Bonjour Suliko,
Bonjour Gaudens (et pardon de m’immiscer, mais une allusion semble me concerner….)
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
C'est la dernière fois que je m'explique : avant d'élaborer des stratégies concrètes sur le parti à prendre dans tel ou tel contexte, dans telle ou tel pays/situation, il est nécessaire d'avoir les idées au clair et donc de savoir et d'adhérer à ce qu'enseigne traditionnellement l'Eglise sur la question de la séparation des pouvoirs.
Ce n’est pas la première fois que je me demande comment il faut prendre certains de vos propos comme ici vos premiers mots…
M’abstenant une nouvelle fois d’y réagir pour ne pas sortir du sujet (bien que je me demande s’il est vraiment à ce point plus important) je me pose néanmoins une question immédiate sur la suite : êtes-vous sûre d’avoir vous-même les idées claires ? Nous allons nous en assurer…
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Ce n'est pas fuir le réel que de s'accorder avec la doctrine de l'Eglise ! A ce taux-là, autant déclarer que c'est fuir le réel que de croire que le catholicisme est la seule vraie religion, parce ce n'est pas plus cru par nos contemporains que l'idée selon laquelle l'Eglise et l'Etat ne devraient pas être séparés... Voyez où vos raisonnements vous mènent...
Un tel raisonnement est totalement spécieux, et en plus il veut nous prendre à témoin du contraire et se moquer du nôtre supposé. Sur un tel sujet ce qui existe de doctrine existe pour être appliqué et uniquement pour cela, donc pour résoudre et répondre à des cas concrets. Par conséquent si on vous présente une situation et que vous ne savez pas comment appliquer la doctrine dans ce cas précis, c’est que soit elle ne fait l’objet d’aucune doctrine, laquelle aurait une sérieuse lacune, soit vous ne savez pas l’interpréter.
Dans le premier cas, c’est bien pour cela qu’il y a depuis Vatican II (mais aussi au fil du temps et depuis l’existence de l’Eglise) des textes qui traitent de nouveaux cas (mais que vous refusez de considérer comme pertinents et appartenant à la doctrine de l’Eglise, au seul motif qu’ils sont seulement postérieurs à Vatican II) sans lesquels votre doctrine en tout cas est insuffisante, et dans le second cas, il ne vous sert à rien de connaître la doctrine que vous défendez. On peut même se demander vu que c’est celle de l’Eglise et qu’à ce titre elle est hors de cause, si vous la comprenez.
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Or, ce que je constate, c'est qu'au sein du catholicisme post-conciliaire règne le libre-examen. Chacun y va de sa petite théorie sans prendre en compte ce que dit l'Eglise, ou seulement à titre d'élément de réflexion. Si vous relisez l'encyclique
Pascendi de saint Pie X, vous constaterez aisément qu'on nage en plein modernisme, et ce à tous les niveaux de l'Eglise ! Et si vous voulez vraiment savoir ce que je préconise concrètement, est bien c'est simple : étudier l'enseignement traditionnel de l'Eglise, y adhérer et le transmettre. Sans cela, et tant que régnera le flou doctrinal et moral, rien ne sera possible. Rome ne va pas dans ce sens ? Obéissons alors au Créateur plutôt qu'à la créature.
Encore un raisonnement spécieux et aventureux. Le créateur ne s’est nullement prononcé sur tous ces sujets sur lesquels vous opposez l’Eglise d’hier à l’Eglise d’aujourd’hui. Vos références n’ont ni plus ni moins d’autorité que celles que vous contestez. Or Jésus disait déjà que si un royaume est divisé contre lui-même, comment subsisterait-il ? Il est donc impératif de concilier ou réconcilier ce qui paraît se contredire dans cet enseignement, au risque de passer à côté de la vérité.
Quelle Eglise faut-il par défaut privilégier : celle d’aujourd’hui qui s’adresse à nous et qui connaît notre situation, aussi bien que la tradition, à l’égard de laquelle nous avons un devoir d’obéissance, et qui nous conseille à leurs 2 sujets, ou celle d’hier et qui ne connaît absolument pas la première, ni la seconde avec autant d’exhaustivité ?
Si des choses ne vous paraissent pas claires, il convient de l’interroger. A défaut de réponse, d’en chercher et d’en proposer, à titre d’hypothèse…
Etudier l’enseignement de l’Eglise, c’est bien. Y adhérer, c’est encore mieux ! Mais cela suppose de l’avoir compris, et tant qu’il y aura un « flou » pour vous et puisqu’il faut au final agir, il vous conviendrait de le lever avant de le transmettre avec son « bon pour l’action ».
Mais s’il faut agir immédiatement, et si cet enseignement nous dit non seulement les raisons et le pourquoi, mais très concrètement le comment, puisque de toute façon il ne nous appartient pas de le contester mais de l’appliquer, nous pouvons dores et déjà agir et obéir à ce « comment » sans attendre de le comprendre, et ce à plus forte raison si nous ne le comprenons pas car il faut d’abord le comprendre avant de le discuter.
Or vous faites le contraire à l’égard de l’Eglise d’aujourd’hui : vous refusez de le comprendre puisqu’à vos yeux il est contraire à l’enseignement de l’Eglise d’hier, et à cause de cela vous refusez d’obéir. Vous auriez raison si vous aviez réussi à harmoniser ces enseignements, et qu’ils conseilleraient de leur désobéir (n’ayons pas peur de l’absurdité, mais dans ce cas ce serait aux deux : pas de jaloux !), mais dans le cas contraire il vaut mieux vous abstenir d’apprendre l’enseignement des temps anciens, plutôt que celui des temps actuels et qui nous correspond et qui est beaucoup plus accessible (déjà que nous manquons pour la plupart d’entre nous du temps qui serait nécessaire à un approfondissement).
En refusant l’enseignement actuel vous ne faites que montrer que vous ne comprenez pas bien celui que vous revendiquez… Il y a des nuances, qui vous échappent et qui sont devenues beaucoup plus que des nuances. Il n’y a que vous qui les opposez et mettez l’église en contradiction, sans vous cette contradiction n’existerait pas, avec vous elle devient une condamnation.
Non seulement vous ne chassez pas la cause de ce qui vous trouble, mais vous invitez les autres à non pas seulement la connaître, mais à la prendre pour la vérité vraie (qui viendrait du créateur !) et à ainsi inviter à la désobéissance (non pas civique mais pire), et accuser les pasteurs actuels de l’Eglise de faillite.
Soyez logique : dans ce cas, vu les promesses que le Christ fit à propos de son Eglise, soit vous ne croyez plus en Lui, soit vous considérez que ce n’est plus son Eglise.
Et cela depuis plus de 50 ans et en dépit des signes contraires (ce serait trop long d’illustrer) !
Sinon, si donc dans cette Eglise règne le libre-examen, c’est bien à cause du vôtre et de son insuffisance, et il convient de vous en prendre à vous-même avant de vous en prendre aux autres. Peut-être n’avez-vous en cela voulu qu’imiter les libéraux et profiter du flou, mais ne les critiquiez-vous pas et même, sans réussir à les convaincre ni prouver leur erreur ni qu’ils avaient perdu la foi (ce pour quoi ils ont dérivé de plus en plus) ? Si par bonté on n’a pas excommunié ceux qui vous ont précédé dans le partage d’une même considération, il est plutôt grossier de vous moquer (sous une forme certes plus subtile et moins ouverte, mais non moins pugnace) de la canonisation de celui qui vous a « sauvé la mise » à tous : Paul VI.
Fut un temps vous vous étonniez que je sois devenu orthodoxe (ce qui pouvait être presque un compliment à l’égard de la doctrine que je vous semblais défendre) mais pourtant, vous n’avez pas à en chercher très loin une explication : si vraiment vous faites encore partie de l’Eglise, ce qui est votre conviction non démentie, alors cette division terrible qui se montre en son sein à travers vous si radicale est le signe qu’elle est divisée et va sombrer : j’ai donc rejoint la seconde barque, celle de la pêche miraculeuse : il s’y trouve d’autres apôtres et elle ne coule pas encore !
Vos clameurs ne défendent ni ne plaident en effet jamais le moins du monde, aussi petitement soit-il, pour une réconciliation.
Or pour moi, chercher qui est la cause de cette division par son attitude, qui a tort qui a raison, n’a plus d’intérêt : ce qui compte, c’est alors de se sauver…
Je suis un enfant de vos semblables et j’en ai tiré la leçon… Peut-être vous ais-je donné trop d’importance… Si vous pensez que j’ai rejoint un mauvais bateau, alors il n’y a plus d’issue si l’on vous écoute.
En principe, dans ces cas-là, on donne ensuite tous les torts au chef qui n’a pas su se montrer assez ferme. Comme le dira Napoléon à propos de l’assaut et du pillage du château de Versailles, les gardes Suisses étant morts de n’avoir pas tiré sur le peuple (les ordres sont les ordres) : « moi, j’aurais tiré ! ». Il ne parlait pas en tant que garde Suisse, mais que chef responsable… Malheureusement il suffit d’un enfant, d’un peu de sentiment de compassion, et… la foule insubordonnée triomphe.
Moïse a fait moins de cadeaux aux israélites, il faut croire qu’il s’en sentait trop proche ou moins responsable pour les excuser… Qui sait ? Lui en tout cas pouvait le dire : le créateur lui avait parlé !
Pas vous…
Si je mesure la dureté qui a manqué aux papes, à celle qu’il vous faut pour maintenir votre position au point de vous donner raison et de leur donner tort (tandis qu’ils cherchent à arrondir les angles) nul doute qu’à leur place vous auriez excommunié… (Ou alors : vous cherchez bien à diviser pour diviser…)
Je crains que cela ne vous soit insuffisant pour réfléchir aux conséquences vous concernant…
De fait, un vrai traditionaliste d’autrefois n’aurait jamais remis en cause l’autorité du pape ! De quel droit le faites-vous ? Vous n’êtes pas à mes yeux « traditionaliste », voyez-vous. Pour cette raison mais aussi, parce que vous ne cherchez pas quelles traditions ont pu être perdues, mais vous attachez seulement à celles conservées sur une période bien précise et qui correspond à la lutte contre le protestantisme, puis le modernisme. Quand donc l’Eglise était le moins en mesure d’avoir une vision plus large que son époque, et c’est pourquoi elle s’est laissé peu à peu déborder…
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Mais ne pensez surtout pas que vous arriverez à mieux féconder le réel en vous éloignant de cet enseignement, parce que ce n'est pas du tout le cas.
Si je tire tout le sens de votre propos, vous condamnez l’Eglise actuelle, c’est net et franc, sans appel. Or il n’y en a pas d’autre selon vous, sauf… vous et vos semblables, qui ont eu la chance (devenue une malchance collective) d’avoir convaincu un évêque. Devenez « sédévécantiste » (encore un mot de plus pour rien…
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Ce ne sont pas les catholiques libéraux qui évangélisent notre société, mais bien plutôt notre société et ses idéaux qui les contaminent. Comment ne le voyez-vous pas ?
Et que faites-vous pour les aider dans ce combat ? Quand vous êtes-vous mis côte à côte avec eux face à l’adversaire (on a bien vu votre abbé face à Tapie : dialogue de sourds) ? Ou les avez-vous déjà excommuniés, arrachant le membre gangrené plutôt que d’essayer de le sauver ? Le problème, c’est que vous voudriez arracher plus que le membre, mais là où sont les organes vitaux… Les avez-vous protégés, au lieu de les fatiguer davantage ?
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Il est un peu facile de dire des traditionalistes que leur attachement à certaines doctrines est contre-productive, alors que dans un même temps, ils constatent bien que les catholiques modernes sont incapables d'empêcher les diverses dérives sociétales modernes.
Si on le dit de façon moins polémique, vous reconnaissez ne pas pouvoir faire mieux que les libéraux (et autres conservateurs, etc.), à ceci prêt que vous ne cherchez plus à lutter contre l’adversaire. Bref, ils vous servent de pare-choc et de garde-boue et çà vous va bien : cela vous laisse plus tranquilles et vous donne bonne conscience. Mais est-ce à dire (comment le comprendre autrement ?) qu’il n’est plus possible selon vous de vaincre ? Ce serait manquer alors de foi et « jouer perdant »…
Vous en donnez parfois tous les signes…
Suliko a écrit : ↑ven. 29 mai 2020, 12:15
Mais le problème est encore plus profond : en s'accommodant avec le libéralisme, les catholiques ont massivement changé le contenu même de leur foi. La façon désinvolte dont certains refusent l'enseignement de Léon XIII (mais je pourrais citer beaucoup d'autres exemples de bien des époques différentes) est assez caractéristique.
Vous confirmez donc… Sauf que vous vous trompez sur Léon XIII (en cela je me sens concerné, car effectivement je n’avais pas relevé cette citation dans ma réponse antérieure : je vais donc m’en expliquer maintenant !)
Tout çà pour en arriver là, oui, je me suis laissé dériver…
Léon XIII qui était confronté aux prémisses d’une nouvelle situation à laquelle il ne pouvait plus faire face frontalement sans perdre, a cherché comme on dit à « sauver les meubles » en rappelant quand cela pouvait encore avoir du poids, les raisons profondes et sensées (mais comment faire entendre raison quand la panique sévit !) qui s’offusquaient de l’évolution en cours.
Or une fois que la situation nouvelle fut installée, il devint clair que ces raisons ne pouvaient plus être opérationnelles, il convenait de changer de rapport et de s’y prendre autrement, d’en trouver d’autres qui s’accorderaient avec la nouvelle situation sans la prendre comme une impasse, mais en y détectant de nouveaux germes sains pour reprendre la lutte – ainsi la Saint-Esprit nous éprouve, pour ensuite nous donner mieux.
Ce mieux, c’est à nous qu’il revient de l’accomplir. Vatican II (car entre temps, l’Eglise a continué de se débattre mais perdu trop de batailles…) a posé que les premiers jalons (il n’a jamais prétendu faire plus, et on attend encore la suite… à cause de « certains » qui nous retardent à ne pas le comprendre !) et certes cela supposait un changement qui, pour ceux qui étaient déjà bien dans la bergerie, n’aurait pas été nécessaire, mais qui l’était pour continuer à servir de levain dans la pâte et ne pas devenir périmé.
Opposer tous ces enseignements entre eux c’est faire comme en Son temps, les scribes. Ah oui, qu’ils connaissaient bien leurs traditions et leurs textes ! Et pourtant, cela les a empêché de Le reconnaître… alors qu’Il était sous leurs yeux !
Invoquer le créateur, c’est bien ce qu’ils firent pour Le condamner.
Si donc vous pensez avoir les ides claires, c’est que votre esprit (extrêmement brillant sans aucun doute) est tellement sombre que vous les voyez telles…
Sombre = pessimiste, sans espoir,… (Vous l’avez maintes fois exprimé vous-même, d’ailleurs…)
J’aurais essayé de vous faire entrevoir la lumière, mais je reste en cela comme la fosse : sceptique… (haha, mieux vaut en rire..)
Le fond du problème n’est pas doctrinal, mais moral. Il relève de l’examen de conscience plus que du libre examen, et du discernement nécessaire pour voir sa faute, et non des erreurs… Quand la faute devient collective, c‘est beaucoup plus difficile… Surtout quand il faut sinon abandonner le beau, pour du laid… Car s’il n’avait été question que du bien et de la vérité, la défense de votre cause n’aurait pas été si facile, elle aurait même échoué… Certains, dont vous êtes, essaient depuis de le faire oublier – si seulement ils s’en souviennent…
Je parle d’une période dont je sais beaucoup et dont je n’ai rien oublié…
Bien sûr il y avait des perturbateurs (au sein des libéraux qui ne l’étaient pas tous, certains furent même de bons vrais prophètes certes de malheurs qui sont sans doute devenus conservateurs) mais était-ce une raison pour faire bande à part et casser l’unité (ce que vos prédécesseurs ont plus fait que les libéraux et en étant finalement beaucoup moins sanctionnés) ?
Je crois que faire preuve d’intolérance (pour ne pas dire accuser), c’est vouloir cacher les questions et les situations auxquelles on n’a pas les réponses…
Vous aurez beau dire, amputée comme elle l’est, « votre » tradition ne les a pas davantage qu’au début et c’est ce qui fut la cause première (non les libéraux ou le modernisme ou le relativisme ou le …isme…) de… ce qui a de quoi rendre sombre, je le reconnais ! - Et dont vous reproduisez en partie l’erreur.
Mais la lumière ne se lèvera pas de là… Mas de là vers où elle est partie.
S’il n’y avait qu’une seule chose que j’aurais à vous dire, en tant qu’oeil extérieur encore, c’est que tant que vous aurez le point de vue qui est le vôtre, et qui va bien plus loin que d’être simplement traditionnaliste au sens courant, l’Eglise qui est vôtre dites-vous encore, est condamnée (ce que parfois vous laissez d’ailleurs entendre)…
Il vous appartient de résoudre cette contradiction.
Vous rendez-vous seulement compte d’à quel point votre attitude (bien plus à prendre en considération que votre « enseignement » quel qu’il soit et qui ainsi se décrédibilise) et elle seule est désespérée er désespérante ?
Ce n’est pas la première fois que je m’explique là-dessus, mais du moins je ne me répète pas, je me complète. Sera-ce la dernière ? Dieu seul le sait, je n’ai pas à ce sujet d’attitude aussi suicidaire que la vôtre.
Vous pourrez y mettre tout le brio et l’intelligence qu’il vous sera jamais possible d’avoir, cela n’y changera rien.