"Épreuve" est un bien grand mot, mais je ne savais pas où poster ce message, désolée : il s'agit d'une confession dont le déroulement me laisse plus que perplexe. Déjà, elle est invalide, ça ne fait aucun doute... Peut-être que vous jugerez les réactions du prêtre confesseur tout à fait normales, mais j'ai trouvé tout cela presque surréaliste. Je tiens à préciser que mon but n'est absolument pas de critiquer ce prêtre, je m'interroge seulement et en viens à remettre certaines choses en question, dont ma compréhension du catholicisme et notamment de ce sacrement de la réconciliation.
Je suis allée me confesser, cet après-midi - une église assez loin de chez moi mais aux horaires d'accueil élargis, ce qui rend bien service - ça faisait un bout de temps que j'y pensais, sans oser franchir le pas car soit je n'avais pas un repentir suffisamment vif, soit je ne détestais pas assez mes péchés (notamment un, l'adultère : ce n'est pas un secret sur ce forum) ; bref, j'arrive et le prêtre me reçoit, fait un signe de croix, jusque-là aucun souci... puis il voit ma liste de péchés (euh, deux pages et demie, certes...) et me dit que je n'ai pas besoin de citer tous mes péchés, je n'ai qu'à parler des "principaux" , ceux qui me viennent tout de suite à l'esprit : "qu'est ce que vous voulez dire à Jésus, là tout de suite ?" Je lui fais comprendre que certes, je connais mes péchés mais qu'il faut bien ne pas en oublier, d'où la liste, même si ça fait très scolaire effectivement. Excédé, il me dit que je veux "juste suivre des règles", que le catholicisme, ce n'est pas du tout ça et qu'apparemment, je ferais mieux...de changer de religion ! ce n'est pas banal de dire ça, pour un prêtre
Il s'énerve ensuite parce que je tiens à ne rien oublier et à avouer tous les péchés inscrits (un paquet, donc), même si je lui assure que ça ne durerait pas non plus une éternité. Je me suis même dépêchée de les confesser. Il m'a arrêté à un moment donné ("je n'ai pas besoin de tous ces détails" eh oui désolée, mais pour certains, je n'ai franchement pas le choix) puis arrivée au moment où je dois confesser un péché objectivement grave : "ah oui, un tel péché, vous ne pouviez pas vous en souvenir sans une liste ? normalement, on n'a pas besoin de liste" (apparemment, il ne me pardonnait pas d'avoir tout noté) puis il reprend : "vous savez, des lascars comme vous, j'en ai vu, j'ai même confessé des meurtriers mais EUX, ils n'avaient pas besoin de liste, ils pleuraient en confession. Ils se savent aimés de Dieu. Vous, vous ne pleurez pas" : là encore, rien compris à ce reproche : mon repentir était pourtant bien sincère, même sans larmes ! Bon, sur le qualificatif de "lascar", par contre, je ne peux rien dire...
Puis, il m'arrête une nouvelle fois pendant la confession - loin de la fin - et me dit "oui, c'est bon, récitez l'acte de contrition , allez" sur un ton franchement énervé. Pourquoi une telle impatience ? Je lui réponds que je ne vais pas réciter un acte de contrition alors que je n'ai pas tout confessé, que ce serait invalide...il s'exclame encore "ah oui, encore les règles ! vous voulez juste suivre des règles, l'invalidité de la confession!" on aurait dit qu'il se moquait. "Non, rien à voir avec les règles, c'est une question de respect" : ma réponse ne lui a pas plu et il m'a carrément sommé d'arrêter en ajoutant "il y a des gens qui attendent dehors, c'est bon, vous irez voir un autre prêtre, avec six pages de péché cette fois. De toute façon, on pèche 36 fois par jour. Vous comptez vous confesser chaque jour ?" Encore de l'ironie... du coup, il m'a jetée dehors.
Je précise que ce n'est pas la première fois que je vois ce prêtre - en février, j'avais déjà fait une confession complètement invalide car il ne m'avait pas écoutée jusqu'au bout, donc pas d'absolution, niet... - sauf qu'il était beaucoup plus avenant. Qu'en pensez-vous ? Avez-vous déjà eu affaire à ce genre de confession - à mon sens - surréaliste ou, du moins, très étrange ? Je n'ai rien fait pour l'énerver, Dieu en est témoin.
Je vais retourner me confesser la semaine prochaine, dans une autre église (plus jamais celle-ci
Bien à vous,
Repentie75




