Bonjour,
je voudrais partager le regard que j’ai sur les musulmans, pour avancer sur notre réflexion de l’évangélisation.
Je travaille dans un hôpital en région parisienne, dans un quartier où il y a de nombreux immigrés, et une grande majorité de musulmans.
Je côtoie chaque jour des malades musulmans et leur famille, et j’ai aussi beaucoup de collègues musulmanes.
Personnellement, sauf de rares exceptions, je vois le plus souvent des musulmans ayant un cœur d’une grande générosité, basé sur l’amour fraternel.
Je vois des musulmans qui sont heureux de parler avec moi, catholique, du simple fait que je sois croyante, comme eux, et que je crois en un seul Dieu, miséricordieux.
Je vois une collègue musulmane, qui se lève chaque matin à 5h pour prier Dieu avec amour pour lui confier sa journée, sa vie, sa famille.
Je vois des femmes musulmanes qui font le ramadan, simplement pour apprendre à partager et à donner.
Oui, il y a des attitudes condamnables, l’extrémisme grandissant est un danger…
L’extrémiste musulman n’est pas un musulman authentique, et on ne dialogue pas avec lui (Mgr Poupard). Il ne faut pas faire l’amalgame avec le vrai musulman, car cette confusion fait souffrir le peuple musulman.
Méfions nous des sites internet dits musulmans, mais menés par des extrémistes.
Mais, pour en revenir au peuple musulman…
Je ne crois pas que le chemin d’évangélisation commence par le jugement et la critique.
J’ai vu récemment un reportage sur des catholiques islamophobes, reportage, qui était tout aussi terrifiant et condamnable !
Ceux qui traduisent le mieux, ce que je ressens du peuple musulman, et de notre mission d’évangélisation auprès d’eux, ce sont les frères de Thibirine.
Je cite :
« Les moines poursuivirent une réflexion et une démarche de réconciliation avec l'Islam, dans la lignée du Concile Vatican II concernant le dialogue interreligieux. Ce dialogue avait un sens concret (d'amour en actes et non en paroles) dans la mesure où Christian de Chergé trouvait stériles les débats d'ordre théologique. Ces rencontres se traduisaient donc par le partage d'un morceau de pain, d'un verre d'eau, des soucis quotidiens, partage des récoltes, puisque les parcelles de terrains étaient cultivées aussi par quatre ou cinq associés du village voisin, qui obtenaient ensuite la moitié du produit de la terre39.
Les moines entretenaient de bonnes relations avec le voisinage. Ils participaient aux repas de fêtes musulmanes, comme la fin du ramadan. Les villageois eux, s’associaient aux grandes fêtes chrétiennes : un couscous (sans viande) réunissait bien souvent les moines et les habitants du village40. »
Une évangélisation basée sur l’amour, la prière et l’offrande de soi.
Amener Jésus aux musulmans, ce n’est pas, il me semble, chercher à les convaincre, mais avant tout, les aimer, les accueillir, même dans leur pauvreté, comme enfants du Père.
C’est partager des moments avec eux.
Oui, je me réjouis d’accepter les pâtisseries qu’ils m’offrent pour fêter la fin du Ramadan.
Et je leur souhaite ce jour là, une très bonne fête.
Je ressens une grande soif de Dieu chez ce peuple.
Et je crois que ce n’est que grâce à une évangélisation basée sur l’amour, qu’il y aura des conversions chez les musulmans.
Cessons donc de les juger , cessons d’avoir le regard rivé sur leurs différences, cessons de nous comparer.
Aimons-les, comme nous l’ont appris les moines de Thibirrhine, par leur amour fraternel,
et en donnant leur vie pour eux.
Aimons-les, à l’exemple de Jean-Paul II embrassant le Coran au Vatican.
Le testament de Christian de Chergé :
http://www.cef.fr/catho/actus/archives/ ... cherge.php
Cordialement,
Petite fleur