Fée Violine a écrit : ↑mer. 14 janv. 2026, 16:37
C'est votre raisonnement, 2000 ans après les faits. Vous, vous auriez réagi autrement, mais tout le monde ne réagit pas comme vous.
Quand les évangiles disent que des foules suivaient et écoutaient Jésus, il ne faut pas imaginer des millions de personnes. C'étaient de petites foules locales (n'oublions pas l'exagération orientale).
De même, "le peuple juif" qui a approuvé la mise à mort de Jésus se limitait à quelques notables collaborateurs de Jérusalem.
Quand Jésus faisait des guérisons ou autres signes, il recommandait aux gens de ne pas en parler ; bien sûr ils en parlaient quand même, mais le monde entier n'était pas au courant, la réputation de Jésus n'avait qu'une portée très limitée. C'est ainsi que Judas a dû donner à la police du Temple un signe pour reconnaître Jésus afin de l'arrêter ("C'est celui que j'embrasserai").
Les Romains, eux, étaient des brutes impérialistes, qui crucifiaient à tour de bras le moindre opposant, réel ou supposé. Ils n'en avaient rien à faire des miracles. Pour eux, c'était juste des superstitions orientales.
Pour comprendre une période du passé, il faut toujours se remettre dans le contexte historique, géographique, sociologique etc.
Ce que vous écrivez, c'est aussi votre raisonnement personnel, 2000 ans après les faits. Et vous éliminez d'autorité, justement parce que 2000 ans se sont écoulés, toute réaction naturelle, bien évidemment intemporelle, d'êtres humains faits comme nous, pour que ça puisse coller avec le scénario que vous avez choisi d'aduler. C'est ça ce que vous faites, et c'est malheureusement dépourvu de toute objectivité.
Je connais cet argument du faible nombre de personnes au courant des miracles, on me l'a déjà opposé, évidemment, que tenter d'autre ? Mais entre des millions de personnes et zéro personne, il y a une marge plutôt importante dans laquelle il aurait mieux valu que les évangélistes fassent leur choix. Et de toute façon, la Bible ne laisse aucun doute sur des présences importantes, j'imagine en effet difficilement l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem entre la haie d'honneur d'un mariage de chez nous. Là encore, l'objectivité est un peu mise à mal.
Que Jésus recommande en effet le plus souvent de ne pas ébruiter ses miracles, bien qu'il lui soit arrivé de demander qu'on en proclame, n'est pas le moindre des paradoxes contenus dans les évangiles. Comment pouvait-il espérer que ça ne s'ébruite pas ? Y avait-il si peu de convives à Cana ? Connaissait-il si mal la nature humaine ? Et l'exagération orientale ? Et que dire du téléphone arabe ? En réalité, il faisait censément ses miracles pour bien montrer qu'il était fils de Dieu, et la pseudo discrétion qu'on invoque ressemblerait plus à de l'hypocrisie si ce n'était pas qu'une simple inconséquence des auteurs de l'aventure. Je reconnais toutefois que le monde entier n'était pas au courant, la géographie n'ayant pas été le fort de son Père, ni le sien.
Malheureusement, ce n'est pas avec le baiser de Judas que vous pourrez apporter une preuve de l'anonymat de Jésus, car autant la police du Temple que l'armée romaine (guérison du serviteur d'un centurion) étaient là pour veiller à l'ordre public et au maintien de la paix romaine, et c'était leur métier que de connaître un personnage qui dérangeait l'ordre public. On m'objecte d'ailleurs également souvent que les Romains l'ont éliminé parce qu'ils avaient peur qu'il ne crée une révolution du peuple juif.
Non non, Pilate n'a pas ordonné bestialement la crucifixion de Jésus, il n'a rien trouvé à lui reprocher et il a dit aux Juifs "Démerdez-vous".
Pour comprendre une période du passé, il faut effectivement se remettre dans le contexte historique, géographique, sociologique, mais il faut également ne pas le falsifier.