisants sans commettre de faute.
3. Les hommes ne s'opposent pas à nous [les saints] en raison des biens qu'ils tiennent de Dieu. C'est pourquoi, sous ce rapport, nous devons les aimer. Mais ils s'opposent à nous quand ils se font nos ennemis, ce qui est une faute de leur part. A ce titre, nous devons les haïr. Nous devons haïr en eux le fait qu'ils sont nos ennemis. »
Vous pourrez compléter intelligemment votre lecture par celle de ST, I, question 20, articles 1 à 4 .
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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Merci, cher Perlum Pimpum, et désolé, je vais probablement vous décevoir, car j'ai le cerveau trop encombré depuis un bon moment pour pouvoir me concentrer sérieusement sur les lectures que vous me suggérez. Peut-être à la retraite, si j'en ai une ..
J'ajouterais simplement que le sort des damnés me passionne peu. Ma question visait à trouver des réponses quant au comportement physique et/ou la tournure d'esprit à adopter au présent. Merci encore, et désolé de vous avoir fait répéter
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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Ombiace a écrit : sam. 16 sept. 2023, 23:15 Cela me fait songer à ce que pourrait imiter une IA, déguisée en robot d'apparence humaine..
Ce problème fictif, pour l'instant du moins, est intéressant. Je le formulerai ainsi : un homme qui exerce sa charité sur une machine en croyant avoir affaire à un autre homme peut-il être considéré comme charitable?
Je n'ai pas la réponse. Seul Dieu, de toutes façons, peut sonder les reins et les cœurs. Mais à défaut de la réponse je trouve que la question elle-même met en évidence l'existence d'une illusion caritative, de même qu'il peut exister des illusions religieuses. C'est pourquoi sans doute il vaut mieux que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite.
Mais si l'on prend au sérieux ce problème de robot, il me semble tout de même que l'illusion ne pourra pas durer toujours.
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Perlum Pimpum »

Asellus a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:57
Perlum Pimpum a écrit : sam. 16 sept. 2023, 11:13 Dieu n’est plus aimé pour lui-même mais pour le prochain auquel les idolâtres l’ordonnent
Cela me paraît une approche trop segmentée du problème. En définitive, Dieu étant présent en chacun de nous, il n’y a pas lieu de compartimenter la charité (qui, ne l’oublions pas, lorsqu’elle est « bien ordonnée, commence par soi-même », c’est-à-dire par Dieu, présent au fond de chaque cœur… vous suivez ?
Non, impossible de vous suivre.. Car d’une, vous n’êtes pas Dieu, de sorte que vous passerez toujours après Dieu : la charité est selon l’ordre-même des choses : Dieu premier servi. De deux, vous n’êtes pas Dieu, de sorte que le « charité bien ordonnée commence par soi-même » ne vise pas Dieu présent en vous par sa présence active d’immensité ou par sa présence d’inhabitation par grâce puis gloire, mais la créature rationnelle, à commencer par soi-même, en tant qu’on la veut en Dieu par grâce puis gloire.

Ceci étant dit, merci d’avoir confirmé par votre propos la dérive à laquelle l’anthropomorphisme des idolâtres aboutit : se faire Dieu à la place de Dieu.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Perlum Pimpum »

Asellus a écrit : dim. 17 sept. 2023, 15:49
Vous avez raison : c’est la créature rationnelle (et donc souffrante) qu’il faut relever et détourner du péché, notamment de l’orgueil. Il y a une voie qui mène de la rationalité à l’athéisme, puis à l’eugénisme, mais il y en a aussi une autre, qui conduit à brûler les hérétiques.
Autant prendre la seconde alors :rire:

Savez-vous ce qu’est l’idolâtrie ? C’est adorer la lettre et non l’esprit.
L’idolâtrie, c’est substituer son esprit à l’Esprit, pour attenter à la lettre autant qu’à l’Esprit.

L’esprit, Dieu l’a voulu libre, ce qui suppose du courage :
Le courage de quoi ? De l’orthodoxie ou de l’hétérodoxie ? De l’intelligence de la foi ou de la bêtise ? De l’ordre de la charité ou de l’interversion de l’ordre ?

n’est-il pas plus rassurant de s’enchaîner à nos certitudes, comme vous le faites ? Plus rassurant et plus facile. Vous êtes un paresseux
Là encore, on voit clairement ce que vous voulez dire.

Du courage, de l’audace, brisons le carcan de l’orthodoxie. Ne répétons pas paresseusement les analyses des docteurs de l’Église à même de donner une profonde intelligence des mystères de la foi. Répudions encore nos analyses quand elles rejoignent les leurs, de crainte de passer pour de serviles et paresseux répétiteurs. Non, soyons inventifs, mettons-nous, l’oreille nous démangeant, à l’école de maîtres de nouveautés. Mieux, soyons-en, et laissons notre subjectivité délirer. D’ailleurs c’est bien connu, c’est l’esprit qui vivifie : le nôtre, pas l’Autre...

Que craignez-vous en ouvrant les fenêtres de votre cœur et de votre esprit, Perlum Pimpum ?
Me voilà donc craintif et rabougri pour ne pas souscrire à votre invite. Vous me permettrez pourtant de ne pas apprécier votre programme.

De toute façon, à l’article de la mort, un grand coup de vent viendra balayer tout cela, toute votre logique inutilement alambiquée, vos spéculations fautives car terrestres, humaines ; vous serez nu devant Dieu. Y songez-vous parfois ?
Me voilà donc maintenant damné par la grâce de votre esprit. Quand on vous dit que vous vous prenez pour Dieu…

D’où le recours aux artifices rhétoriques (où ai-je dit que j’étais Dieu ?)
Relisez-vous, vous devriez comprendre.
[+] Texte masqué
« La charité qui, ne l’oublions pas, lorsqu’elle est bien ordonnée, commence par soi-même, c’est-à-dire par Dieu, présent au fond de chaque cœur… »
Oh certes, vous avez distingué par la finale de la proposition l’homme de Dieu présent en son cœur. Mais vous ne l’avez fait qu’en assimilant l’homme à Dieu au corps de la proposition, assimilation ici mise en gras ; assimilation posée afin d’intervertir indûment l’ordre de la charité, et par delà la charité-même. Si donc vous n’êtes pas Dieu, respectez l’ordre.

Bref, ne venez pas vous plaindre qu’on ait attaqué votre sophisme. J’ignore qui vous pensiez duper par votre artifice. Ce que je sais, c’est que la rhétorique captieuse n’était pas de mon fait.

plutôt que d’examiner le fond de la question et la question à fond. Il est plus facile également de haïr que d’aimer. Cela vaut le coup d’essayer pourtant !
Oh, la question, je pense l’avoir bien étudié, bien à fond, largeur, longueur et profondeur.


Cordialement.



Post scriptum.
Comme je prévois que cette discussion ne peut que tourner au vinaigre, je ne répondrais plus à vos messages.
Et d’ailleurs, pourquoi répondre ?
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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prodigal a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:23 Je le formulerai ainsi : un homme qui exerce sa charité sur une machine en croyant avoir affaire à un autre homme peut-il être considéré comme charitable?
C'est bien reformulé, oui
prodigal a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:23 Mais à défaut de la réponse je trouve que la question elle-même met en évidence l'existence d'une illusion caritative, de même qu'il peut exister des illusions religieuses
Récemment à la messe, j'ai entendu une lecture sur Ben Sirach le sage, je crois me souvenir.
Dieu le considérait comme comptable de prévenir ou de ne pas prévenir un frère d'une faute qu'il commettait, mais là s'arrêtait sa responsabilité, puisque Dieu ne lui demandait pas de résultat quant à la réaction du frère interpelé, qu'elle soit ou non favorable. Il me semble que cela remet les pendules à l'heure pour certaines prétentions de même nature illusoire que celle que vous soulevez
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Ombiace »

Bonjour Asellus, merci de votre message
Asellus a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:57 et avec Prodigal qu’on ne peut aimer Dieu si on n’aime pas d’abord son prochain.
J'ai lu votre petite altercation avec Perlum Pimpum, et au risque de vous décevoir (navré), c'est en terme de priorité que je comprends les choses dans l'ordre inverse de vous, c'est à dire qu'on ne peut aimer son prochain si on n'aime pas d'abord Dieu. La sève brute vient des racines, pas des feuilles, et le greffon s'insère sur le tronc sectionné et en terre, en général. De sorte qu'en parallèle métaphorique, aimer le prochain avant Dieu, à mon idée, ce serait un peu comme si on cherchait à réaliser une greffe sur la partie sectionnée du tronc qui n'est plus reliée à la racine.

Par contre, je suis d'accord avec vous pour
Asellus a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:57 aimer les fous et les criminels, en un mot les « étrangers » et les « inconnus »
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par prodigal »

Cher Ombiace, je vous cite discutant avec Asellus.
Ombiace a écrit : dim. 17 sept. 2023, 19:01 J'ai lu votre petite altercation avec Perlum Pimpum, et au risque de vous décevoir (navré), c'est en terme de priorité que je comprends les choses dans l'ordre inverse de vous, c'est à dire qu'on ne peut aimer son prochain si on n'aime pas d'abord Dieu.
Que pensez-vous de ceci?
Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? Jésus lui dit : "Tu aimeras le seigneur ton dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, et de tout ton esprit, voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Pour moi, ce que je lis, c'est que la question de la priorité n'est pas posée, mais celle, ô combien profonde, de la similitude.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

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prodigal a écrit : dim. 17 sept. 2023, 22:02 Cher Ombiace, je vous cite discutant avec Asellus.
Ombiace a écrit : dim. 17 sept. 2023, 19:01 J'ai lu votre petite altercation avec Perlum Pimpum, et au risque de vous décevoir (navré), c'est en terme de priorité que je comprends les choses dans l'ordre inverse de vous, c'est à dire qu'on ne peut aimer son prochain si on n'aime pas d'abord Dieu.
Que pensez-vous de ceci?
Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? Jésus lui dit : "Tu aimeras le seigneur ton dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, et de tout ton esprit, voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
Pour moi, ce que je lis, c'est que la question de la priorité n'est pas posée, mais celle, ô combien profonde, de la similitude.
Bonjour Prodigal,
Je ne lis pas que le second commandement égale en importance le premier.
Tout comme vous, je lis qu'il y a une similitude, mais cette similitude ne se trouve pas expressément dans l'importance.

Jésus dit bien quel est le plus grand et le premier commandement.

Pensez vous que la Loi aurait pu intervertir les premier et second commandements sans modifier sa substance ?
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par cmoi »

Il me semble qu’Asellus ne dit rien d‘autre que ce qu’écrivit saint Jean et qui figure dans le NT :
1 Jean 4
…19Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. 20Si quelqu'un dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? 21Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.
Il se situe sur un terrain concret où il n'est pas nécessaire de théoriser. Le risque de théoriser, c’est d’en exiger trop et de juger des élans du cœur là où il a absorbé l’amour divin comme une éponge et n’a plus besoin de le revendiquer vu qu’il en vit. Il n’y a pas besoin de savoir d’où vient l’amour (lui le sait !) et surtout cette ignorance n’a rien d’idolâtre et ne mérite pas un rappel à l’ordre.
Cela rappelle aussi à contrario la façon dont les traditionalistes interprètent les textes, comme s’il fallait sans arrêt rappeler les données de départ quand on est dans leur développement et que sinon on les oublierait, alors qu’en réalité cela empêche l’approfondissement.

Les habituelles références Croisées du texte de Jean sont intéressantes :
Jean 13:35
A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.
1 Pierre 1:8
lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse,
1 Jean 1:6
Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité.

La dernière ici citée peut paraître dure si Asellus l’évoque. Je pense qu’elle devient vraie si son contradicteur ne reconnaît pas dire au fond la même chose autrement. Surtout s’il va jusqu’à prendre le risque d’encourir la sanction de cette autre parole :
1 Jean 1:8
Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous.
Et s’il semble comme rechercher l’opposition ou se vexer pour défendre une théorie au lieu de céder pour ne pas offenser la charité :
1 Jean 2:4
Celui qui dit: Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui.
car
1 Jean 4:12
Personne n'a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous.
Et que
1 Jean 2:9
Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres.
Est-ce le cas ?
Or cette conversation en impasse est à l’image de ce fil, où l’on frôle la masturbation intellectuelle, où l’élève prend le rôle du professeur, et vice versa, où se gratte la guitare un peu de trop alors que cela ne présente plus aucun intérêt de s’y exercer (comment justifier certaines pinailles autrement que par l'orgueil ou le jeu quand elles sont gratuites : le sujet mérite-t-il le jeu ?).

Les musiciens connaissent bien ce phénomène qui ressemble à l’obsession, une sorte de vengeance contre l’ennui de devoir passer autant de temps à s’exercer, alors qu’on y a pris plaisir et qu’à force, on ne saurait pas comment sinon occuper son temps.
Où l’on a perdu de vue le pourquoi et s’obsède de technique maîtrisée.
Quand le charme s’est perdu mais qu’il en reste ce qui l’a donné et qui tourne à la vacuité.
C’est en effet une forme possible d’orgueil : je maîtrise l’instrument. Alors qu’il y a tant d’autres mélodies à découvrir pour d’autres moments mais que ce n’est pas le moment de les apprendre. Alors on remplace l’âme d’une composition par son exécution idiote.
Alors il faut en revenir à des mantras qui fonctionnent encore dans les ténèbres. Ainsi :
1 Jean 2:11
Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.
1 Jean 3:17
Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeure-t-il en lui?
La première citation n’a même plus besoin de citer Dieu car il n’est pas ou plus là. Il n’est pas concerné et semble disparu, neutre. L’idée qu’il est en chacun s’est évaporée : nous n‘en savons plus rien, il faudrait l’analyser, y réfléchir.Faut-il tenter Dieu et l'appeler par un subterfuge ?
Il n'y a pas forcément de péché mais si on ne se sent pas être dans une situation dangereuse, il y a un réel danger, un signe d'imperfection qui, comme pour la parole de Jésus sur les eunuques, n'est pas compréhensible par tous et empêche d'accéder à mieux.
La dernière semble là pour indiquer : « pas besoin ».
C’est ainsi que la foi conduit aux œuvres. Elle n’a plus besoin de savoir en quoi elle croit, elle le vit.

Et qu’est-ce que nous disent ces œuvres ?
Que la limite à l’amour universel se trouve dans Mathieu (18 : 15-17) :
« Si ton frère a fauté à ton égard, va, et réprouve-le entre 4 yeux. S’il t’écoute, tu l’auras gagné. S’il ne t’écoute pas, emmène avec toi un ou deux frères pour que par la bouche de 2 ou 3 témoins soit établie toute l’affaire. S’il ne les écoute pas davantage, confie-toi à l’Eglise. S’il n’écoute donc pas non plus l’Eglise, qu’il soit pour toi comme le percepteur d’impôts ou comme le païen. »
Car cette parole, qui est à modérer par Mathieu (5 : 23-24)
« Tu auras beau offrir ton offrande sur l’autel, si là tu te souviens que ton frère a un grief particulier contre toi, laisse là ton offrande sur l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; ensuite tu offriras ton offrande. »
et qui la contient, ne dispense pas non plus du pardon, car il n’est pas vrai comme trop l’affirment qu’il faille que notre pardon soit accepté pour pardonner.
C’est une de ces fausses sagesses du monde.

Cette parole toutefois semble nous dispenser d’avoir ensuite à exercer la charité envers ce frère, comme si elle conduisait à bouder son existence ou à y être indifférent. Ou à l’exercer le dos tourné, sans s’y investir.
C’est encore une erreur ! Et ceux dont les sentiments se trouvent en harmonie avec le comportement qu’elle semble indiquer ou qui y trouvent refuge sont dans cette erreur.
Jésus-Christ nous a montré une autre voie et qui a culminé dans la crucifixion. Que les béatitudes résolvent autrement qu’intellectuellement.
A un moment ou à un autre, ceux qui privilégient l’intellect (ou la raison) se trompent. Même s’il « sonnent » formellement juste et ne font pas de fausse note. Ce n’est pas à cela que doit servir de s’exercer quand on est déjà un musicien entrainé.
Et l’amusement qui consiste à se faire passer pour un débutant ne doit pas durer plus de temps qu’une bonne blague, sinon cela devient malsain et pédant, un risque d’offenser l’humilité. A moins que ce soit pour en confondre un autre qui se croirait meilleur et qui le mériterait, ou se justifier de ne plus avoir à chercher à progresser, ou… l’ennui autorise tant d’explications quand le charme s’est perdu, et l’on pourra toujours prétendre que nous ne faisons que jouer, et en passant, ou que c’est trop sérieux pour cela et afin de s’enfermer dans un splendide isolement !
Comment prétendre après cela que nous n’avons besoin de rien, alors que nous manquons de tout en l’absence de Dieu…Il n’y a que l’amour qui puisse le remplacer.
Est-il à prendre, ou à donner ? C’est à ses fruits que l’arbre sera jugé, mais beaucoup trop prennent leurs feuilles (et parfois celles des autres) pour des fruits, et malheur à qui le remarque !
Comment peut-on en venir à des attitudes d’exclusion pour si peu, alors que l’on était censé rechercher l’édification !?
Dans certains cas, se tenir à l'écart est un acte de charité, quand notamment ce n'est pas dissimuler et que ce n'est pas l'aveu d'un sentiment grossier (indifférence, mépris, colère, supériorité...) ce qui peut parfois obliger à vivre sur une corde raide.

A toutes fins utiles je signale que Asellus avait écrit :
Asellus a écrit : dim. 17 sept. 2023, 12:57 c’est-à-dire par Dieu, présent au fond de chaque cœur… vous suivez ?
Et non : "au fond de son coeur". autrement dit c'était un rappel presque superflu, une concession pour amadouer et rechercher le consensus car nous vivons tous en Dieu.
Dès qu'i faut trop faire de théologie pour s'expliquer, il y a un risque d'être mal compris ; mais il a essayé de "faire simple".
Dernière modification par cmoi le lun. 18 sept. 2023, 8:43, modifié 1 fois.
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Perlum Pimpum »

Bonjour,


La similitude du second commandement au premier tient précisément à l’articulation du second au premier, articulation découlant de la nature-même de la charité .

NATURE. La charité est essentiellement un amour pour Dieu infiniment aimable. ORDRE. Parce que la charité est essentiellement un amour pour Dieu, le prochain n’est aimé de charité qu’aimé en et pour Dieu aimé de charité. SIMILITUDE. La similitude du second au premier est que le premier consiste à aimer Dieu pour Dieu infiniment aimable, le second à aimer le prochain pour Dieu infiniment aimable.

Bref, pour le formuler par des prédicables, l’amour pour Dieu est l’essence-même de la charité, l’amour pour le prochain un accident inséparable de cette essence.

Cette inséparabilité n’est pas parce que le prochain serait Dieu (assertion d’idolâtre) ni parce que certains seuls des prochains seront, par la vision intuitive de Dieu, défiés au Ciel (assertion de foi dont les idolâtres détournent le sens pour nier l’ordre de la charité, et par delà l’essence-même de la charité, subordonnant ainsi Dieu à l’homme, en quoi consiste leur idolâtrie), mais parce que Dieu ayant et n’ayant voulu l’homme que pour qu’il aime Dieu, aimer Dieu implique de vouloir que l’homme aime Dieu, en quoi consiste la charité pour l’homme, qui n’est charité que parce qu’elle l’aime en et pour Dieu.


Cordialement.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par cmoi »

Perlum Pimpum a écrit : lun. 18 sept. 2023, 8:39 NATURE. La charité est essentiellement un amour pour Dieu infiniment aimable.
Mais la charité n’est que le nom qu’un chrétien donne à l’amour.
Or il est possible d’aimer Dieu sans le connaître, par une affinité naturelle qui n’est pas dépourvue de surnaturel et respectant (ce sera le signe) la règle qu’il a posée par la création.
Perlum Pimpum a écrit : lun. 18 sept. 2023, 8:39 Cette inséparabilité n’est pas parce que le prochain serait Dieu (assertion d’idolâtre)
Ce n’est pas ce qu’Asellus a écrit
Perlum Pimpum a écrit : lun. 18 sept. 2023, 8:39 ni parce que certains seuls des prochains seront, par la vision intuitive de Dieu, défiés au Ciel (assertion de foi dont les idolâtres détournent le sens pour nier l’ordre de la charité),
Idée que non sans raison beaucoup jugeront hors sujet et « artificielle »
Perlum Pimpum a écrit : lun. 18 sept. 2023, 8:39 mais parce que Dieu ayant et n’ayant voulu l’homme que pour qu’il aime Dieu,
Connaissance pas nécessaire et qui n’est pas totalement vraie en toutes circonstances car même en situation d’abandon, il reste nécessaire d’aimer.
Perlum Pimpum a écrit : lun. 18 sept. 2023, 8:39 aimer Dieu implique de vouloir que l’homme aime Dieu, en quoi consiste la charité pour l’homme.
La première partie est une évidence souvent bafouée ou détournée par ceux qui prétendent aimer (ils veulent qu’on les aime parce qu’ils aiment Dieu), mais la charité peut se faire ou être donnée par simple extension et sans cette volonté expresse, simplement parce que aimer est l’expression la plus noble de notre nature et cela peut rester désintéressé (ce qui est normal puisque tout amour appartient par capillarité et vient de Dieu, l’ignorer restant possible car le don n’en est pas rendu impossible et il a même perdu le besoin de s’en glorifier, ou d’y rajouter quelque chose.
Un amour où l'on se force, serait-ce pour Dieu, n'est plus de l'amour et montre que nous ne le connaissons pas. Nous en avons le désir, mais est-il pur ? Quand il l'est devenu, il ne veut que ce que Dieu veut et sans que ce soit parce que Dieu le veut, ne se force plus.
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Re: L'amour véritable peut-il se dispenser d'être universel ?

Message non lu par Perlum Pimpum »

Je suspends très provisoirement mon silence à votre endroit.
cmoi a écrit : lun. 18 sept. 2023, 9:14 Un amour où l'on se force, serait-ce pour Dieu, n'est plus de l'amour et montre que nous ne le connaissons pas.
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. » Lc. X, 27.

« Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements ? Jésus répondit : Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ; Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. » Mc. XII, 28-31.

Appert ainsi que vous ne connaissez pas.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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