Chère Belinda,
avec de la bonne volonté (c'est ce que demande le Seigneur), un peu de courage, de l'aide aussi (l'Eglise est là pour ça), je pense que vous avez beaucoup d'atouts pour voir la vie sous un autre angle.
Essayez de ne pas ruminer votre culpabilité, le passé, tous les "ratages" de la vie (que nous avons tous). Dieu veut que nous nous réalisions en répondant "présent" au moment ...présent.
C'est très important, Mère Térèsa disait que beaucoup des souffrances que rencontraient les hommes et femmes de notre temps venaient de ce que, constamment "affairés" il ne trouvaient plus le temps ni les moments d'une vraie tendresse, d'écoute dans les échanges de personne à personne.
Trop pressés... j'ai vu, en milieu hospitalier, nombre de chirurgiens habitués aux sports d'hiver et voyages à l'autre bout de la planète, divorcer assez régulièrement : pas de temps pour la vie de famille ni pour les enfants (horaires infernaux, facilités qu'offre l'argent pour séduire certaines femmes...)
Avoir un coeur porté à aimer, sensible, inquiet est plutôt...un bon point si on veut suivre Jésus : si beaucoup l'ont suivi sans hésiter c'est qu'ils avaient dû...se casser plusieurs fois la g... dans la vie (pas mal de notables de Jérusalem ont dû se sentir un peu trop "bien" pour se mêler à ceux qui l'écoutaient, où étaient trop "affairés" sans doute : dommage de louper un tel rendez-vous non ?).
Ne vous faites pas une image "parfaite" de l'Eglise : vous en faites partie depuis votre baptême, votre confiance en Marie est une immense grâce, et on ne doit pas se sentir "exclus" parce qu'on a eu quelques "accrocs", voire une vie désordonnée par le passé...Tous nous sommes "solidaires" dans la faute, Sainte Thérèse, saint François ne s'estimaient pas plus saints que les grands pécheurs, les criminels...
Quant-à-ceux qui racontent qu'il est facile d'aller demander pardon après avoir péché, j'imagine qu'ils ne sont jamais allés frapper à la porte d'un presbytère ou s'agenouiller dans un confessionnal. Nous, catholiques, nous réjouissons de la miséricorde du Père qui sait toujours donner une nouvelle chance à ses enfants : Lui nous redonne toujours Sa confiance car Il aime infiniment Sa créature et veut lui communiquer Son bonheur. Alors que l'esprit du "monde" juge, condamne, divise, l'Esprit de Jésus unifie, relève, accueille.
Sans les sacrements nous ratons cette vie d'Amour Trinitaire qui nous projette dans la vraie Vie, celle où nous jubilerons pour l'Eternité !
Excusez-moi, je deviens un peu lyrique. J'espère ne pas vous avoir froissée en disant que "vous n'aviez pas commis d'adultère", c'est très mal dit car ce que vous avez éprouvé montre la force du lien qui vous unit à votre mari. Je voulais dire "vous n'avez pas profané le sacrement de mariage", en revanche c'était bien une faute par rapport aux engagements que vous aviez pris tous deux.
"N'ayez pas peur Belinda" vous aurait dit, je pense notre bon pape Jean-Paul II : la peur paralyse, nous fait douter de nous, des autres, de Dieu, de l'Eglise : un des plus gros péchés serait vraiment de douter de l'Amour et de la Miséricorde du Christ, oui, après ce qu'Il a souffert pour NOUS, en douter serait vraiment ce fameux péché contre l'Esprit. Sainte Thérèse de Lisieux vous dirait cela mieux que moi, en vous embrassant avec un bon sourire. Elle nous a enseigné que notre manque de confiance, l'inquiétude que nous nourrissons en constatant notre misère offensaient le Bon Dieu. Car trop se "regarder le nombril" c'est encore de l'orgueil : cela nous éloigne du Seigneur qui veut qu'on L'aime et Le contemple LUI, et cela nous éloigne de notre prochain qui souffre à nos côtés et attend un sourire, un geste d'amour, un encouragement.
Je reprends votre phrase : Je crois que c'est Dieu qui me parle à travers vous sur ce Forum, Belinda !
Car Dieu nous le rencontrons surtout dans les prodiges de grâces qu'Il réalise dans la vie de nos frères.
Bien cordialement !
