Riou a écrit : ↑sam. 26 mars 2022, 23:12
Les
acrobaties des interlocuteurs catholiques visant à soutenir Zemmour…
Zemmour appartient
tout simplement au courant issu de Maurras et, plus largement, de l'Action française…
pour ces chefs politiques, la religion n'est qu'un instrument de domination et de conquête, et rien de plus. Ainsi les catholiques qui empruntent ces voies au nom de leur "foi"
se laissent instrumentaliser par des chefs qui se moquent de cette même foi. Mais ils sont
complices de cette instrumentalisation, puisqu'ils y trouvent un moyen, pour certains, de défendre leurs opinions politiques du moment...
la
catholiquette fascinée par le personnage ne comprend pas qu'elle ne fait que mordre à l'hameçon du marketing électoral : ses positions assez floues sur la PMA ou l'avortement ne sont là que pour attirer le vote des catholiques
égarés dans l'extrême droite française...
Un catholicisme très bourgeois par ailleurs, à l'image de son électorat et de son programme économique...
Ce qui en dit beaucoup sur la
naïveté déconcertante d'une partie du catholicisme français, qui semble répondre plus promptement aux manipulations de la communication moderne qu'au Verbe évangélique...
Oh là !
Je comprends et partage les réactions négatives à certaines déclarations et orientations de Zemmour, mais il me semble possible d'en dire de même pour chacun des autres candidats principaux à la prochaine élection française.
À chaque élection, il s’agit seulement d’un choix entre des candidats imparfaits qui sont chacun critiquables de tel ou tel point de vue.
Une seule chose me semble importante : c’est l’amour des ennemis. On ne peut comprendre ni Zemmour, ni un autre candidat sans un a priori de bienveillance. Tant pour chaque candidat que pour ceux qui expriment une préférence.
Non, les catholiques qui expriment une préférence pour Zemmour ne méritent pas d’être traités de «
catholiquette ». Ce mot est méprisant et blessant.
Ils ne méritent pas davantage d’être réduits à «
Maurras » ou qualifiés «
d’extrême-droite ». C’est de la caricature malveillante.
Réduire leur opinion à des «
acrobaties » ou à de la «
naïveté » manque de respect à l’égard d’opinions autres.
L’amour chrétien c’est d’abord la conviction que la connaissance n’est pas une affaire individuelle mais une rencontre où la différence enrichit et fait naître du meilleur.
C’est si facile mais si faux de penser en soi-même : je vois clair et l’autre est dans l’obscurité. De penser que l’autre est mauvais, mal informé ou incapable.
En cette période qui suit les troubles d’une gestion de la pandémie qui fut très clivante et qui est marquée aujourd’hui par une pensée tout aussi clivante sur une guerre tragique, ne faut-il pas soutenir avant tout la nécessité de dialogues bienveillants ou l’ «
autre », celui qui ne pense pas comme moi, doit être écouté avec bienveillance pour être compris ?
Cela n’est pas contradictoire avec la possibilité pour chacun d’avoir ses propres convictions et de choisir, sans renoncer en rien à défendre avec fermeté son opinion et à critiquer, voire rejeter, des opinions contraires. Mais, faisons-le avec bienveillance !
L’enseignement de l’Église est très nuancé dans les grands enjeux du monde moderne concernant les structures de base (la famille, la culture locale, l'état de droit avec ses frontières et ses contrepouvoirs) et l'ouverture à l'autre, à l'étranger (avec les nouveaux équilibres à trouver pour l'immigration, la cohabitation de cultures diverses et la mondialisation).
Chacun peut trouver chez chacun des candidats à une élection ce qui lui semble préférable pour l’évolution future de la société. Cela vaut aussi pour chaque catholique par rapport aux priorités qui lui semble préférables.