La vérité est que le féminisme est un mouvement multiple. Votre analyse, cher Hussard, pourrait être celle d'un orthodoxe disant "le catholicisme a pour conséquence directe une liturgie désastreuse" au nom de "on mesure l'arbre à ses fruits". L'argument est taillé à votre mesure, j'éspère que l'on notera ma délicatesse.
Le premier mouvement du fémisme est purement légal. Il cherche l'égalité stricte des droits. Celui-ci n'est que très rarement critiqué. D'ailleurs, chose amusante, les Papes ont recomandés le droit (emblématique à cet égard) de vote des femmes bien avant sa légalisation en France, ou il fut bloqué... par le très progressiste parti radical de gauche, terrorisé à l'idée de voir des femelles remplies de sentismentalisme religieux (il y avait déjà une dispropotion entre femmes et hommes pratiquants) voter dans les rangs des conservateurs.
Un problème beaucoup plus épineux est celui de l'analyse du rapport homme-femme et la représentation de la féminité épanouie.
Si on prend l'exemple de la contraception et de l'avortement, ces deux éléments témoignent d'une volonté d'affranchir la femme de la maternité en lui donnant un contrôle sur son corps qui évoque celui de l'homme qui n'a jamais eu à faire face au problème. Et c'est bien cette idée de voir la maternité comme un problème, comme une chose "encombrante" qui justement pose problème. La femme, dans cette perspective, est née avec un handicap, qui doit être artificiellement réparé. Quelque part, ce n'est pas très authentiquement féministe, parce que cela n'exalte pas le rôle propre de la femme dans son rapport avec l'homme, mais le rabaisse.
Ce n'est qu'un exemple, mais la grande idée, c'est qu'il est très difficile de poser ce que devrait être la femme sans se référer à un idéal, et l'inexistence d'un tel idéal amène soit la création d'idéaux de toute pièce, très souvent calqué sur le modèle de l'homme. La femme devrait être "un homme comme un autre".
Une autre solution, bien entendu, c'est d'abattre l'idée d'idéal-type, de modèle, et de dire qu'il n'existe ni féminité authentique ni masculinité authentique et que l'on est libre de faire ce que l'on veux - l'existence précède l'essence, le choix précède le modèle. C'est très à la mode et ce qu'on appelle assez mal "théorie du genre". Bien sûr, on ne peut pas faire plus athée : il n'y a plus de loi éternelle, d'idéaux intemporels, il n'y a plus que des êtres totalement libres de toute norme cherchant à meubler une existence absurde.
Mais je pense qu'il est inutile de discuter de cette "autre solution" parce que je vois mal le plus libéral des cathos la défendre.
Si on en revient donc au féminisme en cherche d'une féminité objective, qui semble une option pls catholiquement crédible, et si on écate de celui-ci le specte d'une masculinisation de la femme, on se retrouve avec un certain vide : on ne sait pas encore à quoi ressemble la "vraie femme libre".
On se plaint parfois, par exemple, qu'un grand nombre de femme choisissent des emplois à temps partiels et soient donc moins payé. Or autant la nécessité d'une paye égal à travail égal est sans le moindre doute nécessaire (qui s'y opposerait ?), autant je ne suis pas certain, comme beaucoup de féministes le disent, qu'il faut lutter contre ce phénomène. Les femmes choissisent souvent des emplois à temps partiels pour passer d'avantage de temps avec leurs enfants. S'opposent alors deux conceptions : ou l'idéal féminin est particulièrement maternel, ce qui implique que, les mères ayant une plus forte relation avec leurs (jeunes) enfants que les pères,* il est normal qu'elles passent plus de temps avec eux, ou c'est un réflexe patriarcal ou la femme est relégué à la basse tâche de la maternité et l'homme s'en débarasse pour s'occuper des plus glorieuses tâches du travail, de la création de richesse, etc...
Encore une fois, la question se pose de la femme façon qu'avec la contraception-avortement : en critiquant implicitement la maternité dans son rapport au travail, est-ce que certaines féministes ne rejettent pas une dimension féminine capitale dans une approche bien peu féminise d'imitation de la masculinité ?
Bref, je pense qu'il faut éviter de trop présumer sur la nature exacte de l'idéal féminin objectif (sans le nier) et, après avoir assuré l'égalité des droits qui en est la condition nécessaire, laisser faire la nature dans le temps, pour que dans cette égalité les femmes puissent se réaliser. Je ne suis pas sur que la volonté de réformer la culture ou la nature par des systèmes comme les quotas soit très bonne. Qu'il y ait très peu de femmes dans les conseils d,administration peut aussi bien vouloir dire que les femmes n'ont naturellement qu'assez peu d'aspiration au leadership que signifier une oppression patriarcale psychologique et sociologique structurelle dans la société.
Le temps, est, je le crois, le meilleure instrument pour que s'opère un équillibre naturel dans le creuset d'une stricte égalité sur le plan légal et salarial. C'est un peu "frustrant" puisque cela implique de faire une croix sur l'immédiateté, mais les autres "instruments" e semblent peu sûrs.
Je présente cela comme une petite réfléxion du vendredi d'un jeune
homme, et rien d'autre. Je ne prétend nullement énoncer des vérités, juste proposer une ou deux idées dans le plus grand respect de nos soeurs en humanité, et notamment les plus agées avec leurs luttes et leurs expériences.
Héraclius -
* Lié entre autre à la relation très particulière de 9 mois entre la mère et son enfant, et observable dans la nature chez nos cousins grand singes ou le mâle n'a que peu d'interactions avec sa progéniture.