Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Cher CatholiqueZombie,
je n'avais pas vu votre message, c'est pourquoi je n'y réponds que maintenant.
Je ne découvre aucune contradiction entre nous quant à la relation entre la foi et la vérité. Ce que vous en écrivez me paraît à la fois bien pensé et bien rédigé.
Mais je vois pas comment en tirer de conclusion quant au sujet principal de cette discussion, à savoir si les autres religions sont un chemin vers Dieu, ceci n'étant d'ailleurs pas un reproche, mais une constatation. Ce que vous dites de Mohammed est totalement indépendant du reste de votre discours, et ne s'en déduit donc pas.
je n'avais pas vu votre message, c'est pourquoi je n'y réponds que maintenant.
Je ne découvre aucune contradiction entre nous quant à la relation entre la foi et la vérité. Ce que vous en écrivez me paraît à la fois bien pensé et bien rédigé.
Mais je vois pas comment en tirer de conclusion quant au sujet principal de cette discussion, à savoir si les autres religions sont un chemin vers Dieu, ceci n'étant d'ailleurs pas un reproche, mais une constatation. Ce que vous dites de Mohammed est totalement indépendant du reste de votre discours, et ne s'en déduit donc pas.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
-
Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Prodigal,
Je répondais alors au problème de la circularité.
Lorsqu'on se trouverait coincé, apparemment incapable de trancher pour soi-même, dans l'impossibilité de départager mentalement entre deux religions quelle serait la meilleure. Mais cette suggestion en elle-même ne nous dira pas si oui ou non toutes les religions seraient comme autant de chemins vers Dieu. C'est vrai.
Le refus d'accepter ce que le pape raconte aux jeunes ?
Il tient plutôt au contenu de la révélation déjà présent dans l'Ancien Testament.
Le fait que l'Éternel s'y présente comme un Dieu jaloux, «Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma Face», la lutte contre les idoles, contre les divinités étrangères du panthéon babylonien, contre le culte de Baal. Et avec la condamnation explicite, historique et perpétuelle du comportement du roi Salomon chez les anciens hébreux. La tradition hébraïque a enregistré comme étant un mal, un vrai péché, une trahison, la volonté de Salomon d'y autoriser ou normaliser la présence d'autres cultes rendus à d'autres divinités en Israël. C'est la sagesse d'un Salomon devenu vieux qui se pervertit.
https://www.aelf.org/bible/1R/11
Et, ensuite, c'est parce que Jésus lui-même se compare au seul et unique portail, disant qu'il est la porte, nul ne vient au Père que par moi. Il n'est aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvés.
C'est le Nouveau Testament !
***
Jésus répond à la Samaritaine près du puit de Jacob que «le salut vient des Juifs». Contexte svp ?
A l'époque, Judéens et Samaritains en étaient venu à former comme deux religions séparées, avec des lieux de culte différents. Or Jésus ne dit pas à la Samaritaine que le salut vient des deux, des Juifs comme des Samaritains; en partie chez les Juifs, en partie chez les Samaritains. Non pas ! Le salut provient, émane ou passe par le canal de cette religion unique et que les pharisiens tiennent en Judée (avec le Temple à Jérusalem, etc.), et parce que ce sont eux qui sont encore assis dans la chaire de Moïse à ce moment-là.
Jésus commence bien par dire quelque chose de choquant pour les oreilles de la Samaritaine, et qui est pourtant vrai. Le salut provient bien de cette religion professée par les pharisiens eux-mêmes à l'origine et à cette foi ou espérance qu'ils ont aussi envers la venue en personne du Messie d'Israël et à la résurrection de la chair. Le salut provient bien de cette foi-là. Le salut passe par là, Il emprunte ce chemin-là en partant. En soi, le salut ne vient ni de la religion des Philistins ni la sagesse des Grecs.
Et la Samaritaine fini par réaliser que l'autre qui lui parle pourrait bien être ce Messie attendu des autres en Judée notamment.
Elle le réalise via le critère de discernement de la sainteté, pourrait-on dire. Parce que cet autre en face semble déjà tout connaître réellement, les aventures de sa propre vie, et sans que personne ait jamais pu lui conter quoi que ce soit à son sujet à elle. Fantastique. Pas naturel.
Et les autres Samaritains par la suite donnent raison à ce que pense la Samaritaine, non plus seulement à cause de ce qu'elle leur raconte en premier avec l'épisode auprès du puits mais parce qu'eux-mêmes auront pu examiner un peu le sujet de visu. Et, là-dessus, le texte de l'Évangile ne le dira pas, mais l'on peut raisonnablement supposer que Jésus aura réalisé là quelques oeuvres ou miracles, des guérisons probablement.
Je répondais alors au problème de la circularité.
Lorsqu'on se trouverait coincé, apparemment incapable de trancher pour soi-même, dans l'impossibilité de départager mentalement entre deux religions quelle serait la meilleure. Mais cette suggestion en elle-même ne nous dira pas si oui ou non toutes les religions seraient comme autant de chemins vers Dieu. C'est vrai.
Le refus d'accepter ce que le pape raconte aux jeunes ?
Il tient plutôt au contenu de la révélation déjà présent dans l'Ancien Testament.
Le fait que l'Éternel s'y présente comme un Dieu jaloux, «Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma Face», la lutte contre les idoles, contre les divinités étrangères du panthéon babylonien, contre le culte de Baal. Et avec la condamnation explicite, historique et perpétuelle du comportement du roi Salomon chez les anciens hébreux. La tradition hébraïque a enregistré comme étant un mal, un vrai péché, une trahison, la volonté de Salomon d'y autoriser ou normaliser la présence d'autres cultes rendus à d'autres divinités en Israël. C'est la sagesse d'un Salomon devenu vieux qui se pervertit.
https://www.aelf.org/bible/1R/11
Et, ensuite, c'est parce que Jésus lui-même se compare au seul et unique portail, disant qu'il est la porte, nul ne vient au Père que par moi. Il n'est aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvés.
C'est le Nouveau Testament !
***
Jésus répond à la Samaritaine près du puit de Jacob que «le salut vient des Juifs». Contexte svp ?
A l'époque, Judéens et Samaritains en étaient venu à former comme deux religions séparées, avec des lieux de culte différents. Or Jésus ne dit pas à la Samaritaine que le salut vient des deux, des Juifs comme des Samaritains; en partie chez les Juifs, en partie chez les Samaritains. Non pas ! Le salut provient, émane ou passe par le canal de cette religion unique et que les pharisiens tiennent en Judée (avec le Temple à Jérusalem, etc.), et parce que ce sont eux qui sont encore assis dans la chaire de Moïse à ce moment-là.
Jésus commence bien par dire quelque chose de choquant pour les oreilles de la Samaritaine, et qui est pourtant vrai. Le salut provient bien de cette religion professée par les pharisiens eux-mêmes à l'origine et à cette foi ou espérance qu'ils ont aussi envers la venue en personne du Messie d'Israël et à la résurrection de la chair. Le salut provient bien de cette foi-là. Le salut passe par là, Il emprunte ce chemin-là en partant. En soi, le salut ne vient ni de la religion des Philistins ni la sagesse des Grecs.
Et la Samaritaine fini par réaliser que l'autre qui lui parle pourrait bien être ce Messie attendu des autres en Judée notamment.
Elle le réalise via le critère de discernement de la sainteté, pourrait-on dire. Parce que cet autre en face semble déjà tout connaître réellement, les aventures de sa propre vie, et sans que personne ait jamais pu lui conter quoi que ce soit à son sujet à elle. Fantastique. Pas naturel.
Et les autres Samaritains par la suite donnent raison à ce que pense la Samaritaine, non plus seulement à cause de ce qu'elle leur raconte en premier avec l'épisode auprès du puits mais parce qu'eux-mêmes auront pu examiner un peu le sujet de visu. Et, là-dessus, le texte de l'Évangile ne le dira pas, mais l'on peut raisonnablement supposer que Jésus aura réalisé là quelques oeuvres ou miracles, des guérisons probablement.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
LA FOI AU CHRIST EST NÉCESSAIRE AU SALUT.
La Bible, parole de Dieu.
« ‘‘Près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur.’’ (Dt. XXX, 14). C'est la parole de foi que nous prêchons. » (Rm. X, 8).
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20). « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Ac. II, 38). « En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté, afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d'avance avons espéré en Christ. En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire. » (Eph. I, 11-12).
« Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17).
« Qui nie le Fils n’a pas le Père. » (I Jn. II, 23). « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3).
« Si quelqu'un enseigne de fausses doctrines et ne s'attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d'orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d'hommes corrompus d'entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. » (I Tim. VI, 3-5). « Ô Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi. » (I Tim. VI, 20). « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. » (II Tim. I, 13). « Cette parole est certaine : si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. Rappelle ces choses, en conjurant devant Dieu qu'on évite les disputes de mots, qui ne servent qu'à la ruine de ceux qui écoutent. Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. Évite les discours vains et profanes, car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l'impiété, et leur parole les rongera comme la gangrène. » (II Tim. 11-17). « Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises. Depuis ton enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ. Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (II Tim. III, 13-17).
« Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert ? Et à qui jura-t-il qu'ils n'entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi ?[ Aussi voyons-nous qu'ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. Craignons donc, tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore, qu'aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent. » » (Hb. III, 17- IV, 2).
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LA JUSTIFICATION PAR LA FOI.
Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitres doctrinaux, extraits.
« Mais, bien que lui soit "mort pour tous" (II Co. V,15), tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort. mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué. En effet, de même qu'en toute vérité les hommes ne naîtraient pas injustes s'ils ne naissaient de la descendance issue corporellement d'Adam, puisque, quand ils sont conçus, ils contractent une injustice personnelle par le fait qu'ils descendent corporellement de lui, de même ils ne seraient jamais justifiés s'ils ne renaissaient pas dans le Christ , puisque, grâce à cette renaissance, leur est accordé par le mérite de sa Passion la grâce par laquelle ils deviennent justes. Pour ce bienfait l'Apôtre nous exhorte à toujours "rendre grâce au Père qui nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière et nous a arrachés à la puissance des ténèbres et transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la Rédemption et la rémission des péchés" (Col. I,12-14).
« Ces mots esquissent une description de la justification de l'impie, comme étant un transfert de l'état dans lequel l'homme naît du premier Adam à l'état de grâce et d'adoption des fils de Dieu (cf. Rm. VIII, 15), par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l'Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit "Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit Saint" (Jn. III, 5). Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ, c'est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s'étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce, se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce. De cette manière, Dieu touchant le cœur de l'homme par l'illumination de l'Esprit Saint, d'une part l'homme lui-même n'est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu'il lui est possible de rejeter, d'autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d'aller vers la justice en présence de Dieu. Aussi, lorsqu'il est dit dans la sainte Écriture " Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous" (Za. I, 3), notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons "Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons" (Lm. V, 21), nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient. Les hommes sont disposés à la justice elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm. X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et avant tout que Dieu justifie l'impie "par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" (Rm. III, 24) ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême (cf. Ac. II, 38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. De cette disposition il est écrit : "Celui qui approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il récompense ceux qui le cherchent" (Hb. XI, 6), et : "Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis" (Mt. IX, 2), et "La crainte du Seigneur chasse les péchés" (Si. I, 27), et: "Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit Saint" (Ac. II, 38), et "Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé" (Mt. XXVIII, 19-20), et : "Préparez vos cœurs pour le Seigneur" (IS. VII, 3).
« Cette disposition ou préparation est suivie par la justification elle-même, qui n'est pas seulement rémission des péchés, mais à la fois sanctification et rénovation de l'homme intérieur par la réception volontaire de la grâce et des dons. Par là, d'injuste l'homme devient juste, d'ennemi ami, en sorte qu'il est "Héritier, en espérance, de la vie éternelle" (Tt. III, 7).
« Les causes de cette justification sont celles-ci. Cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle. Cause efficiente, Dieu, qui dans sa miséricorde lave et sanctifie gratuitement (cf. I Cor. VI, 11) par le sceau et l'onction (cf. II Cor. I, 21-22) de l'Esprit Saint promis "qui est le gage de notre héritage" (Ep. I, 13-14). Cause méritoire, le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ qui, "alors que nous étions ennemis" (Rm. V, 10), "à cause du grand amour dont il nous a aimés" (Ep. II, 4), par sa très sainte Passion sur le bois de la croix nous a mérité la justification et a satisfait pour nous à Dieu son Père. Cause instrumentale, le sacrement du baptême, "sacrement de la foi" sans laquelle il n'y a jamais eu de justification pour personne. Enfin l'unique cause formelle est la justice de Dieu, "non pas celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle elle nous fait justes", c'est-à-dire celle par laquelle, l'ayant reçue en don de lui, nous sommes "renouvelés par une transformation spirituelle de notre esprit" (Ep. IV, 23), nous ne sommes pas seulement réputés justes, mais nous sommes dits et nous sommes vraiment justes, recevant chacun en nous la justice, selon la mesure que l'Esprit Saint partage à chacun comme il le veut (cf. I Co. XII, 11) et selon la disposition et la coopération propres à chacun.
« En effet, bien que personne ne puisse être juste que si les mérites de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ lui sont communiqués, c'est cependant ce qui se fait dans la justification de l'impie, alors que, par le mérite de cette très sainte Passion, la charité de Dieu est répandue par l'Esprit Saint dans les cœurs (Rm. V, 5) de ceux qui sont justifiés et habite en eux. Aussi, avec la rémission des péchés, l'homme reçoit-il dans la justification même par Jésus Christ, en qui il est inséré, tous les dons suivants infus en même temps : la foi, l'espérance et la charité. Car la foi à laquelle ne se joignent ni l'espérance ni la charité n'unit pas parfaitement au Christ et ne rend pas membre vivant de son corps. Pour cette raison, l'on dit en toute vérité que la foi sans les œuvres est morte et inutile (Jc. II, 17-20), et que dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi "qui opère par la charité" (Ga. V, 6 ; VI, 15). C'est elle que, selon la tradition des apôtres, les catéchumènes demandent à l’Église avant le sacrement du baptême, quand ils demandent "la foi qui procure la vie éternelle "que, sans l'espérance et la charité, la foi ne peut procurer. Aussi entendent-ils immédiatement la parole du Christ : "Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements" (Mt. XIX, 17). C'est pourquoi lorsqu'ils reçoivent la justice véritable et chrétienne, cette première robe (cf. Lc XV, 22) qui leur est donnée par le Christ à la place de celle que, par sa désobéissance, Adam a perdue pour lui et pour nous, il est ordonné aussitôt à ceux qui viennent de renaître de la conserver blanche et sans tache, pour l'apporter devant le tribunal de notre Seigneur Jésus Christ et avoir la vie éternelle. »
Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, canon 33.
« Si quelqu'un dit que, par cette doctrine catholique sur la justification exposée par le saint concile dans le présent décret, il fait tort en partie à la gloire de Dieu ou aux mérites de Jésus Christ notre Seigneur et non plutôt que sont ainsi mises en lumière la vérité de notre foi et la gloire de Dieu et du Christ Jésus : qu'il soit anathème. »
La Bible, parole de Dieu.
« ‘‘Près de toi est la parole, dans ta bouche et dans ton cœur.’’ (Dt. XXX, 14). C'est la parole de foi que nous prêchons. » (Rm. X, 8).
« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20). « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Ac. II, 38). « En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d'après le conseil de sa volonté, afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d'avance avons espéré en Christ. En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire. » (Eph. I, 11-12).
« Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17).
« Qui nie le Fils n’a pas le Père. » (I Jn. II, 23). « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3).
« Si quelqu'un enseigne de fausses doctrines et ne s'attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d'orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d'hommes corrompus d'entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. » (I Tim. VI, 3-5). « Ô Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi. » (I Tim. VI, 20). « Retiens dans la foi et dans la charité qui est en Jésus-Christ le modèle des saines paroles que tu as reçues de moi. » (II Tim. I, 13). « Cette parole est certaine : si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. Rappelle ces choses, en conjurant devant Dieu qu'on évite les disputes de mots, qui ne servent qu'à la ruine de ceux qui écoutent. Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. Évite les discours vains et profanes, car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l'impiété, et leur parole les rongera comme la gangrène. » (II Tim. 11-17). « Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes. Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises. Depuis ton enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ. Toute l’Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (II Tim. III, 13-17).
« Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert ? Et à qui jura-t-il qu'ils n'entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi ?[ Aussi voyons-nous qu'ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. Craignons donc, tandis que la promesse d'entrer dans son repos subsiste encore, qu'aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu'à eux ; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu'elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l'entendirent. » » (Hb. III, 17- IV, 2).
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LA JUSTIFICATION PAR LA FOI.
Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitres doctrinaux, extraits.
« Mais, bien que lui soit "mort pour tous" (II Co. V,15), tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort. mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué. En effet, de même qu'en toute vérité les hommes ne naîtraient pas injustes s'ils ne naissaient de la descendance issue corporellement d'Adam, puisque, quand ils sont conçus, ils contractent une injustice personnelle par le fait qu'ils descendent corporellement de lui, de même ils ne seraient jamais justifiés s'ils ne renaissaient pas dans le Christ , puisque, grâce à cette renaissance, leur est accordé par le mérite de sa Passion la grâce par laquelle ils deviennent justes. Pour ce bienfait l'Apôtre nous exhorte à toujours "rendre grâce au Père qui nous a rendus dignes d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière et nous a arrachés à la puissance des ténèbres et transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la Rédemption et la rémission des péchés" (Col. I,12-14).
« Ces mots esquissent une description de la justification de l'impie, comme étant un transfert de l'état dans lequel l'homme naît du premier Adam à l'état de grâce et d'adoption des fils de Dieu (cf. Rm. VIII, 15), par le second Adam, Jésus Christ, notre Sauveur. Après la promulgation de l'Évangile, ce transfert ne peut se faire sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci, selon ce qui est écrit "Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu s'il ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit Saint" (Jn. III, 5). Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ, c'est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s'étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce, se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce. De cette manière, Dieu touchant le cœur de l'homme par l'illumination de l'Esprit Saint, d'une part l'homme lui-même n'est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu'il lui est possible de rejeter, d'autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d'aller vers la justice en présence de Dieu. Aussi, lorsqu'il est dit dans la sainte Écriture " Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous" (Za. I, 3), notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons "Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons" (Lm. V, 21), nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient. Les hommes sont disposés à la justice elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm. X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et avant tout que Dieu justifie l'impie "par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" (Rm. III, 24) ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême (cf. Ac. II, 38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. De cette disposition il est écrit : "Celui qui approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il récompense ceux qui le cherchent" (Hb. XI, 6), et : "Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis" (Mt. IX, 2), et "La crainte du Seigneur chasse les péchés" (Si. I, 27), et: "Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit Saint" (Ac. II, 38), et "Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé" (Mt. XXVIII, 19-20), et : "Préparez vos cœurs pour le Seigneur" (IS. VII, 3).
« Cette disposition ou préparation est suivie par la justification elle-même, qui n'est pas seulement rémission des péchés, mais à la fois sanctification et rénovation de l'homme intérieur par la réception volontaire de la grâce et des dons. Par là, d'injuste l'homme devient juste, d'ennemi ami, en sorte qu'il est "Héritier, en espérance, de la vie éternelle" (Tt. III, 7).
« Les causes de cette justification sont celles-ci. Cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle. Cause efficiente, Dieu, qui dans sa miséricorde lave et sanctifie gratuitement (cf. I Cor. VI, 11) par le sceau et l'onction (cf. II Cor. I, 21-22) de l'Esprit Saint promis "qui est le gage de notre héritage" (Ep. I, 13-14). Cause méritoire, le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ qui, "alors que nous étions ennemis" (Rm. V, 10), "à cause du grand amour dont il nous a aimés" (Ep. II, 4), par sa très sainte Passion sur le bois de la croix nous a mérité la justification et a satisfait pour nous à Dieu son Père. Cause instrumentale, le sacrement du baptême, "sacrement de la foi" sans laquelle il n'y a jamais eu de justification pour personne. Enfin l'unique cause formelle est la justice de Dieu, "non pas celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle elle nous fait justes", c'est-à-dire celle par laquelle, l'ayant reçue en don de lui, nous sommes "renouvelés par une transformation spirituelle de notre esprit" (Ep. IV, 23), nous ne sommes pas seulement réputés justes, mais nous sommes dits et nous sommes vraiment justes, recevant chacun en nous la justice, selon la mesure que l'Esprit Saint partage à chacun comme il le veut (cf. I Co. XII, 11) et selon la disposition et la coopération propres à chacun.
« En effet, bien que personne ne puisse être juste que si les mérites de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ lui sont communiqués, c'est cependant ce qui se fait dans la justification de l'impie, alors que, par le mérite de cette très sainte Passion, la charité de Dieu est répandue par l'Esprit Saint dans les cœurs (Rm. V, 5) de ceux qui sont justifiés et habite en eux. Aussi, avec la rémission des péchés, l'homme reçoit-il dans la justification même par Jésus Christ, en qui il est inséré, tous les dons suivants infus en même temps : la foi, l'espérance et la charité. Car la foi à laquelle ne se joignent ni l'espérance ni la charité n'unit pas parfaitement au Christ et ne rend pas membre vivant de son corps. Pour cette raison, l'on dit en toute vérité que la foi sans les œuvres est morte et inutile (Jc. II, 17-20), et que dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi "qui opère par la charité" (Ga. V, 6 ; VI, 15). C'est elle que, selon la tradition des apôtres, les catéchumènes demandent à l’Église avant le sacrement du baptême, quand ils demandent "la foi qui procure la vie éternelle "que, sans l'espérance et la charité, la foi ne peut procurer. Aussi entendent-ils immédiatement la parole du Christ : "Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements" (Mt. XIX, 17). C'est pourquoi lorsqu'ils reçoivent la justice véritable et chrétienne, cette première robe (cf. Lc XV, 22) qui leur est donnée par le Christ à la place de celle que, par sa désobéissance, Adam a perdue pour lui et pour nous, il est ordonné aussitôt à ceux qui viennent de renaître de la conserver blanche et sans tache, pour l'apporter devant le tribunal de notre Seigneur Jésus Christ et avoir la vie éternelle. »
Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, canon 33.
« Si quelqu'un dit que, par cette doctrine catholique sur la justification exposée par le saint concile dans le présent décret, il fait tort en partie à la gloire de Dieu ou aux mérites de Jésus Christ notre Seigneur et non plutôt que sont ainsi mises en lumière la vérité de notre foi et la gloire de Dieu et du Christ Jésus : qu'il soit anathème. »
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
CONCLUSION.
1. La foi explicite est nécessaire au salut. C'est une exigence de l'amour divin.
La foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la foi catholique (Trinité divine, incarnation ; et dans la foi en l’incarnation de la seconde personne de la Trinité, la foi au Christ Tête de l’Église en grâce qui est son Corps vivant) est nécessaire au salut de nécessité de moyen absolue, car la fin dernière absolue de l’homme est surnaturelle : Dieu Trine aimé au Ciel d’un amour spécifié par la vision intuitive.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, le Dieu révélant et révélé. Dans l'ordre surnaturel créé, la foi spécifie la charité, la charité vivifie la foi. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi.
« Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (Hb. XI, 6), car la foi théologale est la racine de la charité. « Le but du commandement, c'est une charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère. Quelques-uns, s'étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours ; ils veulent être docteurs de la loi alors qu’ils ne comprennent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils affirment. » (I Tim. I, 5-7). Se sont égarés ceux qui, oubliant que la charité est un amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, ont affirmé qu’une foi naturelle et païenne en un Dieu rémunérateur ainsi aimé peut suffire au salut. Certes le verset ne fait pas explicitement référence au Dieu chrétien : « sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu, car pour s'approcher de lui il faut croire qu’il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. » (Hb. XI, 6). Mais il est précisé par d’autres, qui prouvent la nécessité absolue de la foi chrétienne pour le salut : de la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
Cette nécessité absolue de la foi explicite aux articles fondamentaux est corrélative à la nature de la charité. Dans l'ordre surnaturel créé, la charité est une grâce indissociable de la grâce sanctifiante, soit qu'on les distingue (avec saint Thomas d'Aquin), soit qu'on les confonde (avec le bienheureux Duns Scot et saint François de Sales). La justification de l'adulte s'opère par l'infusion de la grâce sanctifiante, au regard de laquelle la charité est à la fois cause et effet (sous des rapports différents donc sans contradiction). Or la charité créée est en participation à la Charité incréée qu'est Dieu : à l'Amour de Dieu pour Dieu qu'est Dieu. Dieu s'aimant tel qu'il est, Trine, c'est comme Trine qu'il veut être aimé. Avant donc d'être spécifiée au Ciel par la vision intuitive, la charité créée doit l'être par la foi théologale explicite aux articles fondamentaux du christianisme, comme appert des citations bibliques données au précédent message. Bref, la nécessité de moyen absolue de la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne est une exigence de l'amour divin.
2. La foi implicite ne suffit qu'à ceux ayant la foi explicite aux articles fondamentaux.
Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston, 8 août 1949.
« Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que les effets, nécessaires pour être sauvé, de ces moyens de salut qui sont ordonnés à la fin dernière de l’homme non par nécessité intrinsèque mais uniquement par l’institution divine, puissent aussi être obtenus en certaines circonstances, lorsque ces moyens ne sont mis en œuvre que par le désir ou par le souhait. Nous voyons cela clairement énoncé dans le saint concile de Trente au sujet soit du sacrement de la régénération, soit du sacrement de pénitence. Or il faut en dire autant, à son propre degré, de l’Église en tant qu’elle est le moyen général du salut. Car pour que quelqu’un obtienne le salut éternel, il n'est pas toujours requis qu'il soit effectivement incorporé à l'Église comme un membre [1], mais il est au moins requis qu'il lui soit uni par le vœu et le désir. Cependant, il n'est pas toujours nécessaire que ce vœu soit explicite [2], comme il l'est chez les catéchumènes, mais, quand l'homme [3] est victime d'une ignorance invincible, Dieu accepte aussi un vœu implicite, ainsi appelé parce qu'il est inclus dans la bonne disposition d'âme par laquelle l'homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu. C'est l'enseignement clair de (l'encyclique de Pie XII)... sur le Corps mystique de Jésus Christ. Le souverain pontife y distingue nettement ceux qui sont réellement incorporés à l'Église comme ses membres et ceux qui ne sont unis à l’Église que par le vœu. ... "Mais seuls font partie réellement des membres de l'Église [4] ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui, d'autre part, ne sont pas, pour leur malheur, séparés de l'ensemble du Corps, ou n'en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l'autorité légitime". Vers la fin de cette même encyclique cependant, invitant très affectueusement à l'unité ceux qui n'appartiennent pas au corps de l’Église catholique, il mentionne "ceux qui, par un certain désir et vœu inconscient, se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur", qu'il n'exclut aucunement du salut éternel, mais dont il dit cependant d'autre part qu'ils sont dans un état "où nul ne peut être sûr de son salut éternel... puisqu'ils sont privés de si nombreux et si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l'Église catholique". Par ces sages paroles, il condamne aussi bien ceux qui excluent du salut éternel tous les hommes qui sont unis à l'Église par un vœu implicite seulement, que ceux qui affirment faussement que les hommes peuvent également être sauvés dans toute religion. Il ne faut pas penser non plus que n'importe quelle sorte de désir d'entrer dans l'Église suffise pour être sauvé. Car il est nécessaire que le vœu qui ordonne quelqu'un à l'Église soit animé par la charité parfaite. Le vœu implicite ne peut avoir d'effet que si l'homme a la foi surnaturelle. »
[1] Il n’est pas toujours requis qu’il appartienne au corps de l’Église par le baptême et la profession de foi catholique, mais il est toujours requis qu’il appartienne à l’Église prise quant à l’âme, par la charité spécifiée par les articles fondamentaux de la foi explicite : « Hors de l’Église point de salut. »
[2] Ce désir explicite d’appartenir au corps de l’Église est inclus dans l’amour explicite au Christ, Dieu le Fils incarné, Tête de l'Église en grâce qui est son Corps vivant ; et ceux ayant cet amour surnaturel de charité appartiennent déjà à l’Église, à l’Église prise quant à l’âme, à défaut de lui appartenir quant au corps à raison de leur appartenance à un vestige ecclésial hérétique et schismatique. L’adage « Hors l’Église point de salut » trouve ici son vrai sens.
[3] Par « homme » il faut entendre ici celui qui, alors qu’appartenant à une secte chrétienne acatholique, a la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale. Cette interprétation s’impose puisque, comme affirmé en la finale de la citation, « le vœu implicite ne peut avoir d’effet que si l’homme a la foi surnaturelle » et est « animé par la charité parfaite ». L’homme de désir ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi catholique, peut espérer explicitement être uni au Christ et à son Église, quand bien même nierait-il de bonne foi la Sainte Église catholique être la véritable Église de Dieu. Car espérant explicitement être uni à l’âme de l’Église, il espère implicitement appartenir à l’Église prise quant au corps, l’Église catholique, laquelle seule est l’Église. Et espérant explicitement de vivre en Christ, il recevra d’être « animé par la charité parfaite », pour autant qu’Il l’espère sans aucunement douter de Dieu fidèle à ses promesses, pour ensuite, animé par la charité, espérer d’espérance conséquente de persévérer en Christ et faire son salut. « Car il est nécessaire [au salut] que le vœu qui ordonne quelqu'un à l'Église soit animé par la charité parfaite. Le vœu implicite ne peut avoir d'effet que si l'homme a la foi surnaturelle. »
[4] C'est-à-dire ceux appartenant à l’Église prise quant à l’âme et quant au corps.
Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 16.
« Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu... En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique [1] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm. I, 21-25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. C’est pourquoi l’Église, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : ‘‘Prêchez l’Évangile à toutes créatures’’ (Mc. XVI, 16), met tout son soin à encourager et soutenir les missions. »
[1] Cette préparation est une disposition naturelle éloignée à la justification par la foi vivifiée par la charité, qui devra être complétée par la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi au principe de l'acte de charité qu'elle spécifie. Quant à la disposition surnaturelle prochaine à la justification : « Les hommes sont disposés à la justice elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm. X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et avant tout que Dieu justifie l'impie "par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" (Rm. III, 24) ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême (cf. Ac. II, 38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. De cette disposition il est écrit : "Celui qui approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il récompense ceux qui le cherchent" (Hb. XI, 6), et : "Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis" (Mt. IX, 2), et "La crainte du Seigneur chasse les péchés" (Si. I, 27), et: "Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit Saint" (Ac. II, 38), et "Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé" (Mt. XXVIII, 19-20), et : "Préparez vos cœurs pour le Seigneur" (Is. VII, 3). »
3. Les religions des infidèles sont des obstacles au salut.
Les religions des infidèles ne sont pas des voies de salut. Les quelques semences de vérité qu'elles contiennent ne peuvent faire oublier l'abime de perversité où elles gisent : « Tous les dieux des Nations sont des démons » (Septante & Vulgate, Ps. XCVI, 5). Le dialogue inter-religieux est contraire à la mission apostolique chaque fois que l’infidélité des fausses religions n’est pas dénoncée dans une claire prédication de la vérité de la vraie foi et de sa nécessité pour le salut des infidèles auxquels on s’adresse.
Les vertus des païens ne sont pas des vices, mais privées du surnaturel, elles ne suffisent pas au salut. Car il ne suffit pas d’être naturellement vertueux pour être un saint. C’est pour autant que vous soyez en état de grâce habituelle et sanctifiante, ayez la foi, l’espérance et la charité – qui est un amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu Trine et Incarné, le Dieu de la foi théologale – que vous pourrez vivre en Christ par les vertus théologales en communiant sacramentellement à Lui, pour qu’il vous porte et vous donne de vivre par grâce selon la Loi. C’est à la sainteté, d’ordre surnaturel, que nous sommes tenus. Nous sommes tenus de vivre surnaturellement en Christ, pour qu’en Christ nous recevions l’adoption filiale, devenions surnaturellement fils du Père et cohéritiers de la gloire à venir. Comprenez donc qu’en la sainteté l’héroïcité des vertus morales est celle des vertus morales surnaturelles, qui ne sont surnaturelles que par leur objet et leur mode, par l’influence de la grâce sanctifiante et des vertus théologales surnaturellement infuses ; et que cette héroïcité n’est pas le formel mais le symptôme de la sainteté, dont le formel est la grâce sanctifiante et la charité, à supposer qu’on les distingue plutôt qu’on les confonde.
Il s’agit d’aimer Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant. Les dieux des Nations sont des démons. Aimer Apollon, Baal Zéboul ou l’Allah mahométan ne sert strictement à rien pour le salut. C’est même excessivement nuisible, puisqu’obstacle à la réception du Christ dans la foi au Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant. Les religions des infidèles sont essentiellement nuisibles puisque, quant aux infidèles, contradictoires aux articles fondamentaux de la foi théologale explicite nécessaire à leur salut ; et quant aux hérétiques appartenant à des vestiges ecclésiaux privés de la succession apostolique, privés des sacrements administrés par la Hiérarchie sacrée, et sujets à de graves erreurs relativement à la vie théologale des saints en Christ. Les religions des infidèles sont donc essentiellement nuisibles, mais est un cas où elles peuvent être accidentellement bénéfiques. Si l’infidèle négatif, l’infidèle dont l’infidélité n’est pas imputable à péché à raison de son ignorance invincible de la vraie foi, mène par ailleurs, sous l’influence de la grâce actuelle, une vie moralement droite, honnête, conforme aux composantes naturelles de l’ordre moral objectif – qui ne s’y restreint pas puisqu’il inclut une composante surnaturelle constituée des commandements de la loi nouvelle positive – l’intégrité de sa vie morale sera une cause dispositive naturelle et éloignée à sa possible justification surnaturelle. C’est d’ailleurs pourquoi la motion divine poussant aux actes naturellement vertueux relève de la grâce actuelle et non du concours général de Dieu. À celui qui fait le bien moral naturel qu’il peut sous l’influence de la grâce actuelle, Dieu ne refuse pas le secours d’autres grâces actuelles, grâces suffisantes de conversion à la vraie foi, pour permettre à son récipiendaire de se déterminer librement et explicitement pour ou contre Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale. Si, sous l’influence des grâces externes ou internes de conversion, l’infidèle spécifique délaisse son infidélité en posant l’acte de foi théologale explicite, disposition surnaturelle prochaine à la justification, il pourra encore, s’il le veut, poser sous l’influence de la grâce actuelle les actes surnaturels d’espérance et de charité, afin qu’en cet acte d’amour théologal il ait enfin sa justification surnaturelle, l’infusion de la grâce habituelle et sanctifiante. Mais l’infidèle négatif ne passera à la vraie foi qu’en abjurant sa détestable superstition, d’autant plus détestable qu’alors même que contenant des semences de vérité (logoï spermatikos), elle contient plus encore d’innombrables blasphèmes contre le vrai Dieu, à preuve la foi mahométane. C’est pourquoi, en tout état de cause, la foi des infidèles est par essence extrêmement nuisible au salut qu’elle obstacle, et doit être abjurée de ceux qu’elle incite à demeurer dans l’infidélité en refusant farouchement l’assentiment explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale ; refus explicite constituant lors l’infidèle dans l’infidélité formelle ou positive, cause évidente de damnation.
4. Conclusion.
1° Les chrétiens anonymes n’existent pas.
2° Il est impératif de prêcher la foi théologale pour le salut de ceux qui l’acceptent.
3° Les religions des infidèles, obstacles insurmontables à leur salut, doivent être abjurées in statu via, au plus tard à l’article de la mort, sous l’effet d’une grâce actuelle d’illumination à laquelle une vie naturellement vertueuse dispose.
1. La foi explicite est nécessaire au salut. C'est une exigence de l'amour divin.
La foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la foi catholique (Trinité divine, incarnation ; et dans la foi en l’incarnation de la seconde personne de la Trinité, la foi au Christ Tête de l’Église en grâce qui est son Corps vivant) est nécessaire au salut de nécessité de moyen absolue, car la fin dernière absolue de l’homme est surnaturelle : Dieu Trine aimé au Ciel d’un amour spécifié par la vision intuitive.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, le Dieu révélant et révélé. Dans l'ordre surnaturel créé, la foi spécifie la charité, la charité vivifie la foi. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi.
« Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (Hb. XI, 6), car la foi théologale est la racine de la charité. « Le but du commandement, c'est une charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère. Quelques-uns, s'étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours ; ils veulent être docteurs de la loi alors qu’ils ne comprennent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils affirment. » (I Tim. I, 5-7). Se sont égarés ceux qui, oubliant que la charité est un amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, ont affirmé qu’une foi naturelle et païenne en un Dieu rémunérateur ainsi aimé peut suffire au salut. Certes le verset ne fait pas explicitement référence au Dieu chrétien : « sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu, car pour s'approcher de lui il faut croire qu’il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. » (Hb. XI, 6). Mais il est précisé par d’autres, qui prouvent la nécessité absolue de la foi chrétienne pour le salut : de la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
Cette nécessité absolue de la foi explicite aux articles fondamentaux est corrélative à la nature de la charité. Dans l'ordre surnaturel créé, la charité est une grâce indissociable de la grâce sanctifiante, soit qu'on les distingue (avec saint Thomas d'Aquin), soit qu'on les confonde (avec le bienheureux Duns Scot et saint François de Sales). La justification de l'adulte s'opère par l'infusion de la grâce sanctifiante, au regard de laquelle la charité est à la fois cause et effet (sous des rapports différents donc sans contradiction). Or la charité créée est en participation à la Charité incréée qu'est Dieu : à l'Amour de Dieu pour Dieu qu'est Dieu. Dieu s'aimant tel qu'il est, Trine, c'est comme Trine qu'il veut être aimé. Avant donc d'être spécifiée au Ciel par la vision intuitive, la charité créée doit l'être par la foi théologale explicite aux articles fondamentaux du christianisme, comme appert des citations bibliques données au précédent message. Bref, la nécessité de moyen absolue de la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne est une exigence de l'amour divin.
2. La foi implicite ne suffit qu'à ceux ayant la foi explicite aux articles fondamentaux.
Lettre du Saint-Office à l’archevêque de Boston, 8 août 1949.
« Dans son infinie miséricorde, Dieu a voulu que les effets, nécessaires pour être sauvé, de ces moyens de salut qui sont ordonnés à la fin dernière de l’homme non par nécessité intrinsèque mais uniquement par l’institution divine, puissent aussi être obtenus en certaines circonstances, lorsque ces moyens ne sont mis en œuvre que par le désir ou par le souhait. Nous voyons cela clairement énoncé dans le saint concile de Trente au sujet soit du sacrement de la régénération, soit du sacrement de pénitence. Or il faut en dire autant, à son propre degré, de l’Église en tant qu’elle est le moyen général du salut. Car pour que quelqu’un obtienne le salut éternel, il n'est pas toujours requis qu'il soit effectivement incorporé à l'Église comme un membre [1], mais il est au moins requis qu'il lui soit uni par le vœu et le désir. Cependant, il n'est pas toujours nécessaire que ce vœu soit explicite [2], comme il l'est chez les catéchumènes, mais, quand l'homme [3] est victime d'une ignorance invincible, Dieu accepte aussi un vœu implicite, ainsi appelé parce qu'il est inclus dans la bonne disposition d'âme par laquelle l'homme veut conformer sa volonté à la volonté de Dieu. C'est l'enseignement clair de (l'encyclique de Pie XII)... sur le Corps mystique de Jésus Christ. Le souverain pontife y distingue nettement ceux qui sont réellement incorporés à l'Église comme ses membres et ceux qui ne sont unis à l’Église que par le vœu. ... "Mais seuls font partie réellement des membres de l'Église [4] ceux qui ont reçu le baptême de régénération et professent la vraie foi, et qui, d'autre part, ne sont pas, pour leur malheur, séparés de l'ensemble du Corps, ou n'en ont pas été retranchés pour des fautes très graves par l'autorité légitime". Vers la fin de cette même encyclique cependant, invitant très affectueusement à l'unité ceux qui n'appartiennent pas au corps de l’Église catholique, il mentionne "ceux qui, par un certain désir et vœu inconscient, se trouvent ordonnés au Corps mystique du Rédempteur", qu'il n'exclut aucunement du salut éternel, mais dont il dit cependant d'autre part qu'ils sont dans un état "où nul ne peut être sûr de son salut éternel... puisqu'ils sont privés de si nombreux et si grands secours et faveurs célestes, dont on ne peut jouir que dans l'Église catholique". Par ces sages paroles, il condamne aussi bien ceux qui excluent du salut éternel tous les hommes qui sont unis à l'Église par un vœu implicite seulement, que ceux qui affirment faussement que les hommes peuvent également être sauvés dans toute religion. Il ne faut pas penser non plus que n'importe quelle sorte de désir d'entrer dans l'Église suffise pour être sauvé. Car il est nécessaire que le vœu qui ordonne quelqu'un à l'Église soit animé par la charité parfaite. Le vœu implicite ne peut avoir d'effet que si l'homme a la foi surnaturelle. »
[1] Il n’est pas toujours requis qu’il appartienne au corps de l’Église par le baptême et la profession de foi catholique, mais il est toujours requis qu’il appartienne à l’Église prise quant à l’âme, par la charité spécifiée par les articles fondamentaux de la foi explicite : « Hors de l’Église point de salut. »
[2] Ce désir explicite d’appartenir au corps de l’Église est inclus dans l’amour explicite au Christ, Dieu le Fils incarné, Tête de l'Église en grâce qui est son Corps vivant ; et ceux ayant cet amour surnaturel de charité appartiennent déjà à l’Église, à l’Église prise quant à l’âme, à défaut de lui appartenir quant au corps à raison de leur appartenance à un vestige ecclésial hérétique et schismatique. L’adage « Hors l’Église point de salut » trouve ici son vrai sens.
[3] Par « homme » il faut entendre ici celui qui, alors qu’appartenant à une secte chrétienne acatholique, a la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale. Cette interprétation s’impose puisque, comme affirmé en la finale de la citation, « le vœu implicite ne peut avoir d’effet que si l’homme a la foi surnaturelle » et est « animé par la charité parfaite ». L’homme de désir ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi catholique, peut espérer explicitement être uni au Christ et à son Église, quand bien même nierait-il de bonne foi la Sainte Église catholique être la véritable Église de Dieu. Car espérant explicitement être uni à l’âme de l’Église, il espère implicitement appartenir à l’Église prise quant au corps, l’Église catholique, laquelle seule est l’Église. Et espérant explicitement de vivre en Christ, il recevra d’être « animé par la charité parfaite », pour autant qu’Il l’espère sans aucunement douter de Dieu fidèle à ses promesses, pour ensuite, animé par la charité, espérer d’espérance conséquente de persévérer en Christ et faire son salut. « Car il est nécessaire [au salut] que le vœu qui ordonne quelqu'un à l'Église soit animé par la charité parfaite. Le vœu implicite ne peut avoir d'effet que si l'homme a la foi surnaturelle. »
[4] C'est-à-dire ceux appartenant à l’Église prise quant à l’âme et quant au corps.
Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, 16.
« Enfin, pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu... En effet, ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d’un cœur sincère et s’efforcent, sous l’influence de sa grâce, d’agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, eux aussi peuvent arriver au salut éternel. À ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique [1] et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes, trompés par le démon, se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont délaissé le vrai Dieu pour des êtres de mensonge, servi la créature au lieu du Créateur (cf. Rm. I, 21-25) ou bien, vivant et mourant sans Dieu dans ce monde, ils sont exposés aux extrémités du désespoir. C’est pourquoi l’Église, soucieuse de la gloire de Dieu et du salut de tous ces hommes, se souvenant du commandement du Seigneur : ‘‘Prêchez l’Évangile à toutes créatures’’ (Mc. XVI, 16), met tout son soin à encourager et soutenir les missions. »
[1] Cette préparation est une disposition naturelle éloignée à la justification par la foi vivifiée par la charité, qui devra être complétée par la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi au principe de l'acte de charité qu'elle spécifie. Quant à la disposition surnaturelle prochaine à la justification : « Les hommes sont disposés à la justice elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm. X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et avant tout que Dieu justifie l'impie "par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" (Rm. III, 24) ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême (cf. Ac. II, 38) ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. De cette disposition il est écrit : "Celui qui approche de Dieu doit croire qu'il est et qu'il récompense ceux qui le cherchent" (Hb. XI, 6), et : "Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis" (Mt. IX, 2), et "La crainte du Seigneur chasse les péchés" (Si. I, 27), et: "Faites pénitence et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez le don de l'Esprit Saint" (Ac. II, 38), et "Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé" (Mt. XXVIII, 19-20), et : "Préparez vos cœurs pour le Seigneur" (Is. VII, 3). »
3. Les religions des infidèles sont des obstacles au salut.
Les religions des infidèles ne sont pas des voies de salut. Les quelques semences de vérité qu'elles contiennent ne peuvent faire oublier l'abime de perversité où elles gisent : « Tous les dieux des Nations sont des démons » (Septante & Vulgate, Ps. XCVI, 5). Le dialogue inter-religieux est contraire à la mission apostolique chaque fois que l’infidélité des fausses religions n’est pas dénoncée dans une claire prédication de la vérité de la vraie foi et de sa nécessité pour le salut des infidèles auxquels on s’adresse.
Les vertus des païens ne sont pas des vices, mais privées du surnaturel, elles ne suffisent pas au salut. Car il ne suffit pas d’être naturellement vertueux pour être un saint. C’est pour autant que vous soyez en état de grâce habituelle et sanctifiante, ayez la foi, l’espérance et la charité – qui est un amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu Trine et Incarné, le Dieu de la foi théologale – que vous pourrez vivre en Christ par les vertus théologales en communiant sacramentellement à Lui, pour qu’il vous porte et vous donne de vivre par grâce selon la Loi. C’est à la sainteté, d’ordre surnaturel, que nous sommes tenus. Nous sommes tenus de vivre surnaturellement en Christ, pour qu’en Christ nous recevions l’adoption filiale, devenions surnaturellement fils du Père et cohéritiers de la gloire à venir. Comprenez donc qu’en la sainteté l’héroïcité des vertus morales est celle des vertus morales surnaturelles, qui ne sont surnaturelles que par leur objet et leur mode, par l’influence de la grâce sanctifiante et des vertus théologales surnaturellement infuses ; et que cette héroïcité n’est pas le formel mais le symptôme de la sainteté, dont le formel est la grâce sanctifiante et la charité, à supposer qu’on les distingue plutôt qu’on les confonde.
Il s’agit d’aimer Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant. Les dieux des Nations sont des démons. Aimer Apollon, Baal Zéboul ou l’Allah mahométan ne sert strictement à rien pour le salut. C’est même excessivement nuisible, puisqu’obstacle à la réception du Christ dans la foi au Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant. Les religions des infidèles sont essentiellement nuisibles puisque, quant aux infidèles, contradictoires aux articles fondamentaux de la foi théologale explicite nécessaire à leur salut ; et quant aux hérétiques appartenant à des vestiges ecclésiaux privés de la succession apostolique, privés des sacrements administrés par la Hiérarchie sacrée, et sujets à de graves erreurs relativement à la vie théologale des saints en Christ. Les religions des infidèles sont donc essentiellement nuisibles, mais est un cas où elles peuvent être accidentellement bénéfiques. Si l’infidèle négatif, l’infidèle dont l’infidélité n’est pas imputable à péché à raison de son ignorance invincible de la vraie foi, mène par ailleurs, sous l’influence de la grâce actuelle, une vie moralement droite, honnête, conforme aux composantes naturelles de l’ordre moral objectif – qui ne s’y restreint pas puisqu’il inclut une composante surnaturelle constituée des commandements de la loi nouvelle positive – l’intégrité de sa vie morale sera une cause dispositive naturelle et éloignée à sa possible justification surnaturelle. C’est d’ailleurs pourquoi la motion divine poussant aux actes naturellement vertueux relève de la grâce actuelle et non du concours général de Dieu. À celui qui fait le bien moral naturel qu’il peut sous l’influence de la grâce actuelle, Dieu ne refuse pas le secours d’autres grâces actuelles, grâces suffisantes de conversion à la vraie foi, pour permettre à son récipiendaire de se déterminer librement et explicitement pour ou contre Dieu, le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale. Si, sous l’influence des grâces externes ou internes de conversion, l’infidèle spécifique délaisse son infidélité en posant l’acte de foi théologale explicite, disposition surnaturelle prochaine à la justification, il pourra encore, s’il le veut, poser sous l’influence de la grâce actuelle les actes surnaturels d’espérance et de charité, afin qu’en cet acte d’amour théologal il ait enfin sa justification surnaturelle, l’infusion de la grâce habituelle et sanctifiante. Mais l’infidèle négatif ne passera à la vraie foi qu’en abjurant sa détestable superstition, d’autant plus détestable qu’alors même que contenant des semences de vérité (logoï spermatikos), elle contient plus encore d’innombrables blasphèmes contre le vrai Dieu, à preuve la foi mahométane. C’est pourquoi, en tout état de cause, la foi des infidèles est par essence extrêmement nuisible au salut qu’elle obstacle, et doit être abjurée de ceux qu’elle incite à demeurer dans l’infidélité en refusant farouchement l’assentiment explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale ; refus explicite constituant lors l’infidèle dans l’infidélité formelle ou positive, cause évidente de damnation.
4. Conclusion.
1° Les chrétiens anonymes n’existent pas.
2° Il est impératif de prêcher la foi théologale pour le salut de ceux qui l’acceptent.
3° Les religions des infidèles, obstacles insurmontables à leur salut, doivent être abjurées in statu via, au plus tard à l’article de la mort, sous l’effet d’une grâce actuelle d’illumination à laquelle une vie naturellement vertueuse dispose.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Libremax a écrit : ↑lun. 16 sept. 2024, 12:20 Bonjour,
ce vendredi 13 septembre, notre pape François a dit dans une rencontre interreligieuse avec des jeunes à Singapour :
Le discours intégral....si vous commencez à vous disputer : “Ma religion est plus importante que la tienne… ”, “La mienne est la vraie, la tienne n’est pas vraie… ”. Où cela mène-t-il ? Où ? Quelqu’un répond : où ?
[quelqu’un répond : “La destruction”].
C’est ainsi. Toutes les religions sont un chemin vers Dieu. Elles sont – je fais une comparaison – comme des langues différentes, des idiomes différents, pour y parvenir. Mais Dieu est Dieu pour tous. Et parce que Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous fils de Dieu. “Mais mon Dieu est plus important que le vôtre !” Est-ce vrai ? Il n’y a qu’un seul Dieu, et nous, nos religions sont des langues, des chemins vers Dieu.
Des voix ont commencé à s'élever sur ces propos : comment le successeur de Pierre peut-il parler de la sorte du dialogue inter-religieux, en taisant voire en niant l'absolue vérité de la foi chrétienne sur toute autre religion? Comment peut-il tenir des propos qui semblent revenir sur le "je suis le chemin, la vérité, la vie", le "sans moi, vous ne pouvez rien faire", le "nul ne va au Père sinon par moi", etc.?
Comment réagissez vous, vous, à ce discours du pape ?
Un théologien écrit que c'est vrai si on se situe du point de vue de l'anthropologie religieuse. Et que c'est faux uniquement si on le considère du point de vue de la Révélation.
(voir article.)
Qu'en pensez-vous ? François a-t-il dérapé ? Est-il "hérétique", comme certains l'affirment ? A-t-il tort de parler "sans filet" ?
A-t-il raison de vouloir promouvoir la paix de manière accessible devant un public de jeunes ?
Merci d'avance pour vos avis.
1. Sur le discours pontifical.
Il n'y a qu'un seul Dieu, mais il y a de multiples contrefaçons de Dieu : « les dieux des Nations sont des démons » (Ps. XCVI, 5) ; le diable, « menteur et père du mensonge » (Jn. VIII, 45), n'ayant de cesse de se faire passer pour Dieu pour se faire adorer : « Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores « (Mt. IV, 9). Or, nous le savons, « le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable » (I Jn. III, 8). L’important est donc moins les colloques inter-religieux où fidèles et infidèles déblatèrent de concert pour s’accorder sur les attributs divins, que de savoir si ces attributs sont réellement attribués à Dieu ou à quelque entité satanique – telle la Pachamama… – se donnant captieusement comme Dieu. Il est encore évident que le diable contrefaisant Dieu ne cherche pas à nous amener à Dieu, mais à nous détourner de Dieu.
2. Sur le commentaire du théologien.
« C’est vrai du point de vue de la vertu naturelle de religion. C’est faux du point de vue de la vertu surnaturelle de la foi théologale. »
Ce commentaire est tributaire d’une conception théologique erronée, fort heureusement dépassée (et exclue) par le Concile Œcuménique de Vatican II. Cette conception est celle de la « nature pure », c'est-à-dire de la nature humaine envisagée : 1° indépendamment (abstraction faite) qu’elle soit en état de grâce ou de péché mortel ; 2° comme substrat possible de la grâce sanctifiante.
Or, s’il est évident que la grâce est à la nature ce que l’accident est à la substance – raison pourquoi la grâce est indue, est un don purement gratuit d'ordre surnaturel – n’en est pas moins évident que la nature humaine n’existe que sous ses conditionnements propres : il n’existe de nature humaine qu’intègre ou déchue (et si déchue, laissée à sa déchéance ou rénovée par la grâce du Christ). Définissant le rapport de la grâce sanctifiante à la nature comme celui d’un accident infus à une substance, l’entière gratuité et surnaturalité de la grâce étaient heureusement affirmées. Cette explicitation, magistériellement confirmée comme de fide, n’est pourtant vraie qu’en un sens précis : la grâce n’est aucunement une partie essentielle de la nature humaine. L’erreur fut d’oublier que la nature humaine telle que créée par Dieu avait la grâce sanctifiante (et les dons préternaturels) comme partie intégrante [1]. En d’autres termes l’analyse de la nature humaine doit se chercher en son état supralapsaire (et plus encore en Jésus-Christ, le Christ-homme, notre archétype). La nature pure, envisagée abstraction faite de son état surnaturel ou déchu, est déjà, par sa séparation du surnaturel, déchue. N’est de nature que surnaturalisée (par intégrité ou rénovation) ou déchue : la nature pure est un tertium quid factice. D’où l’erreur de perspective d’une des scolastiques [2], celle posant un ordre de rationalité philosophique propédeutique à l’explication théologique des mystères. En affirmant le primat du surnaturel, l’augustinisme affirme tout au contraire la double intégration du surnaturel et du naturel, l’intégration du surnaturel créé au naturel n’étant qu’en corolaire d’une intégration du naturel surnaturalisé au surnaturel incréé. [3]
« Dieu, dans son infinie bonté, a ordonné l'homme à une fin surnaturelle » (Concile Œcuménique de Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, 2) ; « la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine » (Concile Œcuménique de Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, 22). L’affirmation que la nature humaine serait de soi ordonnée à une fin dernière naturelle absolue à laquelle la fin dernière surnaturelle absolue s’adjoindrait est contraire à la foi : il n’est d’autre fin dernière absolue que surnaturelle ; la nature pure n’existe pas. La fin surnaturelle absolue ne pouvant être atteinte que par les créatures opérant librement par la grâce, les créatures inférieures s’articulent à la fin dernière surnaturelle absolue en s’articulant au microcosme qu’est l’homme sanctifié. « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la manifestation des enfants de Dieu, … la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. » (Rm. VIII, 19-22).
Bref, parce qu'il n'est d'autre fin dernière absolue que surnaturelle, comme heureusement affirmée par le Concile Œcuménique de Vatican II, la nature humaine n’est pas ordonnée à deux fins dernières absolues, l’une naturelle (le Dieu des philosophes), l’autre surnaturelle (le Dieu des chrétiens), autrement dit Dieu comme fin de la nature humaine (pure ou déchue) et ce même Dieu comme fin de la nature humaine entée sur celle du Christ-homme. Il n’est d’autre fin dernière absolue que surnaturelle, qui ne peut être atteinte que par des moyens surnaturels (le surnaturel créé).
La vertu naturelle de religion relève certes de la vertu. Car certes, les vertus des païens ne sont pas des vices. Mais privées du surnaturel, elles ne suffisent pas au salut. Car il ne suffit pas d’être naturellement vertueux pour être un saint. C’est pour autant que vous soyez en état de grâce habituelle et sanctifiante, ayez la foi, l’espérance et la charité – qui est un amour pour Dieu, le vrai Dieu, le Dieu Trine et Incarné, le Dieu de la foi théologale – que vous pourrez vivre en Christ par les vertus théologales en communiant sacramentellement à Lui, pour qu’il vous porte et vous donne de vivre par grâce selon la Loi. C’est à la sainteté, d’ordre surnaturel, que nous sommes tenus. Nous sommes tenus de vivre surnaturellement en Christ, pour qu’en Christ nous recevions l’adoption filiale, devenions surnaturellement fils du Père et cohéritiers de la gloire à venir. Comprenez donc qu’en la sainteté l’héroïcité des vertus morales est celle des vertus morales surnaturelles, qui ne sont surnaturelles que par leur objet et leur mode, par l’influence de la grâce sanctifiante et des vertus théologales surnaturellement infuses ; et que cette héroïcité n’est pas le formel mais le symptôme de la sainteté, dont le formel est la grâce sanctifiante et la charité, à supposer qu’on les distingue plutôt qu’on les confonde.
De surcroit, quant aux religions des infidèles, la vertu naturelle de religion est viciée par l’ensemble des éléments préternaturels sataniques qu’elles incluent : « les dieux des Nations sont des démons » (Ps. XCVI, 5). Il ne suffit donc pas de dire, avec ce théologien, que « l’effet du péché originel qui fait que cette vertu naturelle de religion est aussi blessée et souvent déformée ». Il faut dire que, par l’effet des puissances sataniques, cette vertu est toujours déformée dans les religions infidèles. Lesquelles donc ne peuvent être, même au plan naturel, des voies vers Dieu, puisque, comme précisé ci-avant, la nature humaine n’existe qu’en état de grâce ou de péché mortel, et que, tant que soumise à l’empire du diable [4], cette nature n’est que déchue ; et comme telle, incapable de s'ordonner à Dieu fin dernière surnaturelle absolue. Bref, se placer au plan naturel de la vertu de religion, en oubliant que de facto la vertu naturelle de religion n'existe que surnaturalisée dans la vraie foi ou sataniquement préternaturalisée dans les religions infidèles, c'est un non-sens.
[1] Une partie essentielle est co-constitutive de l’essence du tout dont elle est partie. Ainsi la matière et la forme substantielle, parties essentielles de la substance hylémorphique. Une partie intégrante se distingue d’une partie essentielle en ce sens qu’elle est nécessaire à l’intégrité du tout dont elle est partie sans aucunement être co-constitutive de son essence. Ainsi l’exister, esse ut actus, nécessaire à l’intégrité de la substance prime, esse in actu, qui n’est prime que par l’acte d’être, esse ut actus, par lequel elle est rendue en acte ; ce sans que l’exister soit co-constitutif de l’essence (universel in re) ou des idiomes de la substance singulière dont il est l’acte, étant seulement constitutif de son existence. Loin donc que le passage de la puissance à l’acte fasse disparaitre la puissance passive, celle-ci perdure comme substrat de l’acte qu’elle reçoit : l’essence et l’exister dont elle est le substrat récepteur sont les parties co-constitutives, l’une physique (et essentielle) l’autre méta-physique (et intégrante), d’une même substance prime. Ainsi encore les dons préternaturels et surnaturels créés, parties intégrantes de la nature humaine constituée en son état initial, supralapsaire, intègre, sans en être aucunement des parties essentielles, raison pourquoi la nature humaine perdura après la Chute, quoiqu’en un état si dégradé, corrompu, vicié, peccamineux, que faisant des individus la réalisant des « enfants de colère par nature » (Eph. II, 3) voués à la peine de dam à raison du péché contracté dans leur génération-même : « la doctrine qui rejette comme fable pélagienne ce lieu des enfers (que les fidèles appellent communément les limbes des enfants) dans lequel les âmes de ceux qui sont morts avec la seule faute originelle sont punis de la peine du dam, sans la peine du feu… est fausse, téméraire, injurieuse pour les écoles catholiques » (Pie VI, Auctorem fidei, 26).
[2] La scolastique baroque prolongeant certaines affirmations du discours thomasien.
[3] Loin donc qu’il faille partir de la nature déchue pour remonter philosophiquement jusqu’à Dieu puis enfin saupoudrer les conclusions de la raison du vernis du christianisme, il faut tout à l’inverse poser l’acte de foi théologale, partir du donné formellement et explicitement révélé, et en lui du revelabile formellement et explicitement révélé, pour conséquemment expliciter les conclusions de la raison qui sont celles de la foi, savoir le revelabile formellement et implicitement révélé.
[4] « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. » (I Jn. V, 19). Le diable est « le prince de ce monde » (Jn. XII, 31 ; XIV, 30 ; XVI, 11) ; « le monde entier est sous la puissance du Malin» (I Jn. V, 19). « Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière » (Jn. III, 17-19).
3. Sur ce qu'il faut penser des enseignements de François.
Je ne me prononcerais pas publiquement sur le cas du Pape François.
Je ne vais que dire la doctrine catholique. Sommes-nous papistes ou catholiques ? Dit autrement, considérons-nous que les enseignements pontificaux sont toujours infaillibles, ou distinguons-nous avec l'Église les enseignements pontificaux en faillibles et infaillibles ? Si certains enseignements pontificaux sont faillibles, rien n'obstacle que, de fait, tel ou tel Pape ait délivré un enseignement erroné, voire même hérétique.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Catholique Zombie
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Distinguer avec l'Église qu'un enseignement du Pape serait erroné ou hérétique ? Je n'ai jamais entendu parler de cela.Perlum pimpum a écrit :
[...] ou distinguons-nous avec l'Église les enseignements pontificaux en faillibles et infaillibles ? Si certains enseignements pontificaux sont faillibles, rien n'obstacle que, de fait, tel ou tel Pape ait délivré un enseignement erroné, voire même hérétique.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
C’est donc :Catholique Zombie a écrit : ↑mar. 18 févr. 2025, 12:22Distinguer avec l'Église qu'un enseignement du Pape serait erroné ou hérétique ? Je n'ai jamais entendu parler de cela.Perlum pimpum a écrit :
[...] ou distinguons-nous avec l'Église les enseignements pontificaux en faillibles et infaillibles ? Si certains enseignements pontificaux sont faillibles, rien n'obstacle que, de fait, tel ou tel Pape ait délivré un enseignement erroné, voire même hérétique.
1° Ou que vous niez qu’un Pape puisse errer, de sorte que ses enseignements soient toujours infaillibles.
1. Qu’un pape puisse errer dans la foi ne peut pourtant être sérieusement remis en cause.
Concile Œcuménique de Constantinople III : « Après avoir examiné les lettres dogmatiques écrites par Serge, jadis patriarche de cette ville impériale et confiée à la protection de Dieu, à Cyrus, alors évêque de Phasis, ainsi qu'à Honorius, jadis pape de l'ancienne Rome, comme aussi 1a lettre écrite par celui-ci, Honorius, en réponse à ce même Serge, et après avoir trouvé qu'elles contredisent totalement les enseignements apostoliques et les commandements des saints conciles et de tous les saints Pères reconnus, et qu'elles suivent bien plutôt les fausses doctrines des hérétiques, nous les rejetons totalement et nous les abominons comme dommageables pour les âmes. Quant à ceux c'est-à-dire ceux-là même dont nous rejetons les doctrines impies, nous avons jugé que leurs noms également devaient être bannis de la sainte Eglise, à savoir les noms de Serge... qui a commencé à écrire au sujet de cette doctrine impie, de Cyrus d'Alexandrie, de Pyrrhus, de Paul et de Pierre, et de ceux qui ont présidé sur le siège de cette ville confiée à la protection de Dieu et qui ont pensé comme ceux-là ; ensuite également celui de Théodore, jadis évêque de Pharan ; toutes ces personnes ont été mentionnées par Agathon, le pape très saint et trois fois bienheureux de l'ancienne Rome, dans sa lettre à... l'empereur et rejetées par lui comme ayant pensé contrairement à notre foi orthodoxe ; et nous décrétons que ceux- là sont également soumis à l'anathème. Mais avec eux Nous sommes d'avis de bannir aussi de la sainte Eglise de Dieu Honorius, jadis pape de l'ancienne Rome, et de le frapper d'anathème, parce que nous avons trouvé dans la lettre écrite par lui à Serge qu'il a suivi en tout l'opinion de celui-ci et qu'il a confirmé ses enseignements. »
Pape saint Léon II, Lettre Regi regum à l’empereur Constantin IV, par laquelle le Pape confirme le Concile de Constantinople III : « Nous avons appris en effet que le saint et grand synode universel (Constantinople III) a pensé de même que tout le concile réuni autour de ce saint Siège apostolique (Concile de Rome 680), et qu'il a confessé en accord avec nous : Que notre seigneur Jésus Christ est l'un de la sainte et indivisible Trinité, qui existe à partir et en deux natures, sans confusion, sans séparation, sans division ; qu'il est, un seul et même, Dieu parfait et homme parfait , la propriété de chacune des deux natures qui se joignent en lui demeurant sauves ; qu'un seul et même a opéré les choses divines en tant que Dieu, et qu'il a opéré inséparablement les choses humaines en tant qu'homme, à l'exception du seul péché ; et le concile a affirmé en vérité que pour cette raison il a également deux volontés naturelles et deux opérations naturelles par lesquelles est manifestée principalement aussi la vérité de ses natures, pour qu'on reconnaisse en effet clairement la différence, à quelle nature elles appartiennent, à partir desquelles et dans lesquelles existe un seul et même notre Seigneur Jésus Christ ; en raison de cela nous avons effectivement reconnu... que ce saint... sixième synode... s'est attaché sans défaillance à la prédication apostolique, qu'il est en accord en tout avec la définition des cinq saints conciles universels, et qu'il n'a rien ajouté ni retranché aux déterminations de la vraie foi, mais qu'il s'est avancé avec une grande droiture sur le chemin royal et évangélique ; et en eux et par eux a été gardée l'élaboration des saints dogmes et la doctrine des Pères éprouvés de l'Eglise catholique... Et parce que (le synode de Constantinople) a proclamé dans toute sa plénitude... la définition de la foi juste que le Siège apostolique du bienheureux apôtre Pierre, lui aussi...a reçue avec vénération, pour cette raison Nous aussi et, par notre ministère, ce vénérable Siège apostolique, d'un accord unanime, Nous donnons notre assentiment à ce qui a été défini par lui, et Nous le confirmons par l'autorité du bienheureux Pierre... Et de la même manière Nous anathématisons les inventeurs de la nouvelle erreur, à savoir Théodore, l'évêque de Pharan, Cyrus d'Alexandrie, Serge, Pyrrhus ...de même aussi que Honorius qui n'a pas purifié cette Eglise apostolique par l'enseignement de la tradition apostolique, mais a tenté de subvertir la foi immaculée en une trahison impie (texte grec : a permis que l'Eglise immaculée soit souillée par une trahison impie). »
D’où conséquemment la réflexion des canonistes sur le Pape hérétique. Ainsi le canon Si Papa du Décret de Gratien (distinction 40, canon 6) : « Si papa suae et fraternae salutis negligens reprehenditur inutilis et remis-sus in operibus suis, et insuper a bono taciturnus, quod magis officit sibi et omnibus, nichilominus innumerabiles populos cateruatim secum ducit, primo mancipio gehennae cum ipso plagis multis in eternum uapu-laturus. Huius culpas istic redarguere presumit mortalium nullus, quia cunctos ipse iudicaturus a nemine est iudicandus, nisi deprehendatur a fide devius ; pro cuius perpetuo statu uniuersitas fidelium tanto instantius orat, quanto suam salutem post Deum ex illius incolumitate animaduer-tunt propensius pendere. » Nul ne peut juger le Pape, sauf s’il a dévié dans la foi.
D’où encore cet enseignement du Pape Innocent III, pourtant farouche partisan des prérogatives pontificales, donné en ses Sermons : « La foi m’est tellement nécessaire que si je n’ai que Dieu pour juge de les autres péchés, pour le péché contre la foi, et pour lui seul, l’Église pourrait me juger, parce que qui ne croit pas est déjà jugé. » (Sermo II, In consecratione pontificis). « Pour cause de véritable fornication l’Église romaine pourrait démettre le pontife romain. Je ne parle pas de fornication charnelle mais spirituelle, c’est-à-dire causée par l’infidélité de l’erreur, parce que qui ne croit pas est déjà jugé. » (Sermo III, In consecratione pontificis). « Puisqu’il peut d’autant moins être jugé par les hommes, qu’il est d’autant plus jugé par Dieu. Je dis d’autant moins, parce qu’il peut être jugé par les hommes, ou peut être manifesté/déclaré avoir été jugé [judicatus ostendis], s’il est évident qu’il s’est perdu dans l’hérésie, parce que qui ne croit pas est déjà jugé. » (Sermo IV, In consecratione pontificis).
DTC, « Infaillibilité du Pape » : « On rencontre dans le Decretum de Gratien cette assertion attribuée à saint Boniface, archevêque de Mayence, et déjà cité sous son nom par le cardinal Deusdedit († 1087), ainsi que par Yves de Chartres, Decretum, v, 23, que le pape peut défaillir dans la foi : Hujus (i.e. papæ) culpas istic redarguere præsumit mortalium nullus, quia cunctos ipse judicaturus a nemine est judicandus, nisi deprehendatur a fide devius. Decretum, part. I, dist. XL, c. 6. » « Dans la suite cette même doctrine se retrouve jusque chez les partisans les plus convaincus du privilège pontifical. Innocent III s'y réfère dans un de ses sermons : In tantum fides mihi necessaria est ut cum de ceteris peccatis solum Deum judicem habeam, propter solum peccatum quod in fide committitur possem ab Ecclesia judicari. P.L., t. ccvii, col. 656. » « Les grands théologiens scolastiques ont généralement négligé d'envisager cette hypothèse ; mais les canonistes des XIIè et XIIIè siècles connaissent et commentent le texte de Gratien. Tous admettent sans difficulté que le pape peut tomber dans l’hérésie comme dans toute autre faute grave ; ils se préoccupent seulement de rechercher pourquoi et dans quelles conditions il peut, dans ce cas, être jugé par l'Église. C'est pour quelques uns la seule exception à l’inviolabilité pontificale ... D'autres équiparent à l’hérésie le schisme, la simonie, l’inconduite, mais le péché contre la foi demeure toujours le cas type qui leur sert à régler la procédure. Il doit être question d'une affaire intéressant toute l'Église. Rufin (vers 1164-1170) résume ainsi les opinions de son temps : In ea (causa) quæ totam Ecclesiam contingit judicari potest, sed in ea quæ unam personam vel plures non. Le même auteur précise qu’il faut entendre cette règle de l’hérésie obstinée. Prima sedes non judicabitur a quoquam nisi in fidei articulis pertinaciter erraverit. Ce qui suppose, pour Jean de Faënza que le pape coupable a été secundo et tertio commonitus. Il n’y a plus lieu dans ce cas d’invoquer la primauté : pour Huguccio († 1210) le pape est alors minor quolibet catholico. » « À partir du XIIIè siècle, les Décrétalistes ont tendance à s’en tenir à la lettre de Gratien, que les Décrétalistes étendaient volontiers à des cas similaires. Les premiers réservent donc le jugement du pape pour seul cas d’hérésie. Nisi in crimine hæresis dit Bernard de Pavie († 1213). Excipitur unum solum crimen super quo Papa accusari possit, prononce le célèbre Hostiensis (Henri de Séguso) († 1271). Mais l’éventualité de ce dernier cas est toujours prévue sans la moindre hésitation. Restreinte ou élargie la pensée de Gratien a dominé tout le droit canonique du moyen âge. » « Au XVè siècle la même doctrine persite encore chez de nombreux auteurs, qui, comme leurs devanciers, ajoutent que le pape est, en ce cas, immédiatement déchu de la dignité pontificale ou déposé par le fait même, Torquémada, Summa de Ecclesia, l.II, c. cxii, Rome, 1469. Selon d’autres théologiens, le pape peut, en ce cas, être jugé par un concile. Nicolas Tudeschi ou Panormitanus († 1445), Commentaria in Decretal. l. I, tit. iv, c. 4, n. 3, Venise, 1617, t. i, p. 108 ; Thomas Netter ou Waldensis († 1430), Doctrinale antiquitatum fidei ecclesiæ catholicæ, l. II, a. 3, c. 80, Venise, 1571, t. i, p. 397. » « Au commencement du XVIè siècle, l’opinion du cardinal Torquémada est reproduite par Cajétan, De romani pontificis instutitione et auctoritate, c. xiii, Opuscula omnia, t. i, tr. iii, Turin, 1582, p. 93 sq., et par Sylvestre de Priério, Summa sylvestrina, art. Papa, n. 4, Lyon, 1594, t. ii, p. 276. À l’encontre de cette assertion, Pighi affirme que, selon la promesse de Jésus-Christ, prise dans toute son étendue, Mat. XVI 18, il est impossible que le Pape soit hérétique, parce que, le fondement de l’Église faisant alors défaut ou cessant d’être uni à Jésus-Christ, il serait vrai de dire que les puissances de l’Enfer ont prévalu contre l’Église. Pighi confirme sa conclusion par ce fait providentiel, certainement démontré, dit-il, qu’il n’y a eu jusque là aucun Pape hérétique, ce qui autorise à conclure qu’il n’y en aura point jusqu’à la fin des siècles. Hierarchiæ ecclesiasticæ assertio, l. IV, c. viii, Cologne, 1538, fol. cxxxi sq. Cette affirmation de Pighi fût aussitôt combattue par Melchior Cano qui, après avoir rejetté la plupart des explications données par Pighi pour justifier plusieurs papes au sujet de la foi, conclut que l’on ne peut nier que le souverain pontife puisse être hérétique, puisqu’en fait il y a un exemple ou peut-être deux. De locis theologicis, l. VIII, c. viii, Opera, Venise, 1759, p. 170. Cano fut suivi par Dominique Soto, In IV Sent., dist. XXII, q. ii, a. 2, Venise, 1575, t. i, p. 1040 ; Grégoire de Valence, Analysis fidei catholicæ, part. VIII, Ingolstadt, 1585, p. 310 ; Bannez, Commentaria in IIam IIae, q. i, a. 10, dub. II, Venise, 1602, col. 115 sq. Phigi eut cependant quelques défenseurs. Bellarmin soutint comme probable cette proposition extraite de Pighi : il est probable et l’on peut croire pieusement que le souverain pontife, considéré comme personne privée, ne peut être hérétique en adhérant avec opiniatreté à une erreur contraire à la foi ... De romano pontifice, l. IV, c. vi sq. » « Au XVIIème siècle, l'opinion de Pighi et de Bellarmin fut défendue comme probable par plusieurs théologiens, notamment par Suarez, De fide, tr. I, disp. X, sect. vi, n. 12 ... » É. Dublanchy, DTC, article « Infaillibilité du Pape », colonnes 1714 à 1716, extraits.
2. L’Église n'a jamais enseigné que les Papes seraient infaillibles en la totalité de leurs enseignements.
La définition de foi de la Constitution Pastor Æternus ne vise que les définitions ex cathedra des Pontifes. L’infaillibilité est étendue par la Congrégation pour la doctrine de la foi à la totalité des actes d’enseignements définitifs (au sens technique du mot), conformément d’ailleurs à la doctrine catholique.
C’est pourquoi le code de droit canonique distingue les enseignements pontificaux selon qu’ils soient infaillibles ou faillibles.
« Can. 750 - §1. On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition, c'est-à-dire dans l'unique dépôt de la foi confié à l'Église et qui est en même temps proposé comme divinement révélé par le Magistère solennel de l'Église ou par son Magistère ordinaire et universel, à savoir ce qui est manifesté par la commune adhésion des fidèles sous la conduite du Magistère sacré; tous sont donc tenus d'éviter toute doctrine contraire. - § 2. On doit aussi adopter fermement et faire sien tous les points, et chacun d'eux, de la doctrine concernant la foi ou les mœurs que le Magistère de l'Église propose comme définitifs, c'est-à-dire qui sont exigés pour conserver saintement et exposer fidèlement le dépôt de la foi; celui qui repousse ces points qui doivent être tenus pour définitifs s'oppose donc à la doctrine de l'Église catholique.
Can. 752 - Ce n'est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté qu'il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de mœurs, même s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte décisif; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine. »
Quant aux enseignements pontificaux faillibles, s’ils jouissent d’une présomption d’orthodoxie, cette présomption n’est pas irréfragable, et peut être levée. Car enfin, si la présomption d’orthodoxie dont jouissent les enseignements faillibles des successeurs de Pierre était irréfragable, la seule conclusion serait que les Papes sont infaillibles en la totalité de leurs enseignements, ruinant par le fait la distinction des assentiments (de foi / religieux et prudent) qu’il faut leur apporter. « Puisqu’il peut d’autant moins être jugé par les hommes, qu’il est d’autant plus jugé par Dieu. Je dis d’autant moins, parce qu’il peut être jugé par les hommes, ou peut être manifesté/déclaré avoir été jugé [judicatus ostendis], s’il est évident qu’il s’est perdu dans l’hérésie, parce que qui ne croit pas est déjà jugé. » Bref, la présomption simple (vs. irréfragable) d’orthodoxie des enseignements faillibles s’impose, sauf évidence du fait contraire (evidentia facti).
2° Ou que vous affirmez qu’il ne puisse errer qu’après que Dieu l’ait déposé du souverain pontificat.
1. À suivre l'opinion qu'un Pape hérétique est déposé par Dieu, de trois choses l'une.
Soit Dieu a déposé le fauteur immédiatement avant (antécédence réelle) qu'il ne professe l'hérésie. Soit il l'a déposé à l'instant même où il professait l'hérésie (simultanéité réelle). Soit il l'a déposé immédiatement après (conséquence réelle). La première réponse parait farfelue, le fauteur étant puni avant d'avoir fauté. Reste donc les deux autres. À affirmer la consécution réelle, c'est comme Pape formellement Pape que le fauteur a enseigné l'hérésie : un Pape formellement Pape peut donc errer dans la foi. À affirmer la simultanéité réelle de la déposition et de l'hérésie, une distinction de raison raisonnée peut-être posée, selon laquelle, dans l'ordre de la causalité dispositive l'hérésie est cause de la déposition, tandis que dans l'ordre de la causalité formelle la déposition est cause de l'hérésie, restant alors qu'en l'ordre de la causalité dispositive le fauteur était encore Pape lorsqu'il professait l'hérésie : un Pape formellement Pape peut donc errer dans la foi.
2. La thèse du Pape déposé par Dieu ne s'impose pas. C'est une thèse théologique ayant contre elle la thèse contraire.
Au XIIIè siècle des commentateurs tels Huguccio et Jean le Teutonique étendent au Pape scandaleux la possibilité d’être déposé. Même doctrine chez l’auteur anonyme de la Glose ordinaire. Somme toute, il s’agit de réprimer les « crimes énormes » du Pape. À partir de Gratien les canonistes vont étendre les cas de déposition pontificale jusqu’à y inclure, avec Étienne de Tournai, toute action pontificale attentant au bien commun de l’Église. Les canonistes subséquents seront plus restrictifs et n’envisageront la déposition que pour hérésie, même si des théologiens continueront d’étendre les cas de déposition à d’autres cas que l’hérésie. Huguccio (comme aussi Rufin et Jean de Faenza) veut que le Pape ne soit déposable qu’après monition restée sans effet, ce qui est basculer du péché d’hérésie au délit d'hérésie ([e qui ne va pas sans poser le problème, la monition canonique préalable, dont la violation est constitutive du délit, ne pouvant être adressée au Pape que par un supérieur (introuvable) ou un égal (le collège des évêques unis au Pape pris selon son office mais plus selon sa personne, dans l’hypothèse où seraient deux sujets formels de la plénitude de juridiction ; cf. § infra), et avec Jean le Teutonique il étend la déposition à tout cas de persistance contumace dans des crimes notoires. Cette question est encore actuelle à l’âge de la théologie baroque, ou des théologiens comme Cajétan, Suárez, Bellarmin, la traitent ex professo. Suarez (De fide, X, 6) et Cajétan (De comparatione auctoritatis papæ et concilii, XX) opinent pour la thèse du Pape ecclésialement déposable. Bellarmin (De Romano Pontifice, II) tient pour le Pape divinement déposé, en l’hypothèse pour lui peu probable qu’un Pape tombe dans l’hérésie. Qu’on tienne pour le pape déposable ou déposé, la doctrine voulant que l’Église puisse déposer (Pape déposable) ou déclarer Dieu avoir déposé (Pape déposé) sera toujours pérenne, le magistère suprême simplement authentique pouvant sombrer en tout acte d’enseignement non-définitif.
La réponse peut se chercher dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium, chapitre 22 §2, du Concile Œcuménique de Vatican II. « L’ordre des évêques, qui succède au collège apostolique dans le magistère et le gouvernement pastoral, bien mieux dans lequel le corps apostolique se perpétue sans interruption constitue, lui aussi, en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef, le sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Église, pouvoir cependant qui ne peut s’exercer qu’avec le consentement du Pontife romain. » Soit donc sont deux sujets formels de la plénitude de juridiction, le Collège épiscopal l’étant par son union au Pape pris selon son office (et ainsi « jamais en dehors de ce chef »), ce sans être nécessairement uni au Pape pris selon sa personne ni donc à ceux de leurs collègues unis à la personne du Pape hérétique stricto ou lato sensu ; soit n’est qu’un seul sujet formel, le Pape, exerçant son office, soit seul, soit en union au Collège simple sujet matériel de la plénitude de juridiction du Pape. Dans le premier cas le Collège épiscopal est l’égal en juridiction du Pontife, et l’égal peut juger son égal. Dans le second le Collège est l’inférieur du Pontife et ne peut le juger, quoiqu’il puisse déclarer qu’il n’est plus formellement Pape, a perdu sa plénitude de juridiction, Dieu l’ayant déposé. La Note explicative préliminaire tirée des Actes du Concile ne permet pas de conclure avec certitude, même si elle semble aller dans le sens d’un unique sujet formel. En effet, si « la distinction n’est pas entre le Pontife romain et les évêques pris ensemble, mais entre le Pontife romain seul et le Pontife romain ensemble avec les évêques » (Note 3), reste pendant de savoir si cette union du Collège épiscopal au Pape l’est selon sa personne et son office ou ne l’est que selon son office en les cas où le Pape pris selon sa personne agit contre son office. De même, si le Collège ne peut exercer sa plénitude de juridiction qu’ « avec le consentement de son chef » (Note, 4), reste pendant de savoir ce que peut valoir le consentement du Pape quand sa personne agit gravement contre son office. De même enfin si la proportionnalité de Pierre aux Apôtres et du Pape aux Évèques n’est pas une égalité (Note, 1), le Collège des évêques devant être uni au Pape pris selon son office, reste pendant de savoir s’il doit aussi l’être à sa personne en les cas où la personne outrepasse son office en attentant à la foi ou aux mœurs. Quoi qu’il en soit l’Église, société parfaite, jouit comme toute société du droit à la légitime défense, donc est légitime à se défendre d’un Pape hérétique, soit en le déposant, soit plus probablement en le déclarant déjà déposé par Dieu. Mais si « Papa hereticus depositus est », qu’en est-il de ses actes juridictionnels émis en l’intervalle de la déposition et de la déclaration ; réflexion incitant à la thèse du Pape déposable. Le drame ecclésiologique actuel résulte pour partie de l’interruption du Concile Œcuménique de Vatican I. Une Constitution De Ecclesia Christi était prévue en contre-poid à la Constitution Pastor Æternus. L’interruption du Concile suite à l’invasion de Rome par les troupes italiennes a produit une ecclésiologie déséquilibrée en conséquence de quoi, pour peu qu’un Pape s’affranchisse de la foi en ses enseignements faillibles, l’Église devient victime d’un subjectivisme pontifical incontrôlable et tyrannique.
3. Quant à savoir laquelle des thèses est vraie, je l'ignore.
J'incline d'avantage à la thèse du Pape déposé, mais sans certitude. D'autant que cette thèse est mobilisée par les milieux sédévacantistes, dont les affirmations sont d'ordinaire calamiteuses (destruction de la succession apostolique, invalidité des sacrements de l'ordre et de l'eucharistie), et d'ordinaire fondées sur des erreurs doctrinales manifestes (raison pourquoi j'assimile d'ordinaire les sédévacantistes à des sédémachintruquistes).
Bref, je ne récuse pas d'emblée la possibilité théorique du sédévacantisme, mais j'attends que ceux qui s'en prévalent développent des arguments doctrinalement sérieux. En l'état, je n'en connais pas qui résiste à la critique, mais reste ouvert à la discussion. Je ne parle pas d'une discussion relative à l'application des principes sédévacantistes à la situation post-conciliaire, mais seulement d'une discussion relative aux principes doctrinaux sur lesquels les sédévacantistes prétendent s'appuyer.
Dans l'hypothèse où la modération refuserait qu'une telle discussion, alors même strictement limitée aux seuls principes doctrinaux, puisse se tenir ici, rien ne vous empêche, si vous le souhaitez, de me contacter par mp.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Léon
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
En replaçant cette déclaration dans son contexte de réunion inter-religieuse à Singapour avec des jeunes, il me semble qu'on ne peut pas parler d' "enseignement" du Pape.
Il s'agit d'une opinion individuelle ponctuelle et isolée, à un moment donné, qui n'engage que son auteur.
Une chose est de réfuter, repousser, condamner une opinion fausse, une erreur.
C'est autre chose de juger et condamner son auteur à titre personnel, qu'il soit Pape ou non.
Et c'est encore autre chose de dire que Dieu a déposé le Pape pour cette raison ou pour une autre.
Ainsi, il est tout à fait possible de refuser et même condamner cette opinion que "toutes les religions sont un chemin vers Dieu".
Tout en évitant le piège de juger et condamner son auteur, quelqu'il soit.
Le Christ est le Chemin, la Vérité, la Vie... C'est tout.
Pour le reste, trop de doctrine tue la doctrine, vaut mieux en rester au sujet et se calmer avec les digressions.
Il s'agit d'une opinion individuelle ponctuelle et isolée, à un moment donné, qui n'engage que son auteur.
Une chose est de réfuter, repousser, condamner une opinion fausse, une erreur.
C'est autre chose de juger et condamner son auteur à titre personnel, qu'il soit Pape ou non.
Et c'est encore autre chose de dire que Dieu a déposé le Pape pour cette raison ou pour une autre.
Ainsi, il est tout à fait possible de refuser et même condamner cette opinion que "toutes les religions sont un chemin vers Dieu".
Tout en évitant le piège de juger et condamner son auteur, quelqu'il soit.
Le Christ est le Chemin, la Vérité, la Vie... C'est tout.
Pour le reste, trop de doctrine tue la doctrine, vaut mieux en rester au sujet et se calmer avec les digressions.
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Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Il s'agit d'une opinion individuelle ponctuelle et isolée, à un moment donné, qui n'engage que son auteur.
C’est un enseignement donné à toute l’Église. Un enseignement doctrinal relatif aux moyens du salut. Donné à toute l’Église puisque, par delà ses destinataires immédiats, il est public.
Une chose est de réfuter, repousser, condamner une opinion fausse, une erreur.
C'est autre chose de juger et condamner son auteur à titre personnel, qu'il soit Pape ou non.
L’acte s’attribue à l’agent.
Relativement à la responsabilité morale de l’agent, la seule question est de savoir si l’acte fautif lui est formellement (vs. matériellement) imputable. Je n’abordais pas cet aspect des choses.
Et c'est encore autre chose de dire que Dieu a déposé le Pape pour cette raison ou pour une autre.
Su4 ce point nous sommes d’accord.
C’est un enseignement donné à toute l’Église. Un enseignement doctrinal relatif aux moyens du salut. Donné à toute l’Église puisque, par delà ses destinataires immédiats, il est public.
Une chose est de réfuter, repousser, condamner une opinion fausse, une erreur.
C'est autre chose de juger et condamner son auteur à titre personnel, qu'il soit Pape ou non.
L’acte s’attribue à l’agent.
Relativement à la responsabilité morale de l’agent, la seule question est de savoir si l’acte fautif lui est formellement (vs. matériellement) imputable. Je n’abordais pas cet aspect des choses.
Et c'est encore autre chose de dire que Dieu a déposé le Pape pour cette raison ou pour une autre.
Su4 ce point nous sommes d’accord.
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
@Léon,
Je ne peux pas être d'accord avec votre commentaire.
Parce qu'il est manifeste qu'il s'agit bien du pape qui s'exprime, et du pape s'exprimant publiquement en tant que pape pour commencer. Il s'agit bien du pape vêtu comme un pape, et intervenant dans le cadre d'une activité officielle prévue depuis longtemps à l'agenda au Vatican. Cela c'est pour la forme. Et quant au contenu de ce qui est dit : jamais nous sera-t-il fait une allusion sensible selon laquelle il nous faudrait recevoir cette information comme devant être simplement l'opinion bien personnelle d'une homme, une opinion n'engageant absolument pas le magistère, ni l'Église ni personne d'autres parmi les fidèles.
Par le passé, il aura pu arrivé déjà qu'un Joseph Ratzinger ait pu exprimer une opinion bien personnelle et que ce soit dans une revue ou dans un livre. Mais toujours l'aura-t-il fait savoir en précisant justement qu'il devait s'agir que de son opinion à lui et rien d'autre. Même si «Benoit XVI», en écrivant un livre sous son nom civil de Joseph Ratzinger : l'ex-pape faisait savoir d'avance à tout le monde que les opinions exprimées dans son bouquin n'étaient alors que des opinions. Le contenu du bouquin ne risquera pas de servir de brique à insérer dans le développement officiel de la doctrine et ce sur quoi toute l'Église aurait à s'appuyer pour définir sa pastorale ou ses initiatives missionnaires.
Avec François, ce n'est clairement pas comme dans l'exemple que l'on retrouverait chez Joseph Ratzinger et son bouquin publié rien qu'à titre privé, comme je viens de dire.
Ensuite ...
Vous parlez d'un événement ponctuel et isolé. Mais le propos que François a tenu devant les jeunes en Asie est tout sauf un «couac» unique, un bredouillement isolé et comme sans rapport aucun avec d'autres interventions toutes aussi officielles qu'il aurait pu faire ailleurs ou les années précédentes, et puis toujours à titre de pape. Quand on considère ce que dit François avec les années : on réalise qu'il y a bien une cohérence dans ce qu'il dit, on trouve un sens et puis c'est un sens que lui-même présente comme devant être bien inspiré, placé sous le patronage de Dieu et du Saint Esprit. Il dit bien ce que l'Église devrait penser et faire. On s'y trouve bien loin de l'opinion personnelle discutable et qui ne serait pas meilleure que d'autres.
On peut être certain que les millions ou le milliard d'individus qui visionneront la vidéo du pape en Asie comprendront tous que ce que le pape dit aux jeunes devant lui représente bien l'enseignement du pape, ce que le pape croit et ce qu'il aimerait également que tous les catholiques du monde puissent croire. C'est le pape qui incite les catholiques (entre autres) à croire ce qu'il dit ... et enseigne.
Je ne peux pas être d'accord avec votre commentaire.
Parce qu'il est manifeste qu'il s'agit bien du pape qui s'exprime, et du pape s'exprimant publiquement en tant que pape pour commencer. Il s'agit bien du pape vêtu comme un pape, et intervenant dans le cadre d'une activité officielle prévue depuis longtemps à l'agenda au Vatican. Cela c'est pour la forme. Et quant au contenu de ce qui est dit : jamais nous sera-t-il fait une allusion sensible selon laquelle il nous faudrait recevoir cette information comme devant être simplement l'opinion bien personnelle d'une homme, une opinion n'engageant absolument pas le magistère, ni l'Église ni personne d'autres parmi les fidèles.
Par le passé, il aura pu arrivé déjà qu'un Joseph Ratzinger ait pu exprimer une opinion bien personnelle et que ce soit dans une revue ou dans un livre. Mais toujours l'aura-t-il fait savoir en précisant justement qu'il devait s'agir que de son opinion à lui et rien d'autre. Même si «Benoit XVI», en écrivant un livre sous son nom civil de Joseph Ratzinger : l'ex-pape faisait savoir d'avance à tout le monde que les opinions exprimées dans son bouquin n'étaient alors que des opinions. Le contenu du bouquin ne risquera pas de servir de brique à insérer dans le développement officiel de la doctrine et ce sur quoi toute l'Église aurait à s'appuyer pour définir sa pastorale ou ses initiatives missionnaires.
Avec François, ce n'est clairement pas comme dans l'exemple que l'on retrouverait chez Joseph Ratzinger et son bouquin publié rien qu'à titre privé, comme je viens de dire.
Ensuite ...
Vous parlez d'un événement ponctuel et isolé. Mais le propos que François a tenu devant les jeunes en Asie est tout sauf un «couac» unique, un bredouillement isolé et comme sans rapport aucun avec d'autres interventions toutes aussi officielles qu'il aurait pu faire ailleurs ou les années précédentes, et puis toujours à titre de pape. Quand on considère ce que dit François avec les années : on réalise qu'il y a bien une cohérence dans ce qu'il dit, on trouve un sens et puis c'est un sens que lui-même présente comme devant être bien inspiré, placé sous le patronage de Dieu et du Saint Esprit. Il dit bien ce que l'Église devrait penser et faire. On s'y trouve bien loin de l'opinion personnelle discutable et qui ne serait pas meilleure que d'autres.
On peut être certain que les millions ou le milliard d'individus qui visionneront la vidéo du pape en Asie comprendront tous que ce que le pape dit aux jeunes devant lui représente bien l'enseignement du pape, ce que le pape croit et ce qu'il aimerait également que tous les catholiques du monde puissent croire. C'est le pape qui incite les catholiques (entre autres) à croire ce qu'il dit ... et enseigne.
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Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Il s'agit de comprendre ce que le pape François raconte, aimerait nous faire saisir, voudrait nous faire accepter réellement en 2025. Ce serait le sujet du fil par excellence. Il n'y a pas là un trop plein de doctrines comme il s'agit d'abord de capter quelle serait celle du pape justement. Ce n'est pas vrai que l'Église catholique fonctionne sans doctrine, rien qu'à coups de bons sentiments ou d'impulsions pieuses irraisonnées.Pour le reste, trop de doctrine tue la doctrine, vaut mieux en rester au sujet et se calmer avec les digressions.
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Léon
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonjour "CZ",
vous pouvez éviter de confondre le Pape avec le Christ, avec Dieu Lui-même... ou encore éviter de le confondre avec un vulgaire gourou.
Dans l'Eglise, il y a des règles d'engagements de l'autorité du Pape, différents degrés d'autorité du magistère.
Donc tout ce qu'il dit n'a pas égale importance ni obligation pour nous.
Et je n'ai pas dit que l'Eglise fonctionne sans doctrine...
Je disais à PP que trop de doctrine tue la doctrine, que trop de théologie tue la théologie, par rapports à ses longs posts "techniques".
vous pouvez éviter de confondre le Pape avec le Christ, avec Dieu Lui-même... ou encore éviter de le confondre avec un vulgaire gourou.
Dans l'Eglise, il y a des règles d'engagements de l'autorité du Pape, différents degrés d'autorité du magistère.
Donc tout ce qu'il dit n'a pas égale importance ni obligation pour nous.
Et je n'ai pas dit que l'Eglise fonctionne sans doctrine...
Je disais à PP que trop de doctrine tue la doctrine, que trop de théologie tue la théologie, par rapports à ses longs posts "techniques".
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Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Le fait isolé se répète dans une vidéo du pape de janvier 2022
En lien avec la phrase :
En lien avec la phrase :
Léon
il me semble qu'on ne peut pas parler d' "enseignement" du Pape.
Il s'agit d'une opinion individuelle ponctuelle et isolée
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Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Le pape dit :
Ma réponse : oui.
Il s'agit bel et bien d'un enseignement magistériel du pape. C'est ainsi que François l'entendrait lui-même.
Infaillible ? Il le faut. D'une part, François est certain que son enseignement est inspiré de l'Esprit Saint, je pense. Et, d'autre part, l'infaillibilité veut juste signifier qu'en suivant ce que dit François et mettant cela en pratique : un fidèle ne risquera pas lui-même de s'écarter de ce que pense et croit l'Église, ne va pas contredire la foi catholique ou sa pratique en 2025.
François nous dit «il faut». C'est tel un commandement de l'Église. Moi, je suis certain à 100% que si un fidèle en France met en pratique ce que dit François, il va recevoir l'approbation de toute la Conférence des évêques de France. Une simple opinion ? Non. Un enseignement ressortissant du magistère de l'Église, l'orientation de pensée et de pratique que la haute hiérarchie de l'Église souhaite bien être transmise à tous et jusque dans le fond de la dernière paroisse la plus humble en Afrique.
Liberté religieuse
Le contenu de ce que nous dit François dans cette vidéo est intéressant. Il nous dit comment il faut comprendre la notion de liberté religieuse (Vatican II) Il nous explique qu'il ne s'agit pas simplement de se contenter de ne molester personne, de ne mettre personne en prison ou de laisser faire les autres de leur côté (les Juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous, etc.) ou les laisser tranquille et pratiquer leur religion. Non. Il faut avec cela les valoriser dans leur différence, accueillir dans la joie cette différence et les recevoir comme des frères et participant de l'unité de cette grande famille que l'on dirait être celle des «enfants de Dieu».
Et c'est pourquoi il peut dire ce qu'il dit aux jeunes en Asie, qu'il serait destructeur de se battre pour dire que notre religion serait meilleure que la leur, que les religions sont plutôt comme des langues différentes.
Une langue n'est pas meilleure qu'une autre, on peut valoriser le fait que l'italien soit différent de l'allemand ou que la langue espagnole aurait son propre charme que n'aurait pas la langue française mais quand la langue française présenterait d'autres avantages. Mais le français c'est le français, l'anglais l'anglais, la langue des Dogons le dogon en Afrique et c'est très bien comme cela. Et l'on ne va pas se mettre à exiger que les Allemands soient sous le devoir de passer bientôt à l'utilisation de la langue française ! Il faudrait que les Russes parlent quasiment tous français à Moscou dans leur vie quotidienne et d'ici cent ans ? Non. Ce serait un mal qu'ils conservent le russe ? Non.
Mais alors qu'est-ce qui compte ? le plus important ? La fraternité. Le fait d'être gentil, accueillant, aimant, compréhensif et ouvert aux autres et à leur différence (différence religieuse également). Pas de sermons pour dire aux Juifs qu'ils doivent changer de religion ou que ce serait mieux si un musulman devenait chrétien. On accepte la différence. «On vous aime avec cette différence». On obéit à Dieu, peut témoigner de ce qu'il est, lui rend service et l'honore dans la mesure même ou l'on se comporte ainsi avec tous.
Quelqu'un pourrait-il nous servir une autre exégèse des paroles de François ?
C'est dans la vidéo. Est-ce une simple opinion personnelle ou si c'est un enseignement pour tous les catholiques ? Et est-ce que l'information qu'il livre à tous ici se reflète ou pas dans toutes les activités du pape ? lors de toutes ses rencontres avec diverses personnalités ? dans toutes ses communications ?François
Comment pouvons-nous permettre, dans une société civilisée, que des personnes soient persécutées pour la seule raison qu'elles professent publiquement leur foi ? La liberté religieuse ne se limite pas à la liberté de culte le jour prescrit. Elle consiste à valoriser l'autre dans sa différence et à voir ce frère véritablement dans l'autre. Il faut accueillir nos différences dans la joie d'être frères. Même une différence substantielle comme la différence religieuse ne nous empêche pas de voir la grande unité d'être frères.
(Transcription de l'essentiel)
Ma réponse : oui.
Il s'agit bel et bien d'un enseignement magistériel du pape. C'est ainsi que François l'entendrait lui-même.
Infaillible ? Il le faut. D'une part, François est certain que son enseignement est inspiré de l'Esprit Saint, je pense. Et, d'autre part, l'infaillibilité veut juste signifier qu'en suivant ce que dit François et mettant cela en pratique : un fidèle ne risquera pas lui-même de s'écarter de ce que pense et croit l'Église, ne va pas contredire la foi catholique ou sa pratique en 2025.
François nous dit «il faut». C'est tel un commandement de l'Église. Moi, je suis certain à 100% que si un fidèle en France met en pratique ce que dit François, il va recevoir l'approbation de toute la Conférence des évêques de France. Une simple opinion ? Non. Un enseignement ressortissant du magistère de l'Église, l'orientation de pensée et de pratique que la haute hiérarchie de l'Église souhaite bien être transmise à tous et jusque dans le fond de la dernière paroisse la plus humble en Afrique.
Liberté religieuse
Le contenu de ce que nous dit François dans cette vidéo est intéressant. Il nous dit comment il faut comprendre la notion de liberté religieuse (Vatican II) Il nous explique qu'il ne s'agit pas simplement de se contenter de ne molester personne, de ne mettre personne en prison ou de laisser faire les autres de leur côté (les Juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous, etc.) ou les laisser tranquille et pratiquer leur religion. Non. Il faut avec cela les valoriser dans leur différence, accueillir dans la joie cette différence et les recevoir comme des frères et participant de l'unité de cette grande famille que l'on dirait être celle des «enfants de Dieu».
Et c'est pourquoi il peut dire ce qu'il dit aux jeunes en Asie, qu'il serait destructeur de se battre pour dire que notre religion serait meilleure que la leur, que les religions sont plutôt comme des langues différentes.
Une langue n'est pas meilleure qu'une autre, on peut valoriser le fait que l'italien soit différent de l'allemand ou que la langue espagnole aurait son propre charme que n'aurait pas la langue française mais quand la langue française présenterait d'autres avantages. Mais le français c'est le français, l'anglais l'anglais, la langue des Dogons le dogon en Afrique et c'est très bien comme cela. Et l'on ne va pas se mettre à exiger que les Allemands soient sous le devoir de passer bientôt à l'utilisation de la langue française ! Il faudrait que les Russes parlent quasiment tous français à Moscou dans leur vie quotidienne et d'ici cent ans ? Non. Ce serait un mal qu'ils conservent le russe ? Non.
Mais alors qu'est-ce qui compte ? le plus important ? La fraternité. Le fait d'être gentil, accueillant, aimant, compréhensif et ouvert aux autres et à leur différence (différence religieuse également). Pas de sermons pour dire aux Juifs qu'ils doivent changer de religion ou que ce serait mieux si un musulman devenait chrétien. On accepte la différence. «On vous aime avec cette différence». On obéit à Dieu, peut témoigner de ce qu'il est, lui rend service et l'honore dans la mesure même ou l'on se comporte ainsi avec tous.
Quelqu'un pourrait-il nous servir une autre exégèse des paroles de François ?
Re: Pape François : toutes les religions sont un chemin vers Dieu.
Bonsoir Catholique Zombie
Et je vis un peu dans ma bulle, sans doute, mais malgré tout, est ce que ce n'est pas ainsi que bon nombre (la plupart ?) de catholiques pratiquent depuis quelques décennies ?
Si je vous résume, je crois y voir une fraternité de la langue de bois..
Le souci, je crois, c'est que ce minimum de fraternité (qui paraît relativement accessible pourtant) ne semble pas réciproque, ou avec le même plafond de retenue pour autocensurer d'éventuels ressentiments, lesquels se traduisent parfois en violence, parfois aigüe, jusqu'à la décapitation et/ou, autre, etc..
Alors,
faut il donc alors accueillir la violence ?
Les psys diraient peut être qu' elle est le symptôme d'une expression avortée sous sa forme verbale et donc pacifique.
Faut il alors aider le radicalisé à trouver ses mots dans sa culture pour lui permettre de se canaliser ?
Pourquoi pas, finalement, mais il faudrait, je suppose, un minimum de coopération, ce qui veut probablement dire aussi, pour le catholique qui y serait disposé, d'inventer des parcours de sérénité dans la culture du radicalisé,
(en excluant le procédé facile de se proposer à être décapité
, puisque cela, apparemment, c'est de nature à le rassurer..),
mais donc, hors de son propre parcours catholique de sérénité.
Vaste chantier..
Pas moi, il me semble que c'est bien le message du pape.. et je vous cite :Catholique Zombie a écrit : ↑dim. 23 févr. 2025, 19:54 Quelqu'un pourrait-il nous servir une autre exégèse des paroles de François ?
Je ne saisis pas si vous partagez cette aspiration qui semble bien celle de notre pape, car je n'ai lu que les derniers messages.Catholique Zombie a écrit : ↑dim. 23 févr. 2025, 19:54 Mais alors qu'est-ce qui compte ? le plus important ? La fraternité. Le fait d'être gentil, accueillant, aimant, compréhensif et ouvert aux autres et à leur différence (différence religieuse également). Pas de sermons pour dire aux Juifs qu'ils doivent changer de religion ou que ce serait mieux si un musulman devenait chrétien. On accepte la différence. «On vous aime avec cette différence». On obéit à Dieu, peut témoigner de ce qu'il est, lui rend service et l'honore dans la mesure même ou l'on se comporte ainsi avec tous.
Et je vis un peu dans ma bulle, sans doute, mais malgré tout, est ce que ce n'est pas ainsi que bon nombre (la plupart ?) de catholiques pratiquent depuis quelques décennies ?
Si je vous résume, je crois y voir une fraternité de la langue de bois..
Le souci, je crois, c'est que ce minimum de fraternité (qui paraît relativement accessible pourtant) ne semble pas réciproque, ou avec le même plafond de retenue pour autocensurer d'éventuels ressentiments, lesquels se traduisent parfois en violence, parfois aigüe, jusqu'à la décapitation et/ou, autre, etc..
Alors,
faut il donc alors accueillir la violence ?
Les psys diraient peut être qu' elle est le symptôme d'une expression avortée sous sa forme verbale et donc pacifique.
Faut il alors aider le radicalisé à trouver ses mots dans sa culture pour lui permettre de se canaliser ?
Pourquoi pas, finalement, mais il faudrait, je suppose, un minimum de coopération, ce qui veut probablement dire aussi, pour le catholique qui y serait disposé, d'inventer des parcours de sérénité dans la culture du radicalisé,
(en excluant le procédé facile de se proposer à être décapité
mais donc, hors de son propre parcours catholique de sérénité.
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