@Loic.jacquet
Je suis également tout à fait d'accord, cette institution couvre trop souvent les criminels.
C'est l'une des pire institutions pour accompagner les victimes en réalité.
Des nuances sont nécessaires. Dans le passé, les familles, les victimes, pas seulement l’Église, jugeaient que les scandales pourraient être pires que la réparation publique, au cas par cas, y compris bien sûr pour les victimes. Ce genre d’attitudes contingentes (des « cas de conscience » souvent) évoluent avec les mentalités. Y compris la définition d’ »agression » qui s’est beaucoup élargie, pour couvrir, p.ex., les grossières indécences.
C'est également cette institution qui définit les dogmes, le catéchisme, quels sont les textes du canon. C'est pour cette raison que suis sur a presque 100% que je ne serai plus jamais catholique: cette institution corrompue (mais aussi faillible, il ne faut pas voir non plus le mal partout) décide de mon mode de vie.
Alors attention, il ne s’agit plus de catholicisme, mais de tout christianisme et du Christ lui-même, éventuellement de Dieu. Or aucun péché n’est plus mortel que de ne pas vouloir obéir à Dieu s’il existe. Donc, il y a un danger extrême à dire que Dieu n’existe pas si on le fait par désir d’éviter les commandements; on peut alors très difficilement prétendre à un état d’ignorance invincible de bonne foi.
Bien sûr on n’obéit jamais à l’Église pour l’Église, mais par obéissance à Dieu.
C'est possible que vous ayez raison. Je vois quelques points communs mais je n'ai jamais vécu de situation aussi traumatique. Il y a eu une perte de confiance en un prophète mais principalement en une institution.
Encore attention. C’est difficile à défendre si on ne rejette pas seulement le catholicisme mais aussi le protestantisme individualiste (souvent nommé « non denominationnel ») ; car alors, si on n’est pas devenu protestant, c’est le christianisme lui-même, donc le Christ lui-même, à qui on dit qu’on le lui fait pas confiance (foi). Souvent on prend prétexte de l’institution pour rejeter le Christ lui-même ou tout Dieu.
La foi n'est elle pas un sentiment, une intuition?
Non. Elles les impliquent partiellement, au plan existentiel. La foi (naturelle ou religieuse) est l’adhésion à une proposition non prouvée démonstrativement par confiance en la parole d’un autre : telle proposition est vraie pcq dite par untel. Je crois raisonnablement que toute proposition de physique dite par Einstein est vraie, je crois qu’il y a un ours dans la forêt pcq un ami me l’a dit.
Et remettre en cause une de ses propriétés ne serait pas suffisant pour discréditer l'ensemble? On m'a souvent montré des témoignages quand il s'agissait de me convaincre de la vérité du christianisme, faut-il garder que ceux qui vont dans notre sens?
Non, car ici il s’agit de tout Dieu quel qu’il soit, celui de Spinoza p.ex., qui n’a pas toutes les propriétés chrétiennes. Aussi celui du Déisme, qui a les propriétés ABC, au lieu de ABCDEF pour le christianisme.
Si une propriété ne va pas pour nous, il ne faut pas dire que le Dieu chrétien n’existe pas, il faut seulement conclure qu’une de ses propriétés n’existe pas.