En lieu du dialogue doctrinal à venir sur les causes de la dissidence, l'affirmation qu'aucun dialogue ne doit venir, l'une des parties en présence étant sommée par Sapin d'aller à Canossa. Ce n'est pourtant pas là la position du Pape : « Précisément parce que les problèmes qui doivent maintenant être traités avec la Fraternité Saint-Pie X sont de nature essentiellement doctrinale, j’ai décidé – 21 ans après le Motu Proprio Ecclesia Dei, et conformément à ce que je comptais faire – de revoir la structure de la Commission Ecclesia Dei, en la reliant de manière étroite avec la Congrégation pour la doctrine de la foi ». La cardinal Ricard commente : « Le pape sait que les vraies difficultés sont d’ordre doctrinal et qu’une véritable communion dans l’Eglise ne saurait s’établir sur des ambiguïtés ou un flou doctrinal ».Guy a écrit :Faut-il maintenant se choquer que certains pasteurs, voyant les efforts immenses et sans limite du pape Benoît à tenter l'impossible, en tendant à maintes reprises des perches pour la réconciliation, où des prêtres, des curés de paroisse ont fait prier leur communauté le dimanche, avec parfois des intentions spéciales pour la FSSPX afin que l'Esprit Saint les guide et leur apporte enfin la lumière et le retour à la fidélité à Rome, au pape et à son magistère. Que certains prêtres et même évêques ont perdus espoirs maintenant depuis que la FSSPX a ordonné de nouveaux prêtres en juin dernier sans le consentement et l'autorisation de Rome, faisant d'eux des prêtres suspens a divinis(*). Faut-il se choquer que des prêtres, voyant qu'on se moque éperdument du pape, ont perdu tout espoir de réconciliation.
Plusieurs prêtres et évêques ont jetés l'éponge et n'y crois plus, et si la réconciliation se réalise, compte tenu du contexte, tous maintenant se demandent à quel prix, à quel prix cette réconciliation sera réalisée, devant tant de difficultés et de labeur pour le Saint Père et de l'entêtement du côté de la FSSPX, ne provoquera-t-elle pas une autre déchirure et dans quel contexte la FSSPX sera-t-elle accueillie dans l'Église si jamais la réconciliation se fait et qu'elle sera son attitude? La même qu'elle a présentement? Peut-on espérer également «une attitude miséricordieuse» également de leur côté?
Sapin postule que la Fsspx a tort, qu'elle est formellement schismatique, donc doit faire pénitence pour revenir dans le giron de l'Église. En attendant, qu'elle doit donner des signes de bonne foi en cessant d'ordonner des prêtres.
On doit d'abord lui répondre que les signes de bonne foi ont déjà été donnés, qui furent cause de ceux de Benoît XVI - chose que, manifestement, il ignore - : la lettre du 15 décembre de mgr Fellay au cardinal Castrillón Hoyos.
Par ailleurs, tant que l'accord doctrinal n'existera pas, accord qui, pour la Fsspx tient dans le retour de Rome à la Tradition catholique, on ne voit pas pourquoi la Fsspx devrait cesser ce qu'elle estime son juste combat. Lui demander de cesser d'agir comme elle le doit à suivre sa propre logique, c'est lui demander de se renier. Curieuse conception du dialogue doctrinal que cette conception là !
Tant donc que l'accord doctrinal ne sera pas établi, il n'est que dans l'ordre des choses que la Fsspx, qui affirme que les sacres étaient justifiés par l'état de nécessité légitimant déjà les ordinations sans lettres dimissoriales, continue d'agir selon ce qu'elle est.
La position de mgr Fellay et de la Fsspx avec lui n'est donc que logique : « Aussi souhaitons-nous aborder ces entretiens - que le décret reconnaît « nécessaires » – sur les questions doctrinales qui s’opposent au magistère de toujours. Nous ne pouvons que constater la crise sans précédent qui secoue l’Eglise aujourd’hui : crise des vocations, crise de la pratique religieuse, du catéchisme et de la fréquentation des sacrements… Avant nous, Paul VI parlait même d’une infiltration des « fumées de Satan » et de « l’autodémolition » de l’Eglise. Jean-Paul II n’a pas hésité à dire que le catholicisme en Europe était comme en état d’ « apostasie silencieuse ». Peu de temps avant son élection au Souverain Pontificat, Benoît XVI lui-même comparait l’Eglise à un « bateau qui prend l’eau de toute part ». Aussi voulons-nous, dans ces entretiens avec les autorités romaines, examiner les causes profondes de la situation présente et y en apportant le remède adéquat, parvenir à une restauration solide de l’Eglise. »
La seule chose qu'on puisse espérer, c'est que ce dialogue doctrinal ne soit pas un dialogue de sourds. Si certaines critiques de la Fsspx sont excessives et erronées, notamment quant à la collégialité ou quant au "subsist in", paraît à l'inverse douteux qu'on puisse dénier qu'avec Nostra Aetate et Dignitatis humanae la prostitution doctrinale à gangrené l'Église, paraît évident qu'existe un état de nécessité dont pouvait exciper mgr Lefebvre pour légitimer son oeuvre aux yeux du Juge qui tous nous jugera.
Guy a écrit :Finalement, a-t-on le droit, et les prêtres en particulier, ont-ils le droit d'exprimer sur ce forum sans recevoir des insultes, du mépris, des injures ou des allusions à je ne sais trop quoi, leur désespoir face à l'attitude de la FSSPX en ce moment? Est-ce réellement un maque à la charité que les pasteurs puissent exprimer le fond de leur cœur ouvertement devant toute l'Église, après tant d'efforts en vain???
D'une, plutôt que de chercher des prétextes pour se scandaliser, Sapin devrait plutôt s'interroger pour savoir si la dramatique apostasie de sa tragique nation, dont le nombre de catholiques pratiquants est passé de 80% en 1960 à 5% aujourd'hui, n'est pas pour partie fondée sur la défection du clergé québecquois reniant la Tradition catholique en adhérant aux textes controversés de Vatican II.
De deux, n'inversez pas les rôles. C'est vous qui avez manié l'insulte ; c'est vous qui avez insulté vos confrères en les assimilant aux pharisiens, aux assassins du Christ. Votre conception du dialogue doctrinale, sans doute. Il est vrai que sur le terrain proprement doctrinal vous n'avez rien de consistant à objecter qu'il s'agisse de Nostra Aetate [ici, là et là] ou de Dignitatis humanae [ici, là et là].
D'une, on encourt pas la culpabilité ; on encourt la sanction.Guy a écrit : (*) il est à noter pour les fidèles catholiques romains, qu'il est strictement interdit de recevoir les sacrements de la part de prêtres relevant de la Fraternité Saint Pie X, encourent ainsi la culpabilité liée à la suspens a divinis pesant sur les prêtres de la FSSPX.
De deux, la suspense a divinis est une sanction - très précisément une peine médicinale ou censure - qui frappe exclusivement le clergé. Une suspense est une censure qui interdit à un clerc l'usage de son office ou/et de son bénéfice. Quand elle est a divinis, elle lui interdit tout acte du pouvoir d'ordre.
De trois, ce n'est que pour autant que cette suspense n'est pas manifestement injuste [*] que les simples fidèles se rendent complices d'un péché en recevant les sacrements d'un prêtre suspendu.
[*] Ce qui, au regard du contexte, pose précisément question, de sorte qu'à moins que vous en soyez à professer le tutiorisme ...






