On peut participer par ses souffrances à la Passion du Christ, tout à fait. Mais on ne gagne pas ainsi son propre salut. Ce peut être une oeuvre de pénitence, ce peut être une oeuvre expiatoire (pour soi ou pour autrui), bref, c'est ce qu'on appelle une "bonne oeuvre", mais ça ne nous donne pas notre propre salut : elles ne sont pas rédemptrices.kisito a écrit :Un malade peut participer par ses souffrances à la passion du Christ, toute la tradition de l'Eglise et l'exemple des saints l'attestent, beaucoup des saints ont même été canonisés par leur héroïsme pendant leurs maladies, donc je ne crois pas comme vous dites que se soit seulement les souffrances qu'on subit à cause du Christ qui ont une valeur rédemptrice, toutes les souffrances peuvent l'avoir y compris les souffrances causées par nos péchés, l'exemple du bon larron est très instructif à ce sujet.
Si nos oeuvres pouvaient être rédemptrices, alors il n'y aurait pas eu besoin du sacrifice de Jésus, il aurait suffit de respecter la Loi de notre mieux, et de souffrir pour nos péchés.
J'anticipe un peu sur la suite de mon message : on ne fait pas pénitence pour être sauvé, mais parce qu'on est sauvé.
Regardez les sacrements : la pénitence vient après la confession et la rémission des péchés, pas avant. Ce n'est pas un hasard pratique, mais bien l'ordre théologiquement correct. Il n'est pas possible pour un confesseur de faire une "remise de péché conditionnelle", qui serait soumise à la réalisation d'une pénitence. D'abord on est en état de grâce, et alors seulement on peut faire pénitence.
Porter sa croix, c'est souffrir à cause du Christ. Si vous refusez de porter cette croix, alors vous perdez le ciel. Le salut n'est pas une récompense, un salaire, une "prime à la souffrance", mais un don gratuit de Dieu. Récompenses et salaires viennent en surcroît.Quelque soit la souffrance qu'on subit, il suffit de savoir comment "porter sa croix" pour "gagner" le ciel.
C'est bien parce que c'est le Christ qui agit en nous que ces oeuvres sont méritantes, parce que ce sont en réalité les oeuvres du Christ. Mais pour que le Christ agisse en nous, il faut déjà être uni au Christ, et donc être sauvé. On n'est pas sauvé à cause de nos mérites, mais on fait des oeuvres méritantes parce qu'on est sauvé.Chaque fois que je parle de "mérite", je le met toujours entre guillemet, car c'est notre union au Christ qui nous donne nos mérites. En réalité "c'est le Christ qui agit en nous" ( pour citer st Paul)
Autrement dit, toute les oeuvres que nous faisons sans être sauvé ne sont d'aucun mérite : ce ne sont que des actions purement humaines, et non le Christ qui agit en nous.
La voie chrétienne n'est pas de chercher à faire, mais de chercher à être instrument, serviteur.
Pour faire court, dans une façon de parler un peu ancienne mais qui a le mérite d'être simple, parce que je commence à me demander si le problème n'est pas que nous sautons une étape :
- être sauvé, c'est échapper à la damnation, à l'enfer
- quand on est sauvé, on va au purgatoire expier son péché
- quand on a fini d'expier, on va au Paradis
- les oeuvres méritantes viennent diminuer le temps passé au purgatoire
Evidemment, si on ne raisonne qu'en enfer/paradis, en oubliant le purgatoire, alors il n'y a plus non plus de mérite. Les protestants refusant le purgatoire, ils refusent logiquement la notion de mérite. Mais nous sommes tous d'accord que c'est le sacrifice de Jésus sur la Croix qui nous sauve.
Et quand les catholiques (ou plutôt que les protestant font dire aux catholiques) que nous sommes sauvés par "la foi et les oeuvres", c'est tout simplement que s'il n'y a pas les oeuvres, c'est que nous nous opposons à l'action de l'Esprit en nous, et donc que nous refusons le salut. Autrement dit, la foi sans les oeuvres est morte. Et nous sommes aussi d'accord sur le fait que l'expiation est dûe au sacrifice de Jésus sur la croix. Luther, car il dit que ça suffit. Les catholiques, car nous disons que c'est là l'origine du mérite de nos oeuvres.


