par Peccator » sam. 14 juin 2014, 13:44
kisito a écrit :Lorsqu'on est uni au Christ nos œuvres sont les œuvres du seigneur et vise versa, donc lorsqu'on est uni au Christ, parler de nos œuvres ou parler des œuvres du Christ revient au même, et par conséquent on peut légitimement dire que nos œuvres sont méritoires.
Certes. Mais bon, en lisant Jean 10, je vois bien qu'il est dit que si je crois aux oeuvres de Celui qui est en mon interlocuteur (et non pas à mes propres oeuvres à moi), alors je serai sauvé. Et même, à strictement parler, qu'il faut croire aux oeuvres de Jésus car elles sont les oeuvres du Père ("qui m'a vu a vu le père").
Pour que je puisse, moi, faire les oeuvres de Dieu, il faut bien que je sois déjà uni au Christ. C'est ce que vous dites vous-même. Et si je suis uni au Christ, c'est que je suis sauvé. Le salut précède donc bel et bien les oeuvres méritoires.
Et les oeuvres que je fais qui aident autrui sur son chemin de conversion sont évidemment méritoires...
Quelques références :
http://www.dogmatique.net/T15.htm, dont je cite : "Le renouvellement intérieur est fondement et obligation d’une vie de bonnes œuvres"
Déclaration conjointe sur al doctrine de la justification de la Fédération Luthérienne Mondiale et de l'Eglise catholique.
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... on_fr.html
Où je souligne les points suivants :
- [+] Texte masqué
- 19. Nous confessons ensemble que la personne humaine est pour son salut entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu. La liberté qui est la sienne face aux personnes et aux choses de ce monde n’est pas une liberté vis-à-vis de son salut. Ceci signifie : en tant que pécheur il est placé sous le jugement de Dieu et incapable de se tourner de lui-même vers Dieu en vue de son salut, voire de mériter sa justification devant Dieu ou d’atteindre son salut par ses propres forces. La justification est opérée par la grâce seule.
20. Lorsque les catholiques affirment que, lors de la préparation en vue de la justification et de son acceptation, la personne humaine « coopère » par son approbation à l’agir justifiant de Dieu, ils considèrent une telle approbation personnelle comme étant une action de la grâce et non pas le résultat d’une action dont la personne humaine serait capable.
22. Nous confessons ensemble que, par la grâce, Dieu pardonne son péché à la personne humaine et que simultanément, en sa vie, il la libère du pouvoir asservissant du péché en lui offrant la vie nouvelle en Christ. Lorsque la personne humaine a part au Christ dans la foi, Dieu ne lui impute pas son péché et opère en elle, par l’Esprit Saint, un amour agissant. Ces deux aspects de l’agir salvateur de Dieu ne doivent pas être séparés. Le pardon des péchés et la présence sanctifiante de Dieu sont intrinsèquement liés par le fait que la personne humaine est, dans la foi, unie au Christ qui, dans sa personne, est notre justice (1 Co 1, 30).
25. Nous confessons ensemble que le pécheur est justifié au moyen de la foi en l’œuvre salvatrice de Dieu en Christ ; ce salut lui est offert par l’Esprit Saint dans le baptême en tant que fondement de toute sa vie chrétienne. Dans la foi justifiante, la personne humaine place sa confiance en la promesse miséricordieuse de Dieu, une foi qui embrasse l’espérance placée en Dieu et l’amour. Cette foi est active dans l’amour ; c’est pour cela que le chrétien ne peut et ne doit pas demeurer sans œuvres. Mais tout ce qui dans la personne humaine précède et suit le don libre de la foi, n’est pas la cause de la justification et ne la mérite pas.
37. Nous confessons ensemble que les bonnes œuvres – une vie chrétienne dans la foi, l’espérance et l’amour – sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits.
Lorsque le justifié vit en Christ et agit dans la grâce reçue, il porte, en termes bibliques, de bons fruits. Cette conséquence de la justification est pour le chrétien, dans la mesure où il lutte tout au long de sa vie contre le péché, une obligation qu’il doit remplir; c’est la raison pour laquelle Jésus et les écrits apostoliques exhortent les chrétiens à accomplir des œuvres d’amour.
38. Selon la conception catholique, les bonnes œuvres qui sont réalisées par la grâce et l’action du Saint-Esprit contribuent à une croissance dans la grâce afin que la justice reçue de Dieu soit préservée et la communion avec le Christ approfondie. Lorsque les catholiques affirment le « caractère méritoire » des bonnes œuvres, ils entendent par là que, selon le témoignage biblique, un salaire céleste est promis à ces œuvres. Loin de contester le caractère de ces œuvres en tant que don ou, encore moins, de nier que la justification reste un don immérité de grâce, ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour ses actions.
Bossuet :
http://books.google.fr/books?id=CI8NAAA ... &q&f=false
Et bien sûr, le très long article "mérite" du DTC :
http://jesusmarie.free.fr/dictionnaire_ ... tre_M.html
Et pour un dictionnaire plus récent (et plus bref), l'article du dico de Rahner et Vorgrimler :
- [+] Texte masqué
- MERITE.
Déjà le N.T. exprime la valeur objective que donne la grâce de Dieu aux oeuvres accomplies par l'homme justifié dans la liberté et dans la grâce par des catégories juridiques : le Dieu juste, qui rétribue les bons et les méchants, sans acception de personnes, chacun selon les oeuvres (Ro 2, 6-8 ; 1Pe 1, 17), accorde la vie éternelle comme un salaire dû aux mérites du juste.
Cette manière de s'exprimer souligne à juste titre la dignité et la valeur morale que Dieu donne à ces "oeuvres" : accomplies en l'Esprit Saint et par sa force, elles reposent sur une "participation à la nature divine" (2Pe 1, 4), elles "actualisent" cette participation et sont, à cause de cela, bien que ce soit dans l'obscurité de la foi et dans la pauvreté de l'existence d'ici-bas, comme une réalisation de la vie éternelle, ayant une proportion intrinsèque à cette vie dans sa gloire. C'est par ces oeuvres que la vie de la grâce croît, d'une façon connaturelle, vers la vie éternelle.
Voilà pourquoi cette réalité peut être aussi exprimée de la manière suivante : les oeuvres méritoires déterminent une croissance en grâce (une "assimilation" existentiellement toujours plus profonde de la grâce, qui intègre en elle de plus en plus pleinement tous les secteurs de l'existence humaine) (D. 803, 809, 834, 836) : les mérites "méritent" un accroissement de la grâce.
Cependant, le mot "mérite" -- dont le caractère adéquat a été défini par le magistère : D. 842 -- peut receler deux malentendus qu'il faut éviter :
a) On n'apporte pas à Dieu une oeuvre indépendante de lui dont il aurait besoin et qu'il serait obligé de rémunérer. Tant la possibilité que la réalisation libre d'un acte salutaire surnaturel et méritoire sont des dons de Dieu (par la grâce élevante, et au cas échéant, pas la grâce efficace) ; de même que nous existons par lui, nous agissons aussi par lui, de sorte que Dieu, en tant que juste Juge, "récompense" et "couronne" ce qu'il a donné lui-même. La doctrine du mérite ne porte donc aucunement atteinte à l'absolue liberté de son choix et de sa grâce. En fin de compte, nous ne "travaillons" pas "avec Dieu" comme le feraient deux êtres indépendants l'un de l'autre ; c'est lui qui nous donne d'oeuvrer librement et de porter ainsi réellement des fruits (v. Mt 13, 8).
b) Bien que la créature finie, qui ne possède jamais tout dans l'unité et qui peut et doit donc s'ouvrir tout naturellement à une légitime pluralité de mobiles, puisse tendre, dans l'espérance, à la vie éternelle comme à sa béatitude et puisse vouloir pour cette raison la croissance en grâce et le mérite, en fin de compte elle n'obtient cette vie éternelle que si, justement, par la charité théologale, elle aime Dieu pour lui-même et non seulement comme la source de son bonheur à elle, et donc si la volonté de son propre mérite est dépassée et transformée par celle qui cherche Dieu lui-même, en d'autres termes : par l'amour.
Petit dictionnaire de théologie catholique, K. Rahner et H. Vorgrimler, 1970 (pour la traduction française), le Seuil.
Edit : correction d'une URL qui passait mal.
[quote="kisito"]Lorsqu'on est uni au Christ nos œuvres sont les œuvres du seigneur et vise versa, donc lorsqu'on est uni au Christ, parler de nos œuvres ou parler des œuvres du Christ revient au même, et par conséquent on peut légitimement dire que nos œuvres sont méritoires.[/quote]
Certes. Mais bon, en lisant Jean 10, je vois bien qu'il est dit que si je crois aux oeuvres de Celui qui est en mon interlocuteur (et non pas à mes propres oeuvres à moi), alors je serai sauvé. Et même, à strictement parler, qu'il faut croire aux oeuvres de Jésus car elles sont les oeuvres du Père ("qui m'a vu a vu le père").
Pour que je puisse, moi, faire les oeuvres de Dieu, il faut bien que je sois déjà uni au Christ. C'est ce que vous dites vous-même. Et si je suis uni au Christ, c'est que je suis sauvé. Le salut précède donc bel et bien les oeuvres méritoires.
Et les oeuvres que je fais qui aident autrui sur son chemin de conversion sont évidemment méritoires...
Quelques références :
http://www.dogmatique.net/T15.htm, dont je cite : "Le renouvellement intérieur est fondement et obligation d’une vie de bonnes œuvres"
Déclaration conjointe sur al doctrine de la justification de la Fédération Luthérienne Mondiale et de l'Eglise catholique.
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_31101999_cath-luth-joint-declaration_fr.html
Où je souligne les points suivants :
[spoiler]19. Nous confessons ensemble que la personne humaine est pour son salut entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu. La liberté qui est la sienne face aux personnes et aux choses de ce monde n’est pas une liberté vis-à-vis de son salut. Ceci signifie : en tant que pécheur il est placé sous le jugement de Dieu et incapable de se tourner de lui-même vers Dieu en vue de son salut, [b]voire de mériter sa justification devant Dieu ou d’atteindre son salut par ses propres forces[/b]. La justification est opérée par la grâce seule.
20. Lorsque les catholiques affirment que, lors de la préparation en vue de la justification et de son acceptation, la personne humaine « coopère » par son approbation à l’agir justifiant de Dieu, ils considèrent une telle approbation personnelle comme étant une action de la grâce [b]et non pas le résultat d’une action dont la personne humaine serait capable[/b].
22. Nous confessons ensemble que, par la grâce, Dieu pardonne son péché à la personne humaine et que simultanément, en sa vie, il la libère du pouvoir asservissant du péché en lui offrant la vie nouvelle en Christ. [b]Lorsque la personne humaine a part au Christ dans la foi, Dieu ne lui impute pas son péché et opère en elle, par l’Esprit Saint, un amour agissant.[/b] Ces deux aspects de l’agir salvateur de Dieu ne doivent pas être séparés. Le pardon des péchés et la présence sanctifiante de Dieu sont intrinsèquement liés par le fait que la personne humaine est, dans la foi, unie au Christ qui, dans sa personne, est notre justice (1 Co 1, 30).
25. Nous confessons ensemble que le pécheur est justifié au moyen de la foi en l’œuvre salvatrice de Dieu en Christ ; ce salut lui est offert par l’Esprit Saint dans le baptême en tant que fondement de toute sa vie chrétienne. Dans la foi justifiante, la personne humaine place sa confiance en la promesse miséricordieuse de Dieu, une foi qui embrasse l’espérance placée en Dieu et l’amour. Cette foi est active dans l’amour ; c’est pour cela que le chrétien ne peut et ne doit pas demeurer sans œuvres. Mais [b]tout ce qui dans la personne humaine précède et suit le don libre de la foi, n’est pas la cause de la justification et ne la mérite pas[/b].
37. Nous confessons ensemble que les bonnes œuvres – une vie chrétienne dans la foi, l’espérance et l’amour – [b]sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits[/b].
Lorsque le justifié vit en Christ et agit dans la grâce reçue, il porte, en termes bibliques, de bons fruits. Cette conséquence de la justification est pour le chrétien, dans la mesure où il lutte tout au long de sa vie contre le péché, une obligation qu’il doit remplir; c’est la raison pour laquelle Jésus et les écrits apostoliques exhortent les chrétiens à accomplir des œuvres d’amour.
38. Selon la conception catholique, les bonnes œuvres qui sont réalisées par la grâce et l’action du Saint-Esprit contribuent à une croissance dans la grâce afin que la justice reçue de Dieu soit préservée et la communion avec le Christ approfondie. Lorsque les catholiques affirment le « caractère méritoire » des bonnes œuvres, ils entendent par là que, selon le témoignage biblique, un salaire céleste est promis à ces œuvres. [b]Loin de contester le caractère de ces œuvres en tant que don ou, encore moins, de nier que [u]la justification reste un don immérité de grâce[/u][/b], ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour ses actions.[/spoiler]
Bossuet : http://books.google.fr/books?id=CI8NAAAAIAAJ&pg=PA308&ei=wDZdSdvsN4SUzASa25jZDg#v=onepage&q&f=false
Et bien sûr, le très long article "mérite" du DTC :
http://jesusmarie.free.fr/dictionnaire_de_theologie_catholique_lettre_M.html
Et pour un dictionnaire plus récent (et plus bref), l'article du dico de Rahner et Vorgrimler :
[spoiler]MERITE.
Déjà le N.T. exprime la valeur objective que donne la grâce de Dieu aux oeuvres accomplies par l'homme justifié dans la liberté et dans la grâce par des catégories juridiques : le Dieu juste, qui rétribue les bons et les méchants, sans acception de personnes, chacun selon les oeuvres (Ro 2, 6-8 ; 1Pe 1, 17), accorde la vie éternelle comme un salaire dû aux mérites du juste.
Cette manière de s'exprimer souligne à juste titre la dignité et la valeur morale que Dieu donne à ces "oeuvres" : accomplies en l'Esprit Saint et par sa force, elles reposent sur une "participation à la nature divine" (2Pe 1, 4), elles "actualisent" cette participation et sont, à cause de cela, bien que ce soit dans l'obscurité de la foi et dans la pauvreté de l'existence d'ici-bas, comme une réalisation de la vie éternelle, ayant une proportion intrinsèque à cette vie dans sa gloire. C'est par ces oeuvres que la vie de la grâce croît, d'une façon connaturelle, vers la vie éternelle.
Voilà pourquoi cette réalité peut être aussi exprimée de la manière suivante : les oeuvres méritoires déterminent une croissance en grâce (une "assimilation" existentiellement toujours plus profonde de la grâce, qui intègre en elle de plus en plus pleinement tous les secteurs de l'existence humaine) (D. 803, 809, 834, 836) : les mérites "méritent" un accroissement de la grâce.
Cependant, le mot "mérite" -- dont le caractère adéquat a été défini par le magistère : D. 842 -- peut receler deux malentendus qu'il faut éviter :
a) On n'apporte pas à Dieu une oeuvre indépendante de lui dont il aurait besoin et qu'il serait obligé de rémunérer. Tant la possibilité que la réalisation libre d'un acte salutaire surnaturel et méritoire sont des dons de Dieu (par la grâce élevante, et au cas échéant, pas la grâce efficace) ; de même que nous existons par lui, nous agissons aussi par lui, de sorte que Dieu, en tant que juste Juge, "récompense" et "couronne" ce qu'il a donné lui-même. La doctrine du mérite ne porte donc aucunement atteinte à l'absolue liberté de son choix et de sa grâce. En fin de compte, nous ne "travaillons" pas "avec Dieu" comme le feraient deux êtres indépendants l'un de l'autre ; c'est lui qui nous donne d'oeuvrer librement et de porter ainsi réellement des fruits (v. Mt 13, 8).
b) Bien que la créature finie, qui ne possède jamais tout dans l'unité et qui peut et doit donc s'ouvrir tout naturellement à une légitime pluralité de mobiles, puisse tendre, dans l'espérance, à la vie éternelle comme à sa béatitude et puisse vouloir pour cette raison la croissance en grâce et le mérite, en fin de compte elle n'obtient cette vie éternelle que si, justement, par la charité théologale, elle aime Dieu pour lui-même et non seulement comme la source de son bonheur à elle, et donc si la volonté de son propre mérite est dépassée et transformée par celle qui cherche Dieu lui-même, en d'autres termes : par l'amour.
Petit dictionnaire de théologie catholique, K. Rahner et H. Vorgrimler, 1970 (pour la traduction française), le Seuil.[/spoiler]
Edit : correction d'une URL qui passait mal.