Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonjour Catholique Zombie,
Je peux essayer de vous suggérer une autre approche.
A savoir qu’il convient de distinguer entre l’aspect civil (temporel) et l’aspect religieux (spirituel).
Du point de vue civil et pour la paix, respecter aussi la liberté de conscience de chacun, ne vaut-il pas mieux de voir les choses comme les dit le pape François, ce qui n’empêche en rien sur cette base de se battre avec l’apologétique, en toute courtoisie et théologie, pour plaider la cause du catholicisme et de la résurrection du Christ, entre religieux des différentes religions, autrement dit chercheurs de vérité.
Et d’être convaincus de la vérité de la religion qui est la nôtre : cela n’est en rien prohibé ni incompatible.
Le seul fait que le christianisme se soit lui-même divisé en plusieurs Eglises plaide pour cette idée.
C’est certes très différent de celle qui faisait du Christ le « roi de France » (et de sa toute société civile) à charge pour lui de « déléguer » son pouvoir "de droit divin" à une généalogie familiale, mais ce temps-là est révolu, serait-il « juste » théologiquement, encore que… il n’y a qu’à voir le malentendu causé par le Messie.
Cette vision aussi faisait fi des autres pays de la terre, où Jésus était parfois connu parfois inconnu, et avec qui nous faisions au besoin la guerre « en son Nom ».
Peut-être conviendrait-il de ne pas refaire dans un autre domaine la même erreur que celle mise en avant malgré lui par Galilée ?
Au lieu de chercher l’erreur en ce pape, de se dire : par qui d’autre qu’un pape Dieu pourrait-il ainsi nous enseigner à « corriger le tir » ou « changer notre fusil d’épaule » ?
Nous pourrions tester la cohérence de ce changement, de ces désormais 2 visions, avec le reste de la doctrine des évangiles, avec impartialité, et discerner laquelle y parvient le mieux et se concilie le mieux avec l’amour de ses ennemis, etc.
Et non je n’oublie pas le fait qu’il ait dit venir aussi pour nous diviser au sein d’une même famille… - ni de nous aimer les uns les autres !
N’avons-nous pas du moins d’abord un devoir de réflexion, antérieurement à toute contestation ?
Le devoir missionnaire que nous avons envers tous nos frères, y compris ceux des autres religions, doit-il s’exercer par la violence ? Ne doit-il pas passer par le respect de leurs libertés et de leurs consciences, au lieu de se faire sur le mode « ordalie » (condamné par le IVe concile du Latran) ?
Cela m'interdit pas de le concilier avec le concept de légitime défense (pour prendre en compte ce qu'a écrit Ombiace) !
Je peux essayer de vous suggérer une autre approche.
A savoir qu’il convient de distinguer entre l’aspect civil (temporel) et l’aspect religieux (spirituel).
Du point de vue civil et pour la paix, respecter aussi la liberté de conscience de chacun, ne vaut-il pas mieux de voir les choses comme les dit le pape François, ce qui n’empêche en rien sur cette base de se battre avec l’apologétique, en toute courtoisie et théologie, pour plaider la cause du catholicisme et de la résurrection du Christ, entre religieux des différentes religions, autrement dit chercheurs de vérité.
Et d’être convaincus de la vérité de la religion qui est la nôtre : cela n’est en rien prohibé ni incompatible.
Le seul fait que le christianisme se soit lui-même divisé en plusieurs Eglises plaide pour cette idée.
C’est certes très différent de celle qui faisait du Christ le « roi de France » (et de sa toute société civile) à charge pour lui de « déléguer » son pouvoir "de droit divin" à une généalogie familiale, mais ce temps-là est révolu, serait-il « juste » théologiquement, encore que… il n’y a qu’à voir le malentendu causé par le Messie.
Cette vision aussi faisait fi des autres pays de la terre, où Jésus était parfois connu parfois inconnu, et avec qui nous faisions au besoin la guerre « en son Nom ».
Peut-être conviendrait-il de ne pas refaire dans un autre domaine la même erreur que celle mise en avant malgré lui par Galilée ?
Au lieu de chercher l’erreur en ce pape, de se dire : par qui d’autre qu’un pape Dieu pourrait-il ainsi nous enseigner à « corriger le tir » ou « changer notre fusil d’épaule » ?
Nous pourrions tester la cohérence de ce changement, de ces désormais 2 visions, avec le reste de la doctrine des évangiles, avec impartialité, et discerner laquelle y parvient le mieux et se concilie le mieux avec l’amour de ses ennemis, etc.
Et non je n’oublie pas le fait qu’il ait dit venir aussi pour nous diviser au sein d’une même famille… - ni de nous aimer les uns les autres !
N’avons-nous pas du moins d’abord un devoir de réflexion, antérieurement à toute contestation ?
Le devoir missionnaire que nous avons envers tous nos frères, y compris ceux des autres religions, doit-il s’exercer par la violence ? Ne doit-il pas passer par le respect de leurs libertés et de leurs consciences, au lieu de se faire sur le mode « ordalie » (condamné par le IVe concile du Latran) ?
Cela m'interdit pas de le concilier avec le concept de légitime défense (pour prendre en compte ce qu'a écrit Ombiace) !
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonjour à tous,Catholique Zombie a écrit : ↑dim. 23 févr. 2025, 19:54 Mais alors qu'est-ce qui compte ? le plus important ? La fraternité. Le fait d'être gentil, accueillant, aimant, compréhensif et ouvert aux autres et à leur différence (différence religieuse également).
...
Quelqu'un pourrait-il nous servir une autre exégèse des paroles de François ?
Je profite de ces remarques pour proposer ce qui pourrait être des pistes sur les positions des uns et des autres :
Tout d'abord la plus rapide, ce que dit un pape est un enseignement magistériel mais ordinaire. Il n'a pas la même portée concernant l'infaillibilité que l'aurait une déclaration dogmatique faite "ex cathedra".
En second, il faut avoir un éclairage correct sur la notion d'Amour pour situer où nous plaçons personnellement la fraternité.
Malheureusement celle qu'on nomme la langue de l'amour, le français, est bien celle qui a les mots les plus pauvres et cela se ressent dans la traduction biblique en langue vernaculaire. Par exemple, quand Jésus demande trois fois à Pierre "m'aimes tu ?", en français on ne saisit pas la montée en intensité du verbe aimer.
On peut autant dire "j'aime Dieu" que "j'aime le chocolat" car c'est le même mot, et si on veut y apporter une intention plus précise on va y mettre un adjuvant "j'aime bien", "j'aime beaucoup", 'j'aime peu" mais le verbe aimer conserve la même portée généraliste. Sauf que ce n'est pas un verbe d'état ... pour le chrétien c'est un verbe d’action.
Ce n'est pas le cas dans la langue grecque ancienne, le Koinè, dont on s'est servit pour les traductions. Celui ci en utilise 4 qui apportent chacun une intensité spécifique et qu'il est important de connaitre quand on dit que Dieu est Amour, et que aimer est ce vers quoi nous devons tendre :
- eros : désigne plutôt un amour qui est désir, un amour sensible. C'est un état amoureux, qui fait du bien au corps comme "j'aime le chocolat". Mais dans sa dimension charnelle c'est l’expression de la tendresse des époux, au point qu'elle est bénie de Dieu et qu’elle est procréatrice (créer à la place de Dieu, par délégation).
- philia : désigne l’amour qui naît de la sympathie naturelle entre deux êtres. L'amour platonique se situe à ce niveau, l'amitié aussi.
- storgé : c'est un amour qui est avant tout lié à la parenté, à l’amour familial. Cette forme d’amour peut même être ressentie pour des amis d’enfance, expliquant pourquoi des amitiés de très longue date perdurent toujours malgré la distance et l'éloignement.
- agapè : désigne l’amour gratuit, désintéressé et universel que l’on porte à un être, il naît de l’estime qu’on a pour lui ou simplement du choix par lequel on le prend comme objet de son amour. Je t'aime sans rien attendre en retour. On accepte l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. On souhaite son bien-être sans avoir d'attentes en retour. C’est un amour affranchi de l'ego qui se situe au-delà de l’émotionnel. C'est de cet amour que nous sommes aimés de Dieu.
Quand on a pris connaissance de cela, il ne suffit plus de dire j'aime mon voisin ou je pratique la fraternité. Il faut être en mesure de voir dans quel amour nous inscrivons cette relation, cette fraternité. Si elle relève de l'amour sensible : éros ou philia est-ce suffisant ? Dieu nous appelle à nous convertir à un amour qui tend chaque jour plus vers cet agapê. Et là on voit que l'investissement est nettement plus exigeant que simplement être sympa avec ses collègues, être fraternel avec son voisin de banc tout particulièrement le dimanche vers 10h00 ... oui c'est bien de l'aimer comme un carré de chocolat mais un athée aussi à cet amour bienveillant, collaboratif et fraternel. Mais est-ce cet amour qu'attend Dieu ?
Aussi s'il devait y avoir une mini exégèse de ma part pour proposer une interprétation du pape François, ce serait que son appel nous demande de faire les efforts nécessaires pour évoluer de l'éros vers l'agapè si cela nous est possible, en tous les cas de nous en approcher le plus. Et le pape nous propose ce qui nous semble peut être le plus difficile à atteindre pour que nous ne stoppions pas à un objectif qui serait atteint en chemin (aimer son frère dans la foi), mais que nous soyons toujours persévérant (jusqu'à aimer son frère en humanité).
Alors où se situe cette fraternité dont il est question : état ou action ? Puis, à quel niveau d'implication est-ce que je la vis ?
Dieu m'aime Agapê, comment est-ce que je l'aime à mon tour ? Et comme Jésus ne fait plus qu'un commandement de cet Amour, comment est-ce que j'aime mon prochain ? Il est facile d'aimer Dieu que l'on ne voit pas, plus difficile d'aimer celui qu'on voit et qui nous dérange ...
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Ne s'agirait il pas aussi de préserver nos âmes. Accepter de cheminer avec un autre dans sa foi, si elle est différente de la nôtre comporte peut-être un risque pour notre salut, au sens de cet aveugle évangélique qui guide un autre aveugle, et tous deux tombent dans le trou ?cmoi a écrit : ↑mar. 25 févr. 2025, 3:32 Le devoir missionnaire que nous avons envers tous nos frères, y compris ceux des autres religions, doit-il s’exercer par la violence ? Ne doit-il pas passer par le respect de leurs libertés et de leurs consciences, au lieu de se faire sur le mode « ordalie » (condamné par le IVe concile du Latran) ?
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
C'est en effet bien la question, à mes yeux aussiKerygme a écrit : ↑mar. 25 févr. 2025, 9:54 Alors où se situe cette fraternité dont il est question : état ou action ? Puis, à quel niveau d'implication est-ce que je la vis ?
Dieu m'aime Agapê, comment est-ce que je l'aime à mon tour ? Et comme Jésus ne fait plus qu'un commandement de cet Amour comment est-ce que j'aime mon prochain ? Il est facile d'aimer Dieu que l'on ne voit pas, plus difficile d'aimer celui qu'on voit et qui nous dérange ...
Même réponse qu'à cmoi dans le message précédent, cher Kerygme
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonjour Ombiace,
je reprends donc la même réponse :
Votre référence parle bien de deux aveugles, or le chrétien n'est pas un aveugle. Il ne s'agit pas de se perdre en tombant aussi dans le fossé; mais de ne pas écarter l'aveugle du chemin en l'en excluant ou en le laissant livré à lui-même ... mais en l'incitant à nous suivre ou à nous rejoindre.
Avez vous déjà donné le bras à un(e) aveugle ? Généralement la personne met sa confiance en celle qui est voyante, elle ne ferait pas de même avec un autre non voyant. Et si on extrapole en parlant de non voyants parce que les deux seraient dans l'obscurité, le chrétien a le chemin balisé par la Lumière du Christ.
je reprends donc la même réponse :
Peut être faut il changer de prisme ou que celui-ci nait d'une fragilité à avancer à deux ? Selon votre exemple, soit vous vous considérez comme étant aveugle, ou pire ce sont les autres qui sont tous aveugles, ou alors que votre foi n'est pas suffisamment forte pour qu'elle puisse être changée par un autre. Et si Dieu vous a donné une foi suffisamment forte, ce n'est peut être pas que pour vous seul(e) ?Ombiace a écrit : ↑mar. 25 févr. 2025, 10:32 Ne s'agirait il pas aussi de préserver nos âmes. Accepter de cheminer avec un autre dans sa foi, si elle est différente de la nôtre comporte peut-être un risque pour notre salut, au sens de cet aveugle évangélique qui guide un autre aveugle, et tous deux tombent dans le trou ?
Votre référence parle bien de deux aveugles, or le chrétien n'est pas un aveugle. Il ne s'agit pas de se perdre en tombant aussi dans le fossé; mais de ne pas écarter l'aveugle du chemin en l'en excluant ou en le laissant livré à lui-même ... mais en l'incitant à nous suivre ou à nous rejoindre.
Avez vous déjà donné le bras à un(e) aveugle ? Généralement la personne met sa confiance en celle qui est voyante, elle ne ferait pas de même avec un autre non voyant. Et si on extrapole en parlant de non voyants parce que les deux seraient dans l'obscurité, le chrétien a le chemin balisé par la Lumière du Christ.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Merci de votre réponse, cher Kerygme.
S'il est vrai que je m'interroge sur la profondeur de foi d'un radicalisé dans sa culture, surtout lorsqu'il se livre à de la violence (ce qui à mes yeux ne reflète qu'une perte de son self-control), il n'en demeure pas moins que celui là a tout de même fait ses choix en matière religieuse, semble t il.
Alors il se peut que ma foi soit trop faible, mais je conviens de mon impuissance à inspirer confiance à ce type d' aveugle, puisqu'il vous prend lui aussi pour un aveugle.
@Kerygme :
S'il est vrai que je m'interroge sur la profondeur de foi d'un radicalisé dans sa culture, surtout lorsqu'il se livre à de la violence (ce qui à mes yeux ne reflète qu'une perte de son self-control), il n'en demeure pas moins que celui là a tout de même fait ses choix en matière religieuse, semble t il.
Alors il se peut que ma foi soit trop faible, mais je conviens de mon impuissance à inspirer confiance à ce type d' aveugle, puisqu'il vous prend lui aussi pour un aveugle.
@Kerygme :
Dernière modification par Ombiace le sam. 01 mars 2025, 5:46, modifié 1 fois.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Il est alors légitime que vous vous préoccupiez de ne pas tomber dans le fossé avec lui. Fort heureusement l'Église est un ensemble, il s'y trouve des personnes fortes là où nous sommes faibles, et faibles là ou nous sommes forts. Deo gratias.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
J’avoue que je n’y avais pas pensé, bien que je ne croie pas que c’était là que vous saviez en arriver…Ombiace a écrit : ↑mar. 25 févr. 2025, 10:32Ne s'agirait il pas aussi de préserver nos âmes. Accepter de cheminer avec un autre dans sa foi, si elle est différente de la nôtre comporte peut-être un risque pour notre salut, au sens de cet aveugle évangélique qui guide un autre aveugle, et tous deux tombent dans le trou ?cmoi a écrit : ↑mar. 25 févr. 2025, 3:32 Le devoir missionnaire que nous avons envers tous nos frères, y compris ceux des autres religions, doit-il s’exercer par la violence ? Ne doit-il pas passer par le respect de leurs libertés et de leurs consciences, au lieu de se faire sur le mode « ordalie » (condamné par le IVe concile du Latran) ?
A vrai dire, ma réponse rejoindra celle de Kerygme par un autre bout : dans la mesure où sont exclus les violences etc. je ne vois pas ce qui pourrait être « mieux que la résurrection » et que l’amour tel qu’indiqué par Jésus. Cela au contraire aiguisera notre foi et pourra même nous édifier en humilité, sincérité, etc.
Je pense aussi que vous ne pensez pas à une « disputatio » contre des chrétiens (adorer en Esprit et Vérité exclus que vous vous laissiez séduire par de beaux vêtements rutilants, comme certains, ce qui moi me rappelle de trop ce qu’a dit Jésus aux foules sur pourquoi elles allaient voir Jean-Baptiste au désert … !) qui sont déjà bien présentes et « amorties », mais contre des qui croiraient en un Dieu monothéiste d’une façon remarquable de pureté, ou proposeraient des méditations transcendantales ou des philos supérieures, des médecines holistiques éprouvées (je ne parle pas de sorcellerie !), des "techniques de prière" fort vivantes et efficaces, etc.
Eh bien pourquoi pas ! Cela nous enrichira, et nous permettra en échange de leur faire accepter de mieux considérer la particularité du catholicisme. Peut-être pas de les convertir, mais d’amorcer la démarche qu’un autre complétera.
La foi, c’est aussi de ne pas partir « perdant » mais « gagnant », sachant que ce n’est pas nous qui gagnons et que la relation entre frères doit être du gagnant /gagnant !
Vous ne croyez pas (sans jeu de mots !) ?
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bien sûr, mais les Evangiles ne nous rapportent pas non plus que Jésus ait gagné le Grand Prêtre.
La foi est aussi affaire de lucidité
Il a peut-être bien aussi laissé Juda se perdre.
Bref, je na sais pas si la foi fait tout
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Sans doute pas, mais avec la confiance, si. Ne nous a-t-il pas donné pour condition qu’il fallait absolument croitre au succès ?
Ne suffirait-il pas de ne pas surestimer ce qu'il nous demande, car il connait notre insuffisance et ne nous demandera rien d'impossible?
Sans quoi nous serions de "mauvais désoeuvrés " (je fais référence aux serviteurs "inutiles", car tel est le mot plus reconnu dans les traductions...)
Mais j’apprécie grandement l’humilité qu’il y a dans votre démarche et de fait, c’est sans doute ce qui manquait derrière l’ancienne position de l’Eglise.
Pour affiner je dirai encore 2 choses.
- La première vient de Qohélet en ce verset (4 : 17) : « prends garde à tes pas quand tu vas à la maison de Dieu : approcher pour écouter vaut mieux que le sacrifice offert par les insensés, mais ils ne savent pas qu’ils font le mal. »
Ainsi, ceux qui nous approchent pour écouter sont peut-être aussi sanctifiés que nous, et si nous n’avons aucune obligation de résultat, c’est aussi que nous ne sommes pas en mesure de l’apprécier vraiment.
La seconde est eschatologique. Nous ne cessons d’envisager les dernières persécutions et tribulations, et nous oublions trop souvent des prophéties le temps annoncé où le Christ sera tout à tous ici-bas, même reconnu par les juifs.
-
Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonjour,
Léon écrivait le 20 février dernier (page précédente)
S'Il fallait que ce soit vrai, cela équivaudrait à ôter absolument toute valeur à ce que le pape raconte. Le pape pourrait dire une chose à Singapour, les autres à Rome penser, dire et faire exactement le contraire. Pas sérieux, dirait-on. La rencontre inter-religieuse se verrait ravaler au rang de café du commerce, le pape à un simple quidam venu dépenser quelques heures (temps de loisir, rien d'autre à faire) en compagnie de copains, pour refaire peut-être le monde en théorie mais bien en vain. On prend le tout avec un gros grain de sel. On n'y croit pas. Il faudra attendre un autre jour pour obtenir enfin le véritable enseignement. Pour l'heure, le pape se déplace, agit et parle pour rien. Pire ! Cela sous-entendrait même que le pape pourrait formuler une idée personnelle et très spontanée de rien du tout à Singapour or que la semaine prochaine ou le mois prochain il pourrait enseigner tout à fait autre chose cette fois. Les autres à Singapour n'auront pas eu droit à l'enseignement du pape.
Il est beaucoup plus naturel et normal de penser que le pape a un message à délivrer à tous. Et qu'il se saisit de toutes les occasions que la providence lui donne pour le délivrer, pour l'expliquer, pour l'Illustrer, le répéter, s'efforcer de le faire comprendre. Normal de comprendre qu'au travers ses différentes activités ecclésiales le pape veuille au moins faire comprendre ce que le pape pense, ce qu'il croit être l'Interprétation à donner de la parole de Dieu, ce qui devrait être l'enseignement réel et officiel de l'Église, ce qu'il faudrait au mieux que les autres évêques en communion avec lui pensent également. Par l'activité du pape, on voit dans quel sens devra être arbitrer des disputes entre deux catholiques ou trois théologiens. Le pape donne la direction. Il est tête, vicaire du Christ, etc.
Cela équivaut à l'enseignement ordinaire, normal ou régulier de tous les jours. Et alors soit ce que le pape pourra dire et redire ailleurs, répéter lors d'autres rencontres religieuses ou soit ce que d'autres évêques pourront également prêcher dans leurs diocèses respectifs. Et si Léon veut se plaindre un jour à son évêque local que l'enseignement qu'il recevrait de la part de son curé serait incorrect ou non conforme à l'enseignement de l'Église, si après examen s'en révèle que l'enseignement du curé est comme ce que François vient de dire à Singapour, Léon va recevoir un verdict de non lieu. Comment ? Léon va simplement s'en trouver prié de mieux comprendre, lui, ce que le pape aura voulu dire. Le curé ne dit pas autre chose que cette parole que le pape François essaie d'expliquer.
Le Pape ne peut pas tout faire ce qu'il fait (penser, dire, s'efforcer à faire comprendre, etc.) alors que le reste des évêques prendrait une tout autre direction.
Léon écrivait le 20 février dernier (page précédente)
Rien ne justifie qu'il faille parler d'une opinion individuelle, ponctuelle et isolée, une opinion n'engageant que son auteur et ne pouvant pas être un enseignement.Léon
En replaçant cette déclaration dans son contexte de réunion inter-religieuse à Singapour avec des jeunes, il me semble qu'on ne peut pas parler d' "enseignement" du Pape. Il s'agit d'une opinion individuelle ponctuelle et isolée, à un moment donné, qui n'engage que son auteur.
S'Il fallait que ce soit vrai, cela équivaudrait à ôter absolument toute valeur à ce que le pape raconte. Le pape pourrait dire une chose à Singapour, les autres à Rome penser, dire et faire exactement le contraire. Pas sérieux, dirait-on. La rencontre inter-religieuse se verrait ravaler au rang de café du commerce, le pape à un simple quidam venu dépenser quelques heures (temps de loisir, rien d'autre à faire) en compagnie de copains, pour refaire peut-être le monde en théorie mais bien en vain. On prend le tout avec un gros grain de sel. On n'y croit pas. Il faudra attendre un autre jour pour obtenir enfin le véritable enseignement. Pour l'heure, le pape se déplace, agit et parle pour rien. Pire ! Cela sous-entendrait même que le pape pourrait formuler une idée personnelle et très spontanée de rien du tout à Singapour or que la semaine prochaine ou le mois prochain il pourrait enseigner tout à fait autre chose cette fois. Les autres à Singapour n'auront pas eu droit à l'enseignement du pape.
Il est beaucoup plus naturel et normal de penser que le pape a un message à délivrer à tous. Et qu'il se saisit de toutes les occasions que la providence lui donne pour le délivrer, pour l'expliquer, pour l'Illustrer, le répéter, s'efforcer de le faire comprendre. Normal de comprendre qu'au travers ses différentes activités ecclésiales le pape veuille au moins faire comprendre ce que le pape pense, ce qu'il croit être l'Interprétation à donner de la parole de Dieu, ce qui devrait être l'enseignement réel et officiel de l'Église, ce qu'il faudrait au mieux que les autres évêques en communion avec lui pensent également. Par l'activité du pape, on voit dans quel sens devra être arbitrer des disputes entre deux catholiques ou trois théologiens. Le pape donne la direction. Il est tête, vicaire du Christ, etc.
Voilà !Kérygme a écrit
Tout d'abord la plus rapide, ce que dit un pape est un enseignement magistériel mais ordinaire
Cela équivaut à l'enseignement ordinaire, normal ou régulier de tous les jours. Et alors soit ce que le pape pourra dire et redire ailleurs, répéter lors d'autres rencontres religieuses ou soit ce que d'autres évêques pourront également prêcher dans leurs diocèses respectifs. Et si Léon veut se plaindre un jour à son évêque local que l'enseignement qu'il recevrait de la part de son curé serait incorrect ou non conforme à l'enseignement de l'Église, si après examen s'en révèle que l'enseignement du curé est comme ce que François vient de dire à Singapour, Léon va recevoir un verdict de non lieu. Comment ? Léon va simplement s'en trouver prié de mieux comprendre, lui, ce que le pape aura voulu dire. Le curé ne dit pas autre chose que cette parole que le pape François essaie d'expliquer.
Le Pape ne peut pas tout faire ce qu'il fait (penser, dire, s'efforcer à faire comprendre, etc.) alors que le reste des évêques prendrait une tout autre direction.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Encore qu'il faudrait préciser ce que le terme «portée» pourrait signifier cf. «pas la même portée».Kérygme a écrit :
Il n'a pas la même portée [l'enseignement du Pape] concernant l'infaillibilité que l'aurait une déclaration dogmatique faite "ex cathedra".
Pour ma part, je dirais qu'une «super déclaration ultra solennelle» faite avec toute la pompe et les ors voulus, avec trompette et en présence d'un peloton de gardes suisses posséderait certainement, en terme de «portée», la signification que la chose est coulée dans le béton et durable pour l'éternité.
Mais l'enseignement ordinaire du Pape ? celui délivré dans ses homélies de la semaine ? lors de ses rencontres découlant de son ministère ordinaire ?
Il procède du même magistère possédant cette faculté de ne pas fourvoyer les fidèles en pleine erreur grave ou en pleine hérésie. En clair, celui qui écoute le Pape et met en pratique ce qu'il dit, ne risque pas non plus de devenir un hérétique, un pécheur grave, un blasphémateur ou un contrevenant à la parole de Dieu. Et c'est en ce sens que l'enseignement du Pape est infaillible (il ne risque pas de faire chuter les fidèles, les inciter à pécher, les transformer en mauvais chrétiens). On reste dans le droit chemin en écoutant le Pape. C'est ce que l'Église catholique aura toujours compris.
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Veuillez, svp, m'excuser de cette tardive réponse, cher cmoi.
Je vous avais lu, puis oublié, en répondant à quelqu'un d'autre
La culture du résultat me semblerait plutôt mondaine, à priori.
Les miracles matériels sont-ils plus aisés à opérer que ceux qui emportent des décisions de foi ?
Je le suppute.
Mais bien sûr, je n'ai pas là non plus de certitude.
Ainsi, Jésus n'a, à ma connaissance, jamais converti un incrédule, sauf avec des miracles.
Et encore cela ne suffisait il pas pour bien des gens, peut-être la plupart..
Probablement la volonté de l'auditeur s'y trouve en jeu, et peut-être cela constitue t il un obstacle potentiel , vous ne croyez pas ?
J'attire d'ailleurs votre attention sur ces versets, où Jésus le Tout Puissant se limite cependant à une remarque digne d'un simple commentateur-informateur
(à moins que vous ayez une autre interprétation).
C'est en Mt 7 :
Je vous avais lu, puis oublié, en répondant à quelqu'un d'autre
Je ne me souviens pas d'avoir vu cette condition quelque part.
La culture du résultat me semblerait plutôt mondaine, à priori.
Vous avez tronqué mon message initial, et occultez en conséquence l'argumentaire que j'y avais inclus.
Les miracles matériels sont-ils plus aisés à opérer que ceux qui emportent des décisions de foi ?
Je le suppute.
Mais bien sûr, je n'ai pas là non plus de certitude.
Ainsi, Jésus n'a, à ma connaissance, jamais converti un incrédule, sauf avec des miracles.
Et encore cela ne suffisait il pas pour bien des gens, peut-être la plupart..
Probablement la volonté de l'auditeur s'y trouve en jeu, et peut-être cela constitue t il un obstacle potentiel , vous ne croyez pas ?
J'attire d'ailleurs votre attention sur ces versets, où Jésus le Tout Puissant se limite cependant à une remarque digne d'un simple commentateur-informateur
(à moins que vous ayez une autre interprétation).
C'est en Mt 7 :
13 « Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent.
14 Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
J'ajouterais que je ne vois non plus nulle part d'impératif à "propager" sa paix, ce qui pourrait revêtir l'apparence d'une forme de conquête, politicienne et mondaine.
En vivre, ou à la rigueur la proposer, me semble amplement suffisant pour susciter de l'animosité.
Pourquoi en rajouter, en se montrant zélé ?
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Pour aller au fond des choses, il faut plonger profond.
Un enseignement magistériel, oui.Catholique Zombie a écrit : ↑dim. 23 févr. 2025, 19:54 Il s'agit bel et bien d'un enseignement magistériel du pape. C'est ainsi que François l'entendrait lui-même.
Infaillible ? Il le faut.
...
Quelqu'un pourrait-il nous servir une autre exégèse des paroles de François ?
Infaillible, non.
Présumer, comme vous le faites, que tout enseignement magistériel du magistère suprême serait infaillible :
1 - C'est d'abord ignorer les degrés d'assentiments visés par le Code (C. 752 CIC1983 // C. 1324 CIC 1917). Le Code de 1917 était moins explicite, puisqu'il pouvait encore se lire comme posant seulement la distinction entre différentes vérités de foi catholique infailliblement définies (ut credenda / ut tenenda). Mais le Code de 1983 ne laisse place à aucun doute, surtout après le Motu Proprio Ad tuendam fidem de Jean-Paul II, au terme duquel le canon 750 (qui vise les cas d'enseignements infaillibles) est dissocié en deux §, le premier relatif aux vérités de fide ut credenda, le second aux vérités de fide ut tenenda ; par contraste au canon 752, qui vise les enseignements non-infaillibles, qui pour cette raison n'obligent pas à l'assentiment de foi. De sorte qu'on est légitime à penser que vous ne reconnaissez pas l'autorité du Code de 1983, position typique du sédévacantisme ordinaire.
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2 - C'est ensuite postuler que, puisque toujours infaillible (votre présupposé), jamais un Pape formellement Pape ne puisse tomber dans l'hérésie, l'erreur dans la foi, ou même simplement l'erreur théologique ; d'où l'obligation à conclure qu'un Pape quelconque ne puisse tomber dans l'hérésie qu'à condition : ou d'avoir été préalablement déposé par Dieu (il était formellement Pape, il ne l'est plus, donc peut conséquemment errer) ; ou de n'avoir jamais été Pape par suite d'une élection invalide.
2.1 - La première hypothèse est absurde. Car il faudrait que la déposition fut antécédente à la faute, de sorte ou que Dieu ait déposé le fauteur immédiatement avant (antécédence réelle) qu'il ne professe l'hérésie ; ou qu'il l'ait déposé à l'instant même où il professait l'hérésie (simultanéité réelle). À affirmer l'antécédence réelle de la déposition sur l'erreur, deux absurdités. La première est que le fauteur est puni avant d'avoir fauté. La seconde, plus grave encore (parce qu'injurieuse à Dieu) est qu'il fallait que la Pape fut déposé pour qu'il puisse errer : Dieu ne l'a déposé qu'à seule fin de permettre qu'il erre et obscurcisse conséquemment le jugement des chrétiens ; assertion proche du calvinisme... À affirmer la simultanéité réelle de la déposition et de l'erreur, une distinction de raison raisonnée peut-être posée, selon laquelle, dans l'ordre de la causalité dispositive l'erreur doctrinale est cause de la déposition, tandis que dans l'ordre de la causalité formelle la déposition est cause permissive de l'erreur, restant alors qu'en l'ordre de la causalité dispositive le fauteur était encore Pape lorsqu'il professait l'erreur : un Pape formellement Pape peut donc errer doctrinalement.
2.2 - La seconde hypothèse l'est tout autant.
2.2.1 - Elle s'appuie principalement sur la Constitution apostolique Cum ex apostolatus de Paul IV (15 février 1559), au sujet de laquelle plusieurs remarques importantes doivent être faites.
1° Tout d'abord, les sédévacantistes excipent de cette Constitution en lui donnant une valeur qu'elle n'a pas, et leur erreur n'est d'abord pas la leur mais celle de Paul IV, qui écrit (§ 3) : « En vertu de cette constitution valide à perpétuité (in perpetuum valitura constitutione)... Nous décidons, statuons, décrétons et définissons (de Apostolicae potestatis plenitudine... definimus) dans la plénitude de notre pouvoir apostolique : » (§ 3) que « si jamais il advient qu'un évêque... , qu'un cardinal... , ou même qu'un souverain pontife, avant sa promotion ou son élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, a dévié de la foi catholique ou est tombé dans quelque hérésie (a fide catholica deviasse, aut in aliquam haeresim incidisse), la promotion ou l'élévation... est nulle, invalide, vaine » (§ 6), de sorte que « toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, n'ont pas le moindre effet juridique, et ne confèrent à personne le moindre droit... par le fait-même, sans qu'il faille quelque autre déclaration ultérieure » (§ 6) ; la déclaration ultérieure n'ayant pas pour effet d'effectuer la déposition mais seulement de la reconnaître, autant que de besoin. Les sédévacantistes en concluent qu'il s'agit là d'une définition de foi donnée ex cathedra, puisque « de Apostolicae potestatis plenitudine... definimus ».
2° Ce qui revient à dire que, pour Paul IV (ou du moins pour ses interprètes sédévacantistes), l'invalidité de l'élection au souverain pontificat de celui ayant antécédemment dévié de la foi catholique découle directement de la divine constitution de l'Église. Et parce ce qui relève directement de la divine constitution de l'Église oblige à l'assentiment de foi, c'est une vérité de foi divine que l'élection de l'hérétique au souverain pontificat est invalide. Et c'est à ce titre que Paul IV, par sa prétendue définition de foi (definimus), l'aurait infailliblement consacrée. Bref, selon cette exégèse désastreuse, l'invalidité des élections n'est pas de droit ecclésiastique mais de droit divin, le droit ecclésiastique ne pouvant ici que réitérer ce qui est de droit divin.
3° Que ce soit de droit divin est pourtant impossible. La preuve la plus manifeste nous en est donnée par Paul IV lui-même, au § 8 de sa Constitution. Le § 8 de la Constitution comporte seulement deux phrases. C'est la première qui importe.
1. Texte latin. « Non obstantibus constitutionibus, et ordinationibus Apostolicis, necnon privilegiis, indultis, et literis Apostolicis eisdem Episcopis, Archiepiscopis, Patriarchis, Primatibus, et Cardinalibus, ac quibusvis aliis sub quibuscumque tenoribus, et formis, ac cum quibusvis clausulis, et decretis, etiam Motu proprio, et ex certa scientia, ac de Apostolicæ potestatis plenitudine, seu etiam consistorialiter, aut alias quomodolibet concessis, et etiam iteratis vicibus approbatis, et innovatis, ac etiam in corpore juris clausis, necnon quibusvis capitulis conclavis, etiam juramento, aut confirmatione Apostolica, vel quavis firmitate alia roboratis, et per nos ipsos juratis. »
2. Traduction très littérale de la première phrase. Les entre-crochets n'appartiennent pas au texte, qu'ils glosent pour une meilleure intelligibilité. « Nonobstant les dispositions et ordonnances apostoliques, ni non plus les privilèges, indults et lettres apostoliques à ces mêmes évêques, archevêques, patriarches, primats et cardinaux, et n’importe quoi d’autre sous n’importe quelles teneurs ou formes, et [ce] sous n’importe quelles clauses ou décrets, même un Motu proprio, et [posées soit] de science certaine ou de la plénitude du pouvoir Apostolique, soit encore par consistoire ou par quelque autre concession, et même [celles] plusieurs fois approuvées, renouvelées, et même insérées dans le corpus législatif, ni non plus [celles de] quelques chapitres de conclaves, même [obligeant] avec serment ou confirmation apostolique [subséquente à l'élection par le conclave], ou renforcés (roboratis) par quelque autre fermeté (vel quavis firmitate alia roboratis), et par nous-même juré[e] (et per nos ipsos juratis) [le texte ne permet pas de préciser si son serment fût donné avant ou après son élection]. »
3. Comment traduire « et per nos ipsos juratis » ? Les sédévacantistes traduisent par un conditionnel passé deuxième forme, autrement dit un subjonctif plus-que-parfait servant, comme conditionnel passé, à exprimer un passé inaccompli : c'est le temps de l’irréel du passé. Les sédévacantistes traduisent par : « eût-elle été corroborée par serment par nous-mêmes » (citation extraite de l'opuscule qu'ils ont publié aux éditions pamphiliennes). Les lefebvristes traduisent de même. Voici leur traduction complète de la première phrase, copiée-collé de leur site Porte Latine : « Nonobstant les décisions et dispositions apostoliques, ou encore les privilèges, indults et écrits apostoliques qui auraient été donnés à de tels, fût-ce des décrets, des motu proprio ou tout consistoire ou encore tout autre moyen mis en œuvre : approbations répétées et renouvelées, insertion dans le corps des lois ecclésiastiques, chapitres des conclaves, serment, confirmation apostolique ou toute autre confirmation, eût-elle été corroborée par serment par nous-même ! » Mais pour traduire par un conditionnel passé deuxième forme français une proposition subordonnée latine, il faut que la phrase latine ait usé du subjonctif plus-que-parfait tant dans sa proposition principale que subordonnée. Pour ce qui est de la concordance latine des temps, voyez ici : « 6 - L'irréel du passé ---> Le latin emploie le subjonctif plus-que-parfait dans les deux propositions », tant principale que subordonnée. Or ce n'est pas d'un subjonctif plus-que-parfait qu'use Paul IV. Le subjonctif plus-que-parfait du verbe IURO est IURAVISSEMUS / IURASSEMUS à la forme active, IURATI ESSEMUS / IURATAE ESSEMUS / IURATA ESSEMUS, à la forme passive. Paul IV écrit IURATIS, qui est un adjectif verbal passé, un participe parfait au datif pluriel ayant valeur d'adjectif. C'est un complément d'objet indirect désignant ce à quoi Paul IV parlant comme Pape (« Nous ») affirme avoir antécédemment prêté serment : « et per nos ipsos juratis »
4. Le texte de la Constitution est donc clair. Paul IV lui-même s'est opposé par ses serments antécédents à la règle qu'il pose dans sa Constitution. Si donc l'invalidité de l'élection à l'épiscopat, cardinalat, et souverain pontificat, était de droit divin, tous les papes ayant antécédemment statué en sens contraire par leurs « décisions, dispositions, privilèges, indults et écrits » auraient déviés de la foi, à commencer par Paul IV, à raison du serment qu'il y apporta, et dont l'élection serait lors invalide, et la Constitution nulle de plein droit, au regard des principes-même qu'elle énonce. Bien évidemment donc, pour Paul IV, l'invalidité des élections pontificales n'est pas de droit divin mais seulement de droit ecclésiastique.
5. Mais si l'invalidité n'est que de droit ecclésiastique, Paul IV a d'abord été très approximatif en usant du terme « définissons » (de Apostolicae potestatis plenitudine... definimus). Loin de définir la foi, il n'a fait que poser une règle de droit ecclésiastique. Et en la posant, il a erré dans la foi, en pensant pouvoir imposer à ses successeurs une loi ecclésiastique « valide à perpétuité » (in perpetuum valitura constitutione). En effet, l'auteur de la loi ecclésiastique étant d'abord et avant tout le souverain pontife en tant qu'ayant plénitude directe et immédiate de juridiction sur l'Église, tout Pape formellement Pape étant titulaire de cette plénitude de juridiction, aucun Pape formellement Pape ne peut être contraint par les règles de droit ecclésiastique posées par l'un quelconque de ses prédécesseurs : il peut les changer à gré, à raison de la plénitude de juridiction que lui-même possède. En affirmant la validité perpétuelle de sa loi, Paul IV déniait du fait-même à ses successeurs d'être ses successeurs, d'être titulaires de la plénitude de juridiction, en un mot d'être Papes. Bref, attentant au principe de la succession apostolique, Paul IV violait la divine constitution de l'Église. Un Pape formellement Pape peut donc errer doctrinalement. CQFD.
2.2.2 - Même remarque qu'au paragraphe précédent quant à la Constitution Cum ex apostolatus de saint Pie V (27 janvier 1567), qui affirme : « et Sede Apostolicae hac perpetuo valitura Constitutione auctoritate Apostolica tenor praesentium reservamus ». Cette Constitution ne traite pas de l'invalidité des nominations et élections, mais interdit à perpétuité (la bonne blague) de conférer des bénéfices ecclésiastiques aux hérétiques. Elle offre l'avantage de préciser ce qui va de soi, mais qui va mieux encore quand on l'exprime, savoir que l'hérésie au principe de l’interdiction de conférer un quelconque bénéfice n'est pas le péché d'hérésie mais le délit d'hérésie, délit supposant, pour être constitué, la violation d'une monition canonique préalable. La Constitution porte en effet à son § 2 que les hérétiques ne peuvent recevoir de bénéfices, à la double condition d'avoir été accusés d'hérésie devant un tribunal (« nisi earum vigore in iudicio per impetrantes crimen huiusmodi deductum fuerit = à moins qu'un tel crime n'ait été soulevé en vigueur de justice par les requérants »), et de n'avoir pas été lavés de l'accusation par leur juge.
2.2.3 - Vient ensuite le Code de 1917.
1° Le canon 6.
« Sur la plupart des points, le Code maintient la discipline préexistante, sans s’interdire d’y apporter les changements jugés opportuns. C’est pourquoi :
1° Toutes les lois, soit universelles soit particulières, opposées aux dispositions du Code sont abrogées, sauf exception formelle en faveur de certaines lois particulières.
2° Les canons qui reproduisent intégralement les dispositions de l’ancien droit doivent être entendus d’après l’esprit de cet ancien droit et l’interprétation qui en a été donnée par les auteurs qualifiés.
3° Les canons qui concordent seulement pour certaines de leurs dispositions avec l’ancien droit doivent être entendus pour ces dispositions selon l’esprit de l’ancien droit ; pour celles qui s’en éloignent, d’après leur sens propre.
4° S’il est douteux qu’une prescription du Code soit en divergence avec l’ancien droit, il faut s’en tenir à ce que décide ce dernier.
5° En ce qui concerne les peines, il faut tenir pour abrogées toutes celles dont le Code ne fait pas mention, qu’elles soient spirituelles ou temporelles, médicinales ou vindicatives, latae ou ferendae sententiae.
6° Les dispositions des autres lois disciplinaires en vigueur à la promulgation du Code, qui ne sont reprises dans le Code ni explicitement ni implicitement, ont perdu toute valeur. Exception est faite pour celles qui se trouvent dans les livres liturgiques approuvés ou qui viennent du droit divin soit positif soit naturel. »
La loi portée par saint Pie V, relative à l'interdiction de conférer des bénéfices, ne nous importe pas ici. La question est relative à la loi portée par Paul IV, relative à l'invalidité des nominations et élections ecclésiastique, dont on a vu (2.2.1, 3°) qu'elle est de droit ecclésiastique et non de droit divin. Elle ne peut donc bénéficier des dispositions du canon 6, 6°. Tout au contraire, elle est frappée par le canon 6, 3°, 4°, 5° : la Constitution de Paul IV est abrogée.
2° Le canon 194.
« §1. Est révoqué de plein droit de tout office ecclésiastique :
1° Celui qui a perdu l’état clérical.
2° La personne qui a publiquement abandonné la foi catholique ou la communion de l’Église (qui a fide catholica aut a communione Ecclesiae publice defecerit).
3° Le clerc qui a attenté un mariage même civil.
§2. La révocation dont il s’agit aux nn. 2 et 3 ne peut être urgée que si elle est établie par une déclaration de l’autorité compétente. »
D'où les sédévacantistes concluent que la Constitution de Paul IV est toujours en vigueur, pour ensuite généreusement affirmer que Jean XXIII, Paul VI, (Jean-Paul I ?), Jean-Paul II (raison pour laquelle ils récusent le Code de 1983), Benoit XVI, François I, n'auraient jamais été Papes. C'est pourtant oublier que l'invalidité de l'élection au souverain pontificat n'est pas la même chose que la renonciation de plein droit de l'office pontifical. Reste donc que les Papes qu'ils incriminent furent validement élus, de sorte qu'il leur devient très difficile de nier qu'un Pape formellement Pape puisse errer doctrinalement, comme démontré en 2.1.
C'est ensuite interpréter le verbe DEFICIO dont use le canon 194, 2° (qui a fide catholica aut a communione Ecclesiae publice defecerit) au sens d'un abandon partiel (hérésie) plutôt que total (apostasie) de la foi catholique. Les sédévacantistes devrait pourtant s'interroger sur le fait qu'un canoniste du niveau du chanoine Naz parle de « l’apostasie publique de la foi catholique » (Traité de droit canonique, Tome 1, Livre 2, Première partie, Titre 4, Chapitre 2, Numéro 470).
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3 - La question théologique et canonique de la déposition du Pape hérétique (est-il déposé par Dieu : Papa haereticus depositus est / est-il déposable par l'Église : Papa haereticus deponendus est ) n'est pas impactée par le fait que l'invalidité des élections n'est pas de droit divin mais de droit ecclésiastique, ni par celui que le droit ecclésiastique a abrogé la Constitution de Paul IV.
Tout d'abord, dans l'hypothèse où le Pape hérétique est déposé par Dieu, il s'agit d'une déposition pour un péché d'hérésie, non non pour un délit d'hérésie ; le délit supposant la violation d'une monition canonique préalable ; monition supposant que celui qui l'adresse au Pape, sujet de la plénitude de juridiction, jouisse d'une autorité supérieure [impossible] ou égale [dans l'hypothèse où la dualité des sujets de juridiction affirmée par Vatican II serait celle de deux sujets formels, ce qui reste à prouver, et poserait d'énormes problèmes pratiques pour sa mise en œuvre] à celle du Pape encore formellement Pape. Dans l'hypothèse donc où c'est Dieu qui dépose le Pape hérétique, le péché d'hérésie doit d'abord être notoire de fait [à défaut aucune certitude ne pourrait exister quant aux actes de juridiction d'un Pape quelconque]. Le péché d'hérésie ne doit pas ensuite être un péché matériel mais un péché formel, une hérésie posée avec peine advertance de la raison et de la volonté. Car en vérité, on peut être à la fois saint et matériellement hérétique, à preuve saint Cyprien de Carthage, canonisé malgré ses erreurs doctrinales relatives aux sacrements ; à preuve encore saint Pie V, dont la Constitution attente de fait à la divine constitution de l'Église.
Ensuite, la question de la validité de l'élection au souverain pontificat est autre que celle de la déposition par Dieu de cet hérétique validement élu au souverain pontificat ; ce qu'on envisage la déposition opérée par Dieu avoir lieu a lieu à l'instant-même de son élection ou après.
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4 - Conclusion.
Dire qu'un Pape ne peut d'aucune manière doctrinalement errer, soit pour n'avoir jamais été Pape, soit pour avoir cessé de l'être avant de professer l'erreur, ce malgré le scandale de l'enseignement que, par ses gestes, Pierre, « qui ne marchait pas droit selon la vérité de l'Évangile », donna à Antioche (Ga. II, 11-14), voilà une réflexion que je vous laisse savourer.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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