Gaudens a écrit : ↑lun. 06 juil. 2026, 12:16
Pour être franc, cette notion de juridiction appliquée au sacrement de pénitence me parait un peu tirée par les cheveux mais soit; le droit canon abrite sans doute des dispositions héritées de situation passées et devenues un peu obsolètes dans les faits mais soit.
Pour le reste, je ne vois pas beaucoup de soutiens acharnés de la Fsspx dans ce forum, tout au plus des tradis relativement neutres. Et ce que je proposais n est pas une sorte de compromis préalable à un armistice mais plus profondément une possibilité de régler sereinement des questions délicates demeurées ouvertes même après un schisme définitif.
Ne confondez pas le droit canon et les diverses législations civiles issues de Napoléon. Ne doutez pas que les responsables du premier maîtrisent parfaitement leur sujet et le révisent régulièrement.
Votre vision des choses me semble fort naïve. Derrière ses courant officiels, les laïcs traditionalistes n’ont pas en commun que la messe tridentine qui sert de passerelle, et ils sont cependant fort divisés et très individualistes (plus que neutres) dans leurs positions (hétérodoxes chacun à sa façon). Et en dehors de leur catéchisme tant vanté, sauf l’exception de quelques militants, plutôt ignares – autant que d’autres, mais avec en plus des idées très arrêtées !
Outre qu’ils se sentent persécutés par l’Eglise... Ce qui n’est pas une très bonne condition pour un vrai progrès spirituel.
Pour finir et rebondir sur les échange de ce fil qui est censé traiter des inquiétudes et dilemmes de conscience, je constate que certains semblent penser que du moment qu’un sacrement est valide, peu importe qu’il soit illicite et ainsi s’épargner ces inquiétudes et dilemmes. Ce raisonnement serait juste ( ? Du moins pertinent... Quoique impertinent !) si un sacrement valide ne pouvait être inefficace, or se marier, recevoir les ordres ou la confirmation, communier sans être en état de grâce, rend le sacrement inefficace mais non invalide !
Traditionnellement, l’efficacité spirituelle dépend de la disposition de celui qui reçoit le sacrement. Or la réception de la communion alors que l’on persévère dans une situation de rupture avec l’autorité de l’Église (schisme) peut aller de pair avec une disposition spirituelle non accordée à ce que l’Eucharistie signifie et réalise (l’union ecclésiale).
Un “contexte de schisme” peut donc rendre la communion peu fructueuse (voire sacrifiquement “contre-indiquée” moralement) non parce que le Christ ne donne plus sa grâce, mais parce que la personne ne la reçoit pas dans les bonnes dispositions (qui ne dépendent pas de la « sensibilité » de la personne, faut-il le rappeler).
Appliqué au cas FSSPX : si une personne communie en souscrivant (ou en s’installant) dans une logique de rupture doctrinale/ecclésiale, l’Église peut considérer vu qu’il est à craindre qu’elle soit mal disposée, donc que la communion ne produit pas (ou produit moins) son effet salutaire.
Or un communiqué du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a rappelé que des actes schismatiques entraînent l’excommunication prévue par le droit, et que l’adhésion formelle au schisme est une faute grave. Dans ces cas-là, même si l’on ne conclut pas automatiquement à “l’invalidité” du sacrement (car le sacrement n’est pas annulé par la faute du ministre), la communion devient gravement illicite et la personne risque aussi de se priver du fruit spirituel attendu, parce que la disposition intérieure est objectivement en contradiction avec la communion ecclésiale.
Si la communion peut ne pas être strictement interdite, cela dépendant de la situation personnelle, elle devient spirituellement et moralement problématique et si les bénéfices/fruits ne sont pas totalement supprimés, ils sont néanmoins grandement réduits.
Le facteur décisif tient à la situation concrète du communiant : est-il en état de faute grave en lien avec la rupture (adhésion formelle, connaissance, intention, persévérance) ou s’agit-il d’une présence “par nécessité pastorale” sans adhésion intérieure ?
Pour celui qui se dit « pas grave » ou « je m’en moque », la réalité sera évidemment à l’envers de ce qu’il croit. Peu importe le schéma de justification qu’il aura pu élaborer dans sa tête.
A-t-il fait autant « d’efforts » pour adhérer à l’enseignement du magistère et le comprendre ?
A qui fait-il confiance et pourquoi ?
Ses connaissances ne sont-elles pas lacunaires ou soumises à œillères !?
Que sait-il du conflit et ne l’aborde-t-il pas de façon sentimentale (attitude moderniste, et qui n’exclut pas le rigorisme) ? Etc.
Car en effet et comme vous le soulignez poétiquement (reprenant une image de Paul ainsi que le pape dans sa lettre), « atteindre à la tunique sans couture de l'Eglise », c’est grave ! Mais l’Eglise n’y est pour rien et elle doit faire courageusement son travail. Elle n’est pas parfaite, mais la vertu d’obéissance est ce qui peut y pallier le mieux ici-bas. Voyez le comportement du Padre Pio face aux persécutions qu’il eut à subir...
L’Eglise ici a fait le maximum pour que les responsables se rendent compte de la gravité de leur acte.
Je trouve perturbant pour la foi que les préoccupations de fidèles, au lieu de se porter sur le coeur du sujet et d’essayer d’y apporter une lumière ou de s’en servir pour la recevoir, soient de visiblement chercher à détourner de leurs propres actes et de leur personne la sanction du magistère (laquelle, comme toutes celles qu’il prononce, est à visée thérapeutique) quand ils se sentiraient visés. Qu’au lieu d’exercer un discernement dans l’Esprit, ils se mettent à juger, comparer, pronostiquer, etc. selon des critères où transparaît de trop leur opinion préconçue.
La position de l’Eglise n’est pas négociable et ne relève pas d’une opinion ! Or ce sont ceux qui se sont plaints de ne pas assez bien la connaître qui maintenant (pour ne pas dire « à chaque fois ») qu’elle se précise se plaignent encore...
D’ailleurs et en cela, la réaction officielle de cette fraternité fait preuve de davantage de noblesse !
Car il me semble évident que ces précisions fixent une situation qui ne concerne que certaines personnes qui les savent ou sauraient bien les apprendre mais qui les refusent ou d’en tenir compte : le problème se tient dans ce refus.
(C’est à peu près pareil pour les femmes chrétiennes qui avortent... Or même en cas de viol, l’Eglise condamne l’avortement. Mais l’excommunication ne porte que sur celles qui en auront commis l’acte. L’attitude la plus juste pour un fidèle (habituel) de la FSSPX convaincu par l’unité de l’Eglise (CREDO) et par le bon droit de cette fraternité (!), pour du moins plaider la cause de cette unité, serait selon moi de ne plus y communier ni y recevoir l’absolution.
Mais est-ce tenable et pour quel enjeu, surtout quelles conséquences ? )
Bien évidemment, ce refus peut être la conséquence d'un endoctrinement qui laisse place à beaucoup de marge d'appréciation...
Ainsi : « Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas se joindre au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d'excommunication latae sententiae. » Depuis le Palais du Dicastère, le 2 juillet 2026 -
On ne peut rester sourds ! Il n’y a qu’une Eglise et elle est bien vivante !