Interview de Julien Coupat dans Le Monde

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Virgile
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Interview de Julien Coupat dans Le Monde

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Bonjour, Charles.

Intéressant. Mais au fond, rien de tout cela n'est bien neuf.
"Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur."

"La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée."

"Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage."
En tous cas, tout cela donne d'excellentes indications sur les temps que nous vivons.

Amicalement.
Virgile.
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Columbanus
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par Columbanus »

Très jeune, j'ai vu la série Le Prisonnier. Revisionnée 20 ans plus tard, j'ai alors distingué, grosso modo, 3 niveaux de lecture dont le dernier est une critique de notre société contemporaine. Ceux qui ont d'ailleurs vus le dernier épisode savent qu'ils font écho au lignes ci-dessus lorsque n°6 fait son retour à Londres.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par Virgile »

Cher Amorius,
Amorius a écrit :Très jeune, j'ai vu la série Le Prisonnier. Revisionnée 20 ans plus tard, j'ai alors distingué, grosso modo, 3 niveaux de lecture dont le dernier est une critique de notre société contemporaine. Ceux qui ont d'ailleurs vus le dernier épisode savent qu'ils font écho au lignes ci-dessus lorsque n°6 fait son retour à Londres.
extraordinaire série!
Je pense d'ailleurs investir très prochainement dans l'achat de la série complète, disponible maintenant sur DVD...
Pour ceux qui auraient l'occasion de visiter le Pays de Galles, je conseille la visite du village de Portmeirion, où fut tournée la série.
www.portmeirion-village.com

Amicalement.
Virgile.
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

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Bonjour!Charles!
Je vois que vous avez de saines lectures!"Le Monde" et "Libé"!!!
Mais les généralités n'amènent nullement à la réalité....elles nous fournissent simplement des alibis pour notre orientation politique et parfois religieuse!
Je suis étonné de votre réaction,vous qui demandez souvent à vos adversaires de fournir des preuves étayées à ce qu'ils soutiennent,suggèrent ou défendent!
Libé,il fut un temps faisait l'apologie de la pédophilie...vous trouverz sans peine dans ses archives!
MB
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

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Avé Charles...

Je suis bien déçu de ta réaction. On peut reconnaître que son interview est bien écrite - en tout cas, bien au-dessus de la plupart des contributions au "débat public" - mais c'est bien la seule qualité que l'on puisse trouver au sieur Coupat. Son statut de victime d'une injustice ne lui donne pas ipso facto le droit d'écrire des bêtises.

En réalité, cette interview pue la haine et la bêtise. Je citerai quelques exemples :
Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.

Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.
Le coup classique du trotskiste : amalgamer tous les casseurs (racailles, ouvriers séquestreurs, glandeurs antillais, émeutiers grecs, délinquants) en expliquant que tous réagissent à la violence du "système". Autre coup classique : expliquer que, non, moi seul, mon mouvement seul, est vraiment spontané, représentatif, et les autres ne sont que de la bureaucratie à peine déguisée. Genre la révolution trahie.
Je n'apprécie guère, là non plus, l'apologie de la violence dans le deuxième paragraphe que je viens de citer. L'esprit est assez classique : on pose une violence de système, cohérente et ramassée, et elle suffit à justifier que l'on se comporte comme un barbare.

- Pour la bêtise, un joli exemple : à la question "Vous définissez-vous comme un intellectuel? Un philosophe ? ", voici la réponse :
La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d'Héraclite comme échappée d'un monde révolu. A l'heure de l'intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier "l'intellectuel", sinon l'étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l'aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?
Réfléchis attentivement au fond qui est vraiment débile (mais pour qui se prend-il ?!), à la forme, et aux références scripturaires qui sont dedans (le gramscisme, l'intellectuel organique, la pseudo-différenciation entre action et pensée). Et enfin, la dernière phrase citée touche au grandiose ! A la fois du pur nominalisme, et de la grande paresse... et quelle prétention !

- Allez, un autre exemple : à la question (il est vraie, assez stupide), "pourquoi Tarnac" :
Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l'expliquer, je le crains.
Bel exemple de paresse dédaigneuse mâtinée de pseudo-hermétisme.

- Encore un, la question précédente (on atteint à l'épopée) : "Vous êtes issu d'un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction… ". Réponse :
"Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (Hegel).
Je suis mort de rire en lisant cela. Le coup classique du bourgeois qui se dit noyauter le système, au-dessus de la dialectique marxiste, etc. Citer Hegel fait très bien, en plus (encore qu'il faille vérifier le contexte précis d'où cette phrase est tirée...) ; on peut tout aussi bien dire que la citation de Hegel suffit à qualifier le pédant.

- Autre exemple :
Le petit système d'espionnage, d'humiliation et de ravage que l'Etat français dispose plus fanatiquement qu'aucun autre en Europe autour du détenu n'est même pas scandaleux. L'Etat le paie chaque jour au centuple dans ses banlieues, et ce n'est de toute évidence qu'un début : la vengeance est l'hygiène de la plèbe.
Le coup classique, bien foucaldien, de l'extension du modèle carcéral à toute la société. Remarquez la beauté de la dernière phrase citée, et les envies de violence gratuite qu'elle recèle. Des cailleras brûlent une école maternelle ? Normal, c'est l'hygiène du peuple opprimé.

- Plus généralement, la référence à Foucault, qui est omniprésente ici, sonne très fort son "homme d'un seul livre". Notons que le livre auquel il est fait allusion, Surveiller et punir, est extrêmement démodé ; dès l'époque où il a été publié, il a été contesté, et ce pour plusieurs raisons. La première est que son auteur ne tient aucun compte des réalités factuelles et chiffrées (à ce sujet, je recommande l'article de J. Filippini dans le dernier numéro de Commentaire : il démontre, point par point, que la France est le pays le moins carcéral d'Europe) ; deuxièmement, l'orientation sociologique, purement holiste, est univoque et ne tient aucun compte, là encore, des réalités décrites par d'autres écoles de pensée que la sienne.
Troisièmement, ce livre est tout à fait contestable en raison de sa motivation de fond : quelle est-elle ? L'idée est simple. On démontre dans ce livre que la prison ne marche pas, qu'elle n'a jamais marché (depuis le début), et qu'elle ne marchera jamais ; plus exactement, qu'elle ne répond pas aux buts qu'elle s'est fixés. La conclusion qu'en tire Foucault est donc... qu'elle n'est pas faite pour marcher, et que c'est voulu par le système !
Voilà le problème de Foucault (comme me l'avait dit, avec beaucoup d'humilité, un de ses fans) : une fois qu'on est rentré dans la logique du système, on n'en sort plus, et on s'enferme dans une idéologie sans issue. Je viens de citer l'existence de statistiques ey d'enquêtes hostiles à Foucault ; on me répondra : l'emploi de chiffres et d'enquêtes montre une mentalité administrative et classificatoire qui n'est que la variante de la volonté générale d'enfermement dont la prison est le modèle !

Il se trouve que Coupat s'est de lui-même enfermé dans cette logique. Tout n'est que système ; rien ne se produit par hasard : si une circonstance contraire à ce que je décris a le malheur d'arriver, elle n'est qu'une diversion du système qui "fait exprès" de la produire pour illusionner les gens. On se croirait dans Matrix.
Le système de pensée qui est développé ici est celui de la French theory ; c'est cet ensemble de penseurs anti-humanistes, totalement relativistes, qui a dominé la tribune depuis les années 60 (Foucault, Derrida, Baudrillard, Deleuze, Bourdieu). Il n'y a pas de pensée authentique, pas de réalité ou de comportement individuel ; il n'y a que le produit du système, il n'y a que le masque de l'oppression. Il n'y a pas de "réel", ou plutôt, s'il y en a un, c'est celui qui ne se dévoile jamais sans se cacher d'un autre côté, ou c'est celui que l'idéologie de l'époque, que le "système", prétendent détenir.
Rien de moins chrétien que cette manière de pensée.

Amicalement (et tristement)
MB
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par MB »

Je cite encore une autre référence du même acabit :
Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n'est pas à ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c'est la justice elle-même, il n'est donc pas question pour mes camarades et moi de "clamer notre innocence", ainsi que la presse s'est rituellement laissée aller à l'écrire, mais de mettre en déroute l'hasardeuse offensive politique que constitue toute cette infecte procédure.
- premièrement, Coupat profite de cette argumentation pour écarter une déclaration manifestant de façon positive son innocence et celle de son groupuscule. Je me demande ce que cela peut cacher. Dans son interview, il ne dit jamais qu'il n'a rien fait. Bien sûr, il rétorquera que le fait de parler franchement, de dire "oui" ou "non", est une preuve de soumission au système, etc.

- deuxièmement, il y a ici du pur relativisme : l'illégal, ce qu'on dit être tel ; le criminel, c'est ce que le système définit comme tel. Tu as le droit de le suivre, Charles, pas de problème ; mais à toi d'assumer les conséquences dernières de ce type de pensée.

De façon plus générale, j'en ai vraiment assez de cet esprit de "système", de cette mentalité que les mauvaises langues appellent "complotiste". On s'imagine que le réel existe parce que quelqu'un l'a voulu ; on s'imagine que si quelque chose ne marche pas, c'est que quelqu'un le veut bien... Un peu comme des ados qui contestent l'autorité de leurs parents en expliquant que, "en fait, ça vous arrange bien, hein".

Dire cela, c'est s'imaginer qu'il n'y a pas d'écran entre la pensée et le réel ; que ce dernier peut être saisi dans son ensemble, d'un seul regard, par une seule organisation (du type FM, Etat, multinationale, etc.) alors que ce n'est jamais possible. C'est oublier que le monde socio-politique, que le monde intellectuel, enfin tout le monde qui intervient sur le réel, a une épaisseur pratique, qu'il suit des formes, qu'il a des règles, qu'il n'obéit pas au doigt et à l'oeil. On s'imagine que le "pouvoir" peut tout, alors que le plus souvent, il ignore tout (un exemple classique : lors de la crise des fusées de Cuba, personne à la Maison-blanche, pas même le Président Kennedy, n'était pleinement au courant de ce qui se passait : toute la réaction américaine a été le fruit du hasard). S'imaginer le contraire, c'est être vraiment enfantin ; le réel n'est pas qu'une question d'intendance, je regrette...

A bientôt
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par Maître Zacharius »

MB a écrit :
On s'imagine que le "pouvoir" peut tout, alors que le plus souvent, il ignore tout (un exemple classique : lors de la crise des fusées de Cuba, personne à la Maison-blanche, pas même le Président Kennedy, n'était pleinement au courant de ce qui se passait : toute la réaction américaine a été le fruit du hasard). S'imaginer le contraire, c'est être vraiment enfantin ; le réel n'est pas qu'une question d'intendance, je regrette...

A bientôt
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Le même Kennedy qui 10 jours avant d'être trucidé déclarait:

"Le bureau présidentiel a été utilisé pour mettre sur pied un complot d'anéantissement de la liberté du peuple américain, et avant de quitter ce bureau, je dois informer les citoyens de cet état critique."

John F. Kennedy, (A l'université de Columbia, 12th Nov. 1963 - 10 jours avant son meurtre le 22 Novembre 1963)

"Et il y a un danger très grave qu'un besoin annoncé de sécurité accrue soit l'opportunité que saisiront ceux soucieux d'éttendre sa portée aux limites extrêmes de la dissimulation et de la censure officielle. Voilà ce que je n'ai pas l'intention de laisser faire dans la mesure où j'en ai le contrôle. Et aucun officiel de mon administration, quelque soit son rang, civil ou militaire, ne devrait interpréter mes paroles ici ce soir comme une justification pour censurer la presse, étouffer la dissidence, cacher nos erreurs ou taire au public et à la presse les faits qu'ils méritent de savoir."

L'intégralité du discours:

http://www.dailymotion.com/video/x48czq ... s_politics

Comme nous pouvons le constater avec l'affaire Coupat, le plan continue de se dérouler comme prévu...
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

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Bonsoir

Arrêtez de prendre des vessies pour des lanternes ? Pour savoir exactement à quoi Kennedy fait référence dans ce discours, il faut étudier le contexte politique précis, jour par jour - il faut faire un travail d'historien. UN président américain fait je ne sais combien de discours dans la semaine, adressés chacun à toute une clientèle politique différente. On pourrait prendre n'importe quel discours de Bush, de Clinton, et le relier à n'importe quel événement ultérieur.
Du reste, puisque vous pariez sur la victoire des officines à la mort de Kennedy, il faut bien reconnaître que celles-ci ont été inefficaces ; autrement, les E-U ne se seraient pas retirés du Vietnam, ils n'auraient pas laissé les Cubains envahir le Mozambique et l'Angola, et surtout, les républicains n'auraient pas laissé passer l'affaire du Watergate...

Je vous cite de nouveau :
Comme nous pouvons le constater avec l'affaire Coupat, le plan continue de se dérouler comme prévu...
Ben justement, qu'est-ce qui se déroule comme prévu ? Qu'il puisse s'exprimer dans le Monde ? Qu'il soit libéré ? Que l'ensemble de l'édifice policier et judiciaire soit ridiculisé ? Si vraiment les "officines" avaient tout prévu, si le système était bien rôdé, rien ne se passerait de cette façon ; on aurait coffré tout le monde, fabriqué des preuves l"irréfutables", et on aurait tout fait de sorte que chacun des membres de la police, de la justice, etc. mérite pleinement sa rosette.
Où voyez-vous cela ?
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Maître Zacharius
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par Maître Zacharius »

MB a écrit :
Bonsoir

Arrêtez de prendre des vessies pour des lanternes ? Pour savori exactement à quoi Kennedy fait référence dans ce discours, il faut étudier le contexte politique précis, jour par jour - il faut faire un travail d'historien. UN président américain fait je ne sais combien de discours dans la semaine, adressés chacun à toute une clientèle politique différente. On pourrait prendre n'importe quel discours de Bush, de Clinton, et le relier à n'importe quel événement ultérieur.
Le contexte, je vais vous le donner:

- Le 4 juin le Président John F. Kennedy, trente-cinquième Président des États-Unis signe l'ordre exécutif 11110 pour donner au gouvernement des États-Unis la puissance de publier la devise, sans passer par la réserve fédérale la FED possédée par les Rosthchilds et Rockefellers. Seulement 6 mois plus tard le 22 novembre, le Président Kennedy est assassiné. le Président Abraham Lincoln en 1865, qui lui aussi avait voulu faire imprimer l'argent américain par l'Etat, déclarant ainsi une guerre contre la création d'argent par une élite étrangère, fut lui aussi assassiné dans des circonstances mystérieuses .

- Cet ordre exécutif 11110, est annulé par le Président Lyndon Baines Johnson (le trente-sixième Président des États-Unis 1963 1969) alors qu'il se trouve à bord de l'avion présidentiel "Air Force One" décollé de Dallas pour Washington, et alors que le Président Kennedy vient d'être assassiné fraîchement.

- Depuis 1963, une dette inimaginable a été créée ex nihilo.


MB a écrit :
Du reste, puisque vous pariez sur la victoire des officines à la mort de Kennedy, il faut bien reconnaître que celles-ci ont été inefficaces ; autrement, les E-U ne se seraient pas retirés du Vietnam, ils n'auraient pas laissé les Cubains envahir le Mozambique et l'Angola, et surtout, les républicains n'auraient pas laissé passer l'affaire du Watergate...

Le but n'était pas de gagner la guerre, le but était de faire engranger des bénéfices au complexe militaro-industriel, ainsi que l'a démontré Sutton dans sa remarquable analyse "National Suicide: Military Aid to the Soviet Union", où la complicité objective entre le bloc soviétique et les financiers-marchands d'armes américains est établie.


Pierre de Villemarest, grand résistant, agent du renseignement et membre décédé de l’Amicale des anciens des Services spéciaux de la Défense nationale (ASSDN) dit exactement la même chose:
Pierre de Villemarest a écrit :
À titre d’exemple, on citera le fait que les « missionnaires » envoyés en Yougoslavie ont soutenu de façon systématique Tito, alors agent de Moscou, et ses partisans plutôt que le général Mihaïlovitch, chef des maquis nationalistes. De même en Europe de l’Ouest, certains dirigeants de l’OSS faisaient parachuter en priorité les armements nécessaires pour libérer le pays aux organisations communistes ou socialistes plutôt qu’aux chefs de l’Armée Secrète et autres mouvements nationaux. J’ai vécu cela dans le Vercors durant de vives discussions avec le représentant américain d’une Mission inter-alliée venue inspecter les maquis régionaux du sud-est de la France, sans savoir qu’il appartenait au CFR (*), dont j’ignorais à l’époque l’existence.
(*): Council on Foreign Relations, structure inspirée du socialisme Fabien anglo-américain, devant promouvoir le mondialisme et la révolution "silencieuse" (au lieu de la révolution par la rue), pour réaliser la grande synthèse entre capitalisme et socialisme. Animé par David Rockefeller.


MB a écrit :
Ben justement, qu'est-ce qui se déroule comme prévu ? Qu'il puisse s'exprimer dans le Monde ? Qu'il soit libéré ? Que l'ensemble de l'édifice policier et judiciaire soit ridiculisé ? Si vraiment les "officines" avaient tout prévu, si le système était bien rôdé, rien ne se passerait de cette façon ; on aurait coffré tout le monde, fabriqué des preuves l"irréfutables", et on aurait tout fait de sorte que chacun des membres de la police, de la justice, etc. mérite pleinement sa rosette.
Où voyez-vous cela ?
Justement le comité de soutien de Coupat n'a pas réagi béatement en criant à la victoire, comme il est de coutume lorsqu'un présumé innocent est relâché:


"Non, nous ne sommes pas soulagés. Non, la libération de Julien n’est pas une « victoire ». C’est au mieux un camouflet pour tous ces impudents qui nous ont attaqués. Pour nous, ce n’est qu’une étape. Vers l’impunité, pour tous et pour tout."


Le but pour le pouvoir en place était de fournir une démonstration de force: le chat tient la souris, il l'attrape et la relâche quand bon lui semble, il tient sa vie entre ses griffes.


Pour comprendre que le pouvoir ne procède pas de façon linéaire, mais use et abuse de subterfuges, je ne saurais trop vous conseiller le dernier livre de Sabine Herold, présidente d'Alternative libérale, “Le Bouffon du Roi”:

Vous connaissez déjà le roi : notre président Nicolas Sarkozy. Voici le bouffon, facteur de son état dans la bonne ville de Neuilly et leader politique de la gauche ultra, le médiatique Olivier Besancenot. Les deux hommes comptent sur les mêmes appuis, s’entraident, partagent des combats et se préparent, tout à tour, le terrain. Rien ne suggérait cette alliance fortuite qui reste invisible aux yeux du plus grand nombre. C’est le projet de l’auteur de vous la rendre évidente, en même temps qu’il vous en dévoilera l’objectif : préserver et accroître le pouvoir respectif du tandem.
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par jeanbaptiste »

Magnifique ? Depuis que cet article est publié je n'arrête pas d'entendre des "quel style !", "quelle lucidité". Malheureusement pour moi, je dois être hermétique à l'intelligence et à la beauté car franchement le "style" Coupat je le trouve lourd, pédant et au fond imbécile.
La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d'Héraclite comme échappée d'un monde révolu. A l'heure de l'intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier "l'intellectuel", sinon l'étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l'aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?
Phrase pédante, lourde, et stupide. Ça pue le Nietzsche mal digéré (Nietzsche n'a jamais méprisé ses adversaires, il pouvait être rude et moqueur, mais au fond il reconnaissait la grandeur de ce qu'il combattait. Et jamais il n'a véritablement combattu ce qu'il jugeait véritablement minable. Typiquement l'esprit noble et aristocratique. Bien éloigné de celui de Coupat). Et c'est à mourir de rire de la part de quelqu'un qui nous balance du Hegel (comme par hasard !) pour nous expliquer le monde.
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par jeanbaptiste »

Franchement, Charles, les vagues lueurs de lucidité et d'intelligence de Coupat, reconnaissez qu'elles ont été analysées, dites, exposées, écrites par de nombreux auteurs depuis bien longtemps. Hannah Arendt, les textes de nos Saints Pères, des journalistes comme Gérard Leclerc, Raymond Aron, Simone Weil, et même Pascal et Nietsche (sur le nihilisme à venir) ont déjà vu, exposés, pensé tout les problèmes fondamentaux de notre modernité (c'est une liste non exhaustive bien sûr). Pourquoi Coupat ? Pourquoi cet emballement ?
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par jeanbaptiste »

Charles,

Je sais ce qui est arrivé à Coupat, et cela est inacceptable, nous sommes bien d'accord. De plus, je ne jette pas à la poubelle chacun de ses mots, ni chacune de ses phrases.

Oui, il dit des choses justes au milieu d'un tissu d'âneries orgueilleuses. Et sans doute est-il plus au centre du problème moderne que nombre de nos dirigeants. Nous sommes d'accord.

Il n'empêche qu'il dit des âneries ! Il n'empêche que l'analyse qu'il fait de la modernité a été faite des centaines de fois, et continue d'être faite, par des personnes infiniment plus fines et plus intelligentes !

Je suis sincèrement désolé mais les révolutionnaires coupeurs de tête (virtuellement ou réellement) qui souhaitent programmer l'histoire selon leur plan macabre et égocentrique au nom de la réalisation du royaume de Dieu sur terre, ça ne me fait pas rêver.

jbb
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par jeanbaptiste »

vous ne saisissez pas du tout l'enjeu de ce qui est arrivé à Coupat. Il a été mis en prison pendant six mois sans que la moindre preuve ait pu être avancée contre lui, sans procès, selon l'arbitraire le plus parfait. Si ses camarades ont été relâchés avant lui, c'est bien qu'il n'y avait rien dans le dossier sinon la volonté d'intimidation du gouvernement Sarkozy. Pour intimider, le gouvernement UMP emprisonne arbitrairement, comme dans n'importe quelle dictature.
Je suis entièrement d'accord. Je suis le premier à reconnaître que nous vivons dans une structure sociale de type totalitaire. Mais il ne s'agit pas d'une "dictature totalitaire" de type nazie ou communiste. Non, le totalitarisme achevé c'est le totalitarisme qui s'est ancré dans le coeur des hommes, dans la vie de chacun et qui structure la non-vie politique. C'est la désolation. Enfin, c'est un autre sujet !
car vous devriez vous rendre compte à quel point notre société devient chaque jour plus incompatible avec notre foi.
Oui. Elle devient chaque jour plus incompatible et plus compatible. Nous allons vers une clarification de plus en plus grande entre les actions bonnes et les actions mauvaises. La malveillance côtoie de plus en plus une bienveillance grandissante. Et ceci va continuer jusqu'au Jugement Dernier.
tentez de mettre sur pied un projet culturel qui diverge de la décomposition spirituelle que nos gouvernants organisent partout et vous ferez la même expérience. Demandez à Coeurderoy ce qu'il en est au ministère de la culture, dans les DRAC, les musées, tout ce qui touche à la culture... "Doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise"
Nous sommes d'accord.
Non mais vous vous rendez compte de l'énormité de cette affaire ? Et il a été relâché sans un mot d'excuse, sans qu'aucun fonctionnaire n'ait été sanctionné pour faute lourde. Tenir six mois un type en prison sans avoir pu avancer aucune preuve, ce n'est pas un faute lourde ?
Tout à fait.

Malgré tout cela ne me rend pas la pensée de Coupat plus sympathique et plus juste.
Virgile
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par Virgile »

Cher Jean-Baptiste,

c'est entendu, les "analyses" un peu lourdes de Julien Coupat ne sont ni nouvelles ni très originales.
Il est clair que ce jeune homme de bonne famille a fait assez d'études et a lu assez de livres pour, s'il l'avait vraiment voulu, se tenir tranquille, faire une "carrière" et éviter en tant qu'individu la détention et le jugement à venir du tribunal.
Il a choisi de vivre avec ses copains dans un "trou" de campagne, d'y tenir une épicerie et de se livrer à un certain nombre d'activités qui ont attiré sur lui l'attention des forces de l'ordre. Voilà, c'est la destinée du "rebelle"...
Inutile de s'appitoyer longuement sur son cas et de prendre trop au sérieux les "idées" de ce révolutionnaire d'opérette.
"Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur."
Julien Coupat est donc un opposant déclaré aux pouvoirs établis et à l'argent qui corrompt. C'est la guerre! Il le dit avec des mots très sérieux. Il est suspecté d'avoir "saboté" une voie de chemin de fer. C'est du terrorisme!
Il n'est pas le seul à faire la guerre d'ailleurs. Les grands guerriers sont nombreux dans notre société.
Mais sans doute lui manquait-il ce que l'on pourrait appeler un "petit capital de conduites conformes" et une absence regrettable de "manque de suite dans les idées", et la sédition très idéologique et batailleuse dans laquelle il s'est engagé au lieu de se contenter d'écrire des articles dans des revues au tirage confidentiel l'a fait tomber sous le coup de... mais de quoi donc au juste. De la loi?
Et bien non! Plutôt sous le coup de l'arbitraire d'une décision politique qui vient paradoxalement confirmer quelques uns de ses propos.
Quand tout s'effondre, comme il le dit, la multiplication des polices et la prolifération des moyens de surveillance et de contrôle sert de palliatif à une légitimité disparue.
Ce qui n'est pas nouveau, c'est que Julien Coupat se soit pris au piège d'une surenchère verbale dont le vocabulaire idéologique, hérité d'un autre âge, fait un peu sourire. Revoili, revoilou le défunt Hegel et la momie de l'internationale situationiste dans ses nouvelles bandelettes écolos. Tarnac, Larzac, etc.
Ce qui est nouveau, si l'on peu dire, c'est que ce qu'exprime cette surenchère verbale est la résultante d'une sorte de rupture collective profonde mais pas si inédite que l'on pourrait le croire. L'ambiance est à la "révolte"... mais depuis assez longtemps.
L'affaire Julien Coupat permet, et c'est cela qui est un peu nouveau, de constater ce à quoi nous en sommes arrivés.
Ce jeune homme n'est pas très original, certes, mais son aventure est révélatrice du genre d'état d'esprit qui s'est développé, tout naturellement, dans notre société, avec la complicité active des pouvoirs institués.
"La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée."
Depuis des décennies, les esprits se sont affranchis des références communes anciennes. "On" les a un peu aidés, il est vrai... et principalement l'Etat, qui ne se maintient plus depuis longtemps, de toute évidence, que par un arsenal de plus en plus massif de lois et de régulations, et qui doit aujourd'hui gérer les effets, par exemple, de la politique éducative aberrante qu'il a lui-même instituée. Mais pas seulement.
Après avoir imposé des pseudo-valeurs inculquées dès l'âge le plus tendre à tous les enfants, transformé le pays en un gigantesque dépôt-vente où règne l'assistanat et la combine, encouragé une immigration massive pour des raisons qui ne sont jamais clairement avouées parce qu'inavouables, tout en cherchant par ailleurs à faire croire aux Français qu'il suffirait de régler le problème de "l'assimilation" de "ces gens là" en leur faisant fréquenter l'école publique et adhérer aux "valeurs républicaines", l'Etat se trouve désormais dans une situation pour le moins inconfortable. Il y a, finalement, des tas de "problèmes", très "complexes", que les "spécialistes" savent analyser de façons variées mais se déclarent incapables de résoudre.
"Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage."
Incapable de maintenir son héritage culturel et ne disposant plus d'une tradition vivante, notre société produit énormément de "jeunes" qui adoptent la posture du "rebelle" dès les premières années de leur scolarité. Les "jeunes", comme on dit, comprennent vite de quoi il retourne!
Les plus adaptés au type de société dans lequel nous vivons, et souvent les plus fortunés, peuvent adopter assez tôt dans la vie la pose narquoise et cynique de ceux "qui en savent plus long que les autres" et "à qui on ne la fait pas" et ensuite, fort du label d'une Grande Ecole ou d'un diplome quelconque, se choisir une vocation à la mesure de leur appétit financier.
La plupart restent par ailleurs toute leur vie des ricaneurs systématiques, ignorants et irrespectueux de tout, sans autre "idéal" que celui des vacances et de la retraite "bien méritée", ou tout autre foutaise indiquée par la bonne conscience officielle.
Réunis en bande de "déconneurs" d'un jour, au comptoir ou au stade, au bureau ou à l'usine, toujours en compagnie de hasard, éphémère ou parfois durable parce que seulement géographique, ils se "marrent bien" en écoutant ou en singeant les inénarrables bonnes blagues qui s'écoulent de la boite à image à l'heure des nouvelles ou des variétés.
Ils ont surtout l'accès à l'Internet, cet instrument "formidable" pour "communiquer" les informations essentielles relatives à la culture de notre époque "formidable" : ils contribuent ainsi à augmenter le bien maigre 70% du total des connexions mondiales... vers les sites à caractères pornographiques.
A leur décharge, on dira quand même que la plupart sont nés déracinés et n'ont guère eu les modèles et l'éducation qui auraient pu faire d'eux des adultes. A défaut de l'être, adultes, et parce que non dépourvus d'intelligence, ils ne parviennent jamais qu'à l'efficace sans état d'âme qu'exige leur "business" respectif, où on ne leur demande d'ailleurs pas davantage que cela, hormis parfois l'abandon du minimum se sens moral qu'aurait laissé en eux le milieu familial ou la fréquentation épisodique d'une église quelconque.
Chez eux, l'horizon spirituel se réduit peu à peu, après l'adolescence, à trois fois rien de plus qu'un vague reste de sentimentalité.
Quelques uns enfin, quoi qu'ils soient encore assez nombreux, pratiquent depuis longtemps et au quotidien la violence verbale, par habitude plus que par méchanceté, et sont déjà en âge d'avoir des fils qui se convertissent peu à peu à la très "normale" violence physique... et à l'usage incantatoire du "c'est pas moi", du "c''est la faute à" et du "j'ai le droit" - et ce qui se passe dans les écoles françaises non pas "actuellement", mais depuis plusieurs années, est la meilleure illustration d'un phénomène de désagrégation qui révèle l'impuissance finale d'une autorité fondée sur le mensonge et l'imposture. Cela fait plus de vingt ans que les enfants viennent avec des couteaux à l'école...
Pour gérer un effondrement si général, il faudra à l'Etat toujours davantage de policiers dans les rues ou dans les écoles. Et pour maintenir l'apparence du calme et surtout celle de l'ordre, un usage somme toute modéré du déni de justice. Tout le monde est susceptible d'être concerné, et il faut bien des Juliens Coupat pour le faire comprendre au "grand public" et à son "opinion".
Le discours et les actes de Julien Coupat, au fond, ne valent pas davantage que les discours et les actes de ceux qu'il dénonce. Ils ne valent pas davantage dans l'exacte mesure où ils sont la résultante très logique de ce qu'ils dénoncent: le "système", puisque c'est le mot consacré... un mot que Julien Coupat aura appris en fréquentant le "système" universitaire français, et appris de la bouche même de ces professeurs chargés par l'Etat français d'assurer la formation intellectuelle d'une partie... de ces élites qui gouvernent notre pays!

Comme le suggère Charles, il conviendrait peut-être que les catholiques prennent conscience du fait qu'ils sont les seuls vrais révolutionnaires et qu'ils commencent à donner dans une authentique, saine et sainte subversion. Pour cela, pas besoin d'aller à Tarnac et pas besoin de saboter des voies de chemin de fer. On peut le faire partout et en tout temps. A commencer par chez soi, d'où chacun peut entendre distinctement et à toute heure l'immense clameur de ceux qui s'acharnent à nier le Christ et à combattre son Eglise.

Aussi, un catholique pourra-t-il affirmer que "chaque pas qu'"ils" font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Que chaque nouvelle "victoire" dont "ils" se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Que chaque manœuvre par quoi "ils" se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. Et qu'en d'autres termes: la situation est sans doute excellente. Que ce n'est pas le moment de perdre courage!"
Mais dans un sens tout différent de celui qu'entend Julien Coupat.

Amicalement.
Virgile.
jeanbaptiste
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Re: Interview de Julien Coupat dans Le Monde

Message non lu par jeanbaptiste »

Coupat dit de qu'il pense avec ses mots et ses limites, les solutions sont contestables comme je l'ai dit, mais je vous défie de trouvez la moindre chose à redire à ses critiques.
Et bien si, justement. Ça n'est pas seulement une question de limites, il y a des choses qui me semblent fausses dans son exposé. Le situationnisme, je dois vous l'avouer, c'est pas trop mon truc !

Mais je reconnais que l'analyse globale, générale, n'est pas fausse, et sans aucun doute plus juste que celle de nombre de prophètes de la technique et autre libéraux radicaux. Sur ce point nous sommes d'accord.
Or ce ne sont pas ses solutions qui lui ont valu la prison, sinon des masses de doux dingues et d'illuminés y croupiraient aussi, mais ses critiques.
Je suis bien d'accord avec vous.
Or ces critiques n'ont rien de plus véridique ni de pertinent que la simple foi catholique, que la simple existence d'un catholique dans cette société en décomposition accélérée. Si l'on peut mettre un coupat en prison pour ses idées, cela signifie qu'on peut tout aussi y mettre un catholique.
Oui et non, il me semble que vous allez un peu vite en besogne ! Je n'ai pas franchement le sentiment que la DSE soit le livre de chevet de notre cher Coupat ;)

Je vois très bien ce que vous êtes en train de me dire. Et la raison pour laquelle nous ne sommes pas d'accord c'est que notre analyse des propos de Coupat ne se situe pas sur le même plan.

Si je me met à la même place que la votre je ne suis pas loin de partager votre avis ! Seulement mon problème est que j'ai suivis des études de philosophie et que j'ai la fâcheuse tendance à toujours considérer la cohérence, la justesse, la vérité interne d'un discours avant de juger de son rôle, de son impact dans l'espace politique dans un moment donné.

Vu de ce dernier point de vue le texte de Coupat est important, et je puis en partie y souscrire.

Je vous prie donc de m'excuser pour cette suite de critique qui ne furent critiques que par déformation professionnelle ;)
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