Merci
Cendrine d pour votre précision.
Kerygme, j'en suis désolé, mais on n'arrête pas un train lancé à pleine vapeur, - même un TGV électrifié.
Je suis fort content de votre initiative et j'en attend le retour. Essayez d'avoir un missel qui vous donne les traductions en français. même si vous ne vous en servirez pas, on ne sait jamais : que cette option vous soit ouverte.
Sinon, rien ne vous empêche de me répondre dans 1 semaine, un mois, un an... Mais comme vous l'avez annoncée par prétérition, j'attends votre retour avant que Dieu ne me rappelle à Lui...
Donc, si vous me le permettez, je continue...
Mais je suis en plein freinage et je vous promets de ne plus intervenir avant lundi
Si je poursuis mon plan annoncé (pas de raison que non) il m’échoit de parler à présent de la communion. Sachant que je n’ai pas vraiment parlé du canon, de ses anciennes prières « déclassées » ou disparues, mais c’est aussi que je le réserve ainsi que d’autres idées pour une petite (ou grande…) synthèse finale en essayant de garder le meilleur pour la fin.
Donc : la communion. Outre l’énorme raccourci que fut la prière eucharistique n°2, c’est sans doute ce qui suscita le plus de réactions négatives. Car la « critique » de l’offertoire jugée fondamentale par la « doctrine intégriste », ne correspond en rien à la réaction spontanée que sa nouveauté inspira.
« Communion » donc qui commence en gros après le pater (qui à mes yeux reste une partie à part entière et presque téléportée, en lévitation d’amour…), et finit dans le nouveau rite assez brutalement, par une bénédiction et le « ite missa est ».
Elle inclut donc une nouvelle acclamation « car c’est à toi qu’appartiennent… » que je trouve bienvenue mais pas les intégristes, parce qu’elle nous prive d’une prière du prêtre : alors ils lui ont trouvé une petite critique : normal !
Jusque là quoi de plus banal, c’est de bonne guerre…
Ensuite vient la grosse surprise, dite « le baiser de paix ». Je vais le dire tout de suite, bien que ce devrait être pour conclure, ce baiser est fort mal placé, il crée la distraction et dissipe l’esprit au plus mauvais moment : juste avant la communion. Alors qu’il devrait la suivre, comme son aboutissement. Vous vous doutez bien que cette amélioration n’a pas été suggérée par eux, pour pouvoir mieux critiquer son échec !
Ce qui est regrettable car, vraiment, son introduction fut un rafraîchissement céleste. Jusque là nous allions à la messe « endimanchés », mot qui a perdu son sens ou qui l’a inversé désormais (c’est le jour du repos du Seigneur, alors on se repose, hein ? On va pas encore mettre sa cravate et sa veste, y ajouter ses gants et son chapeau pour « fêter » Dieu par une belle tenue ; chapeau qu’il faudra ôter tandis que ces dames qui n’en porteraient pas mettront leur mantille ou leur foulard) et surtout l’exercice consistait à ne pas s’occuper de la présence des autres, pour rester concentré sur son extase magnifique d’être en plein dialogue, avec Dieu via le prêtre (qui heureusement se paye tout le boulot, c’est pas pour rien qu’on verse à la quête).
Un rafraîchissement, vous dis-je, un rite charismatique avant l’heure et qui déclencha des sourires gênés, des éclats un peu hystériques, des longs doigts tendus avec timidité et embarras, mais qui vraiment fut/devint une tornade de bonheur et qui aurait pu changer beaucoup de choses si son moment avait été bien placé. Jusque l’esprit avec lequel on allait à la messe ou la faisait suivre. Jusqu’à libérer la parole des opprimés. Jusqu’où cela aurait-il pu aller, Dieu seul le sait. Mais, hélas, il ou plutôt elle retomba rapidement, quel dommage, et suscita encore plus d’embarras que si il n’avait jamais été proposé… J’ai rarement vu depuis qu’on sache le dépasser complètement sans provoquer une autre gêne.
Ensuite vient l’Agnus Dei, ce qui me permet de placer ma petite remarque sur ces prières qui vont par 3 (c‘est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, Kyrie, domine non sum dignus, etc…) avec l’ambigüité souvent impossible à lever entre la simple répétition pour insister (dans ce cas là pourquoi pas deux, une seconde fois avec un ton différent qui marque l’approfondissement, ou carrément l’infini jusqu’à plus soif, ce qui ferait de toute la messe une disharmonie merveilleuse de plusieurs canons de prières selon le moment que chacun aura choisi… jusqu’à l’obligation de chacun garder sa salive !) et celle qui monte et s’arrête à trois, pour évoquer la Trinité.
Dans le cas du Kyrie, le cumul est particulièrement frappant, et le Nom a opté pour 2. J’aurais personnellement fait en sorte à ce que le 2 se fasse non sur chaque invocation, mais sur les 3, pour que ce soit plus net. Dans le cas du « Domine non sum dignus », il a opté pour 1 : mauvais choix, à mon avis, car si effectivement elle en vaut le prix par la force symbolique, le contexte dramatique (on vient de s’embrasser et de se réjouir d’être ensemble en communion, corps mystique du Christ !) voudrait qu’on le répété encore une fois en sourdine, pour s’en imprégner et en réaliser la portée.
Comprenez-vous mieux ma remarque sur les grecs qui eux au moins maîtrisaient la tragédie, cher
Gaudens ?
Pour l’Agnus Dei, c’est juste une montée crescendo mais de l’avoir choisi en 3 rend une confusion possible avec les 3 personnes ; je raisonne là comme les traditionnalistes, même si à l’usage ce triplet représente assez l’usage courant en pareil cas.
Toujours est-il que : avoir voulu bousculer un peu ces triplettes me semble avoir été une bonne idée.
Vient alors, aïe aïe aïe, la communion proprement dite. Aïe aïe aïe, oui, je m’abstiendrai de redire ce que chacun sait. Pansons nos plaies. Toutefois, la communion dans la main tant décriée fut en usage longtemps dans des temps antiques et vénérables : n’est-ce pas paradoxal de la refuser quand on est traditionnaliste ? (Et puis l’agenouillement n’était pas si facile pour beaucoup... Il fallait une organisation sans faille, ce que depuis on est bien en peine souvent d’avoir ou d’obtenir.)
Idem pour la communion sous les 2 espèces ou avec du pain non azyme. S’il y eut des sacrilèges, ils ne purent provenir du peuple saint et désignaient des brebis galeuses à exclure (à l’exception des handicapés mentaux, ou… !?). De fait, c’est seulement là que le NOM s’approche un peu des orthodoxes mais avec timidité : sous les 2 espèces restait exceptionnel (qu’importe le comment).
D’ailleurs elle s’en éloignait aussi : quelle idée de la faire donner par des laïcs, pendant que le prêtre s’assoit (pas toujours et de moins en moins, soyons justes) et regarde benoîtement (essaye en tout cas, car il lui est difficile de prier en égoïste à un tel moment) ! Mais quelle idée ? Je comprend-là une possible colère : rendre « tournant » le rôle et la place du prêtre aurait été plus franc… que Dieu partage au moins cette souffrance qui est la nôtre, puisque « l’échange entre nous » passe maintenant devant l’offrande : se retrouver contraint de communier de la main du voisin, qui vient de nous piquer, en nous tournant le dos et se sachant vu, des fruits qui pendaient en bordure de son jardin ! (Un exemple comme un autre. Le pire étant alors de ne pas savoir ce qu’il a pu bien faire… mais de ne pas pouvoir s’empêcher d’y penser. Certes nous ne sommes pas « meilleurs », mais nous ne demandons à personne de nous admettre dans ce rôle d’honneur incroyable. Sans ni élection après un tri sévère, ni « toilettage ».)
Que Dieu ait pitié de moi : je l’ai fait une fois, un peu beaucoup contraint comme catéchiste, mais du mieux possible, après les premiers émois et excès d’indignité qui ont semble-t-il effrayé ou plut, selon, et j’ai passé ma journée ensuite à la fois explosé de joie et confondu au plus bas/haut. (je ne sais pas mais confondu) degré d’humilité… J’ai refusé des récidives (le mieux fut perçu et thésorisé) : c’est trop éprouvant ensuite et me reste problématique…
Ce qui me conduit à une autre remarque et qui concerne la forte réduction du nombre des prières et de leurs mots précédant la communion - et la préparant donc. Ma remarque à propos de l’offertoire pourrait-elle s’appliquer là ? Peut-être, oui, vraiment, sauf que… ces prières avaient une réelle saveur d’exemple (les disciples demandèrent à Jésus comment prier… là l‘assemblée avait un autre exemple d’actualité qui avait valeur de rappel) mais bon, ce n’est pas autant choquant que la disparition de celles qui suivent la communion, l’ensemble en transformant le moment en quelque chose de difficilement identifiable spirituellement, ce qui rejaillit sur le sens de toute la messe et bien que le sacrifice en lui-même et qui précédait y suffise, et cela précisément parce que le NOM insiste en comparaison sur la valeur de communion et de partage de la messe. Certes, on renvoie chacun à sa conscience et sa liberté, à sa foi, certes, mais n’est-ce pas un peu imprudent ? On recrée une séparation au plus mauvais moment…
Que des chants puis un silence bien « senti » et au tempo bien contrôlé puissent favoriser la prière individuelle, certes oui. Mais tout de même, cette absence se fait sentir et minimise ce moment de grâce intense, on pense presque déjà à partir. Car on reste dans une assemblée qui a une raison d’être ensemble et qui doit s’y coller jusqu’au bout, pas démissionner comme le prêtre parti se rasseoir au lieu de donner la communion.
Si on se réfère encore avec les orthodoxes, on s’éloigne là encore beaucoup de leur rite et c’est dommage. Quand on est là, au chaud tout près de son Sacré-Cœur, on ne veut pas la quitter si facilement sa place et au moment de le faire on compense par des mots doux… Est-il donc impossible d’en proférer « en commun » ? C’est le meilleur moment pour être exhaussé, non ?
Ce serait là que pourraient se glisser des prières/louanges au Christ-Roi paraît-il délaissé par le NOM, ou à Marie (idem)… Là qu’au final on s’embrasse avant de se quitter, fut-ce pour très peu de temps (agapes) !
Et ce, juste avant une transition (que l’ancienne messe avait en récapitulant, même si ensuite elle joue après le renvoi les prolongations avec l’Evangile de Jean : ce que je veux dire, c’est qu’il est dommage que sa prière post communion soit individuelle et propre au prêtre : elle exagère son exclusivité ou privilège là où il n’y en a pas (ce n’est pas le seul mais un bon exemple)…et peut-être que le NOM a voulu réparer cela et serait allé trop loin…) et puis la bénédiction et le renvoi.
Même les grecs ne sont pas parfaits ! Mais ils n’ont pas commis cette dernière erreur, juste celle du baiser de paix et tout en sachant mieux l’enrober.