Droits sociaux et co-développement

Famille - Travail - Chômage - Femme - Enfance - Vieillesse - Handicap - Santé publique

Faut-il réinvestir le coût social de l'immigration clandestine dans le co-développement ?

OUI
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56%
NON
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11%
NSP
3
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Christophe
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Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christophe »

Bonsoir à tous

Voici un dernier petit sujet pour ce soir... :p

Nos gouvernants s'étonnent encore et toujours de l'inefficacité de leur système de lutte répressive contre l'immigration clandestine : les douaniers, les camps de regroupements, les expulsions, etc. n'y changent rien : l'Europe en général et la France en particulier sont des destinations de choix pour les candidats à l'exil.

Pourquoi ? Parce un étranger en situation irrégulière en France a plus de droits qu'un étranger en situation régulière dans son propre pays. Un étranger en France, même en situation irrégulière, est titulaire de droits sociaux : couverture maladie universelle, scolarisation de ses enfants, etc. Ceci constitue ce que l'on peut qualifier de "trappe à clandestins".

Afin de faire cesser l'attrait de la France comme destination clandestine et de fixer dans leurs pays d'origine les candidats à l'exil, ne vaudrait-il pas mieux réinvestir dans les pays d'origine tout ce que coûtent les clandestins en droits sociaux à la France ? Ceci afin qu'un étranger en situation régulière dans son propre pays ait toujours davantage de droits qu'un étranger en situation irrégulière en France.

Par exemple, ne plus scolariser gratuitement les enfants de clandestins en France, mais réinvestir l'argent ainsi économisé à construire des écoles dans les pays d'origine ; ne plus financer les soins médicaux des clandestins en France, mais réinvestir l'argent ainsi économisé à construire des hôpitaux dans les pays d'origine ; ne plus loger gracieusement les clandestins, mais réinvestir cet argent dans la construction des pays d'origine, etc.

Christophe
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Nanimo »

Je suis tout à fait pour réinvestir ces sommes dans les pays d’émigration. D’autant plus, que toutes les dépenses que vous mentionnez ne sont pas les seules. En voici d’autres liées directement à l’immigration clandestine.

Petite rubrique des dépenses :
Il y a une action commune entre les pays latins visant spécifiquement à stopper l’arrivée des clandestins par voie maritime. L’action, qui s’appuie essentiellement sur le travail des gardes-côtes et des technologies de surveillance, a donné quelques résultats. C’est bien, mais certainement pas gratuit.

Les aéroports européens. Il y a maintenant des contrôles au départ, ce qui double les contrôles puisqu’il y en a d’autres à l’arrivée. C’est une méthode canadienne qui a fait des émules et qui consiste à contrôler au départ tous les passagers en partance pour un pays ami (Amérique du Nord, espace Schengen et bien d’autres). La collaboration est ici avec les compagnies aériennes. C’est-à-dire que tous les pays de l’UE contrôlent les départs pour disons l’Amérique du Nord qui en fait autant pour les pays de l’UE. Ces contrôles entre pays amis a donné également des résultats. C’est bien, mais certainement pas gratuit non plus. (Mais il comporte un élément dissuasif pour les compagnies aériennes qui embarqueraient des passagers qui ne seraient pas en règle, puisqu’elles sont désormais tenues de les reprendre à leurs frais.)

Ce qui se passait auparavant était ceci : le passager qui n’était pas en règle arrivait à destination. S’il n’était pas repéré, il passait à la clandestinité (quel en est le coût?). S’il était détecté immédiatement, il était refoulé (il devait repartir dans les meilleurs délais par où il était arrivé, mais je ne sais plus si dans le cas d’une arrivée par avion, la compagnie était dans l’obligation de le reprendre gratis; je ne serais pas surprise que le pays d’arrivée ait eu à payer le billet d’avion). Toutefois, s’il demandait l’asile, obligation d’examiner son cas; donc, direction le centre de rétention (dépenses). Puis son cas était examiné dans les délais prescrits par la loi du pays.

Mais il arrivait souvent que sa collectivité sur place se cotise pour verser la caution qui permettait de le laisser en liberté en attendant la décision des autorités compétentes. …Ce qui lui laissait le temps de disparaître. Police pour le retrouver (et cela pouvait prendre des années, bien entendu).

Mais il arrivait aussi parfois qu’il s’agisse d’un criminel. Et là, la machine judiciaire se mettait en route : l’intéressé pouvait soit repartir volontairement – escorté – ou alors c’était le procès.

Je vous laisse évaluer les dépenses dans chaque cas!

Aujourd’hui, si l'asile est refusé dans un pays ami, il sera refusé dans tous les pays amis (plus de shopping). Et un passager doit être en règle au départ, car la compagnie aérienne devra non seulement le reprendre à ses frais, mais peut faire l'objet de sanctions en sus.

Donc, tout cela est un autre aspect des dépenses associées à l'immigration clandestine.
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Nanimo »

Le co-développement, comme vous le savez sans doute, est au cœur de la question de l’immigration.

On s’est vite rendu compte que les émigrants développaient leur pays d’origine plus sûrement que n’importe quel plan devisé d’en haut. Les sommes envoyées dans leur pays entraient directement dans l’économie locale et non pas dans les poches de quelques privilégiés. Je ne suis pas économiste et certainement pas douée pour la question, mais il me semble que les fonds officiels dont bénéficient les pays pauvres courent toujours le risque d’enrichir quelques rapaces ou d’être dilapidés dans une mauvaise gestion. C’est là où je reviens un peu sur mon précédent message; ce serait une objection à l’envoi de fonds directs.

(Il n’y a pas seulement le développement économique qui est ainsi plus sûr, mais aussi le développement technologique et scientifique, car la moitié des émigrants - c’est relativement nouveau, mais c’est un fait - ont aujourd’hui un niveau de d’études et de formation. Du fait qu’ils s’intéressent tout de même à ce qui se passe dans leur pays d’origine, il peut y avoir un transfert de savoir-faire, d’expérience, etc. Ceci est évidemment un dilemme pour les pays en développement : ils perdent ceux dont ils ont besoin, mais il semble que la perte ne soit pas absolue.)

La question des clandestins est autre : ce sont des personnes qui ne seraient pas acceptées à l’immigration, le plus souvent parce qu’elles n’ont aucune formation. Ce n’est pas une règle absolue, mais c’est souvent le cas; de plus, elles appartiennent aux couches pauvres et n’auraient tout simplement pas les moyens d’émigrer.

Leur destin est divers lorsqu’elles tentent d’émigrer clandestinement. Je l’ai évoqué brièvement dans mon précédent message, en parlant des contrôles dans les aéroports. Lorsqu’il s’agit d’une traversée c’est pareil (les Africains : la Méditerranée vers les côtes européennes/ les Chinois : le Pacifique, cap sur le Canada/ les Océaniens, cap sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande, etc.) Il y a aussi pour les Américains le joyeux hiking des Latinos à travers l’Amérique centrale, des pastilles diaboliques pleins les poches).

S’ils sont acceptés à titre de réfugiés, pas de problème : ils ont un statut et peuvent obtenir la nationalité quelques années plus tard comme tout résident permanent.

Toutefois, s’ils parviennent à se fondre dans la masse suffisamment longtemps, à travailler (même illégalement, c'est vraiment une situation tout à fait paradoxale du point de vue de la loi), à apprendre la langue, à scolariser leurs enfants, bref à faire comme tout le monde, c’est là que les pays développés semblent hésiter.

Normalement, selon la loi, ces clandestins sont en infraction. Seulement, voilà. Les pays développés ont des populations instruites qui ont quitté les travaux physiques ou peu rémunérés que les clandestins sont prêts à faire. Ce n’est pas un scoop ce que je dis là, mais il faut souligner leur utilité, même s’ils empiètent sur le gagne-pain des pauvres des pays riches. Donc, dès qu’ils sont suffisamment intégrés, la tentation est grande de procéder à une régularisation massive comme le font – souvent – les Etats-Unis (c’est un tirage au sort!) ou comme l’Espagne l’a fait en 2005 (700 000 qui n’étaient pas tous des pays du Maghreb; une bonne part de Latinos). La France a été plus mesurée et n’a régularisé qu’un pourcentage de ses clandestins.

Incidemment, il faut noter que les pays occidentaux sont réellement revenus de la colonisation. Au lieu d’aller chez l’autre et de lui apprendre à vivre comme nous – ce qu’il ne nous avait certainement pas demandé – nous avons renversé la vapeur. Et cela fonctionne mieux, tant pour les pays développés que pour le co-développement des pays d’émigration.

Sauf que dans ce cas également – il fallait s’y attendre – il peut y avoir saturation.
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Yves54
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Yves54 »

Il est évident que dévellopper les pays pauvres permettrait de réduire l'immigration dans notre pays. Il est tout aussi évident que les politiques n'appliqueront pas cela car ce sujet est un sujet essentiel pour gagner des élections nationales.
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christian »

Cher Christophe,
ne vaudrait-il pas mieux réinvestir dans les pays d'origine tout ce que coûtent les clandestins en droits sociaux à la France ?
Voilà une proposition politique bien dans le vent. Elle a deux inconvénients. Elle ne résout pas le problème de fond, et elle viole le droit des personnes à la fois dans le pays d’accueil et dans le pays de départ.

Le problème à résoudre n’est pas la pauvreté dans les pays d’émigration, mais l’absence de croissance. Pour un jeune, bosseur et dynamique, démarrer dans un pays pauvre peut-être un avantage. Tout est à faire. Et pour savoir quoi faire, il lui suffit de prendre modèle sur ce qui a réussi ailleurs. Pas de risque d’innovation. Pour cela, une seule condition, mais elle est de taille : il ne faut pas le ligoter. Il ne faut pas qu’une bureaucratie tatillonne parce que corrompue (chaque règlement étant une occasion de péage) annihile ses initiatives.

Ce qui manque le moins dans les pays pauvres est l’argent. L’immense endettement de ces pays souligne assez combien ils en ont reçu. Qu’est-ce qui vous fait croire, cher Christophe, que si les pays d’émigration recevaient les sommes versées aux titres des droits sociaux de leurs ressortissants en France, ils feraient de ces sommes un usage plus judicieux que celui qu’ils ont fait des sommes reçues depuis 40 ans ?

L’immigration est l’affaire de chacun de nous

Comme toutes les autres initiatives humaines, l’immigration pour être bénéfique à toutes les parties doit être dénationalisée. Quelqu’un peut-il me dire pourquoi je dois demander une autorisation quelconque d’une administration pour faire venir la Sénégalaise que j’aime, le Pakistanais que je veux employer comme comptable, mon copain vietnamien, un médecin israélien ou une danseuse du ventre palestinienne ? de quelle légitimité morale d’obscurs bureaucrates peuvent-ils se prévaloir pour décider qui j’ai le droit d’aimer, avec qui j’ai le droit de nouer des liens pacifiques ?

Sarkozy prône l’immigration choisie. La question est qui effectue le choix ? Le gouvernement n’a aucun critère scientifique et aucune légitimation morale pour décider que « la France » a besoin de 1273 informaticiens immigrés et 25 maçons. C’est aussi idiot que le Gosplan décrétant de son Olympe que l’URSS devait produire 8.933.645 tonnes d’acier et 6.263 tracteurs. Tout le monde ignore quels sont les besoins de la France, mais nous pouvons savoir quels sont ceux de certains Français si nous les laissons les exprimer.

Il appartient aux Français qui connaissent des candidats à l’immigration de les faire venir. Peu importe que ce soit pour un emploi ou le plaisir de se retrouver ensemble. Lorsque les gens se tendent la main, quelle peut-être la morale qui leur interdit de se retrouver ?

Et l’on découvrira peut-être que les Français ont besoin de faire venir des femmes de ménage plutôt que des programmeurs, des plombiers plutôt que des chimistes, des profs d’université plutôt que des infirmiers…

S’il se trouve des gens là-bas, au loin, qui sont prêts à prendre ces emplois, au nom de quoi l’interdire à ceux qui les offrent et ceux qui les demandent ?

Cordialement

Christian




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Christophe
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christophe »

Salut Christian
Christian a écrit :Ce qui manque le moins dans les pays pauvres est l’argent. L’immense endettement de ces pays souligne assez combien ils en ont reçu. Qu’est-ce qui vous fait croire, cher Christophe, que si les pays d’émigration recevaient les sommes versées aux titres des droits sociaux de leurs ressortissants en France, ils feraient de ces sommes un usage plus judicieux que celui qu’ils ont fait des sommes reçues depuis 40 ans ?
Le problème des "aides au développement" est qu'elles sont le nom politiquement correct des bakchichs. Il serait, techniquement, tout à fait possible d'affecter les aides directement là où elles sont nécessaires (cf. ce qui a été fait dans les Territoires occupés palestiniens après la victoire électorale du Hamas). Mais c'est la volonté politique qui manque...
Il appartient aux Français qui connaissent des candidats à l’immigration de les faire venir. Peu importe que ce soit pour un emploi ou le plaisir de se retrouver ensemble. Lorsque les gens se tendent la main, quelle peut-être la morale qui leur interdit de se retrouver ?
Dans l'état actuel des choses, je ne suis pas sûr (c'est une figure de style) que les candidats à l'immigration aient été personnellement "invités à venir" par des ressortissants français. Et le touriste japonais, devra-t-il se faire un copain en France pour avoir le droit de dépenser ses devises chez nous ?
Le problème de l'immigration, Christian, c'est que - légale ou clandestine - elle donne droit à des prestations sociales dont le coût est supporté par l'ensemble des contribuables français. D'autre part, les enfants nés sur le sol français obtiennent inconditionnellement la nationalité française : bref, ils sont les futurs concitoyens des ressortissants français. Si, comme le disait Renan, "Une nation est donc une grande solidarité[...]. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune [...] un plébiscite de tous les jours[...]....", alors il est légitime que les français choisissent ("parrainent" ou "cooptent", en quelque sorte) leurs futurs concitoyens.
Pour ma part, je suis davantage favorable à une suppression de cette ineptie qu'est le droit du sol, y compris pour les raisons invoquées par Malika Sorel dans l'ouvrage que nous a gracieusement présenté MB.

Bien à vous
Christophe
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christian »

Cher Christophe,
Il serait, techniquement, tout à fait possible d'affecter les aides directement là où elles sont nécessaires (cf. ce qui a été fait dans les Territoires occupés palestiniens après la victoire électorale du Hamas). Mais c'est la volonté politique qui manque...
C’est la volonté politique des pays receveurs, jaloux de leur « souveraineté », et qui piailleraient : « néo-colonialisme » si nous attachions des conditions à nos prêts (écoutez-les, et écoutez Charles, critiquer le FMI et la Banque Mondiale).

Techniquement, il serait possible, bien sûr, de forcer un pays banqueroutier à placer toutes ses écoles d’Etat dans une agence ou une régie. La gestion financière et celle du personnel seraient sous le contrôle des bailleurs de fonds, les programmes resteraient fixés par l’Etat. Idem pour les autres services publics, santé, transports, eau, électricité, voirie… On éviterait ainsi en grande partie la gabegie et la corruption.

C’était très précisément le projet derrière la demande de privatisations posée par les grands organismes prêteurs.

Quel tollé, mon cher Christophe. :tomates:
Christian
Il appartient aux Français qui connaissent des candidats à l’immigration de les faire venir. Peu importe que ce soit pour un emploi ou le plaisir de se retrouver ensemble. Lorsque les gens se tendent la main, quelle peut-être la morale qui leur interdit de se retrouver ?
ChristopheDans l'état actuel des choses, je ne suis pas sûr (c'est une figure de style) que les candidats à l'immigration aient été personnellement "invités à venir" par des ressortissants français. Et le touriste japonais, devra-t-il se faire un copain en France pour avoir le droit de dépenser ses devises chez nous ?
Non, les immigrés n’ont pas été « invités » à venir. C’est bien le problème. Leur présence nous est imposée par les hommes de l’Etat, qui ont délivré des visas à des gens que personne individuellement ne souhaitait voir débarquer.

Le touriste japonais, lui, est bienvenu, attendu bras ouverts par des hôteliers, restaurateurs, conservateurs de musées, chauffeurs de taxis et tenanciers de boîtes de nuit. Il lui suffit d’un courriel à une agence de voyages pour avoir toutes les invitations possibles.
il est légitime que les français choisissent ("parrainent" ou "cooptent", en quelque sorte) leurs futurs concitoyens.
Tout à fait d’accord. L’immigré d’aujourd’hui est le revendicateur de demain. Citoyen ou pas, il pèsera sur la politique intérieure et extérieure du pays par diverses manifestations, allant de la grosse gueulante au dépôt de plastic dans un bus.

Comme les Français. (Par exemple, ceux qui sont de Corse ou d’Euzkadi).

Mais précisément, comme nous avons déjà assez de Français pétulants, le « parrainage » ou la « cooptation » sont de rigueur avant la naturalisation. Ils doivent conditionner l’arrivée en France. Les gouvernements, heureusement, ont ouvert les frontières et ne choisissent plus à notre place les biens et services que nous pouvons faire venir de l’étranger. Mais ils choisissent les personnes. Voilà bien une absurdité. Car nos ronds-de-cuir de consulat délivrent souverainement des visas à des malheureux qu’ils ont à peine rencontrés, ils ignorent la souffrance qu’ils vont causer en le refusant, et le risque et les coûts qu’ils nous font courir en l’accordant. Dans les deux cas, ils sont irresponsables. On n’ira pas les chercher. Or celui qui impose à ses voisins un risque et des coûts doit en accepter la responsabilité. Si je fais venir du Bongo-bongo une employée de maison qui se fera refaire toutes les dents aux frais de la princesse, puis mitraillera une synagogue (pour prendre des exemples hollywoodiens), n’est-il pas logique que je sois appelé à rendre des comptes (comme si j’avais importé des conserves chinoises qui s’avèreraient botuliques) ?

Voilà une responsabilisation qui devrait freiner l’immigration. Ces risques peuvent être assurés. Je ne souscrirai pas à une assurance pour une personne que je connais bien, mais si j’étais employeur, je réfléchirais à deux fois ; en tout cas, je ferais venir mes futurs salariés des régions paisibles de notre planète.
Le problème de l'immigration, Christian, c'est que - légale ou clandestine - elle donne droit à des prestations sociales dont le coût est supporté par l'ensemble des contribuables français.
Personnellement, je suis tout à fait d’accord pour refuser les prestations sociales aux immigrés. Ce serait la meilleure leçon à donner aux bons et vrais Français. ;) En effet, les immigrés recevraient leur plein salaire, sans déduction de charges, patronales et salariales. Ils cotiseraient alors à des assurances privées, bien moins chères que notre Sécu. :wow:

Eh, eh, qui c’est-y qui fera la gueule, alors ?



J’imagine volontiers un monde sans guerre et sans haine.
Et j’imagine que nous envahirons facilement ce monde,
parce que ses habitants n’y seront pas préparés.

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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christophe »

Cher Christian

Merci pour votre réponse qui contient des éléments très intéressants. Comme souvent, je suis d'accord avec certaines parties de votre message (par exemple, le parrainage avant naturalisation), et en désaccord avec d'autres (la police d'assurance contractée par ceux qui font venir les immigrés)... Mais je ne vais répondre que sur le dernier point.
Christian a écrit :
Le problème de l'immigration, Christian, c'est que - légale ou clandestine - elle donne droit à des prestations sociales dont le coût est supporté par l'ensemble des contribuables français.
Personnellement, je suis tout à fait d’accord pour refuser les prestations sociales aux immigrés. Ce serait la meilleure leçon à donner aux bons et vrais Français. ;) En effet, les immigrés recevraient leur plein salaire, sans déduction de charges, patronales et salariales. Ils cotiseraient alors à des assurances privées, bien moins chères que notre Sécu. :wow:

Eh, eh, qui c’est-y qui fera la gueule, alors ?
La France souffre de l'obsolescence de son système de sécurité sociale. Efficient à sa création, il y a 60 ans, le "modèle social français" a été dévoyé par l'Etat-providence des socio-démocrates. De système mutualiste, nous sommes passé à un système providentialiste. La SS s'est vue, dans ses prestations , largement (mais pas complètement) déconnectée du travail. Mais pas dans son financement ni dans sa gestion. L'État-providence qui s'est substitué à la Sécurité Sociale n'a - en contradiction avec les principes de philosophie politique - jamais été lié à la nationalité...
Bref, en ce début de XXIème siècle, le constat est unanime : le modèle social français est au bord de la banqueroute. Il est urgent de le réformer. Pour cela, il me semble indispensable de revenir à quelques principes fondamentaux :

Chaque prestation doit être financée par ceux qui en bénéficient et gérée par les cotisants ou leurs représentants.
L'État est responsable des citoyens, c'est-à-dire des ressortissants nationaux. C'est-à-dire que les citoyens sont collectivement co-responsables les uns des autres. (Alors que les hommes sont individuellement responsables de leur prochain).

Il me paraît indispensable de séparer les prestations qui correspondent aux "risques" liés au travail (chômage, retraite, etc.) et celles qui concernent les "risques" civils (santé, minimas sociaux, prestations familiales). Les premières devraient être financés par les travailleurs - nationaux et étrangers -; la seconde par les ressortissants nationaux. Si toutefois, on fait le choix d'étendre les prestations sociales à tous les résidents, il faut alors que le système soit financé par tous les résidents (par exemple par la TVA sociale). De plus, ces prestations sociales devraient - autant que possible - n'être octroyées qu'avec contre-parties...

Pax
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Christian »

Cher Christophe,
Merci pour votre réponse qui contient des éléments très intéressants. Comme souvent, je suis d'accord avec certaines parties de votre message (par exemple, le parrainage avant naturalisation
En fait, le parrainage est à obtenir avant même l’arrivée sur le territoire d’autrui, disons l’entrée en France. Si personne ne m’y attend, ni ami, ni aubergiste, ni employeur, je n’ai rien à y faire.
… et en désaccord avec d'autres (la police d'assurance contractée par ceux qui font venir les immigrés)

Je ne vois pas ce qui vous gêne. Si j’introduis un élément nouveau dans un environnement, nouvelle voiture, nouvel immeuble, nouvelle usine, nouveau produit, l’éthique (et la loi le confirme souvent) veut que je garantisse à autrui la sécurité de ce nouvel élément, et que j’ai les moyens de réparer les dommages qu’il causerait éventuellement.

Si j’introduis un étranger, j’impose à mon entourage un risque (il peut tomber malade, causer un accident, voire — les cas sont rarissimes, mais ils existent— commettre un crime). Si l’étranger n’est pas en mesure de couvrir lui-même les conséquences de ce risque, n’appartient-il pas à celui qui l’a invité, entreprise ou particulier, de le faire ?

Et comme le dommage peut être élevé, souscrire à une assurance me paraît judicieux, et pourrait même être exigé par notre entourage.

(Si j’étais un homme de l’Etat — horresco referens — plutôt qu’un passeport ou un visa — je me fiche bien de la nationalité des gens — je demanderais à toute personne franchissant la frontière un certificat d’assurances, ou d’une institution, syndicat, entreprise, église, association reconnue, confirmant que ce voyageur ne sera à la charge involontaire de personne dans mon pays.)
Bref, en ce début de XXIème siècle, le constat est unanime : le modèle social français est au bord de la banqueroute.
Pas de surprise ici.
Il est urgent de le réformer.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une réforme restera inopérante. C’est le principe même d’un monopole qu’il faut supprimer.
Chaque prestation doit être financée par ceux qui en bénéficient et gérée par les cotisants ou leurs représentants.
Si c’est le cas, le monopole d’Etat n’est pas nécessaire. Des mutuelles, à but lucratif ou pas, des compagnies d’assurances privées, seraient bcp moins chères et plus efficaces.
L'État est responsable des citoyens, c'est-à-dire des ressortissants nationaux. C'est-à-dire que les citoyens sont collectivement co-responsables les uns des autres. (Alors que les hommes sont individuellement responsables de leur prochain.)

Il me paraît indispensable de séparer les prestations qui correspondent aux "risques" liés au travail (chômage, retraite, etc.) et celles qui concernent les "risques" civils (santé, minimas sociaux, prestations familiales). Les premières devraient être financés par les travailleurs - nationaux et étrangers -; la seconde par les ressortissants nationaux.
Je crois qu’au XXIème siècle, et dans un esprit catholique, c’est-à-dire universel, on ne peut plus penser en termes de nationalité. Le Haïtien est mon prochain, autant que le paysan breton. Si l’un et l’autre, pour quelque cause que ce soit, ont besoin d’aide, pouvez-vous me dire pourquoi je dois obligatoirement préférer le breton ?

Tibi

Christian



Chaque somme d’argent consacrée aux biens publics dans une société libérale
produit beaucoup plus de ces biens que cette même somme dépensée par un Etat providence.
Et donc, même si l’on croit qu’une société libérale dépensera moins pour les pauvres,
ce qui n’est pas prouvé, elle accomplira en fait beaucoup plus pour eux.

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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par ckisac »

Personnellement, je suis tout à fait d’accord pour refuser les prestations sociales aux immigrés. Ce serait la meilleure leçon à donner aux bons et vrais Français. En effet, les immigrés recevraient leur plein salaire, sans déduction de charges, patronales et salariales. Ils cotiseraient alors à des assurances privées, bien moins chères que notre Sécu.

Eh, eh, qui c’est-y qui fera la gueule, alors ?


salut tt le monde .
ya des moments ou il faut etre un peu sur les bords pour dire des monsonges .
si ca éxiste ces avantages pour les etrangers en en franc moi meme je veux bien etre émmigré
pour pas payer de charges patronales, salariales et m'assuré moins chere.
et ben non!! l'ami je ne sais pas où tu as eu ces infos mais a ta place j'aurai honte de dire
n'importe koi.
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Boris »

En attendant les immigrés clandestins, une fois pris la main dans le sac, ont le droit gratuitement, ou plutôt aux frais du contribuable, à tous les soins possibles et imaginables.
Ils ont le droit que l'administration se casse le derrière pour eux et à leur place pour trouver un logement et s'il ne leur convient pas il faut l'administration en trouve un autre (cf. l'affaire de Cachan)
Et ça, c'était sous nos yeux, dans tous les canards et autre troche-... .
Et sous les yeux des SDF, qui travaillent honnêtement, qui sont de "bons" français mais qui ne gagnent pas assez pour se loger en région parisienne et pour lesquels l'administration ne fait rien.
UdP,
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Nanimo »

Christophe : Il me paraît indispensable de séparer les prestations qui correspondent aux "risques" liés au travail (chômage, retraite, etc.) et celles qui concernent les "risques" civils (santé, minimas sociaux, prestations familiales). Les premières devraient être financés par les travailleurs - nationaux et étrangers -; la seconde par les ressortissants nationaux. Si toutefois, on fait le choix d'étendre les prestations sociales à tous les résidents, il faut alors que le système soit financé par tous les résidents (par exemple par la TVA sociale). De plus, ces prestations sociales devraient - autant que possible - n'être octroyées qu'avec contre-parties...
Il y a aussi cela qui, bien que modeste, peut être dissuasif : Dans certains pays d’immigration, on a institué, outre les droits administratifs qui permettent de traiter les dossiers des immigrants prospectifs, des frais de plusieurs centaines de dollars qui, sans être exagérément élevés en comparaison aux dépenses sociales occasionnées par l’immigrant (en règle ou clandestin) qui ne trouve pas d'emploi, n’en sont pas moins dissuasives. Toutefois, en Amérique du Nord, cela a été vivement critiqué car cela rappelait un épisode fâcheux, celui des travailleurs chinois qui devaient payer une head tax pour venir mourir en Amérique en construisant les chemins de fer. Depuis, la somme a été diminuée de moitié.

Mais rien n’empêche l’Europe de reprendre l’idée à son compte.

Il y a aussi le fait que les pays d’immigration ont de plus en plus recours à une immigration temporaire, saisonnière, etc. L’avantage est évident : un immigrant temporaire doit rentrer dans son pays dès qu’il ne peut plus trouver de travail. Cela s’est pratiqué de tous temps, mais notre époque et son confort nous en donne une perception d’injustice qui n’est peut-être pas --- juste, car après tout c'est comme cela que circule le savoir et l'un des aspects de la problématique de l'immigration est le co-développement.
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Boris
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Re: Droits sociaux et co-développement

Message non lu par Boris »

Christophe : Il me paraît indispensable de séparer les prestations qui correspondent aux "risques" liés au travail (chômage, retraite, etc.) et celles qui concernent les "risques" civils (santé, minimas sociaux, prestations familiales). Les premières devraient être financés par les travailleurs - nationaux et étrangers -; la seconde par les ressortissants nationaux. Si toutefois, on fait le choix d'étendre les prestations sociales à tous les résidents, il faut alors que le système soit financé par tous les résidents (par exemple par la TVA sociale). De plus, ces prestations sociales devraient - autant que possible - n'être octroyées qu'avec contre-parties...
Je pense que qui veut profiter d'une prestation doit y cotiser à hauteur de ses moyens.
Il n'est pas normal que certains groupes aient plus d'avantages que d'autres alors qu'ils font rien pour y contribuer (ex : les immigrés qui ont droit à tout et les cadres moyens qui n'ont le droit qu'au strictement minimum et n'ont pas les moyens de se payer plus car ils n'ont pas les aides des "classes inférieurs")

Je sais de quoi je parle car c'est ma situation : j'ai les moyens de faire vivre ma famille sans que ma femme ait besoin d'un salaire. Mais lorsque sa grossesse est parti de travers, nous n'avions pas les moyens et encore moins les aides pour faire garder notre premier enfant.
UdP,
Boris
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