Engagement politique (en France)

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
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Sofia
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Bonsoir Pneumatis,
Vous ne craignez pas que votre parti soit condamné, à terme, à rester un "petit parti", heureux quand il fait plus de 0,5% des voix (dans la même veine que les partis royalistes) ? Combien y a-t-il de citoyens désireux de voter pour la défense de la vie et la doctrine de l'Église, même parmi les catholiques ? Peu, je pense.
Ne le voyez pas comme une agression, mais j'ai du mal à imaginer que vous puissiez un jour "compter" dans le paysage électoral et donc avoir une chance de mettre vos idées en application.

Cordialement,
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Alex67
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Pneumatis a écrit :En fait ma remarque concernait le fait que Christine Boutin ait fait alliance avec l'UMP, dans l'espoir de changer de l'intérieur les orientations de l'UMP, mais invite donc par là ses électeurs à voter l'UMP quand le PCD ne peut plus être représenté. Il y a, sur le plan de la représentation électorale une confusion qui finalement donne des voix chrétiennes à l'UMP, sans qu'on puisse déterminer si ses électeurs votent pour les idées de l'UMP ou pour celles du PCD.
Ah d'accord ! Oui, je suis totalement d'accord. D'ailleurs, je fais partie des 20% de membres du PCD qui ne sont pas membres de l'UMP.
Pneumatis a écrit :Mais je crois aussi que les électeurs, lorsqu'ils votent, doivent pouvoir donner une voix sans concession, une voix qui ne trahit pas leurs convictions.
Oui. Lorsque je vote, je ne prends pas l'étiquette politique en considération (ça peut paraître difficile à croire, mais des Français votent uniquement en fonction de l'étiquette politique, sans se poser plus de questions).
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Pneumatis
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Re: Engagement politique (en France)

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Sofia a écrit :Vous ne craignez pas que votre parti soit condamné, à terme, à rester un "petit parti", heureux quand il fait plus de 0,5% des voix (dans la même veine que les partis royalistes) ? Combien y a-t-il de citoyens désireux de voter pour la défense de la vie et la doctrine de l'Église, même parmi les catholiques ? Peu, je pense.
Ne le voyez pas comme une agression, mais j'ai du mal à imaginer que vous puissiez un jour "compter" dans le paysage électoral et donc avoir une chance de mettre vos idées en application.

Cordialement,
Ne craignez rien, je ne le vois pas du tout comme une agression. L'avenir du parti lui-même n'est pas important. Ce qui compte c'est les idées qu'il porte. Si demain l'UMP reprenait à son compte la doctrine sociale de l'Eglise, alors ce serait formidable, extraordinaire. Nous n'avons pas vocation à exister pour exister sur la scène politique, mais à faire exister la défense de la vie et le respect de la personne humaine. Entre-nous, je n'ai rien pour faire de la politique, et je m'en passerais bien. Si quelqu'un veut prendre ma place, je suis d'accord, et il sera certainement plus efficace que moi. Nous faisons ce que nous faisons parce qu'il faut le faire, parce qu'il faut alerter sur la culture de mort qui règne dans notre société. Pas pour avoir une place au chaud à l'assemblée ou pour passer à la télé.

Et pour le chrétien que je suis, ce qui compte c'est aussi de rendre possible l'action de l'Esprit dans ce monde. Ensuite, si Dieu veut, alors il nous poussera peut-être vers le gouvernement, ou il portera nos idées dans l'esprit des gouvernants, selon sa volonté. Tout ce qui nous revient, comme responsabilité, c'est juste de le rendre possible, de nous rendre disponible, et de rendre témoignage à la vérité.
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Sofia
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Merci Pneumatis. J'avais un peu peur de me faire envoyer sur les roses.
Si j'ai bien compris vos motivations, votre cheval de bataille, c'est la défense de la vie. Ok. Mais :
- pourquoi avoir préféré l'engagement politique à l'engagement associatif (au hasard, dans l'une des associations/fondations citées par Charles) ?
- je pense que vous conviendrez que votre parti, même s'il n'est pas confessionnel, a plus de chances de séduire un catholique pratiquant qu'un citoyen lambda. Or le catholique pratiquant est logiquement (même si...) en faveur de la défense de la vie = vous prêchez dans votre paroisse. Les autres restent à convaincre (j'écris ça alors que je ne sais même pas si convaincre les pro-choix, pro-euthanasie etc fait parti de vos objectifs).
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Bonjour MB,

Je souscris pleinement à ces précisions. Mes propos concernaient effectivement la seule immigration africano-musulmane. De manière générale, il me semble évident qu'il faut tenir compte de la proximité ethnico-religieuse de tel ou tel immigré afin d'évaluer son potentiel d'intégration. Les hommes ne sont pas des variables interchangeables, ils ont un passé, une histoire, une foi, etc. Je constate toutefois avec tristesse que la DSE ne tient pas compte de cette évidence dans son enseignement sur les migrations économiques.

Amicalement,
Franck
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@Sofia
Sofia a écrit :pourquoi avoir préféré l'engagement politique à l'engagement associatif (au hasard, dans l'une des associations/fondations citées par Charles) ?
Pour le choix entre engagement associatif et engagement politique, c'est une fausse opposition, ne serait-ce que parce que le parti politique Solidarité est une association dans toute l'acception du terme. La question est donc de l'action. Pour répondre à votre question, je ne me satisfaisais plus d'une simple contribution financière, qui est pourtant nécessaire, mais j'avais le sentiment (et le besoin égoïste aussi) d'agir aussi concrètement dans ce sens. Ensuite, la plupart des associations citées par Charles ont des orientations politiques bien précises. Par exemple SOS tout petit est fondé par Carl Lang qui a aussi fondé le parti politique d'extrême droite "Parti pour la France". L'Alliance pour le droit de la vie est fondée par Christine Boutin, qui est aussi à la tête du Parti Chrétien Démocrate, dont nous parlions précédemment. Je ne dénonce pas ce fait, je fais le constat que la question de la défense de la vie rejoins inéluctablement l'action politique, puisque c'est précisément l'action politique actuelle qui contribue ou entretien la culture de mort. L'autre terrain, celui de la recherche scientifique sur ces questions, est important également et assumé par exemple par la fondation Lejeune. Cependant, c'est typiquement le genre d'association où mes compétences en terme d'action se limitent à mon soutien financier.
Sofia a écrit :je pense que vous conviendrez que votre parti, même s'il n'est pas confessionnel, a plus de chances de séduire un catholique pratiquant qu'un citoyen lambda. Or le catholique pratiquant est logiquement (même si...) en faveur de la défense de la vie = vous prêchez dans votre paroisse. Les autres restent à convaincre (j'écris ça alors que je ne sais même pas si convaincre les pro-choix, pro-euthanasie etc fait parti de vos objectifs).
J'en conviens. Pour autant, détrompez-vous : on ne dénombre malheureusement plus les catholiques mal informés et qui sont pour l'avortement parce qu'ils sont plus bombardé par l'esprit de ce monde qu'informé de ce que leur enseigne l'Eglise en matière de foi. Cela étant dit, malheureusement ce n'est pas tant une question de convaincre par des arguments. Ces arguments existent depuis bien longtemps. Il s'agit que ces arguments soient visibles, défendus, soutenus et communiqués... un peu plus, toujours plus. Il s'agit de crier plus fort que le voisin qui martèle actuellement le discours de mort sur toutes les ondes et dans toutes les presses. Ca peut sembler de la démagogie, mais ce discours a besoin d'être relayé toujours plus non seulement pour rappeler à ceux qui l'auraient oublié qu'il est toujours d'actualité, et pour permettre à ceux qui lui sont acquis de lui manifester leur soutien.


@Franck
Franck a écrit :Mes propos concernaient effectivement la seule immigration africano-musulmane. De manière générale, il me semble évident qu'il faut tenir compte de la proximité ethnico-religieuse de tel ou tel immigré afin d'évaluer son potentiel d'intégration. Les hommes ne sont pas des variables interchangeables, ils ont un passé, une histoire, une foi, etc. Je constate toutefois avec tristesse que la DSE ne tient pas compte de cette évidence dans son enseignement sur les migrations économiques.
J'attire votre attention sur le fait justement que ce cas "particulier" est à remettre à sa juste place dans le débat. C'est ce qu'a permis de faire semble-t-il le rapport du PNUD dont il est question aujourd'hui dans l'actualité à propos duquel j'ai collé un article ici : Rapport du PNUD sur l'immigration. De ce qu'il en ressort, il faut justement bien remettre les questions dans leur juste dimension et prendre garde à ne pas faire de cas ultraminoritaires une problématique générale. Après, je n'ai pas beaucoup plus d'information là-dessus, mais il semble que ce rapport spécialisé sur la question de l'immigration, observé méthodiquement à l'international, aille vraiment dans le sens de la DSE.
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonjour,

Je joins à mon honteux prosélytisme religieux politique (EDIT : désolé pour le lapsus) sur ce forum, ce texte (ci-dessous) à destination des catholiques, dans lequel je me suis permis de relever en rouge quelques points clés. Soyons franc jusqu'au bout, j'ai surligné particulièrement ce qui sert mon engagement et ma plaidoirie. Mais tout le texte est à lire et je me soumets totalement à son entière autorité non seulement par fidélité, mais aussi avec un grand enthousiasme, tant il me confirme dans ma démarche personnelle. J'ai personnellement trouvé ce texte fort instructif - c'est un euphémisme. Il est disponible avec les notes ici : http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... #_ftnref19
CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

NOTE DOCTRINALE
concernant certaines questions sur
l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, après avoir pris, entre autres, l’avis du Conseil pontifical pour les Laïcs, a jugé opportun de publier la présente «Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique». Cette Note est adressée aux évêques de l’Église catholique, et de manière spéciale aux hommes politiques catholiques ainsi qu’à tous les fidèles laïcs appelés à participer à la vie publique et politique dans les sociétés démocratiques.


I. Un enseignement constant

1. En deux mille ans d’histoire, l’engagement des chrétiens dans le monde s’est réalisé sous des formes diverses. L’une d’entre elles a été la participation à l’action politique: les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles, «participent à la vie publique comme citoyens»[1]. Parmi ses saints, l’Église vénère beaucoup d’hommes et de femmes qui ont servi Dieu par leur engagement généreux dans les activités politiques et gouvernementales. L'un d'entre eux, saint Thomas More, proclamé Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques, a su témoigner jusqu’à la mort de «la dignité inaliénable de la conscience»[2]. Bien que soumis à diverses formes de pressions psychologiques, il a refusé tout compromis et, sans renier «sa constante fidélité à l’autorité et aux institutions légitimes» qui l’avait distingué, il a affirmé par sa vie et par sa mort que l'«on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale»[3].

Les sociétés démocratiques actuelles, dans lesquelles, à juste titre, tous sont appelés à participer à la gestion des affaires publiques dans un climat de vraie liberté[4], requièrent des formes nouvelles et plus larges de participation à la vie publique de la part des citoyens, qu’ils soient chrétiens ou non. En effet, tous peuvent contribuer, par leur vote, à l’élection des législateurs et des responsables de gouvernement, et, par d’autres moyens aussi, à l’élaboration des orientations politiques et des choix législatifs qui, selon eux, servent le mieux le bien commun[5]. Dans un système politique démocratique, la vie ne pourrait se dérouler de manière profitable sans un engagement actif, responsable et généreux de tous. Encore que cela implique «une grande diversité et complémentarité de formes, de niveaux, de tâches et de responsabilités»[6].

En accomplissant leurs devoirs civils normaux, «guidés par leur conscience chrétienne»[7], selon les valeurs conformes à cette conscience, les fidèles réalisent aussi la tâche qui leur est propre d’animer chrétiennement l’ordre temporel, tout en en respectant la nature et la légitime autonomie[8], et en coopérant avec les autres citoyens, selon leur compétence spécifique et sous leur propre responsabilité[9]. Il résulte de cet enseignement fondamental du Concile Vatican II que «les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun»[10]. Ce bien commun inclut la défense et la promotion de réalités telles que l’ordre public et la paix, la liberté et l’égalité, le respect de la vie humaine et de l’environnement, la justice, la solidarité, etc.

La présente Note ne prétend pas proposer de nouveau l’intégralité de l’enseignement de l’Église en la matière, qui est d’ailleurs repris dans ses lignes essentielles dans le Catéchisme de l’Église catholique, mais elle veut simplement rappeler quelques principes propres à la conscience chrétienne qui inspirent l’engagement social et politique des catholiques dans les sociétés démocratiques [11]. Et cela parce que, ces derniers temps, souvent par suite du cours rapide des événements, sont apparues des orientations ambiguës et des positions contestables, qui rendent utile la clarification de dimensions et d’aspects importants d’une telle question.

II. Quelques points-clés dans le débat culturel et politique actuel

2. La société civile se trouve aujourd’hui dans un processus culturel complexe qui signe la fin d’une époque et l’incertitude pour celle qui se profile à l’horizon. Les grandes conquêtes auxquelles on assiste invitent à vérifier quel chemin positif l’humanité a parcouru dans le progrès et dans l’acquisition de conditions de vie plus humaines. La croissance de responsabilité vis-à-vis de pays encore en voie de développement est évidemment un signe de grande importance qui montre une sensibilité grandissante pour le bien commun. Mais en même temps, il n’est pas possible de passer sous silence les graves dangers vers lesquels certaines tendances culturelles voudraient orienter les législations, et par voie de conséquence les comportements des futures générations.

On constate aujourd’hui un certain relativisme culturel qui se manifeste de manière évidente en érigeant en théorie et en défendant le pluralisme éthique, qui est la preuve de la décadence et de la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle. Dans la ligne de cette tendance, il n’est malheureusement pas rare de rencontrer, dans des déclarations publiques, des assertions qui soutiennent qu’un tel pluralisme éthique est la condition de la démocratie[12]. Il en résulte que, d’une part, les citoyens revendiquent la plus complète autonomie pour leurs choix moraux, tandis que, de l’autre, les législateurs pensent qu’il faut respecter cette liberté de choix, en formulant des lois qui font fi des principes de l’éthique naturelle pour se montrer indulgent uniquement envers certaines orientations culturelles ou morales transitoires[13], comme si toutes les conceptions possibles de la vie avaient une égale valeur. En même temps, en s’appuyant de façon trompeuse sur la valeur de la tolérance, on demande à une bonne partie des citoyens – et notamment aux catholiques – de renoncer à participer à la vie sociale et politique de leur pays selon la conception de la personne et du bien commun qu’ils pensent humainement vraie et juste, qui serait à mettre en œuvre par les moyens licites que le système juridique démocratique met de façon égale à la disposition de tous les membres de la communauté politique. L’histoire du XXe siècle suffit à montrer que les citoyens qui ont raison sont ceux qui jugent totalement fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe pas une norme morale enracinée dans la nature même de l’homme, au jugement de laquelle doit se soumettre toute conception de l’homme, du bien commun et de l’État.

3. Cette conception relativiste du pluralisme n’a rien à voir avec la légitime liberté qu’ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui, selon leur propre critère, correspond le mieux aux exigences du bien commun. La liberté politique n’est pas fondée, et ne peut pas l’être, sur l’idée relativiste selon laquelle toutes les conceptions du bien de l’homme ont la même vérité et la même valeur, mais sur le fait que les activités politiques visent, pour chaque cas, à la réalisation extrêmement concrète du vrai bien humain et social, dans un contexte historique, géographique, économique, technologique et culturel bien déterminé. La réalisation concrète et la diversité des circonstances engendrent généralement une pluralité d’orientations et de solutions, qui doivent toutefois être moralement acceptables. Il n’appartient pas à l’Église de formuler des solutions concrètes – et encore moins des solutions uniques – pour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement libre et responsable de chacun, bien qu’elle ait le droit et le devoir de prononcer des jugements moraux sur des jugements temporels, lorsque la foi et la loi morale le requièrent[14]. Si les chrétiens sont tenus «de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles»[15], ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas «négociables».

En ce qui concerne le militantisme politique concret, il faut noter que le caractère contingent de certains choix en matière sociale, le fait que diverses stratégies sont souvent possibles pour réaliser ou garantir une même valeur substantielle de fond, la possibilité d’interpréter de manière différente certains principes fondamentaux de la théorie politique, ainsi que la complexité technique d’une bonne partie des problèmes politiques, tout cela explique le fait qu’il y ait en général une pluralité de partis à l’intérieur desquels les catholiques puissent choisir de militer, pour exercer – surtout à travers la représentation parlementaire – leurs droits et leurs devoirs dans la construction de la vie civile de leur pays [16]. Ce constat évident ne peut cependant se confondre avec un pluralisme indéterminé dans le choix des principes moraux et des valeurs fondamentales auxquels on se réfère. La légitime pluralité des options temporelles garde intacte la source d’où provient l’engagement des catholiques dans la politique, et cette dernière se réfère directement à la doctrine morale et sociale chrétienne. C’est à cet enseignement que les laïcs catholiques doivent toujours se conformer pour avoir la certitude que leur participation à la vie politique est empreinte d’une responsabilité cohérente à l’égard des réalités temporelles.

L’Église a conscience que si, d’une part, le chemin de la démocratie exprime au mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, d’autre part, il n’est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne[17]. Sur ce principe, l’engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis, car, autrement, le témoignage de la foi chrétienne dans le monde, ainsi que l’unité et la cohérence interne des fidèles eux-mêmes, feraient défaut. La structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne. C’est d’ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, «la sauvegarde des droits de la personne est en effet la condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe, puissent participer activement à la vie et à la gestion de la Nation»[18].

4. À partir de là, s’étend le réseau complexe des problématiques actuelles, qui n’ont pas eu à affronter les questions des siècles passés. Les conquêtes scientifiques ont en effet permis d’atteindre des objectifs qui ébranlent les consciences et qui obligent à trouver des solutions susceptibles de respecter les principes éthiques d’une manière cohérente et solide. On assiste au contraire à des tentatives de législation qui visent à briser le caractère intangible de la vie humaine, sans tenir compte des conséquences qui en découlent pour l’existence et l’avenir des peuples dans le domaine de la formation de la culture et des comportements sociaux. Dans une telle situation, les catholiques ont le droit et le devoir d’intervenir pour rappeler le sens le plus profond de la vie et des responsabilités qui incombent à tous en cette matière. Dans la droite ligne de l’enseignement constant de l’Église, Jean-Paul II a maintes fois répété que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont «une obligation précise de s’opposer» à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, il est impossible de participer à des campagnes d’opinion en faveur de telles lois, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote [19]. Comme l’a enseigné Jean-Paul II dans l'encyclique Evangelium vitae à propos du cas où il ne serait pas possible d’éviter ou d’abroger totalement une loi permettant l’avortement déjà en vigueur ou mise au vote, cela n’empêche pas qu'«un parlementaire, dont l’opposition personnelle absolue à l’avortement serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d’une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique».[20].

Dans ce contexte, il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique.

L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun. Les catholiques ne peuvent pas non plus songer à déléguer à d’autres l’engagement qu’ils ont reçu de l’Évangile de Jésus Christ, pour que la vérité sur l’homme et sur le monde puisse être annoncée et atteinte.

Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce: aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains. Dans cette même ligne, il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage (que l’on pense par exemple à la drogue et à l’exploitation de la prostitution). On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que «les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus»[21]. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. Une vision irénique et idéologique tend parfois à donner un sens profane à la valeur de la paix, tandis que, dans d’autres cas, on se limite à un jugement éthique sommaire, oubliant la complexité des raisons en question. La paix est toujours «œuvre de la justice et effet de la charité»[22]; elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme, et elle requiert un engagement constant et vigilant de la part de ceux qui ont une responsabilité politique.

III Principes de la doctrine catholique sur la laïcité et le pluralisme

5. Face à ces questions, s’il est permis d’admettre une pluralité de méthodologies qui reflètent des sensibilités et des cultures différentes, aucun fidèle chrétien ne peut cependant en appeler au principe du pluralisme et de l’autonomie des laïcs en politique pour favoriser des solutions qui compromettent ou qui atténuent la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société. En soi, il ne s’agit pas de «valeurs confessionnelles», car de telles exigences éthiques sont enracinées dans l’être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n’exigent pas de ceux qui les défendent la profession de la foi chrétienne, même si la doctrine de l’Église les confirme et les protège toujours et partout comme un service désintéressé de la vérité sur l’homme et sur le bien commun de la société civile. D’autre part, on ne peut nier que la politique doit aussi se référer à des principes qui possèdent une valeur absolue précisément parce qu’ils sont au service de la dignité de la personne et du vrai progrès humain.

6. Le rappel qui est souvent fait en ce qui concerne la «laïcité» et qui devrait guider l’engagement des catholiques exige une clarification, et pas seulement d’ordre terminologique. La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le «confessionnalisme» ou l’intolérance religieuse. Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique – mais pas par rapport à la sphère morale –, est une valeur acquise et reconnue par l’Église, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint[23]. Jean-Paul II a maintes fois mis en garde contre les périls qu’entraîne toute confusion entre la sphère religieuse et la sphère politique. «On arrive à des situations très délicates lorsqu’une norme spécifiquement religieuse devient, ou tend à devenir, loi de l’État, sans que l’on tienne compte comme on le devrait de la distinction entre les compétences de la religion et celles de la société politique. Identifier loi religieuse et loi civile peut effectivement étouffer la liberté religieuse et aller jusqu’à limiter ou nier d’autres droits inaliénables de l’homme»[24]. Tous les fidèles sont bien conscients que les actes spécifiquement religieux (profession de la foi, accomplissement des actes de culte ou des Sacrements, doctrines théologiques, communication réciproque entre les autorités religieuses et les fidèles, etc.) restent hors de la compétence de l’État, qui ne doit pas s’en mêler, et qui ne peut en aucune manière y obliger ou les empêcher, sauf en cas de nécessité fondée sur l’ordre public. La reconnaissance des droits civils et politiques, ainsi que la mise à disposition des services publics, ne peuvent être conditionnés par des convictions ou des prestations de nature religieuse de la part des citoyens.

Il en va tout autrement du droit et du devoir des citoyens catholiques, comme de tous les autres citoyens, de rechercher sincèrement la vérité, de promouvoir et de défendre par des moyens licites les vérités morales concernant la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie et des autres droits de la personne. Le fait que certaines de ces vérités soient aussi enseignées par l’Église ne réduit en rien la légitimité civile ni la «laïcité» de l’engagement de ceux qui se reconnaissent en elles, indépendamment du rôle que la recherche rationnelle et la certitude procédant de la foi ont joué dans leur reconnaissance par chaque citoyen. En effet, la «laïcité» désigne en premier lieu l’attitude de qui respecte les vérités procédant de la connaissance naturelle sur l’homme qui vit en société, même si ces vérités sont enseignées aussi par une religion particulière, car la vérité est une. Ce serait une erreur de confondre la juste autonomie que les catholiques doivent avoir en politique, avec la revendication d’un principe qui fait fi de l’enseignement moral et social de l’Église.

Par son intervention dans ce domaine, le Magistère de l’Église n’entend pas exercer un pouvoir politique ni supprimer la liberté d’opinion des catholiques sur des questions contingentes. Il veut au contraire – conformément à sa mission – éduquer et éclairer la conscience des fidèles, surtout de ceux qui se consacrent à la vie politique, afin que leur action reste toujours au service de la promotion intégrale de la personne et du bien commun. L’enseignement social de l’Église n’est pas une ingérence dans le gouvernement des pays. Il établit assurément un devoir moral de cohérence pour les fidèles laïcs, intérieur à leur conscience, qui est unique et une. «Dans leur existence, il ne peut y avoir deux vies parallèles, d’un côté la vie qu’on nomme ‘spirituelle’ avec ses valeurs et ses exigences; et de l’autre, la vie dite ‘séculière’, c’est-à-dire la vie de famille, de travail, de rapports sociaux, d’engagement politique, d’activités culturelles. Le sarment greffé sur la vigne qui est le Christ donne ses fruits en tout secteur de l’activité et de l’existence. Tous les secteurs de la vie laïque, en effet, rentrent dans le dessein de Dieu, qui les veut comme le ‘lieu historique’ de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus Christ à la gloire du Père et au service des frères. Toute activité, toute situation, tout engagement concret – comme, par exemple, la compétence et la solidarité dans le travail, l’amour et le dévouement dans la famille et dans l’éducation des enfants, le service social et politique, la présentation de la vérité dans le monde de la culture – tout cela est occasion providentielle pour un exercice continuel de la foi, de l’espérance et de la charité’»[25].

Vivre et agir en politique conformément à sa conscience ne revient pas à se plier à des positions étrangères à l’engagement politique ou à une forme de confessionnalisme; mais c’est l’expression par laquelle les chrétiens apportent une contribution cohérente pour que, à travers la politique, s’instaure un ordre social plus juste et conforme à la dignité de la personne humaine.

Dans les sociétés démocratiques, toutes les propositions sont soumises à discussion et évaluées librement. Les personnes qui, au nom du respect de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu’ont les chrétiens d’être en harmonie avec leur conscience un élément pour les disqualifier politiquement, leur refusant le droit d’agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun, tomberaient dans une forme de laïcisme intolérant. Dans une telle perspective en effet, on entend refuser à la foi chrétienne non seulement toute importance politique et culturelle, mais jusqu’à la possibilité même d’une éthique naturelle. S’il en était ainsi, la voie serait ouverte à une anarchie morale qui ne pourrait jamais être identifiée à une forme quelconque de pluralisme légitime. La domination du plus fort sur le faible serait la conséquence évidente d’une telle position. D’autre part, la marginalisation du christianisme ne pourrait servir à l’avenir envisagé d’une société, ni à la concorde entre les peuples. De plus, elle minerait les fondements culturels et spirituels de la civilisation[26].


IV Considérations sur des aspects particuliers

7. Dans des circonstances récentes, il est arrivé que, même au sein de certaines associations ou organisations d’inspiration catholique, sont apparues des orientations en faveur de forces et de mouvements politiques qui, sur des questions éthiques fondamentales, ont exprimé des positions contraires à l’enseignement moral et social de l’Église. De tels choix et de telles connivences, parce qu’ils sont en contradiction avec des principes fondamentaux de la conscience chrétienne, ne sont pas compatibles avec l’appartenance à des associations ou à des organisations qui se définissent comme catholiques. De manière analogue, il faut noter que, dans certains pays, certaines revues et certains périodiques catholiques ont donné à leurs lecteurs, à l’occasion de choix politiques, une orientation ambiguë et incohérente, interprétant de manière équivoque le sens de l’autonomie des catholiques en politique, sans prendre en considération les principes auxquels on devrait se référer.

La foi en Jésus Christ, qui s’est présenté lui-même comme «la voie, la vérité et la vie» (Jn 14, 6), demande aux chrétiens un effort pour participer, avec un plus grand engagement, à l’édification d’une culture qui, inspirée de l’Évangile, propose à nouveau le patrimoine de valeurs et de contenu de la Tradition catholique. La nécessité de présenter en termes culturels modernes le fruit de l’héritage spirituel, intellectuel et moral du catholicisme apparaît aujourd’hui marquée par une urgence qu’on ne peut différer, notamment pour éviter le risque d’une dispersion culturelle des catholiques. En outre, la densité culturelle acquise et la maturité d’expérience dans l’engagement politique que les catholiques ont su développer, dans divers pays, surtout dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, ne peuvent susciter en eux aucun complexe d’infériorité en regard d’autres propositions dont l’histoire récente a montré la faiblesse ou l’échec radical. Il ne suffit pas de penser, et ce serait réducteur, que l’engagement social des catholiques puisse se limiter à une simple transformation des structures, car, si à la base il n’y a pas une culture capable de recevoir, de justifier et d’envisager les exigences qui découlent de la foi et de la morale, les transformations reposeront toujours sur des fondements fragiles.

La foi n’a jamais prétendu enfermer les éléments socio-politiques dans un cadre rigide, ayant conscience que la dimension historique dans laquelle vit l’homme impose de tenir compte de situations imparfaites et souvent en rapide mutation. À cet égard, il faut rejeter les positions politiques et les comportements qui s’inspirent d’une vision utopique qui, transformant la tradition de la foi biblique en une espèce de prophétisme sans Dieu, manipule le message religieux, en dirigeant la conscience vers un espoir purement terrestre, qui annule ou réduit la tension chrétienne vers la vie éternelle.

En même temps, l’Église enseigne qu’il n’existe pas d’authentique liberté sans vérité. «La vérité et la liberté, en effet, vont de pair ou bien elles périssent misérablement ensemble», a écrit Jean-Paul II[27]. Dans une société où la vérité n’est pas recherchée et où on ne cherche pas à l’atteindre, toute forme d’exercice authentique de la liberté est aussi affaiblie, ouvrant la voie à une attitude libertaire et à un individualisme qui nuisent à la protection du bien de la personne et de la société entière.

8. A ce propos, il est bon de rappeler une vérité qui n’est pas toujours perçue aujourd’hui ou qui n’est pas formulée de manière exacte dans l’opinion publique courante: le droit à la liberté de conscience, et spécialement à la liberté religieuse, proclamé par la Déclaration Dignitatis humanæ du Concile Vatican II, se fonde sur la dignité ontologique de la personne humaine, et en aucun cas sur une égalité qui n’existe pas entre les religions et entre les systèmes culturels humains[28]. Dans cette ligne, le Pape Paul VI a affirmé que «le Concile ne fonde en aucune manière ce droit sur le fait que toutes les religions et toutes les doctrines, même erronées, qui touchent à ce domaine, auraient une valeur plus ou moins égale. Ce droit, il le fonde sur la dignité de la personne humaine, qui exige de ne pas être soumise à des contraintes extérieures tendant à opprimer sa conscience dans la recherche de la vraie religion et dans l’adhésion à celle-ci»[29]. L’affirmation de la liberté de conscience et de la liberté religieuse ne contredit donc en rien la condamnation de l’indifférentisme et du relativisme religieux par la doctrine catholique[30], bien plus, elle est en parfaite syntonie avec elle.


V. Conclusion

9. Les orientations données dans cette Note veulent éclairer un des aspects les plus importants de l’unité de la vie chrétienne: la cohérence entre la foi et la vie, entre l’Évangile et la culture, rappelée par le Concile Vatican II. Le Concile exhorte les fidèles à «s’acquitter avec fidélité de leurs tâches terrestres, et cela en se laissant conduire par l’esprit de l’Évangile. Ils s’éloignent de la vérité ceux qui, sachant que nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, mais que nous cherchons à atteindre la cité future, croient, pour cela, pouvoir négliger leurs devoirs terrestres en perdant de vue que la foi même crée une obligation plus grande de les accomplir, en fonction de la vocation propre à chacun». Puissent les fidèles être désireux de pouvoir «mener toutes leurs activités terrestres en unissant dans une vivante synthèse tous les efforts humains, familiaux, professionnels, scientifiques ou techniques, et les valeurs religieuses, sous la haute ordonnance desquelles tout est coordonné à la gloire de Dieu»[31].

Le Souverain Pontife Jean-Paul II, durant l’audience du 21 novembre 2002, a approuvé cette Note, qui avait été décidée par la Session ordinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et il en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 24 novembre 2002, Solennité du Christ Roi de l’Univers.

JOSEPH CARD. RATZINGER, Préfet
TARCISIO BERTONE, S.D.B., Archevêque émérite de Vercelli, Secrétaire
Dernière modification par Pneumatis le jeu. 08 oct. 2009, 17:16, modifié 1 fois.
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Re: Engagement politique (en France)

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Un très excellent texte, merci !
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonjour Charles,

Tout d'abord merci de votre intervention qui permet de revenir sur des points précis de l'orientation politique du parti Solidarité - Liberté, Justice et Paix.

Lorsque vous dites que le programme de Solidarité ne se distingue en rien de celui de l'UMP, il ne me semble pourtant pas que l'UMP se fixe pour base non négociable la Doctrine Sociale de l'Eglise. Je ne pense pas non plus que l'UMP ait comme fondement principal la défense de la vie humaine de sa conception à sa mort naturelle. Or vous qui lisez les textes et communiqués de Solidarité, vous aurez certainement noté que c'est bien là que ce situe la priorité n°1 du parti, et qu'elle est bien entendu non négociable.

Ensuite, vous dites que le parti est contre la démocratie. C'est évidemment faux, et le problème vient juste de ce que vous confondez malencontreusement République et Démocratie. Fidèle à la DSE, nous sommes évidemment favorable à la démocratie, tellement que c'est par elle que nous entendons, chacun à titre personnel, défendre la vie et la dignité humaine au niveau social. En revanche, la république franc-maçonnique et laïcarde post-révolutionnaire, il est bien entendu qu'elle doit être complètement revue, et je pense que vous êtes généralement plutôt d'accord avec cela.

Quand vous dites que les citoyens sont les ennemis de Solidarité, c'est évidemment tout le contraire, puisque l'objectif premier du parti, sa raison d'être, c'est justement de permettre aux citoyens votant le libre-choix pour la vie et pour la doctrine sociale de l'Eglise. Comme je l'explique d'ailleurs dans ce sujet, si vous l'avez bien lu.

Quand vous critiquer le fait que nous voulions favoriser le monde associatif, c'est à bon droit, mais tourne un peu à la déformation : le monde associatif c'est tout le contraire du monde "d'en haut" (c'est même plutôt le contraire). Quant à contourner la légitimité politique, c'est également tout le contraire, car : qu'est-ce qu'un parti politique sinon une association de personnes ?

Le populisme passéiste n'a rien à voir avec la démocratie. Il peut exister (et il doit exister) une démocratie qui ne soit pas populiste, autrement dit qui ne fasse pas porter toute la responsabilité des problèmes d'une nation sur ses seuls dirigeant. Le populisme n'est d'ailleurs bien souvent qu'une version conservatrice du marxisme. Maintenant, si nous nous trompons et que les chrétiens sont invités à promouvoir une république populiste, n'hésitez pas à m'indiquer quel enseignement de l'Eglise nous permet d'aboutir à cette conclusion. Comme déjà expliqué, nous ne faisons que proposer ce qui pour nous ressort de l'enseignement social de l'Eglise.
Charles a écrit :Ce sont des fascistes, des vrais, qui rêvent d'une société parfaite : un "empire" mondial, accomplissant le sens de l'histoire, orienté par des cercles de pensée (non-chrétiens) et policé par des bataillons de militants aux intentions les plus pures. Ce que je viens d'écrire là n'est qu'une transposition de leur programme, je n'invente rien, allez sur leur site, c'est écrit noir sur blanc, lisez et mettez-vous une claque pour vous réveiller.
Comme vous m'avez fait très peur, j'ai suivi votre conseil, et je suis allé relire les textes. Je me suis même donné une claque avant pour voir. Et bien, rien à faire, je ne retrouve pas le passage en question, même pas sous-entendu.

Nous ne croyons pas en l'orgueil d'une personne ni en notre compétence : nous devons bien être les seuls fous qui osons dire qu'on n'y connait pas grand chose en politique, mais qu'en s'y mettant à plusieurs, avec de la bonne volonté, la DSE en main et l'aide de l'Esprit, nous pouvons peut-être espérer arriver à quelque chose. Mais pour en arriver là, il est vrai qu'il faut d'abord faire le constat de l'échec de ceux qui font la politique d'aujourd'hui. Sinon, nous n'aurions pas besoin de nous retrousser les manches. Vous n'êtes évidemment pas obligé de nous aider, mais n'aller pas décider de nos intentions à notre place : ce serait la moindre des choses.

Après j'ai du mal à vous suivre : comment arrivez-vous à la conclusion qu'un parti politique qui veut s'inspirer de la doctrine sociale de l'Eglise veut se passer de toute légitimité politique et s'embrigader dans des cercles de pensée non chrétiens ??? Si vraiment d'autres peuvent lire les textes de Solidarité et me dire si c'est ça qui ressort, il faut absolument qu'on modifie le contenu de ces textes. Parce que là on est très loin de ce que veut le parti Solidarité.

Ce passage-là m'a fait rire, vous citez :
Charles a écrit :"c’est pourquoi toutes ces forces politiques sont appelées à disparaître dans les poubelles de l’histoire, parce qu’elles sont obsolètes" disent les gens de SF. Ils ne font que répéter ce que dit Sarkozy : "On ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s'y opposer, car à travers le monde les forces du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes...", "j'appelle tous les Etats à se rassembler pour fonder le nouvel ordre mondial du XXI° siècle"... En fait, on pourrait mélanger les déclarations de Sarkozy et celles de Solidarité-France sans pouvoir ensuite dire de qui est laquelle.
Ce qui m'a fait rire, c'est que vous avez raison : sur ce coup, on pourrait mélanger les paroles avec celles de Sarkozy. ET vous savez, on pourrait aussi les mélanger avec celles du Pape, qui lui aussi appelle à un nouvel ordre mondial dans sa dernière encyclique. Il appelle à réformer les organisations internationales, tout comme Sarkozy l'a fait dans son dernier discours. On peut ne pas être d'accord avec la politique de Sarkozy, et j'y suis fondamentalement opposé, mais là quand il repique au pape son discours, on peut critiquer l'intention, mais critiquer le discours me semble mal venu. Je vous laisse lire l'article : Le Saint-Siège appelle à un nouvel ordre mondial ou reprendre les termes de Caritas in Veritate :
Benoit XVI a écrit :67. Face au développement irrésistible de l’interdépendance mondiale, et alors que nous sommes en présence d’une récession également mondiale, l’urgence de la réforme de l’Organisation des Nations Unies comme celle de l’architecture économique et financière internationale en vue de donner une réalité concrète au concept de famille des Nations, trouve un large écho. On ressent également fortement l’urgence de trouver des formes innovantes pour concrétiser le principe de la responsabilité de protéger [146] et pour accorder aux nations les plus pauvres une voix opérante dans les décisions communes. Cela est d’autant plus nécessaire pour la recherche d’un ordre politique, juridique et économique, susceptible d’accroître et d’orienter la collaboration internationale vers le développement solidaire de tous les peuples. Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII. Une telle Autorité devra être réglée par le droit, se conformer de manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité, être ordonnée à la réalisation du bien commun [147], s’engager pour la promotion d’un authentique développement humain intégral qui s’inspire des valeurs de l’amour et de la vérité. Cette Autorité devra en outre être reconnue par tous, jouir d’un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des droits [148]. Elle devra évidemment posséder la faculté de faire respecter ses décisions par les différentes parties, ainsi que les mesures coordonnées adoptées par les divers forums internationaux. En l’absence de ces conditions, le droit international, malgré les grands progrès accomplis dans divers domaines, risquerait en fait d’être conditionné par les équilibres de pouvoir entre les plus puissants. Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation [149] et que soit finalement mis en place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale, entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations Unies.
Charles a écrit :Si vous voulez vous opposer à "toute loi qui s'avère un attentat contre la vie humaine", alors opposez-vous à l'idée d'un empire mondial, c'est-à-dire à l'ONU, à l'UNICEF, aux agences onusiennes
Ce n'est pas ce que nous demande l'Eglise. Elle nous demande de les réformer, et c'est ce que propose Solidarité France.
Charles a écrit :On attend d'ailleurs avec impatience les précisions de Solidarité-France sur la place des religions dans sa Nouvelle Rome et spécialement sur la place qu'y tiendrait l'Eglise catholique...
Trés bonne question. Fidèle à l'enseignement de l'Eglise, Solidarité France défend la liberté religieuse, au sens où nul homme ne peut, en aucune manière, subir de contrainte envers sa conscience en matière de foi. La place de l'Eglise catholique tient une place de choix dans les racines culturelles de la France qui doit être rappelé institutionnellement, mais en terme de culte, elle ne ferait l'objet d'aucun favoritisme sur les autres religions qui pourrait avoir pour conséquence d'imposer d'une manière ou d'une autre la foi chrétienne. La coercition ou le favoritisme en matière de religion est simplement une négation du fait que la foi nous vient de Dieu. C'est en permettant que l'homme soit libre de croire que Dieu peut y mettre la foi dans son coeur.

Pourrais-je, pour terminer, vous demander Charles, comment vous voyez la politique inspirée par l'Eglise. Car à aucun moment je n'ai trouvé dans vos remarques de référence à l'enseignement de l'Eglise, et je me demandais si vos positions politiques (qui sont surtout dans anti-positions, puisque vous ne proposez aucune idée, vous ne faites que vous opposer à des idées) sont ou non inspirées par l'enseignement de l'Eglise. Ca m'aiderait à savoir sur quel mode nous débattons.
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonjour Pneumatis,
J'aimerai quelques éclaircissements sur des phrases tirées de "Proclamer l’indépendance de l’Espérance" (http://www.solidarite-france.fr/spip/spip.php?article16) :

>> Vous réaliserez progressivement qu’en proclamant l’indépendance de l’esprit vous commencez à appartenir à la nation des hommes libres. Dés lors, peu à peu, vous verrez la réalité pesante comme une survivance du passé et vous serez libre, parce qu’elle n’aura plus de pouvoir sur vous. Proclamer l’indépendance de l’espérance est commencer à créer et à penser un monde autrement. Nous sommes appelé à être la nation sans territoire de ceux qui espèrent. Car l’espérance est la terre sur laquelle on bâtit les empires.
? A qui renvoie le "nous", qu'est-ce que "la nation sans territoire de ceux qui espèrent" ?

>> "Nous les habitants du monde, confrontés à un ensemble de violation sans précédent des droits fondamentaux de la personne humaine ainsi qu’à des défis devenus mondialisés et universels, proclamons l’indépendance de notre espérance en une société qui fait du respect de tous les aspects de la vie humaine la valeur fondamentale sur laquelle doit être construite toute politique, toute économie, tout développement et toute relation entre personnes. Nous proclamons notre indépendance face aux états-nations et reconnaissons en une collaboration toujours plus proche entre les habitants de cette terre, le seul droit pour bâtir une Civilisation de l’Amour et de la Vie"
L'indépendance face aux états-nations ? Concrètement, késako ? Et qu'appelez-vous une civilisation de l'amour et de la vie ?

Cordialement,
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonsoir,

Pour répondre à Sofia, le texte "Proclamer l'indépendance de l'Espérance" écrit par Axel de Bauer s'inscrit dans la lignée de l'introduction à la doctrine sociale de l'Eglise, qui dit notamment ceci :
[+] Texte masqué
56 La promesse de Dieu et la résurrection de Jésus-Christ suscitent chez les chrétiens l'espérance fondée que pour tous les hommes et les femmes une demeure nouvelle et éternelle est préparée, une terre où habite la justice (cf. 2 Co 5, 1-2; 2 P 3, 13): « Alors, la mort vaincue, les fils de Dieu ressusciteront dans le Christ, et ce qui fut semé dans la faiblesse et la corruption revêtira l'incorruptibilité. La charité et ses œuvres demeureront et toute cette création que Dieu a faite pour l'homme sera délivrée de l'esclavage de la vanité ».68 Cette espérance, au lieu d'affaiblir, doit plutôt stimuler la sollicitude dans le travail relatif à la réalité présente.

57 Les biens, tels que la dignité de l'homme, la fraternité et la liberté, tous les bons fruits de la nature et de nos efforts, répandus sur la terre dans l'Esprit du Seigneur et selon son précepte, purifiés de toute tache, éclairés et transfigurés, appartiennent au Royaume de vérité et de vie, de sainteté et de grâce, de justice, d'amour et de paix que le Christ remettra au Père et où nous les retrouverons. Pour tous résonneront alors, dans leur vérité solennelle, ces paroles du Christ: « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. (...) En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 34-36.40).

58 La réalisation achevée de la personne humaine, accomplie dans le Christ grâce au don de l'Esprit, mûrit dans l'histoire et passe à travers les relations de la personne avec les autres personnes, relations qui, à leur tour, atteignent leur perfection grâce aux efforts visant à améliorer le monde, dans la justice et dans la paix. L'agir humain dans l'histoire est en soi significatif et efficace pour l'instauration définitive du Royaume, même si ce dernier reste un don de Dieu, pleinement transcendant. Cet agir, quand il respecte l'ordre objectif de la réalité temporelle et lorsqu'il est éclairé par la vérité et la charité, devient l'instrument d'une mise en œuvre toujours plus pleine et intégrale de la justice et de la paix et anticipe dans le présent le Royaume promis.
La proclamation d'Axel de Bauer vient appuyer notamment cette opposition aux dérives nationalistes, dans lesquelles des lecteurs parfois trop zélés de "la Cité de Dieu" de Saint Augustin ont pu tomber en voulant enfermer la cité de Dieu dans des frontières temporelles et géographiques (ce qu'on désigne couramment par le terme "augustinisme politique"), que dénonce notamment la DSE.
Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise a écrit :Même si l'aspiration à une communauté internationale authentique est largement répandue, l'unité de la famille humaine n'est encore pas réalisée, car elle est entravée par des idéologies matérialistes et nationalistes qui nient les valeurs dont est porteuse la personne considérée intégralement, dans toutes ses dimensions: matérielle et spirituelle, individuelle et communautaire. En particulier, toute théorie ou comportement basé sur le racisme et la discrimination raciale est moralement inacceptable.881

La coexistence entre les nations est fondée sur les mêmes valeurs qui doivent orienter celle entre les êtres humains: la vérité, la justice, la solidarité et la liberté.882 Au plan des principes constitutifs de la Communauté internationale, l'enseignement de l'Église requiert que les relations entre les peuples et les communautés politiques trouvent leur juste régulation dans la raison, dans l'équité, dans le droit, dans la négociation, tandis qu'il exclut le recours à la violence et à la guerre, ainsi qu'à des formes de discrimination, d'intimidation et de tromperie.
L'Eglise, dans sa grande sagesse, nous enseigne que les nations ont leur légitimité et qu'aimer sa nation est un devoir pour le chrétien. Mais cet amour de la nation ne doit pas se faire par exclusion ou par négation de l'amour des membres d'autres nations. Nous faisons parti de la grande famille humaine, et à tous les degrés c'est toujours le bien commun que nous devons rechercher. Pas le bien commun limité à nos frontières, mais le bien commun universel.
Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise a écrit :435 Le Magistère reconnaît l'importance de la souveraineté nationale, conçue avant tout comme expression de la liberté qui doit régler les rapports entre les États.889 La souveraineté représente la subjectivité 890 d'une nation sous l'angle politique, économique, social et aussi culturel. La dimension culturelle acquiert une consistance particulière en tant que force de résistance aux actes d'agression ou aux formes de domination qui conditionnent la liberté d'un pays: la culture constitue la garantie de conservation de l'identité d'un peuple; elle exprime et favorise sa souveraineté spirituelle.
Ce passage illustre bien toute la légitimité des nations. Mais cette légitimité ne se comprend qu'au regard de ce qui suit :
Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise a écrit :La souveraineté nationale n'est toutefois pas un absolu. Les nations peuvent renoncer librement à l'exercice de certains de leurs droits en vue d'un objectif commun, avec la conscience de former une « famille »,892 où doivent régner la confiance et le soutien réciproques, ainsi que le respect mutuel. Dans cette perspective, il convient de prendre attentivement en considération l'absence d'un accord international qui affronte de façon appropriée « les droits des nations »; 893 son élaboration pourrait opportunément examiner les questions relatives à la justice et à la liberté dans le monde contemporain.
Finalement, la juste compréhension de notre implication dans le monde, et l'échelle de cette implication se résume à ceci :
Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise a écrit :« L'unité de la famille humaine a existé en tout temps, puisqu'elle rassemble des êtres qui sont tous égaux en dignité naturelle. C'est donc une nécessité de nature qui exigera toujours qu'on travaille de façon suffisante au bien commun universel, celui qui intéresse l'ensemble de la famille humaine »
Pour donc répondre spécifiquement à vos deux questions :
Sofia a écrit :A qui renvoie le "nous", qu'est-ce que "la nation sans territoire de ceux qui espèrent" ?
Le nous ET la nation sans territoire de ceux qui espèrent, c'est la famille humaine, universelle, rassemblant pour l'heure ceux dont l'agir se fait l'instrument d'une mise en œuvre toujours plus pleine et intégrale de la justice et de la paix et anticipe dans le présent le Royaume promis.
Sofia a écrit :L'indépendance face aux états-nations ? Concrètement, késako ? Et qu'appelez-vous une civilisation de l'amour et de la vie ?
L'indépendance face aux états-nations fait référence aux limites de la souveraineté nationale dont je vous ai parlé plus haut (pour dénoncer notamment les dérives nationalistes). Batir une civilisation de l'Amour et de la Vie, c'est simplement une civilisation qui promeut le vrai Bien Commun (objectif). Et non pas qui serve les intérêts que de certaines catégories d'individus.
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Xavi
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Xavi »

Cher Pneumatis,

Merci pour ce partage.

Rien de ce monde n'est étranger à notre vie de foi. J'ai aussi fait brièvement un peu d'activité politique à deux époques. Même si je ne suis actuellement qu'un observateur électeur, la politique garde ma sympathie et continue à beaucoup m'intéresser.

Nous sommes tous conscients des fréquents travers qui se rencontrent dans les milieux politiques, mais il reste certain que la politique n'est rien d'autre que la recherche du meilleur bien commun.

Beaucoup y recherchent des réussites personnelles et font prévaloir l'esprit partisan, même cela ne justifie jamais de s'en détourner.

Il s'agit toujours pour un croyant d'y chercher la volonté de Dieu et d'essayer de donner le meilleur de soi-même.

Même si les coups pleuvent plus que les éloges ou les encouragements.

Continuez cher Pneumatis !
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Merci Xavi.

Je viens de lire cet article qui nous arrive tout droit des fruits du Synode africain : http://www.zenit.org/article-22286?l=french
La difficulté de l’engagement des catholiques en politique

ROME, Lundi 12 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique », les catholiques engagés en politique « finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles », ont regretté des évêques africains, lors de l'assemblée synodale pour l'Afrique.

« Les catholiques en général ont une faiblesse qui est de ne pas s'engager de manière active et positive en politique ». « Parfois, lorsqu'ils s'engagent activement en politique, ils deviennent des agents de destruction comme nous en avons été témoins récemment dans mon propre pays, le Zimbabwe », a affirmé Mgr Robert Christopher Ndlovu, archevêque d'Harare et président de la Conférence épiscopale (Zimbabwe).

Un sentiment ressenti aussi par Mgr Lucio Andrice Muandula, évêque de Xai-Xai et président de la Conférence épiscopale (Mozambique) qui affirme que « les fidèles laïcs engagés activement dans la vie politique de nos pays finissent par avoir des comportements et des attitudes nuisibles concernant les principes fondamentaux de la foi et de la morale chrétiennes ».

Selon lui, « dans la vie quotidienne, les fidèles laïcs sont souvent écartelés entre la foi chrétienne et une option politique, comme si la foi chrétienne et l'activité politique étaient deux réalités incompatibles a priori ».

Lors de la 10e Congrégation générale, samedi 10 octobre, il a invité les membres du synode à « examiner avec attention les raisons profondes d'une telle dichotomie, afin de permettre qu'à l'avenir, les fidèles puissent vivre sereinement leur vocation chrétienne sans devoir nécessairement renoncer à une participation active à la vie politique ».

Le prélat a évoqué la « grande solitude » des catholiques engagés dans l'activité politique en Afrique et « un certain abandon de la part de la hiérarchie de leurs Églises particulières ».

« N'étant pas suffisamment assistés et encouragés par leurs pasteurs et devant œuvrer dans un monde rempli d'intrigues et d'ambitions sans fin, ils finissent par se perdre, causant parfois des dommages irréparables à l'Église dont ils sont les fils ».

« Bien que certains d'entre eux se soient formés dans nos universités catholiques et soient des chrétiens (qui se mettent) au premier rang lors des messes dominicales dans nos cathédrales, il n'est pas rare que nous les voyions impliqués dans l'approbation de lois contraires à la foi catholique, comme dans le cas de la libéralisation de l'avortement », a-t-il dénoncé.

« Malheureusement, ils vivent la foi chrétienne comme quelque chose qui est sans rapport avec la vie quotidienne et l'activité sociale à travers laquelle ils doivent contribuer à la construction du bien commun ».
Voilà pourquoi je crois qu'il faut vraiment prier beaucoup pour avoir la grâce d'avancer toujours dans le droit chemin.
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Sofia »

Bonsoir Pneumatis,
Concrètement, c'est quoi la "liberté d’enseignement sans monopole de l’État" (http://www.solidarite-france.fr/spip/spip.php?article18) ?

Cordialement,
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonsoir Sofia,

J'ai commencé un sujet sur cette question de la liberté d'éducation qui devrait pouvoir répondre un peu à votre question (qui demande un peu de développement) : http://pneumatis.over-blog.com/article- ... 08540.html

Doit suivre un article sur le chèque scolaire qui serait une technique de mise en oeuvre de cette liberté d'éducation sans monopole de l'Etat.
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