Aujourd’hui, dans la prière, j’ai reçu un bel enseignement, offert par la liturgie qui, jour après jour, livre à qui veut bien l’entendre les richesses de la Parole de Dieu.
Le psaume 117, m’a une fois de plus interpellé par ce passage que j’aime particulièrement :
Je dois avouer que j’ai une passion un peu particulière: j’aime les portes.Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur.
C’est ici la porte du Seigneur : qu’ils entrent, les justes !
— (Ps 117,19-20)
Je prends les plus belles en photos.
Leur symbolisme me fascine — seuils, passages, frontières, appels à l’entrée ou à la retenue.
Je me demandais souvent quel était le sens de l’expression les “portes de justice” en lisant la liturgie.
J’ai compris aujourd’hui.
Pour entrer dans la grâce du Seigneur, pour recevoir pleinement le fruit de l’Esprit Saint, il ne suffit pas d’y aspirer ni même d’en avoir une simple foi intellectuelle.
Il faut une confiance totale, un amour entier pour Dieu, une disposition de cœur sans peur ni angoisse — comme un enfant qui s’abandonne.
Mais cela ne suffit pas!
Il faut être — ou plutôt, se laisser rendre — juste.
Il faut avoir le cœur droit, ne rien dissimuler, ne pas avoir à rougir de sa vie intérieure. Il faut “sonner juste”, comme une corde bien accordée. Ce n’est pas une perfection morale extérieure qu’il faut viser, mais l’harmonie intérieure avec la volonté du Seigneur.
Dans le texte hébreu, le mot utilisé pour “justice” est tsédeq (צֶדֶק).
C’est un mot riche, qui ne désigne pas simplement la justice au sens juridique, mais la droiture intérieure, la fidélité, la loyauté du cœur, et même la compassion. C’est une qualité relationnelle : être en juste rapport avec Dieu, avec soi-même et avec les autres. Voilà la vraie “justesse” qui permet de franchir les portes du Seigneur.
Être intègre, authentique, franc dans toutes ses actions.
Voilà la porte du Seigneur!
Elle ne s’ouvre pas à l’orgueil, ni à la duplicité, mais à ceux dont le cœur est vrai, humble, ajusté à Dieu.
Ceux-là peuvent entrer, chanter, rendre grâce — et recevoir en abondance le fruit de l’Esprit : amour, paix, joie, bonté, fidélité…
Merci à la liturgie de nous livrer, avec une régularité fidèle, ces trésors pour qui veut bien ouvrir la porte de son cœur.
Je vous aime

