Guerre en Ukraine

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Cgs
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Re: Guerre en Ukraine

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Bonjour,

Une analyse stratégique et historique sur les racines du conflit actuel, qui change un peu des nouvelles immédiates épidermiques relayées sur les réseaux sociaux dont on ne peut rien tirer d'édifiant. (Attention, c'est très long)
[+] Texte masqué
Pendant des années, du Mali à l’Afghanistan, j’ai travaillé pour la paix et ai risqué ma vie pour elle. Il ne s’agit donc pas de justifier la guerre, mais de comprendre ce qui nous y a conduit. Je constate que les « experts » qui se relaient sur les plateaux de télévision analysent la situation à partir d’informations douteuses, le plus souvent des hypothèses érigées en faits, et dès lors on ne parvient plus à comprendre ce qui se passe. C’est comme ça que l’on crée des paniques.

Le problème n’est pas tant de savoir qui a raison dans ce conflit, mais de s’interroger sur la manière dont nos dirigeants prennent leurs décisions.

Essayons d’examiner les racines du conflit. Cela commence par ceux qui durant les huit dernières années nous parlaient de « séparatistes » ou des « indépendantistes » du Donbass. C’est faux. Les référendums menés par les deux républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk en mai 2014, n’étaient pas des référendums d’« indépendance » (независимость), comme l’ont affirmé certains journalistes peu scrupuleux, mais de référendums d’« auto-détermination » ou d’« autonomie » (самостоятельность). Le qualificatif « pro-russes » suggère que la Russie était partie au conflit, ce qui n’était pas le cas, et le terme « russophones » aurait été plus honnête. D’ailleurs, ces référendums ont été conduits contre l’avis de Vladimir Poutine.

En fait, ces Républiques ne cherchaient pas à se séparer de l’Ukraine, mais à avoir un statut d’autonomie leur garantissant l’usage de la langue russe comme langue officielle. Car le premier acte législatif du nouveau gouvernement issu du renversement du président Ianoukovitch, a été l’abolition, le 23 février 2014, de la loi Kivalov-Kolesnichenko de 2012 qui faisait du russe une langue officielle. Un peu comme si des putschistes décidaient que le français et l’italien ne seraient désormais plus des langues officielles en Suisse.

Cette décision provoque une tempête dans la population russophone. Il en résulte une répression féroce contre les régions russophones (Odessa, Dniepropetrovsk, Kharkov, Lougansk et Donetsk) qui s’exerce dès février 2014 et conduit à une militarisation de la situation et à quelques massacres (à Odessa et à Marioupol, pour les plus importants). À la fin de l’été 2014, ne restent que les Républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk.

A ce stade, trop rigides et engoncés dans une approche doctrinaire de l’art opératif, les états-majors ukrainiens, subissent l’ennemi sans parvenir s’imposer. L’examen du déroulement des combats en 2014-2016 dans le Donbass montre que l’état-major ukrainien a systématiquement et mécaniquement appliqué les mêmes schémas opératifs. Or, la guerre menée par les autonomistes est alors très proche de ce que l’on observe dans le Sahel : des opérations très mobiles menées avec des moyens légers. Avec une approche plus flexible et moins doctrinaire, les rebelles ont su exploiter l’inertie des forces ukrainienne pour les « piéger » de manière répétée.

En 2014, je suis à l’OTAN, responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères, et nous tentons de détecter des livraisons d’armes russes aux rebelles afin de voir si Moscou est impliqué. Les informations que nous recevons viennent alors pratiquement toutes des services de renseignement polonais et ne « collent pas » avec les informations en provenance de l’OSCE : en dépit d’allégations assez grossières, on n’observe aucune livraison d’armes et de matériels militaire de Russie.

Les rebelles sont armés grâce aux défections d’unités ukrainiennes russophones qui passent du côté rebelle. Au fur et à mesure des échecs ukrainiens, les bataillons de chars, d’artillerie ou anti-aériens au complet viennent grossir les rangs des autonomistes. C’est ce qui pousse les Ukrainiens à s’engager dans les Accords de Minsk.

Mais, juste après avoir signé les Accords de Minsk 1, le président ukrainien Petro Porochenko lance une vaste opération antiterroriste (ATO/Антитерористична операція) contre le Donbass. Bis repetita placent : mal conseillés par des officiers de l’OTAN, les Ukrainiens subissent une cuisante défaite à Debaltsevo qui les oblige à s’engager dans les Accords de Minsk 2…

Il est essentiel de rappeler ici que les Accords de Minsk 1 (septembre 2014) et Minsk 2 (février 2015), ne prévoyaient ni la séparation, ni l’indépendance des Républiques, mais leur autonomie dans le cadre de l’Ukraine. Ceux qui ont lu les Accords (ils sont très, très, très peu nombreux) constateront qu’il est écrit en toutes lettres que le statut des républiques devait être négocié entre Kiev et les représentants des républiques, pour une solution interne à l’Ukraine.

C’est pourquoi depuis 2014, la Russie a systématiquement demandé leur application tout en refusant d’être partie aux négociations, car il s’agissait d’une affaire intérieure à l’Ukraine. De l’autre côté, les Occidentaux – France en tête – ont systématiquement tenté de substituer aux Accords de Minsk le « format Normandie », qui mettait face à face Russes et Ukrainiens. Or, rappelons-le, il n’y a jamais eu de troupes russes dans le Donbass avant le 23-24 février 2022. D’ailleurs, les observateurs de l’OSCE n’ont jamais observé la moindre trace d’unités russes opérant dans le Donbass. Ainsi, la carte des services de renseignements américains publiée par le Washington Post le 3 décembre 2021 ne montre pas de troupes russes dans le Donbass.

En octobre 2015, Vasyl Hrytsak, directeur du Service de sécurité ukrainien (SBU), confessait que l’on avait seulement observé 56 combattants russes dans le Donbass. C’était un même comparable à celui des Suisses allaient combattre en Bosnie durant les week-ends, dans les années 1990, ou des Français qui vont combattre en Ukraine aujourd’hui.

L’armée ukrainienne est alors dans un état déplorable. En octobre 2018, après quatre ans de guerre, le procureur militaire ukrainien en chef Anatoly Matios déclarait que l’Ukraine avait perdu 2 700 hommes dans le Donbass : 891 de maladies, 318 d’accidents de la route, 177 d’autres accidents, 175 d’empoisonnements (alcool, drogue), 172 suite à des manipulations imprudentes d’armes, 101 d’infractions aux règles de sécurité, 228 de meurtres et 615 de suicides.

En fait, l’armée est minée par la corruption de ses cadres et ne jouit plus du soutien de la population. Selon un rapport du ministère de l’Intérieur britannique, lors du rappel des réservistes de mars-avril 2014, 70 % ne se sont pas présentés à la première session, 80 % à la deuxième, 90 % à la troisième et 95 % à la quatrième. En octobre/novembre 2017, 70 % des appelés ne se sont pas présentés lors de la campagne de rappel « Automne 2017 ». Ceci sans compter les suicides et les désertions (souvent au profit des autonomistes) qui atteignent jusqu’à 30 % des effectifs dans la zone de l’ATO. Les jeunes Ukrainiens refusent d’aller combattre dans le Donbass et préfèrent l’émigration, ce qui explique aussi, partiellement au moins, le déficit démographique du pays.

Le ministère de la Défense ukrainien s’adresse alors à l’OTAN pour l’aider à rendre ses forces armées plus « attractives ». Ayant déjà travaillé à des projets similaires dans le cadre des Nations Unies, j’ai été sollicité par l’OTAN pour participer à un programme destiné à restaurer l’image des forces armées ukrainiennes. Mais c’est un processus de longue haleine et les Ukrainiens veulent aller vite.

Ainsi, pour compenser le manque de soldats, le gouvernement ukrainien recourt alors à des milices paramilitaires. Elles sont essentiellement composées de mercenaires étrangers, souvent militants d’extrême-droite. En 2020, elles constituent environ 40% des forces ukrainiennes et comptent environ 102 000 hommes selon Reuters. Elles sont armées, financées et formées par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la France. On y trouve plus de 19 nationalités – dont des Suisses.

Les pays occidentaux ont donc clairement créé et soutenu des milices d’extrême droite ukrainiennes. En octobre 2021, le Jerusalem Post sonnait l’alarme en dénonçant le projet Centuria. Ces milices opèrent dans le Donbass depuis 2014, avec le soutien des Occidentaux. Même si on peut discuter le terme « nazi », il n’en demeure pas moins que ces milices sont violentes, véhiculent une idéologie nauséabonde et sont virulemment antisémites. Leur antisémitisme est plus culturel que politique, c’est pourquoi le qualificatif « nazi » n’est pas vraiment adapté. Leur haine du juif vient des grandes famines des années 1920-1930 en Ukraine, résultant de la confiscation des récoltes par Staline afin de financer la modernisation de l’Armée Rouge. Or, ce génocide – connu en Ukraine sous le nom d’Holodomor – a été perpétré par le NKVD (ancêtre du KGB) dont les échelons supérieurs de conduite étaient principalement composés de juifs. C’est pourquoi, aujourd’hui, les extrémistes ukrainiens demandent à Israël de s’excuser pour les crimes du communisme, comme le relève le Jerusalem Post. On est donc bien loin d’une « réécriture de l’Histoire » par Vladimir Poutine.

Ces milices, issues des groupes d’extrême-droite qui ont animé la révolution de l’Euromaïdan en 2014, sont composées d’individus fanatisés et brutaux. La plus connue d’entre elles est le régiment Azov, dont l’emblème rappelle celui de la 2ePanzerdivision SS Das Reich, qui fait l’objet d’une véritable vénération en Ukraine, pour avoir libéré Kharkov des Soviétiques en 1943, avant de perpétrer le massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944, en France.

Parmi les figures célèbres du régiment Azov, on trouvait l’opposant Roman Protassevitch, arrêté en 2021 par les autorités bélarusses à la suite de l’affaire du vol RyanAir FR4978. Le 23 mai 2021, on évoque le détournement délibéré d’un avion de ligne par un MiG-29 – avec l’accord de Poutine, bien évidemment – pour arrêter Protassevitch, bien que les informations alors disponibles ne confirment absolument pas ce scénario.

Mais il faut alors montrer que le président Loukachenko est un voyou et Protassevitch un « journaliste » épris de démocratie. Pourtant, une enquête assez édifiante produite par une ONG américaine en 2020, mettait en évidence les activités militantes d’extrême-droite de Protassevitch. Le complotisme occidental se met alors en marche et des médias peu scrupuleux « toilettent » sa biographie. Finalement, en janvier 2022, le rapport de l’OACI est publié et montre que malgré quelques erreurs de procédure, le Bélarus a agi conformément aux règles en vigueur et que le MiG-29 a décollé 15 minutes après que le pilote de RyanAir a décidé d’aller atterrir à Minsk. Donc pas de complot bélarus et encore moins avec Poutine. Ah !… Encore un détail : Protassevitch, cruellement torturé par la police bélarusse, est aujourd’hui libre. Ceux qui voudraient correspondre avec lui, peuvent aller sur son compte Twitter.

La qualification de « nazi » ou « néo-nazi » donnée aux paramilitaires ukrainiens est considérée comme de la propagande russe. Peut-être ; mais ce n’est pas l’avis du Times of Israel, du Centre Simon Wiesenthal ou du Centre de Lutte contre le Terrorisme de l’académie de West Point. Mais cela reste discutable, car, en 2014, le magazine Newsweek semblait plutôt les associer à… l’État Islamique. Au choix !

Donc, l’Occident soutient et continue d’armer des milices qui se sont rendues coupables de nombreux crimes contre les populations civiles depuis 2014 : viols, torture et massacres. Mais alors que le gouvernement suisse a été très prompt à prendre des sanctions contre la Russie, il n’en n’a adopté aucune contre l’Ukraine qui massacre sa propre population depuis 2014. En fait, ceux qui défendent les droits de l’homme en Ukraine ont depuis longtemps condamné les agissements de ces groupes, mais n’ont pas été suivis par nos gouvernements. Car, en réalité, on ne cherche pas à aider l’Ukraine, mais à combattre la Russie.

L’intégration de ces forces paramilitaires dans la Garde Nationale ne s’est pas du tout accompagnée d’une « dénazification », comme certains le prétendent. Parmi les multiples exemples, celui de l’insigne du Régiment Azov est édifiant :

En 2022, très schématiquement, les forces armées ukrainiennes qui combattent l’offensive russe s’articulent en :

– Armée de terre, subordonnée au ministère de la Défense : elle est articulée en 3 corps d’armée et composée de formations de manœuvre (chars, artillerie lourde, missiles, etc.).

– Garde Nationale, qui dépend du ministère de l’Intérieur et est articulée en 5 commandements territoriaux.

La Garde Nationale est donc une force de défense territoriale qui ne fait pas partie de l’armée ukrainienne. Elle comprend les milices paramilitaires, appelées « bataillons de volontaires » (добровольчі батальйоні), également connues sous le nom évocateur de « bataillons de représailles », composés d’infanterie. Principalement formés pour le combat urbain, ceux-ci assurent aujourd’hui la défense de villes comme Kharkov, Marioupol, Odessa, Kiev, etc.


DEUXIÈME PARTIE : LA GUERRE



Ancien responsable des forces du Pacte de Varsovie au service de renseignement stratégique helvétique, j’observe avec tristesse – mais sans étonnement – que nos services ne sont plus en mesure de comprendre la situation militaire en Ukraine. Les « experts » auto-proclamés qui défilent sur nos écrans relaient inlassablement les mêmes informations modulées par l’affirmation que la Russie – et Vladimir Poutine – est irrationnel. Prenons un peu de recul.


Le déclenchement de la guerre

Depuis le mois de novembre 2021, les Américains ne cessent de brandir la menace d’une invasion russe contre l’Ukraine. Pourtant, les Ukrainiens ne semblent pas du même avis. Pourquoi ?

Il faut remonter au 24 mars 2021. Ce jour-là, Volodymyr Zelensky promulgue un décret pour la reconquête de la Crimée et commence à déployer ses forces vers le sud du pays. Simultanément, a lieu la conduite de plusieurs exercices de l’OTAN entre la mer Noire et la mer Baltique, accompagnés d’un accroissement important des vols de reconnaissance le long de la frontière russe. La Russie, mène alors quelques exercices, afin de tester la disponibilité opérationnelle de ses troupes et montrer qu’elle suit l’évolution de la situation.

Les choses se calment jusqu’en octobre-novembre avec la fin des exercices ZAPAD 21, dont les mouvements de troupes sont interprétés comme un renforcement en vue d’une offensive contre l’Ukraine. Pourtant, même les autorités ukrainiennes réfutent l’idée de préparatifs russes pour une guerre et Oleksiy Reznikov, ministre de la Défense ukrainien déclare qu’il n’y a pas de changement à sa frontière depuis le printemps.

En violation des Accords de Minsk, l’Ukraine mène des opérations aériennes au Donbass à l’aide de drones, dont au moins exécute une frappe contre un dépôt de carburant à Donetsk en octobre 2021. La presse américaine le relève, mais pas les Européens et personne ne condamne ces violations.

En février 2022, les événements se précipitent. Le 7 février, lors de sa visite à Moscou, Emmanuel Macron réaffirme à Vladimir Poutine son attachement aux Accords de Minsk, un engagement qu’il répétera à l’issue de son entrevue avec Volodymyr Zelensky, le lendemain. Mais le 11 février, à Berlin, après 9 heures de travail, la réunion des conseillers politiques des dirigeants du « format Normandie » s’achève, sans résultat concret : les Ukrainiens refusent encore et toujours d’appliquer les Accords de Minsk, apparemment sous la pression des États-Unis. Vladimir Poutine constate alors que Macron lui a fait des promesses en l’air et que les Occidentaux ne sont pas prêts à faire appliquer les Accords, comme ils le font depuis huit ans.

Les préparatifs ukrainiens dans la zone de contact continuent. Le Parlement russe s’alarme et le 15 février demande à Vladimir Poutine de reconnaître l’indépendance des Républiques, ce qu’il refuse.

Le 17 février, le président Joe Biden annonce que la Russie va attaquer l’Ukraine dans les prochains jours. Comment le sait-il ? Mystère… Mais depuis le 16, le pilonnage d’artillerie sur les populations du Donbass augmente de manière dramatique, comme le montrent les rapports journaliers des observateurs de l’OSCE. Naturellement, ni les médias, ni l’Union européenne, ni l’OTAN, ni aucun gouvernement occidental ne réagit et n’intervient. On dira plus tard, qu’il s’agit de désinformation russe. En fait, il semble que l’Union européenne et certains pays ont à dessein passé sous silence le massacre des populations du Donbass, sachant que cela provoquerait une intervention russe.

Simultanément, on signale des actes de sabotages dans le Donbass. Le 18 janvier, les combattants du Donbass interceptent des saboteurs équipés de matériel occidental et parlant polonais cherchant à créer des incidents chimiques à Gorlivka. Il pourrait s’agir de mercenaires de la CIA, conduits ou « conseillés » par des Américains et composés de combattants ukrainiens ou européens, pour mener des actions de sabotage dans les Républiques du Donbass.



En fait, dès le 16 février, Joe Biden sait que les Ukrainiens ont commencé à pilonner les populations civiles du Donbass, mettant Vladimir Poutine devant un choix difficile : aider le Donbass militairement et créer un problème international ou rester sans rien faire et regarder les russophones du Donbass se faire écraser.

S’il décide d’intervenir, Vladimir Poutine peut invoquer l’obligation internationale de « Responsibility To Protect » (R2P). Mais il sait que quelle que soit sa nature ou son ampleur, l’intervention déclenchera une pluie de sanctions. Dès lors, que son intervention soit limitée au Donbass ou qu’elle aille plus loin pour faire pression sur les Occidentaux pour le statut de l’Ukraine, le prix à payer sera le même. C’est d’ailleurs ce qu’il explique lors de son allocution du 21 février.

Ce jour-là, il accède à la demande de la Douma et reconnaît l’indépendance des deux Républiques du Donbass et, dans la foulée, il signe avec elles des traités d’amitié et d’assistance.

Les bombardements de l’artillerie ukrainienne sur les populations du Donbass se poursuivent et, le 23 février, les deux Républiques demandent l’aide militaire de la Russie. Le 24, Vladimir Poutine invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit l’entraide militaire dans le cadre d’une alliance défensive.

Afin de rendre l’intervention russe totalement illégale aux yeux du public nous occultons délibérément le fait que la guerre a effectivement commencé le 16 février. L’armée ukrainienne s’apprêtait à attaquer le Donbass dès 2021, comme le savaient pertinemment certains services de renseignement russes et européens… Les juristes jugeront.

Dans son allocution du 24 février, Vladimir Poutine a énoncé les deux objectifs de son opération : « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Il ne s’agit donc pas de s’emparer de l’Ukraine, ni même, vraisemblablement de l’occuper et certainement pas de la détruire.

À partir de là, notre visibilité sur le déroulement de l’opération est limitée : les Russes ont une excellente sécurité des opérations (OPSEC) et le détail de leur planification n’est pas connue. Mais assez rapidement, le déroulement des opérations permet de comprendre comment les objectifs stratégiques se sont traduits sur le plan opératif.

– Démilitarisation :

. destruction au sol de l’aviation, des systèmes de défense aérienne et des moyens de reconnaissance ukrainiens ;

. neutralisation des structures de commandement et de renseignement (C3I), ainsi que des principales voies logistiques dans la profondeur du territoire ;

. encerclement du gros de l’armée ukrainienne massée dans le sud-est du pays.

– Dénazification :

. destruction ou neutralisation des bataillons de volontaires qui opèrent dans les villes d’Odessa, Kharkov et Marioupol, ainsi que dans diverses installations sur le territoire.


La « démilitarisation

L’offensive russe se déroule de manière très « classique ». Dans un premier temps – comme l’avaient fait les Israéliens en 1967 – avec la destruction au sol des forces aériennes dans les toutes premières heures. Puis, on assiste à une progression simultanée sur plusieurs axes selon le principe de « l’eau qui coule » : on avance partout où la résistance est faible et on laisse les villes (très voraces en troupes) pour plus tard. Au nord, la centrale de Tchernobyl est occupée immédiatement afin de prévenir des actes de sabotage. Les images de soldats ukrainiens et russes assurant ensemble la surveillance de la centrale ne sont naturellement pas montrées…

L’idée que la Russie cherche à s’emparer de Kiev, la capitale pour éliminer Zelensky, vient typiquement des Occidentaux : c’est ce qu’ils ont fait en Afghanistan, en Irak, en Libye et ce qu’ils voulaient faire en Syrie avec l’aide de l’État islamique. Mais Vladimir Poutine n’a jamais eu l’intention d’abattre ou de renverser Zelensky. La Russie cherche au contraire à le maintenir au pouvoir en le poussant à négocier en encerclant Kiev. Il avait refusé de faire jusque-là pour appliquer les Accords de Minsk, mais maintenant les Russes veulent obtenir la neutralité de l’Ukraine.

Beaucoup de commentateurs occidentaux se sont étonnés que les Russes aient continué à chercher une solution négociée tout en menant des opérations militaires. L’explication est dans la conception stratégique russe, depuis l’époque soviétique. Pour les Occidentaux, la guerre commence lorsque la politique cesse. Or, l’approche russe suit une inspiration clausewitzienne : la guerre est la continuité de la politique et on peut passer de manière fluide de l’une à l’autre, même au cours des combats. Cela permet de créer une pression sur l’adversaire et le pousser à négocier.

Du point de vue opératif, l’offensive russe a été un exemple du genre : en six jours, les Russes se sont emparés d’un territoire aussi vaste que le Royaume-Uni, avec une vitesse de progression plus grande que ce que la Wehrmacht avait réalisé en 1940.

Le gros de l’armée ukrainienne était déployé au sud du pays en vue d’une opération majeure contre le Donbass. C’est pourquoi, les forces russes ont pu l’encercler dès le début mars dans le « chaudron » compris entre Slavyansk, Kramatorsk et Severodonetsk, par une poussée venant de l’est par Kharkov et une autres venant du sud depuis la Crimée. Les troupes des Républiques de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) complètent l’action des forces russes par une poussée venant de l’Est.

A ce stade, les forces russes resserrent lentement l’étau, mais ne sont plus sous pression du temps. Leur objectif de démilitarisation est pratiquement atteint et les forces ukrainiennes résiduelles n’ont plus de structure de commandement opératif et stratégique.

Le « ralentissement » que nos « experts » attribuent à une mauvaise logistique, n’est que la conséquence d’avoir atteint les objectifs fixés. La Russie ne semble pas vouloir s’engager dans une occupation de l’ensemble du territoire ukrainien. En fait, il semble plutôt que la Russie cherche à limiter son avance à la frontière linguistique du pays.

Nos médias parlent de bombardements indiscriminés contre les populations civiles, notamment à Kharkov et des images dantesques sont diffusées en boucle. Pourtant, Gonzalo Lira, un latino-américain qui y vit, nous présente une ville calme le 10 mars, et le 11 mars. Certes c’est une grande ville et on ne voit pas tout, mais cela semble indiquer que l’on n’est pas dans la guerre totale qu’on nous sert en continu sur nos écrans.

Quant aux Républiques du Donbass, elles ont « libéré » leurs propres territoires et combattent dans la ville de Marioupol.


La « dénazification »

Dans les villes comme Kharkov, Marioupol et Odessa, la défense est assurée par les milices paramilitaires. Elles savent que l’objectif de « dénazification » les vise au premier chef.

Pour un attaquant en zone urbanisée, les civils sont un problème. C’est pourquoi la Russie cherche à créer des couloirs humanitaires pour vider les villes des civils et ne laisser que les milices afin de les combattre plus facilement.

À l’inverse, ces milices cherchent à garder les civils dans les villes afin de dissuader l’armée russe de venir y combattre. C’est pourquoi elles sont réticentes à mettre en œuvre ces couloirs et font tout pour que les efforts russes soient vains : ils peuvent ainsi utiliser la population civile comme « boucliers humains ». Les vidéos montrant des civils cherchant à quitter Marioupol et tabassés par les combattants du régiment Azov sont naturellement soigneusement censurées chez nous.

Sur Facebook, le groupe Azov était considéré dans la même catégorie que l’État islamique et soumis à la « politique sur les individus et organisations dangereuses » de la plate-forme. Il était donc interdit de le glorifier, et les « posts » qui lui étaient favorables étaient systématiquement bannis. Mais le 24 février, Facebook modifie sa politique et autorise les posts favorables à la milice. Dans le même esprit, en mars, la plate-forme autorise, dans les ex-pays de l’Est, les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui inspirent nos dirigeants, comme nous le verrons.

Nos médias propagent une image romanesque de la résistance populaire. C’est cette image qui a conduit l’Union européenne à financer la distribution d’armes à la population civile. C’est un acte criminel. Dans mes fonctions de chef de la doctrine des opérations de maintien de la paix à l’ONU, j’ai travaillé sur la question de la protection des civils. Nous avons alors constaté que les violences contre les civils avaient lieu dans des contextes très précis. En particulier lorsque les armes foisonnent et qu’il n’y pas de structures de commandement.

Or, ces structures de conduite sont l’essence des armées : elles ont pour fonction de canaliser l’emploi de la force en fonction d’un objectif. En armant des citoyens de manière désordonnée comme c’est le cas actuellement, l’UE les transforme en combattants, avec les conséquences qui en découlent : des cibles potentielles. En outre, sans commandement, sans buts opératifs, la distribution d’armes conduit inéluctablement à des règlements de compte, du banditisme et à des actions plus meurtrières qu’efficaces. La guerre devient une affaire d’émotions. La force devient violence. C’est ce qui s’est passé à Tawarga (Libye) du 11 au 13 août 2011, où 30 000 africains noirs ont été massacrés avec des armes parachutées (illégalement) par la France. D’ailleurs, l’Institut royal d’étude stratégique britannique (RUSI) ne voit pas de valeur ajoutée à ces livraisons d’armes.

De plus, en livrant des armes à un pays en guerre, on s’expose à être considéré comme un belligérant. Les frappes russes du 13 mars 2022, contre la base aérienne de Mykolaïv suivent les avertissements russes que les transports d’armes seraient traités comme des cibles hostiles.

L’UE répète la désastreuse expérience du IIIe Reich dans les dernières heures de la bataille de Berlin. La guerre doit être laissée aux militaires et lorsqu’un camp a perdu, il faut l’admettre. Et s’il doit y avoir une résistance, elle doit impérativement être conduite et structurée. Or, nous faisons exactement l’inverse : on pousse des citoyens à aller se battre et simultanément, Facebook autorise les appels au meurtre de militaires et de dirigeants russes. Voilà pour les valeurs qui nous inspirent.

Dans certains services de renseignement, on voit cette décision irresponsable comme une manière d’utiliser la population ukrainienne comme chair à canon pour combattre la Russie de Vladimir Poutine. Il fallait laisser ce genre de décision meurtrière aux collègues du grand-père de d’Ursula von der Leyen. Il aurait été plus judicieux d’engager des négociations et ainsi obtenir des garanties pour les populations civiles que d’ajouter de l’huile sur le feu. Il est facile d’être combatif avec le sang des autres…


La maternité de Marioupol

Il est important de comprendre au préalable que ce n’est pas l’armée ukrainienne qui assure la défense de Marioupol, mais la milice Azov, composée de mercenaires étrangers.

Dans son résumé de la situation du 7 mars 2022, la mission russe de l’ONU à New York déclare que « Les habitants rapportent que les forces armées ukrainiennes ont expulsé le personnel de l’hôpital natal n°1 de la ville de Marioupol et ont installé un poste de tir à l’intérieur de l’établissement. »

Le 8 mars, le média indépendant russe Lenta.ru, publie le témoignage de civils de Marioupol qui racontent que la maternité a été prise par les milices du régiment Azov, et en ont chassé les occupants civils en les menaçant de leurs armes. Ils confirment ainsi les déclarations de l’ambassadeur russe quelques heures plus tôt.

L’hôpital de Marioupol occupe une position dominante, parfaitement adéquate pour y installer des armes antichars et pour l’observation. Le 9 mars, les forces russes frappent le bâtiment. Selon CNN, il y aurait 17 blessés, mais les images ne montrent aucune victime dans les locaux et rien ne montre que les victimes dont on parle sont liées à cette frappe. On parle d’enfants, mais en réalité, on ne voit rien. C’est peut-être vrai, mais c’est peut-être faux… Ce qui n’empêche pas les dirigeants de l’UE d’y voir un crime de guerre… Ce qui permet, juste après, à Zelensky de réclamer une zone d’interdiction de vol au-dessus de l’Ukraine…

En réalité, on ne sait pas exactement ce qui s’est passé. Mais la séquence des événements tend à confirmer que les forces russes ont frappé une position du régiment Azov et que la maternité était alors libre de tout civils.

Le problème est que les milices paramilitaires qui assurent la défense des villes sont encouragées par la communauté internationale à ne pas respecter les usages de la guerre. Il semble que les Ukrainiens ont rejoué le scénario de la maternité de Koweït City en 1990, qui avait été totalement mise en scène par la firme Hill & Knowlton pour un montant de 10,7 millions de dollars afin de convaincre le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’intervenir en Irak pour l’opération Desert Shield/Storm.

Les politiciens occidentaux ont d’ailleurs accepté les frappes contres civils du Donbass pendant huit ans, sans adopter aucune sanction contre le gouvernement ukrainien. Nous sommes depuis longtemps entrés dans une dynamique où les politiques occidentaux ont accepté de sacrifier le droit international à leur objectif d’affaiblir à la Russie.


TROISIÈME PARTIE : CONCLUSIONS



En tant qu’ex-professionnel du renseignement, la première chose qui me frappe est l’absence totale des services de renseignement occidentaux dans la représentation de la situation depuis une année. En Suisse, on a reproché aux services de ne pas avoir fourni une image correcte de la situation. En fait, il semble que dans tout le monde occidental, les services aient été débordés par les politiques. Le problème est que ce sont les politiques qui décident : le meilleur service de renseignement du monde est inutile si le décideur ne l’écoute pas. C’est ce qui s’est passé lors de cette crise.

Cela étant, si certains services de renseignement avaient une image très précise et rationnelle de la situation, d’autres avaient manifestement la même image que celle propagée par nos médias. Dans cette crise, les services des pays de la « nouvelle Europe » ont joué un rôle important. Le problème est que, par expérience, j’ai constaté qu’ils étaient extrêmement mauvais sur le plan analytique : doctrinaires, ils n’ont pas l’indépendance intellectuelle et politique nécessaire pour apprécier une situation avec une « qualité » militaire. Il vaut mieux les avoir comme ennemis que comme amis.

Ensuite, il semble que dans certains pays européens, les politiques ont délibérément ignoré leurs services pour répondre de manière idéologique à la situation. C’est pourquoi, cette crise a été irrationnelle dès le début. On observera, que tous les documents qui ont été présentés au public lors de cette crise l’ont été par des politiques sur la base de sources commerciales…

Certains politiciens occidentaux voulaient manifestement qu’il y ait un conflit. Aux États-Unis, les scénarios d’attaque présentés par Anthony Blinken au Conseil de Sécurité n’étaient que le fruit de l’imagination d’un Tiger Team travaillant pour lui : il a fait exactement comme Donald Rumsfeld en 2002, qui avait ainsi « contourné » la CIA et les autres services de renseignement qui étaient beaucoup moins affirmatifs sur les armes chimiques irakiennes.

Les développements dramatiques dont nous sommes les témoins aujourd’hui ont des causes que nous connaissions, mais que nous avons refusés de voir :

– sur le plan stratégique, l’expansion de l’OTAN (que nous n’avons pas traité ici) ;

– sur le plan politique, le refus occidental de mettre en œuvre les Accords de Minsk ;

– et sur le plan opératif, les attaques continues et répétées des populations civiles du Donbass depuis ans et la dramatique augmentation de la fin février 2022.

En d’autres termes, nous pouvons naturellement déplorer et condamner l’attaque russe. Mais NOUS (c’est-à-dire : les États-Unis, la France et l’Union européenne en tête) avons créé les conditions pour qu’un conflit éclate. Nous témoignons de la compassion pour le peuple ukrainien et les deux millions de réfugiés. C’est bien. Mais si nous avions eu un minimum de compassion pour le même nombre de réfugiés des populations ukrainiennes du Donbass massacrées par leur propre gouvernement et qui se sont accumulés en Russie durant huit ans, rien de cela ne serait probablement passé.

Que le terme de « génocide » s’applique aux exactions subies par les populations du Donbass est une question ouverte. On réserve généralement ce terme à des cas de plus grande ampleur (Holocauste, etc.), néanmoins, la définition qu’en donne la Convention sur le génocide, est probablement suffisamment large pour s’y appliquer. Les juristes apprécieront.

Clairement, ce conflit nous a conduit dans l’hystérie. Les sanctions semblent être devenues l’outil privilégié de nos politiques étrangères. Si nous avions insisté pour que l’Ukraine respecte les Accords de Minsk, que nous avions négocié et cautionné, tout cela ne serait pas arrivé. La condamnation de Vladimir Poutine est aussi la nôtre. Rien ne sert de pleurnicher après coup, il fallait agir avant. Or, ni Emmanuel Macron (comme garant et comme membre du Conseil de Sécurité de l’ONU), ni Olaf Scholz, ni Volodymyr Zelensky n’ont respecté leurs engagements. En définitive, la vraie défaite est celle de ceux qui n’ont pas de parole.

L’Union européenne a été incapable de promouvoir la mise en œuvre des accords de Minsk, au contraire, elle n’a pas réagi lorsque l’Ukraine bombardait sa propre population dans le Donbass. L’eût-elle fait, Vladimir Poutine n’aurait pas eu besoin de réagir. Absente de la phase diplomatique, l’UE s’est distinguée en alimentant le conflit. Le 27 février, le gouvernement ukrainien est d’accord d’entamer des négociations avec la Russie. Mais quelques heures plus tard, l’Union européenne vote un budget de 450 millions d’euros pour fournir des armes à l’Ukraine, remettant de l’huile sur le feu. A partir de là, les Ukrainiens sentent qu’ils n’auront pas besoin d’arriver à un accord. La résistance des milices Azov à Marioupol provoquera même une relance de 500 millions d’euros pour des armes.

En Ukraine, avec la bénédiction des pays occidentaux, ceux qui sont en faveur d’une négociation sont éliminés. C’est le cas de Denis Kireyev, un des négociateurs ukrainiens, assassiné le 5 mars par le service secret ukrainien (SBU) car il est trop favorable à la Russie et est considéré comme traître. Le même sort est réservé à Dmitry Demyanenko, ex-chef adjoint de la direction principale du SBU pour Kiev et sa région, assassiné le 10 mars, car trop favorable à un accord avec la Russie : il est abattu par la milice Mirotvorets (« Pacificateur »). Cette milice est associée au site web Mirotvorets qui liste les « ennemis de l’Ukraine », avec leurs données personnelles, leur adresse et numéros de téléphone, afin qu’ils puissent être harcelés, voire éliminés ; une pratique punissable dans de nombreux pays, mais pas en Ukraine. L’ONU et quelques pays européens en ont exigé la fermeture… refusée par la Rada.

Finalement, le prix sera élevé, mais Vladimir Poutine atteindra vraisemblablement les objectifs qu’il s’était fixés. Ses liens avec Pékin se sont solidifiés. La Chine émerge comme médiatrice du conflit, tandis que la Suisse fait son entrée dans la liste des ennemis de la Russie. Les Américains doivent demander du pétrole au Venezuela et à l’Iran pour se sortir de l’impasse énergétique dans laquelle ils se sont mis : Juan Guaido quitte définitivement la scène et les Etats-Unis doivent revenir piteusement sur les sanctions imposées à leurs ennemis.

Des ministres occidentaux qui cherchent à faire s’effondrer l’économie russe et faire en sorte que le peuple russe en souffre, voire appellent à assassiner Poutine, montrent (même s’ils sont partiellement revenus sur la forme de leurs propos, mais pas sur le fond !) que nos dirigeants ne valent pas mieux que ceux que nous détestons. Car, sanctionner des athlètes russes des jeux para-olympiques ou des artistes russes n’a strictement rien à voir avec une lutte contre Poutine.

Ainsi, nous reconnaissons donc que la Russie est une démocratie puisque nous considérons que le peuple russe est responsable de la guerre. Si ce n’est pas le cas, alors pourquoi cherchons-nous à punir toute une population pour la faute d’un seul ? Rappelons que la punition collective est interdite par les Conventions de Genève…

La leçon à tirer de ce conflit est notre sens de l’humanité géométrie variable. Si nous tenions tellement à la paix et à l’Ukraine, pourquoi ne l’avons-nous pas plus encouragée à respecter les accords qu’elle avait signés et que les membres du Conseil de Sécurité avaient approuvés ?

L’intégrité de médias se mesure à leur volonté à travailler selon les termes de la Charte de Munich. Ils avaient réussi à propager la haine des Chinois lors de la crise de la Covid et leur message polarisé conduit aux mêmes effets contre les Russes. Le journalisme se dépouille de plus en plus du professionnalisme pour devenir militant…

Comme disait Goethe : « Plus grande est la lumière, plus noire est l’ombre ». Plus les sanctions contre la Russie sont démesurées, plus les cas où nous n’avons rien fait mettent en évidence notre racisme et notre servilité. Pourquoi aucun politicien occidental n’a-t-il réagi aux frappes contre les populations civiles du Donbass durant huit ans ?

Car finalement, qu’est-ce qui rend le conflit en Ukraine plus blâmable que la guerre en Irak, en Afghanistan ou en Libye ? Quelles sanctions avons-nous adopté contre ceux qui ont délibérément menti devant la communauté internationale pour mener des guerres injustes, injustifiées, injustifiables et meurtrières ? A-t-on cherché à « faire souffrir » le peuple américain qui nous avait menti (car c’est une démocratie !) avant la guerre en Irak ? Avons-nous seulement adopté une seule sanction contre les pays, les entreprises ou les politiciens qui alimentent en armes le conflit du Yémen, considéré comme la « pire catastrophe humanitaire au monde » ? Avons-nous sanctionné les pays de l’Union européenne qui pratiquent la torture la plus abjecte sur leur territoire au profit des États-Unis ?

Poser la question c’est y répondre… et la réponse n’est pas glorieuse.
Source : https://cf2r.org/documentation/la-situa ... n-ukraine/
(où vous aurez aussi des cartes et des graphiques pour illustrer le propos, ainsi que la référence du livre écrit par l'auteur)
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Jean-Mic »

Altior a écrit : mer. 06 avr. 2022, 23:07 Jean-Mic, j'ai bien augmenté l'image fournie à 200%. Je vois un aigle sur la poitrine, mais je ne vois pas de croix gammée. Vous, vous la voyez où exactement ? Êtes-vous sûr qu'il ne s'agit pas d'un symbole byzantin, autrichien ou napoléonien ?

Quant aux épaulettes, elles semblent copiées-collées sur l'image. Elles sont plus floues que la peau ambiante et vraiment un collage fait par un logiciel gratuit (tandis que l'aigle semble tatoué).

Puis, vous pensez que Monsieur Poutine, avant de décorer cet officier, l'a déshabillé à torse nu ?

Mais vraiment, de quelles ordures propagandistes vous sortez tout ça ?
Vous avez raison !
  • Il pourrait s'agir de tatouages effaçables, comme les tatouages Malabar dont nous nous amusions quand nous étions petits.
Vous avez raison !
  • Ce n'est pas un insigne de l'armée du Troisième Reich, dont la tête devrait regarder à droite.
    Ce n'est que l'aigle du parti national-socialiste des travailleurs, dont la tête est tournée vers la gauche.
Vous avez raison !
  • Il est tout à fait possible (probable ?) que M. Poutine n'ait jamais vu M. Outkine torse nu.
    Il est tout aussi possible que M. Poutine, ancien du KGB, ne sache pas ce qu'est devenu M. Outkine, ancien des Renseignements militaires. Tout comme il se peut qu'il ignorait que celui qu'il décorait en 2016 de la plus prestigieuse décoration militaire du pays pour ses faits d'armes en Syrie, avait démissionné l'année d'avant pour fonder une armée de mercenaires avec M. Prigojine, grand ami du président, surnommé le "cuisinier du Kremlin", et principal financeur du groupe Wagner.
Vous avez raison !
  • Je suis peut-être aveuglé par les "ordures propagandistes" (je vous cite).
    Votre réaction laisse entendre que je ne suis peut-être pas le seul...
Pièces jointes
Parteiadler_Nationalsozialistische_Deutsche_Arbeiterpartei_(1933–1945).jpg
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Re: Guerre en Ukraine

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A lire avec attention,les projets russes pour l'Ukraine:
https://desk-russie.eu/2022/04/06/les-i ... usses.html
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Re: Guerre en Ukraine

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Cgs a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 9:19 Une analyse stratégique et historique sur les racines du conflit actuel, qui change un peu des nouvelles immédiates épidermiques relayées sur les réseaux sociaux dont on ne peut rien tirer d'édifiant. (Attention, c'est très long)
Merci CGS pour cet article, dont l’auteur est pour le moins compétent puisque voici son profil :
Jacques Baud est un ancien colonel d’État-major général, ex-membre du renseignement stratégique suisse, spécialiste des pays de l’Est. Il a été formé dans les services de renseignement américain et britannique. Il a été chef de la doctrine des opérations de la paix des Nations Unies. Expert des Nations Unies pour l’État de droit et les institutions de sécurité, il a conçu et dirigé le premier service de renseignement multidimensionnel des Nations Unies au Soudan. Il a travaillé pour l’Union africaine et a été durant 5 ans responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères à l’OTAN. Il a été engagé dans des discussions avec les plus hauts responsables militaires et du renseignement russes juste après la chute de l’URSS. Au sein de l’OTAN, il a suivi la crise ukrainienne de 2014, puis a participé à des programmes d’assistance à l’Ukraine. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le renseignement, la guerre et le terrorisme, et en particulier Le Détournement aux éditions SIGEST, Gouverner par les fake news, L’affaire Navalny, et Poutine, maître du jeu ? aux éditions Max Milo.
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Re: Guerre en Ukraine

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Feufollet ayant élargi ce sujet à une analyse de la société Russe qui était à charge, je me permets d’y apporter un autre éclairage – sans nier le côté sombre qu’il a si bien décrit.

La mafia russe n’a rien à voir avec celle qui a pu et qui sévit encore en cachette en France, ou sous d’autres appellations, qui se contente de rackett et de vols, de divers trafics de substances illicites ou de prostitution, de pornographie et pour seulement se la couler douce (mais qui pratique le meurtre).
Les mafias sont des organisations illégales mais pas toujours que criminelles. Dans le contexte de l’Inde, un des meilleurs livre de littérature de ces 15 dernières années, SHANTARAM, rend bien compte du fait que certains chefs ont un idéal (c’était pour financer et aller faire la guerre sainte en Afghanistan pour un certain) et des pratiques qui aussi sauvent certaines vies tout à fait honorables, en leur faisant franchir des frontières, leur fournissant de faux passeports et diplômes (à des personnes dont la compétence correspondante est réelle, mais dont les titres ne seraient pas reconnus par leur pays de destination).
Autrement dit, là où les états sont insuffisants, crapuleux, en guerre, injustes, etc., il faut des mafias pour rétablir un équilibre et toutes ne sont pas « corrompues (violant, exigeant plus que le prix convenu, prostituant, kidnappant, etc.).
Ces mafias tiennent aussi un rôle que des chrétiens devraient et pourraient remplir !
En l’occurrence, je n’entrerai pas dans le détail qui leur est spécifique (dans un pays où le peuple n’aurait pas survécu sans l’existence d’un marché noir et où tout s’effondrait… se pose la question : quelle différence entre un de leur chef et un chef d’entreprise occidental ? Carlos Ghosn y a en partie répondu… un même profit sur le dos des mêmes, la légalité n’étant pas une garantie de vertu !)
Là où elles sont complices des gouvernements, cela peut être donc un mauvais signe, mais aussi un bon, le signe d’un retournement qui ne va pas toujours dans le sens de la corruption…

Ce propos est sans doute un peu « forcé », mais c’était juste pour contrebalancer celui de Feufollet : il y a certes un côté sombre, mais aussi un autre qui l’est moins, tandis que les dealers de pas que nos banlieues, les racketteurs et autres délinquants de la côte d’azur et d’ailleurs, n’ont qu’une seule face : la plus mauvaise…


Second point : les médias sont le reflet d’une société, n’est-ce pas ? Alors regardez la télévision Russe, pas celle de ces derniers temps pour éviter l’amalgame, mais celle d’il y a quelques années. Leurs émissions sont d’une intelligence largement supérieure aux nôtres. Je ne parle pas que des émissions culturelles, où le public nombreux peut intervenir avec des remarques d’un très haut niveau, mais même de leurs émissions de variétés et de leurs animateurs/trices. L’équivalent par exemple de notre « tournez manège » y est 10 fois plus respectueux des personnes et les qualités des « candidats » mises en valeur avec tant de finesse et d’à-propos ! « Intelligentia » n’est pas un vain mot concernant la Russie, et celle-ci n’est pas comme chez nous à ce point déconnectée des « masses populaires ».
Bien sûr, il y a les enfants du communisme dictatorial d’antan, et qui n’ont pas voulu lâcher les rênes qu’ils tenaient, la génération à laquelle Poutine appartient et qui n’en est pas le plus mauvais (entendre ce mot de notre point de vue) représentant, loin de là, mais nous sommes très loin de l’Afghanistan où maintenant les femmes n’iront plus à l’école et ne seront plus que des ventres analphabètes. C’est tout le contraire ! Il est tout à fait logique que les femmes Russes sur nos sites de rencontres soient souvent bardées de diplômes.
Croyez-vous qu’une telle culture (et je ne parle pas des arts… !) soit compatible avec l’image un peu barbare que certains (USA ?) veulent donner de ce pays ?
Moi qui ne regarde quasiment jamais la télévision en France, chez eux j’y serais volontiers spectateur ! Alors que celle des USA me ferait la fuir…

Encore une fois, on ne change pas un pays aussi vaste et qui a connu plusieurs décennies du pire communisme, du jour au lendemain. Et une démocratie à tout crin ne serait pas la bonne solution, elle ne ferait que permettre à certains virus de proliférer et accroitrait certaines pauvretés. Il faut un régime fort, mais la liberté des marchés s’y était instaurée, et d’ailleurs c’est bien pourquoi certaines mesures de rétorsion ne feraient pas que mal là où il le faudrait, mais aussi à d’autres pays et à des travailleurs innocents.

Je ne dis pas que tout y est tout beau tout rose, mais que aller à l’encontre de cette société et l’empêcher de s’épanouir comme elle le commençait, c’est en réalité faire le contraire de ce qu’on voudrait et donner raison au discours qui veut que ce soit nos pays qui sont en décadence.
Tout n’est pas blanc ou noir en Russie, il n’y a que des nuances de gris, à l’infini. Pour la comprendre il faut, avec un cœur grand comme la France, s’entraîner plusieurs années pour qu’il devienne à la taille de ce pays, s’il y parvient jamais.
Et que comprendrons-nous sinon de la Chine, qui y ajoute dans ces gris des nuances de rouge et d’autres couleurs (les Russes aussi mais invisibles) : d’ailleurs la science leur donne raison, la lumière les contient toutes.


Pour finir par un cli d’œil, puisque c’est à la mode de se préoccuper de la vie privée de Poutine, je crois que sur ce point si on la compare à celle de nos présidents récents ou de ceux des USA, il serait en pôle position pour le paradis !
A moins de remonter au grand Charles et à Pompidou (chez nous !) Les USA ont Obama (appartenir à une minorité raciale oblige) sinon il faut remonter sans doute à Reagan, qui face à Gorbatchev représente le dernier mohican des hommes politiques importants internationalement et capables de revitaliser un peuple et de nous conduire tous vers plus de paix durable.
Il y a bien sûr eu aussi la fin de l’apartheid, quel bel exemple réussi, mais c’était localisé…
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Re: Guerre en Ukraine

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Cgs a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 9:19 Bonjour,

Une analyse stratégique et historique sur les racines du conflit actuel, qui change un peu des nouvelles immédiates épidermiques relayées sur les réseaux sociaux dont on ne peut rien tirer d'édifiant. (Attention, c'est très long)
Il ne s'agit aucunement d'une "analyse stratégique et historique" mais d'une série de lieux communs et autres poncifs de la propagande officielle russe. Cette soi-disant analyse est de l'enfumage pur et simple et ne peut tromper que des personnes naïves n'ayant aucune notion de politique internationale.

Le parti pris de l'auteur saute aux yeux dès les premières lignes.
Cela commence par ceux qui durant les huit dernières années nous parlaient de « séparatistes » ou des « indépendantistes » du Donbass. C’est faux. Les référendums menés par les deux républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk en mai 2014, n’étaient pas des référendums d’« indépendance » (независимость), comme l’ont affirmé certains journalistes peu scrupuleux, mais de référendums d’« auto-détermination » ou d’« autonomie » (самостоятельность). Le qualificatif « pro-russes » suggère que la Russie était partie au conflit, ce qui n’était pas le cas, et le terme « russophones » aurait été plus honnête. D’ailleurs, ces référendums ont été conduits contre l’avis de Vladimir Poutine.
C'est tellement grotesque que j'ai dû relire ce passage deux fois, pour vérifier que j'avais bien lu.
Il existe actuellement des milliers de canaux Telegram pro-russes (je souligne au cas où), y compris de membres des “autorités“ des soi-disant “républiques de Donetsk et Louhansk“, qui vous confirmeront avec force détails que leurs ordres viennent directement de Moscou.
Vous pouvez commencer par consulter le canal de M. Girkin (Strelkov), ancien agent du GRU, que j'ai cité un peu plus haut.
Voyez sa page VK :https://vk.com/iistrelkov

Ici un lien vers le blog d'un membre des “forces armées de Donetsk“ d'où l'implication directe de Moscou ressort également de façon limpide : https://kenigtiger.livejournal.com/2133 ... ium=social
Les milices de LDNR et l'armée régulière se coordonnent et opèrent ensemble sur le terrain. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute quand on étudie la matière ne serait-ce que de manière superficielle.

Bref, se laisser embobiner par les poutiniens quand on est en Russie, c'est une chose : la pression est énorme et la propagande, omniprésente.

Que cela puisse se produire en France résulte soit a) d'une ignorance pure et simple, voire de lacunes scolaires (notamment en termes d'esprit critique), soit b) d'un choix idéologique délibéré.

Dans le premier cas, lorsqu'on n'a qu'une maîtrise partielle ou nulle d'un sujet, il s'agit de se remettre un peu en question et de ne pas relayer des informations qu'on ne comprend pas.

Dans le deuxième cas, il s'agit tout simplement d'un acte de trahison (collaboration avec l'ennemi). La France et l'Occident sont en guerre contre la Russie, qui menace le mode de vie et les formes d'organisation politique issues de la Révolution française, à savoir le libéralisme philosophique, le parlementarisme et la démocratie représentative. L'Occident est la cible explicite de Poutine, là encore, il suffit d'écouter ses discours pour s'en rendre compte.
Dernière modification par feufollet le jeu. 07 avr. 2022, 11:23, modifié 1 fois.
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Re: Guerre en Ukraine

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Si chétif Pierre vole le sac de bille de Paul le costaud (qui défend trop les victimes de Pierre plus chétives encore, ne serait-ce que par effet de dissuasion) et que Paul le moleste, quand le surveillant les séparera (comme quoi la supériorité de Paul n’était pas assez manifeste), il cherchera à comprendre la cause du conflit.
Pour le résoudre, il demandera à Pierre de rendre les billes, et ne s’en prendra à Paul que s’il a trop abusé de sa force – d’autant plus s’il avait auparavant déjà demandé plusieurs fois à Pierre de lui rendre ses billes.
On peut désapprouver Paul pour son acte violent, mais le conflit se résoudra en toute justice en sa faveur et contre Pierre.

Pour que la sanction de la violence soit juste, il faut que celle-ci ait été exagérée.

Mais que penser de Pierre s’il l’avait prévue, s’était entraîné secrètement avec son voisin prof de kung fu qui n’aimait pas la gueule de Pierre, et qu’il entendait lui sortir sa botte secrète et en tester l’efficacité ?
S’il s‘était mis le surveillant dans la poche ou l’aura cru, aussi ?
Bref, quand il n’y a plus de vainqueur facile, que le combat dégénère, comment l’arrêter ?
Le motif de départ est oublié, et chacun en revient à ses vieux démons, certains qui avaient disparus.

Voilà comment je comprends cette information que je n’ai pas lue mais dont j’ai déjà entendu parler de ce qu’elle contient :
Gaudens a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 9:32 A lire avec attention,les projets russes pour l'Ukraine:
Il y a une autre solution : crier son innocence pour recevoir de l’aide. Mais il aurait fallu être vraiment innocent ! Ceci dit, c’est mieux que de revenir à ses vieux démons…
Espérons que cela nous aura mis « du plomb dans la cervelle » pour l’avenir, mais en attendant ?
Le mieux serait de reconnaître ses erreurs, même si le voisin prof de kung fu voudrait bien que la bagarre continue (car Paul en grandissant pourrait être son adversaire et que ce serait bien si…).

Pauvre Paul : d’un côté les vieux démons, de l’autre l’incompréhension… Et un combat qui ne sera pas celui qu’il croyait, qui dégénère et l’oblige à revoir son avis sur la gentillesse des uns et des autres, qui lui reprochent des choses fausses et puis des vraies, car maintenant il a tout intérêt à « en finir au plus vite » et à se rendre méchant.
Et pauvre Pierre… qui maintenant sait qu’il peut « être un homme », mais comment ?

Prions pour Paul et Pierre…
Surtout pour que Paul reste raisonnable, devienne une sorte de « grand frère », et ne veuille pas écraser Pierre de crainte qu’il ne devienne déraisonnable et violent sous la pression d’étrangers « trop contents du spectacle » (à vérifier, peut-être pas ou non sans gêne, mais quand même, leur attitude pose question sur pas mal de points…).
Il n’y a pas que Paul qui a dans sa tête des « théories secrètes » indésirables et il se pourrait que la sienne en soit moins polluée que d’autres… Mais pour le moment, c’est lui qui peut conduire à un drame !
On le prend pour un Goliath, mais lui les coups il sait les encaisser, c’est un Phénix qui a su rejaillir de bien des cendres. Seulement les techniques inattendus de son adversaire le déroutent, alors déjà il le sait bien, il n’a pu s’empêcher de donner quelques coups vicieux qu’il ne prévoyait pas d’utiliser… Lui, c’est plutôt un Sanson aveuglé, qui a longtemps dû tourner la meule à la place des ânes.
Mais attention ; placez-le entre 2 colonnes et ridiculisez-le, et vous verrez ce qui arrivera !

De quel côté se trouve le bon Dieu ?
Peu importe, il vaudrait mieux que nous soyons tous frères et devenions athée, si croire en Dieu c’est pour en arriver là !
J’avais décidé de ne pas intervenir sur ce fil, je crois que je ferais mieux de m’y tenir…
Pardonnez-moi de vous avoir "assommé" avec mes paraboles et autres considérations d'électron libre...
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Jean-Mic »

C'est plaisant (ou pas !?) de présenter M. Poutine sous les traits d'un écolier dans la cour de récré ! :clap:
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Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par feufollet »

Jean-Mic a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 9:25
Altior a écrit : mer. 06 avr. 2022, 23:07 Jean-Mic, j'ai bien augmenté l'image fournie à 200%. Je vois un aigle sur la poitrine, mais je ne vois pas de croix gammée. Vous, vous la voyez où exactement ? Êtes-vous sûr qu'il ne s'agit pas d'un symbole byzantin, autrichien ou napoléonien ?

Quant aux épaulettes, elles semblent copiées-collées sur l'image. Elles sont plus floues que la peau ambiante et vraiment un collage fait par un logiciel gratuit (tandis que l'aigle semble tatoué).

Puis, vous pensez que Monsieur Poutine, avant de décorer cet officier, l'a déshabillé à torse nu ?

Mais vraiment, de quelles ordures propagandistes vous sortez tout ça ?
Vous avez raison !
  • Il pourrait s'agir de tatouages effaçables, comme les tatouages Malabar dont nous nous amusions quand nous étions petits.
Vous avez raison !
  • Ce n'est pas un insigne de l'armée du Troisième Reich, dont la tête devrait regarder à droite.
    Ce n'est que l'aigle du parti national-socialiste des travailleurs, dont la tête est tournée vers la gauche.
Vous avez raison !
  • Il est tout à fait possible (probable ?) que M. Poutine n'ait jamais vu M. Outkine torse nu.
    Il est tout aussi possible que M. Poutine, ancien du KGB, ne sache pas ce qu'est devenu M. Outkine, ancien des Renseignements militaires. Tout comme il se peut qu'il ignorait que celui qu'il décorait en 2016 de la plus prestigieuse décoration militaire du pays pour ses faits d'armes en Syrie, avait démissionné l'année d'avant pour fonder une armée de mercenaires avec M. Prigojine, grand ami du président, surnommé le "cuisinier du Kremlin", et principal financeur du groupe Wagner.
Vous avez raison !
  • Je suis peut-être aveuglé par les "ordures propagandistes" (je vous cite).
    Votre réaction laisse entendre que je ne suis peut-être pas le seul...
J'ai bien peur, Jean-Mic, que vous n’ayez plus de chances de raisonner un potiron...

Un autre preuve de l'engagement anti-nazi des miliciens russes : A soldier wearing Nazi imagery was given a medal by a Russia-backed separatist republic
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Re: Guerre en Ukraine

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Christian a écrit : mer. 06 avr. 2022, 16:39 Relisant ce que j’ai écrit plus haut, je me dois d’être plus cohérent et d’exprimer que tout discours qui cherche des raisons à l’agression russe en Ukraine en fait la justifie.
Tout le problème de cette rhétorique est qu'elle se retourne immédiatement contre qui l'emploie...

Ce n'est pas justifier (légitimer) une guerre que d'en chercher les causes. Ce n'est pas d'avantage la justifier que de demander si, du point de vue russe, ces causes sont légitimes. Ou alors appliquons l'élément rhétorique ici proposé aux ukrainiens : tout discours qui cherche des raisons à l'agression ukrainienne dans le Donbass la justifie ; après quoi, on postera des liens renvoyant aux exactions ukrainiennes dans le Donbass pour réputer certains intervenants du forum justifier ces actes barbares...

Chaque camp à ses raisons, ses motifs, qu'il suppose justes. Plutôt que chercher à donner raison à un camp plutôt qu'à un autre, ne pourrait-on pas se borner à analyser les causes objectives du conflit, sans diaboliser ou supporter l'un ou l'autre ? Sommes nous condamnés à répéter la propagande médiatique occidentale (en petits perroquets distribuant à bon compte les leçons de morale), ou pouvons chercher à comprendre le dessous des cartes sans être immédiatement assimilés à des partisans des crimes de guerre ?
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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feufollet
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Re: Guerre en Ukraine

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Perlum Pimpum a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 13:28 Chaque camp à ses raisons, ses motifs, qu'il suppose juste. Plutôt que chercher à donner raison à un camp plutôt qu'à un autre, ne pourrait-on pas se borner à analyser les causes objectives du conflit, sans diaboliser ou supporter l'un ou l'autre ?
L’Allemagne aussi avait ses raisons, ses motifs, qu’elle supposait justes. Se libérer de la tutelle humiliante de Versailles, récupérer l’Alsace, éradiquer la nation juive, éradiquer le bolchévisme, annexer un espace vital en Europe orientale… ce sont les causes objectives du conflit.
Et c’est tout à fait légitime ! Pourquoi diabolise-t-on les Allemands, alors que les camps d’extermination n’ont jamais existé (ce sont des photos truquées, des montages avec des acteurs, je l’ai lu sur un site allemand très fiable et parfaitement neutre qui s’appelle siegheil.de)

Le Japon également avait ses raisons, ses motifs d’attaquer la Chine en 1937. Comment ose-t-on dans les livres d’histoire diaboliser les nobles soldats japonais, venus libérer les Chinois ? Comment peut-on prendre parti pour les Chinois, alors que les causes objectives du conflit sont évidentes : les pauvres Japonais étaient trop à l’étroit sur leur petit archipel, ils avaient besoin d’un peu de place.

Quant aux Chinois et Coréens torturés, massacrés, qui nous dit qu’il ne s’agit pas de propagande occidentale ? Ce sont des collages photo, des manipulations pour discréditer la lutte du Japon contre la domination des judéo-reptiliens.
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Fée Violine »

cmoi a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 11:18 Feufollet ayant élargi ce sujet à une analyse de la société Russe qui était à charge, je me permets d’y apporter un autre éclairage – sans nier le côté sombre qu’il a si bien décrit.

La mafia russe n’a rien à voir avec celle qui a pu et qui sévit encore en cachette en France, ou sous d’autres appellations, qui se contente de rackett et de vols, de divers trafics de substances illicites ou de prostitution, de pornographie et pour seulement se la couler douce (mais qui pratique le meurtre).
Les mafias sont des organisations illégales mais pas toujours que criminelles. Dans le contexte de l’Inde, un des meilleurs livre de littérature de ces 15 dernières années, SHANTARAM, rend bien compte du fait que certains chefs ont un idéal (c’était pour financer et aller faire la guerre sainte en Afghanistan pour un certain) et des pratiques qui aussi sauvent certaines vies tout à fait honorables, en leur faisant franchir des frontières, leur fournissant de faux passeports et diplômes (à des personnes dont la compétence correspondante est réelle, mais dont les titres ne seraient pas reconnus par leur pays de destination).
Autrement dit, là où les états sont insuffisants, crapuleux, en guerre, injustes, etc., il faut des mafias pour rétablir un équilibre et toutes ne sont pas « corrompues (violant, exigeant plus que le prix convenu, prostituant, kidnappant, etc.).
Ces mafias tiennent aussi un rôle que des chrétiens devraient et pourraient remplir !
En l’occurrence, je n’entrerai pas dans le détail qui leur est spécifique (dans un pays où le peuple n’aurait pas survécu sans l’existence d’un marché noir et où tout s’effondrait… se pose la question : quelle différence entre un de leur chef et un chef d’entreprise occidental ? Carlos Ghosn y a en partie répondu… un même profit sur le dos des mêmes, la légalité n’étant pas une garantie de vertu !)
Là où elles sont complices des gouvernements, cela peut être donc un mauvais signe, mais aussi un bon, le signe d’un retournement qui ne va pas toujours dans le sens de la corruption…
Mais, cmoi, ce que vous décrivez là ce n'est pas la mafia.
Ce sont des résistants (comme les Français qui pendant la guerre faisaient de faux papiers pour les juifs), dans certains pays ce sont des chrétiens, des associations, qui agissent en dehors de l'état ou contre lui, pour sauver des gens.
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Gaudens »

Re-brève incursion de ma part malgré mon intention d'abstention.

Vous parlez,Feu Follet ,de choix idéologique délibéré.C'est exactement ce que je disais dans un post censuré parce que je constatais que tout un milieu idéologique (un "groupe", je ne sais pas ...?) s'accrochait à un blog de certitudes déterminées par avance et non par un examen sérieux de la réalité.Dans ce bloc de certitudes figure l'innocence de la Russie poutinienne(et kyrillienne,bien qu'orthodoxe et donc schismatique) face à l'Occident dépravé.Quelle analyse froide de la réalité peut résister à un tel bloc ?

Cela dit,Feu Follet,vouloir assimiler l'Occident à l'héritage de la Révolution française m'a fait personnellement froncer les sourcils ;vous imaginerez sans peine ce qu'il en aura été de vos contradicteurs.En termes civilisationnels ,je récuse personnellement cette filiation.Peut-être avez-vous en tête seulement l'organisation politique définie à grands traits par la démocratie parlementraie et la liberté d'opinion.Soit mais en ce cas ,pas besoin d'en appeler à la Révolution française: la Grande Bretagne connaissait cela cent avant avec sa propre "glorieuse Révolution", certes protestante et couvrant des prtaiques oligarchiques et pas toujours bien honnêtes .Mais bon...
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Perlum Pimpum »

feufollet a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 14:01
L’Allemagne aussi avait ses raisons, ses motifs, qu’elle supposait justes. Se libérer de la tutelle humiliante de Versailles, récupérer l’Alsace, éradiquer la nation juive, éradiquer le bolchévisme, annexer un espace vital en Europe orientale… ce sont les causes objectives du conflit.
Jusqu'ici, oui.

feufollet a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 14:01Et c’est tout à fait légitime !
En partie seulement...

feufollet a écrit : jeu. 07 avr. 2022, 14:01 Pourquoi diabolise-t-on les Allemands, alors que les camps d’extermination n’ont jamais existé (ce sont des photos truquées, des montages avec des acteurs, je l’ai lu sur un site allemand très fiable et parfaitement neutre qui s’appelle siegheil.de)
Oui, pourquoi les partisans de Poutine diabolisent-ils les ukronazis qui n'ont jamais existé, comme démontré sur fofolette.cia.propagande.com ?
« L’âme bavarde est vide intérieurement. Il n’y a en elle ni vertus fondamentales ni intimité avec Dieu. Il n’est donc pas question d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure Dieu. L’âme qui n’a jamais goûté la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet et elle trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui sont dans les gouffres de l’Enfer pour n’avoir pas gardé le silence. »
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Re: Guerre en Ukraine

Message non lu par Kerniou »

cher Feu follet,
Vous devriez aller visiter les camps de Dachau, d'Auschwitz et du Struthof en Alsace, ils n'ont rien de lieux de mystification, je vous assure ...
Dois-je vous rappeler que faire l'apologie du nazisme et nier l'existence des camps de concentration représentent, en France, un délit ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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