Cher Michel Ange !
j'ai relu attentivement vos messages et je me décide à vous donner mon témoignage qui peut peut-être vous être utile, comme l'a fait Christophe : il y a d'ailleurs des points communs entre nous.
Tout d'abord, je vous dis ce que je pense de votre cas : je ne pense pas que vous soyez médium, je ne pense pas que vous êtes "infesté", je pense que vous êtes, comme vous l'avez dit au départ, hypersensible et que ce n'est pas la même chose et que l'un ne débouche pas automatiquement sur l'autre. SI on ne va pas volontairement tenter de développer les pratiques de divination par les pratiques de sorcellerie ou les pratiques de médiumnité en invoquant les esprits. Là, danger ! Si on ne va pas vers ces pratiques, il n'y a pas de raison que votre don vous y emmène. Cela demande de résister à la tentation, ce qui n'est pas toujours facile surtout lorsqu'on vit au Cameroun !
Donc prudence, et confiance (surtout que le prêtre a fait une prière de délivrance).
Alors c'est quoi cette "hypersensibilité" ? c'est une empathie hors norme, liée à une intuition hors norme, elle-même liée à un instinct animal qui fait qu'on ressent les choses avec une force et une acuité qui vous plonge dans un monde qui n'est pas le vôtre, le monde de l'autre qui est comme un "livre ouvert" pour vous. Certains sont doués pour le dessin, doués pour la danse, doués pour les maths, et bien certains sont doués pour l'empathie.
Je suis hypersensible. Concrètement, je ressens tout ce ce que je vis avec des émotions fortes (voir extrêmes); je ressens ce que vit la personne en face de moi, je ressens son état intérieur, surtout si elle le cache, que je la connaisse ou pas. Par exemple, si elle sourit et rit, parle avec animation, et qu'elle cache sa tristesse, je ressens sa tristesse aussitôt EN PLEIN COEUR puis en suis envahie physiquement, dans tout mon corps. Même chose pour la colère, la peur, toutes ces émotions que les personnes ont tendance à cacher. Regarder une personne dans le métro ou croiser son regard peut suffire à être envahie. J'ai des idées qui me traversent la tête, le ressenti peut m'amener à "sentir" des choses personnelles sur ces personnes...
Pendant des années, cela m'a épuisée. je pouvais arriver au travail chargée de tristesse ou d'agressivité à cause de personnes croisées dans le métro. Les personnes se confiant facilement à moi, je pouvais être épuisée par leurs émotions non assumées que j'avais assumé à leur place en les écoutant. Epuisée... cela a peut-être eu un impact sur ma santé et j'ai eu pendant quelques années de graves soucis. Le fait d'éponger tout ce qui se passe ET de porter et d'assumer naturellement tout ce qui se passe m'était préjudiciable car je "subissais" en partie ce don (je vous le précise car vos douleurs me font un "bip d'appel" !).
Un jour, j'ai appris à m'en servir et j'ai grandi en liberté : je ne subis plus, je choisis quand c'est bien pour moi et pour l'autre de m'en servir. La première chose, cela a été la prise de conscience du phénomène avec un psychothérapeute. Je ne savais pas, je croyais que j'étais réellement triste alors que j'avais absorbé la tristesse d'autrui... Ce psy m'a appris à faire la part, à discerner ce qui est ma part et la part de l'autre, à prendre soin de moi et de mes propres émotions ET ne pas garder ce qui est la part de l'autre. Par exemple aujourd'hui, lorsque je sens l'invasion émotionnelle de l'autre, je prends cela comme une information que je note, j'expire l'émotion étrangère en l'envoyant dans la terre (exactement comme l'éléctricité qui est neutralisée en passant dans la terre) et je demande l'Esprit Saint pour la personne, et pour moi.
Le Seigneur, qui est intelligent comme chacun sait, m'a fait la grâce de m'appeler dans un cadre professionnel où j'exploite ce don, où j'écoute les personnes et les conseille. Dans ce cadre là, je me sers de mes antennes avec un grand plaisir et je demande l'Esprit Saint pour discerner les moments où il est bon pour la personne de "soulever le loup", c'est-à-dire de dire ce que je ressens d'elle, ou s'il est préférable de se taire. Prier est essentiel pour ne pas "déborder", pour ne pas prendre le pouvoir, ce don doit devenir une grâce et non pas un pouvoir et, cher Michel Ange, il n'y a pas de milieu : soit c'est une grâce, soit c'est un pouvoir, selon que c'est vécu en Dieu ou hors de Dieu.
Dans le privé, je choisis d'écouter ou pas une personne, je me rends disponible ou pas. Oui, je suis un peu plus dure, apparemment moins charitable et moins commode, parfois colérique face à des envahisseurs abusifs. Je me protège, et je me protège en Dieu qui m'aide à discerner ce qui est juste ou pas pour moi et pour les autres.
J'aime beaucoup masser les gens et immanquablement, quand je masse une personne, elle me fait la remarque que "j'ai quelque chose dans les mains". On m'a dit aussi que j'avais du magnétisme, blablabla, que je devais développer cela... j'en ai déduit qu'il y avait une relation entre cette empathie et le magnétisme. Je résiste ! je résiste à la tentation de poser les mains sur une personne qui a mal à la tête (je vais lui chercher un médoc), de tenter de "soigner" les verrues et autres bobos physiques comme on me l'a conseillé, je résiste car le Seigneur ne m'appelle pas là, il m'appelle à l'écoute et la valorisation de l'autre par la parole et pas au soin. Si j'étais ostéopathe, je vivrais à fond ce don dans les mains, en évitant aussi de tomber dans le conseil facile que pourrait m'inspirer mon empathie.
C'est très important : ce don est hors-norme, alors on ne fait pas joujou avec ! On reste dans les clous, c'est-à-dire là où le Seigneur vous appelle et seulement là, POUR ne pas tomber dans une forme de toute puissance... que je rencontre parmi certaines personnes hypersensibles, par exemple le kiné ou l'ostéo ou autre qui joue au psy, son intuition lui fait dire des choses vraies mais à mauvais escient...
Donc je me contente de masser les potes pendant les vacances et tant mieux si l'un d'eux se sent beaucoup mieux après, je rends grâce et je laisse passer, cela ne m'appartient pas finalement. Je précise que je suis d'un tempérament plutôt rebelle, curieux d'expérimenter le plus possible de choses et allergique aux règles et que si cette règle m'est venue comme une évidence, c'est vraiment, vraiment qu'elle m'a été inspirée !!!
Etre hypersensible, c'est aussi être impactée par tous les événements, proches ou lointains qui arrivent aux autres (dans mon cas humains et animaux). J'ai tendance à souffrir beaucoup dès que j'apprends une souffrance qui impacte autrui. Je me raccroche alors à la phrase de l'Evangile : "donnez-moi votre fardeau et je le ferai léger" et je confie ce ressenti trop lourd au Christ. Mais heureusement, je suis aussi extrêmement impactée par tout événement et personne joyeuse que je rencontre. La joie est d'ailleurs mon état intérieur naturel.
Michelange a écrit :
Si l'hypersensibilité est héréditaire, pourquoi est-ce à 40 ans que j'en prends conscience? Ou alors, peut-on être un "porteur" dormant qui se réveille dans des circonstances déterminées?
Je ne sais pas si l'hypersensibilité se cultive. Pour ma part, c'est contre mon gré que je ressens les choses. J'essaie ensuite de les rationaliser, de les comprendre. Les cultiver serait y prêter attention?
Vous prenez conscience de ce qui était probablement déja là. Pourquoi à 40 ans ? C'est l'âge de la "remontée de l'ombre", (ou "crise de la quarantaine") concept jungien qui dit qu'à cet âge-là, toutes les douleurs qu'on a refoulées dans l'inconscient pour survivre remontent à la conscience accompagnées de toutes les potentialités inemployées. La bonne nouvelle, c'est que c'est un moment privilégié pour se mettre à l'écoute du Seigneur qui veut guérir ce qui est encore blessé, déployer ce qui est inachevé, envoyer en mission les personnes en utilisant les dons inemployés jusqu'alors.
N'est ce pas merveilleux ? (Lire à ce sujet le Père Monbourquette « apprivoiser son ombre ».)
Evidemment l'hypersensibilité donne une ouverture 'sensible" et très forte à la spiritualité et le Christ nous tend les bras et il est triste d'aller boire à d'autres sources comme l'a dit Yrwin...
Michelange a écrit :
Quant à savoir comment cela a commencé, cela va vous paraitre ridicule mais bon j'en ai la certitude...
Je venais de toucher la main d'un monsieur alors que je lui remettais quelque chose. Et j'ai senti comme une décharge qui a attaqué la tête et mon coeur. Cela m'a déstabilisé un.moment. Et dès lors c'était comme si mes sens s'étaient ouverts.
Ce monsieur a servi de révélateur. Bon, nous sommes au Cameroun, il est probable que lui avait affaire à un monde "plus" qu"hypersensible. Probablement, lui, homme de pouvoir, il vous a"vu", a vu vos potentialités et a décidé, sans votre consentement, de vous envoyer une "charge" pour vous ouvrir à vous-même et vous connecter à ce don qui était déjà en vous. Ou cela s'est fait tout seul, tellement il vit là dedans... Je n'approuve pas (voyez, c'est cela la toute-puissance) mais je sais que ce n'est pas grave. Le prêtre est passé par là et si il y avait en "cadeau" quelque négativité, cela n'est plus.
Ensuite : tout est grâce pour celui qui vit en Dieu et le Seigneur vous donne sa vie sans cesse, et l'Esprit Saint, qui souffle où Il veut comme chacun sait, peut se servir parfois de curieux personnages et de curieux événements pour notre déploiement. Car il s'agit bien de se déployer comme un arbre qui déploie ses branches vers le soleil, en buvant à la source par ses racines profondes dans la Terre.
Michelange a écrit :
J'essaie ensuite de les rationaliser, de les comprendre. Les cultiver serait y prêter attention?
Où trouver un moniteur qui puisse aider?
Plutôt que rationaliser, je vous propose de louer ! La vraie question est où, à quoi et comment le Seigneur vous appelle avec ce don dont vous avez pris conscience.
Savez-vous ce qui me traverse le cœur et le corps à l'instant même en vous écrivant cher Michel Ange ? C'est la louange, l'Esprit de louange. Je vous invite donc à louer votre Sauveur et aller vous charger de sa joie et de sa paix à la Source, là où se trouve le vrai réacteur nucléaire, devant le Saint Sacrement.
De tout cœur avec vous !
Axou