oh, merci, merci, ils me vont droit au coeur vos messages! Qu'est-ce qu'ils me font du bien!
Vous savez, Etienne, quand je prie, je demande toujours que ce soit la volonté de Dieu qui soit faite et non la mienne; j'ai beau demander parfois quelque chose, aussitôt je me reprends et je demande toujours "que Ta Volonté soit faite, et non la mienne"; j'avoue que je suis un être assez orgueilleux, aussi Jésus m'a convertie, et ne cesse de me convertir, par sa passion au Jardin des Oliviers; cet instant fait partie des moments que j'aime le plus méditer, parce qu'il n'y a rien de plus courageux et exotique à mes yeux que l'humilité poussée à ce niveau-là; Jésus atteint le sommet de sa virilité par sa soumission et son obéissance à Dieu à un moment d'épreuve jamais atteint; une tel courage, une telle foi en sa mission, une telle détermination m'ont bluffée à vie, moi que rien ne va impressionner facilement tellement j'en ai vu et tellement je me suis jouée des sensations fortes plus jeune... mais là, ce Jésus me dépassait, m'épatait, et à chaque lecture de la passion, je me fait éponge pour essuyer sa sueur et ses larmes, tellement j'aimerais pouvoir faire quelque chose qui le console, qui lui enlève une larme, même une seule... à chaque lecture je m'imagine petite âme près de Lui si fort, si grand, si aimant, si libre, parce que je ne peux supporter qu'Il soit seul dans son épreuve, et à défaut de savoir quoi faire, je veux être là près de Lui, pour qu'au moins Il tourne la tête et voit toutes les âmes qui bien mieux que moi l'aiment et sont de tout cœur avec Lui.
Bon pour revenir à mes oignons, parfois, dans ma situation actuelle, qui est vraiment le truc pénible que je ne voulais pas avoir à vivre, je me demande où est la volonté de Dieu, parce que je ne pourrais me dire sans éprouver de colère que c’est cela qu’il a voulu pour moi, c’est pas possible un truc pareil.
Et puis il m’arrive parfois des petits signes, comme votre phrase Etienne, qui semble vouloir me dire que quoi qu’il arrive, même dans une situation pareille, l’œil de Dieu est là et veille, et que Sa Volonté s’exerce dans ma situation quand même ; non qu’il m’ait plongé dans le désarroi, mais s’il permet à cette situation de durer, c’est qu’il a son idée sur la question, et cela finit par me réconforter, par chasser la colère, par me rasséréner suffisamment pour me donner le courage d’y retourner, un jour de plus au moins, parce que nul disciple n’est au-dessus de son maître… Ca va paraître très orgueilleux, mais parfois, à petites touches, j’ai le sentiment que Jésus me guide là où Il veut que j’aille, pas là où je veux aller. Mais l’idée ne m’est un peu moins pénible, si j’ai le sentiment que le lot de souffrances est géré par Sa Main, et que mes pas suivent Ses Pas. La pénibilité insupportable, c’est quand j’ai le sentiment d’être à la merci du diable sans sentir la Présence de Dieu près de moi.
Lorsque j’ai attendu ma mutation pour finalement ne pas l’avoir, j’avais un sentiment de colère parce que j’avais l’impression que mon univers allait s’écrouler ; à chaque messe, à chaque lecture, à chaque prière intense, je ne cessais de tomber sur des encouragements à la souffrance, mots insignes et constamment là, comme agrippés, alors que je ne cherchais aucun signe, que je ne cherche pas de signes, me méfiant toujours des attitudes attentistes, les fuyant… cela avait fini par me faire comprendre que je risquais fort de rester sur mon poste au lieu d’avoir l’occasion d’en partir, parce que ça finissait par devenir bruyant dans ma tête alors que moi je me bouchais les oreilles.
Je m’en voulais, j’en voulais à la Providence, je ne pouvais comprendre la rallonge infernale qu’il me faudrait avaler jusqu’à la dernière goutte. Il m’a fallu apprendre à grimper tout en haut de mon intelligence du cœur, de ma tolérance, de ma foi, et y rester en un exercice périlleux et stressant, pour tenir, un jour à la fois, là où le destin voulait que je reste.
Pour en revenir à votre phrase Etienne, ce qui continue quand même à me faire peur, c’est justement de prier beaucoup pour que la Volonté de Dieu soit faite, parce que si j’ai bien compris Sa Volonté c’est que je reste là où je suis… je suis mal partie !
Je prie aussi pour qu’un chemin de Damas soit possible pour cette âme… et j’ai pris un coup de bambou très récemment. Au détour d’une conversation de tout et de rien tenue devant moi, j’ai appris que cette femme était doublement miraculée ; elle a eu il y a quelques années un accident qui l’a « tuée » et elle est revenue, après avoir vue de la « lumière » ; elle a été défigurée et elle a tout cicatrisé vite et bien, sans passer par la lourdeur d’une chirurgie reconstructrice, et toute sa guérison a été entourée d’une « chance » incroyable : aucune séquelle ne lui reste, alors qu’elle aurait dû en rester lourdement handicapée, elle est miraculeusement guérie de tout, et sa santé hors-normes, sa résistance incroyable, son ressort, son absence de fatigue même au bout de 13 heures de boulot en témoignent admirablement. Bon… dommage que cela ne lui ai pas ouvert l’esprit au beau et au bien de cette vie… Je me suis mise à pleurer sur son âme en apprenant cela, et j’ai eu le sentiment étrange que mes larmes n’étaient pas seules à couler sur elle… comme si Jésus, ou son ange, ou quelqu’un comme ça était avec moi à pleurer aussi. Enfin, il ne faut pas trop s’écouter non plus, peut-être que c’est moi qui prend des vessies pour des lanternes. Mais j’ai eu un tel chagrin, une telle immensité de déception pour son âme quand j’ai su cet épisode, que l’espace d’un instant j’ai eu l’impression que je sentais la peine de quelqu’un d’autre aussi, parce que la mienne était identique à la sienne… oui, j’arrête de fumer la moquette !
Pour vous répondre Héloïse, il se trouve que j’ai parlé de mes soucis à trois personnes sur mon lieu de travail, et à un syndicat : tous ont fui aussi sec. Tout le monde la craint, au moins c’est clair. Les manipulateurs sont des gens de pouvoir et d’influence, sinon ils ne pourraient pas manipuler. Or moi j’ai Machiavel en personne en face de moi…
Aujourd’hui une de mes collègues a parlé de moi en termes élogieux un peu malgré elle, (elle a commencé et la suite est venue toute seule) devant une salle pleine ; eh bien cela me fait peur, le retour de bâton ne va pas tarder, ça va décupler la vengeance de Dark Vador… tant pis, au moins ce soir j’ai eu un bol d’air, et des personnes ont cru bon d’excuser leur conduite passablement calomnieuse à mon égard… que dès demain elles recommenceront… au moins dans tout ça j’aurais appris à ne plus me bercer d’aucune illusion.
Mais ce qui me fait un peu peur aussi, c’est que cette collègue a dit que j’avais les « bras ouverts à toutes les peines », et une capacité à donner le sentiment d’être aimé « qu’elle envie »… Zut. Si Dark Vador vient à le savoir, je peux me faire chahuter pour attitude trop religieuse sur un lieu de travail laïque et citoyen… Je me demande si elle ne serait pas capable de se servir même de cela pour me faire avoir des ennuis.
Enfin, ce soir est calme, les crapauds et les grillons sont en rut et le font savoir même aux étoiles, et moi je savoure doucement la nuit enfin tombée, son heure bleue si suave, parce que la nuit sera cantique et prière…
Que Jésus vienne bercer tous vos sommeils et toutes vos peines, et je pense à vous Etienne, qui êtes si déçu par votre propre famille… mais au moins au Ciel vous nous serez un maître de patience et de longanimité. Je me ferais pour ma part une joie d’être votre élève.
Que vos anges vous illuminent de la Joie Divine !
Zélie