L'armée américaine dans le monde

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jean_droit
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L'armée américaine dans le monde

Message non lu par jean_droit »

Les Américains en pays kurde
Le Salon beige nous indique que les Américains sont physiquement en Irak pour évaluer les actions militaires possibles en vue d'aider les minorités persécutées :

Des bérets verts américains au mont Sinjar
L'engagement au sol des Américains en Irak semble se préciser :

"Une vingtaine de soldats américains ont effectué mercredi une mission de reconnaissance au mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, pour évaluer les possibilités de porter secours aux réfugiés yazidis, a indiqué un responsable du Pentagone à l'AFP.

Les soldats, membres des Bérets verts, ont eu des contacts avec les réfugiés pourchassés par les jihadistes et sont depuis retournés à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, a ajouté ce responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Les Bérets verts sont une force spécialisée dans la formation et le conseil des armées locales.

Le responsable du Pentagone a parlé d'une mission d'évaluation mais n'en a pas précisé l'objectif final".
Bien sûr on ne sait pas à quoi cela va aboutir.

Mais maintenant que sont de plus en plus nombreux ceux qui désirent une intervention militaire de protection des minorités, le Vatican compris, je pense que les Américains ont les mains libres pour agir.

A court terme on voit ce qui peut être fait mais à moyen terme ?
poche
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Re: Les américains en pays Kurde

Message non lu par poche »

Quels seraient les bienfaits de la présence américaine? Depuis la Première Guerre mondiale, rien de bon pour la minorité chrétienne suite à l'intervention extérieure. Avant la guerre, la présence chrétienne était d'environ 30%. Aujourd'hui, elle est inférieure à 1%. Depuis l'intervention américaine la moitié de la population chrétienne a quitté le pays.
Dernière modification par poche le dim. 18 janv. 2015, 6:56, modifié 1 fois.
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Sam
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Re: Les américains en pays Kurde

Message non lu par Sam »

Au moyen orient comme ailleurs, la présence américain est rarement une bonne nouvelle. Voilà des décennies qu'ils jouent là-bas le rôle de pompiers pyromanes.

D'abords ils arment les "rebelles" contre les régimes qu'ils souhaitent remplacer, puis, lorsque ceux-ci passent les frontières ils deviennent tout à coups des terroristes qu'il faut combattre. On nous a fait le coup en Libye et au Mali, de nouveau en Syrie et en Irak, cela commence à bien faire.

À croire que leur stratégie est bel et bien celle du chaos, et ce sont toujours les petites gens qui payent le prix de cette inconscience.
Et Verbum caro factum est,
et habitavit in nobis :
et vidimus gloriam ejus,
gloriam quasi unigeniti a Patre,
plenum gratiæ et veritatis.
poche
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Re: Les américains en pays Kurde

Message non lu par poche »

(...) la présence américaine est rarement une bonne nouvelle (...)
Nous ne sommes pas parfaits. Nous avons combattu deux guerres aux côtés des Français. Nous avons libéré la France des nazis. De nombreux soldats américains sont enterrés en Normandie, afin que la France puisse être libre. Pourtant, l'intervention américaine en Irak est toujours une mauvaise idée.
jean_droit
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Re: Les américains en pays Kurde

Message non lu par jean_droit »

//www.atlantico.fr/decryptage/quoi-ressem ... xBZvxp7.99
A quoi ressemblerait un Kurdistan qui finirait par arracher son indépendance ?

Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, demandait le 3 juillet à son Parlement d'organiser un référendum d'indépendance, alors que l'Irak menace aujourd'hui d'imploser face à l'offensive des djihadistes de l'Etat islamique. Une indépendance qui, aux yeux des Kurdes, est plus que jamais "probable et nécessaire".

Atlantico : L'indépendance du Kurdistan est-elle possible et envisageable ?

Olivier Grojean : Elle n'a jamais été aussi probable et nécessaire pour les Kurdes qu'aujourd'hui. Cela ne veut pas dire qu'elle aura lieu très vite, car les Kurdes ne s'opposeront jamais militairement à Bagdad sur le sujet. Il leur faudra aussi l'aval de la communauté internationale tout entière pour pouvoir proclamer leur indépendance, ce qu'ils ne feront sans doute pas de manière unilatérale. Début juillet, le président de la région, Massoud Barzani, a réclamé un référendum d'auto détermination. S'il l'organise, cela lui donnera une légitimité supplémentaire vis-à-vis de l'étranger pour pouvoir enfin obtenir l'indépendance.

Si le chaos se poursuit et que l'Etat irakien devient une coquille vide, peu de monde pourra s'y opposer.

Quelles sont les conséquences et les scénarios possibles en cas d'indépendance ?

C'est très difficile à dire. Encore faudrait-il que Bagdad ne tombe pas. Or, l'Etat kurde irakien est actuellement menacé sur le plan sécuritaire sur ses mille kilomètres de frontières et sur le plan économique, sachant que 500 000 réfugiés ont afflué dans la région pour fuir les violences de l'Etat islamique. Il est même possible que la région, réputée stable, sombre devant la fuite des investissements et la dégradation de la sécurité. En tout cas, une guerre civile au Kurdistan semble peu probable.

Une indépendance, si elle ne fera pas forcément grand-chose pour stopper l'offensive djihadiste, permettra toutefois au pouvoir d'Erbil de se refinancer en relançant ses exportations de pétrole sans aucun problème, ce qui lui est aujourd'hui impossible sans l'aval du gouvernement central irakien. L'indépendance leur permettra ainsi de régulariser la situation et de développer leur économie.

Doit-on craindre une "talibanisation" de la région, comme en Afghanistan dans les années 80, en cas d'indépendance ? En 1991, les Kurdes avaient été incapables de surmonter leurs divisions, en dépit de l'obtention de leur autonomie.

La situation est totalement différente aujourd'hui. A l'époque, il y a quasiment une guerre civile ouverte entre les deux courants politiques rivaux, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) Or, ces divisions n'existent plus désormais. Malgré quelques rancunes historiques, de nouvelles formations politiques ont émergé - une preuve de démocratie - et le nationalisme reste fort. En tout cas, il semble peu probable qu'une guerre civile éclate au Kurdistan dans un avenir proche.

Quelles seront les conséquences d'une éventuelle indépendance du Kurdistan sur ses relations avec la Turquie et l'Iran ?

La Turquie a toujours été contre l'indépendance des Kurdes irakiens, est très souvent intervenue au nord de l'Irak pour protéger, selon elle, les Turcomans qui habitent la région, et entretenait de très mauvaises relations avec les formations politiques kurdes du PDK et de l'UPK.

Mais depuis 2008, il y a eu un changement total de stratégie avec un rapprochement très fort, à la fois pour des raisons de développement économique, notamment liées au pétrole, mais aussi sans doute pour des raisons de politique interne turque.

Tout dépendra de l'avancement de la situation. En tout cas, en cas d'indépendance du Kurdistan irakien, la Turquie n'interviendra pas militairement comme elle le faisait auparavant. Quant à l'Iran, il s'opposera à la partition de l'Irak. Si les Kurdes indépendants laissent s'installer des bases américaines chez eux et se rapprochent des Etats-Unis et de l'Occident, cela ne plaira pas non plus à Téhéran.

Mais Barzani pourrait tout à fait conclure des accords avec les Iraniens pour que le Kurdistan indépendant reste neutre.
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Re: Les américains en pays Kurde

Message non lu par jean_droit »

S'il ne s'agit que de missions "défensives" ......
Irak : Washington songe à envoyer des troupes supplémentaires
Le Point.fr - Publié le 20/08/2014 à 22:22

Les États-Unis ont par ailleurs annoncé avoir procédé à 14 frappes aériennes contre l'EI depuis les menaces proférées mardi de tuer un autre otage américain.

Le Pentagone envisage d'envoyer "un peu moins de 300" soldats américains supplémentaires en Irak à la demande du département d'État, a indiqué un haut responsable américain sous le couvert de l'anonymat mercredi.

Ces troupes supplémentaires, qui devraient aider à protéger les installations diplomatiques américaines, porteraient à environ 1 150 le nombre de soldats et de conseillers militaires américains présents en Irak. Interrogée sur la requête de son ministère, Marie Harf, une porte-parole de la diplomatie américaine, a dit ne pas être au courant de cette information.

À l'heure actuelle, près de 850 soldats et conseillers militaires se trouvent en Irak, un peu plus de deux ans et demi après le retrait des troupes américaines du pays. Ils ont pour mission de protéger le personnel et les bâtiments diplomatiques américains et d'épauler l'armée irakienne et les forces kurdes des peshmergas contre les extrémistes sunnites, auteurs d'une fulgurante avancée dans le nord de l'Irak depuis début juin.
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L'armée américaine

Message non lu par poche »

L'armée américaine prévoit de déployer plus de 400 soldats pour aider à former les rebelles syriens pour lutter contre l'État islamique.

http://news.yahoo.com/pentagon-deploy-4 ... 10008.html

Ces gens sont fous. Comment savent-ils qu'ils ne seront pas vraiment l'EI.
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Terrorisme : L’abominable double jeu des États-Unis

Message non lu par Wazabi »

16 janvier 2015 : à Paris John Kerry et François Hollande affirment combattre le terrorisme (article supprimé depuis) et la presse célèbre la volonté de la France et des États-Unis de trouver ensemble « les réponses nécessaires aux attentats ».

16 janvier 2015 : le même jour, on apprend que le ministère américain de la Défense a décidé d’envoyer plus de 400 militaires pour former les « rebelles syriens » qui combattent le RÉGIME LAÏC de Bachar el-Assad.

Les « rebelles syriens » vont être formés, comme d’habitude, dans des camps d’entraînement en TURQUIE, au QATAR et en ARABIE SAOUDITE et la formation d’un combattant devra durer de six à huit semaines.

Cette annonce a été faite bien discrètement par le portail d’informations américain « Defense One » et relayée par l’agence russe Ria Novosti. Mais les millions de Français qui n’écoutent que les grandes chaînes de télévision et les grandes radios n’en sauront probablement rien.
Suite : https://www.upr.fr/actualite/monde/terr ... etats-unis
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Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Wazabi »

Des islamistes takfiri avouent avoir été entraînés par des Américains en Turquie et payés en dollars

Des terroristes takfiri ont été faits prisonniers par l’armée syrienne au nord-ouest d’Alep. Ils ont avoué avoir été formés en Turquie par des instructeurs venus des Etats-Unis, mais aussi de l’Arabie saoudite et du Qatar.
...
suite : http://metatv.org/des-islamistes-takfir ... en-dollars
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Anne »

Quelle surprise ! L'Arabie Saoudite et le Qatar !

Et des Zamerloques, probablement des mercenaires sur le "roll de paye" des mêmes ! :coffee:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Wazabi »

Et les USA et payés en DOLLARS US...

Oui des mercenaires très potes avec le sénateur McCain... :roule:

Comment peut on encore arriver se persuader que les USA sont les sauveurs du monde....
alors que c'est tout l'inverse...

Ah ! la télosh quand tu nous tiens...
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Anne
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Anne »

Comment peut on encore arriver se persuader que les USA sont les sauveurs du monde....
alors que c'est tout l'inverse...
On peut s'en persuader de la même manière qu'on réussit à démoniser qui on veut, très cher...

Ah ! web conspirationniste, quand tu nous tiens !
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Lys_Sul »

En anglais : http://www.usnews.com/news/politics/art ... m-senators
[+] Texte masqué
So far, Congress has approved $500 million to train Free Syria Army fighters. The Associated Press reported last month that the number of trainees involved in the program at bases in Jordan and Turkey had dropped below 100, with dozens of recruits fleeing the program.

At the hearing, Carter agreed that 60 was not a significant number but said there were 7,000 prospective recruits in the pipeline. The U.S. goal is to train and equip 5,400 rebels a year for three years.
L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel.

Livre I, Le Paradis perdu - John Milton
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Cinci »

Wazabi,
Comment peut on encore arriver se persuader que les USA sont les sauveurs du monde....
alors que c'est tout l'inverse..
Je ne sais pas si vous avez déjà lu Ni Marx Ni Jésus de feu Jean-François Revel. Dans son livre, un chapitre porte spécialement sur la question de l'antiaméricanisme, sa genèse, ses codes, ses tics, ses manifestations culturelles. Revel s'y livrait à de nombreuses observations du genre «cliché versus la réalité ou facettes de la réalité».

Je dis ça, c'est juste enrichissant à connaître. Ça peut aider parfois; comme juste éviter de sombrer tout à fait dans l'inflation hargneuse, la déprime ou dans le réquisitoire unilatérale. C'est vrai pour moi aussi. Il fait bon parfois de lire un auteur même avec qui vous ne croiriez pas pouvoir partager beaucoup de pensées similaires. Pour moi, ce serait sans doute le cas avec Revel. Néanmoins, son chapitre reste intéressant.

Revel croyait-il en la puissance salvatrice américaine ? Je ne sais pas. Peut-être ...

Un extrait :
«... j'allais voir un montage d'actualité qui sortait à ce moment-là sur les écrans parisiens , dû à Frédéric Rossif et intitulé Pourquoi l'Amérique ? A s'en tenir à ce film, toute l'histoire des États-Unis entre les deux guerres mondiales se ramenait à la prohibition de l'alcool et à ses conséquences, au gangstérisme, au Ku Klux Klan, au crime judiciaire dont furent victimes Sacco et Vanzetti, à la crise économique, au chômage, au matraquage des ouvriers par la police, au FBI. Les déclarations d'hommes publics étaient presque toutes stupides, soulignées comme telles par le commentateur, accueillies par des ricanements dans la salle. Les réformes sociales introduites sous Roosevelt étaient, sans doute, mentionnées, mais on ne comprenait pas d'où elles pouvaient surgir, puisque l'état d'esprit gauchisant qui régnait parmi les conseillers du président et dans l'opinion durant l'immédiat avant-guerre n'était pas mentionné [...] le pays nous était dépeint comme peuplé exclusivement de racistes tueurs de nègres, de policiers bestiaux, de dames patronnesses grotesques et de gangsters.

Au moment de la guerre européenne de 1939, l'une des déclarations auxquelles il était accordé le plus d'importance était un discours pro-hitlérien de l'aviateur Charles Lindbergh, aux positions d'extrême-droite notoires, cependant que le parti nazi américain avait droit aussi à un copieux métrage de projection.

Par quelle inconséquence les Américains avaient-ils ensuite soutenu les Anglais ? On ne comprenait pas, enfin, comment les États-Unis, après avoir armé et équipé l'armée russe et rééquipé l'armée britannique, sans parler de la leur propre, entre 1942 et 1944, après être intervenus directement en Europe et après avoir assuré la victoire des Alliés, ont pu émerger de la guerre, après vingt-cinq ans de cette vie publique où l'idiotie le disputait au crime, comme première puissance économique, politique, technologique et scientifique du monde. De la part d'un peuple composé d'abrutis et de fascistes, c'était étonnant.

Si les conceptions que nourrissent la plupart des Européens sur l'Amérique sont vraies, comment se fait-il que Mussolini, Hitler, les procès de Moscou, les camps de concentration, le pétainisme, le franquisme, les persécutions raciales, la Gestapo, la Guépéou, les fusillades généreuses d'adversaires politiques en Allemagne, URSS, Espagne, France, Italie, que tout cela ait précisément fleuri en Europe et non en Amérique ? [...] Depuis que je suis en âge de distinguer les deux continents, j'entends prédire les progrès de la droite fasciste en Amérique et ceux de la gauche socialiste en Europe. C'est vraiment là une des merveilles de l'histoire contemporaine, qui rend insaisissable que tant de millions d'Européens depuis cinquante ans se soient réfugiés aux États-Unis pour fuir nos diverses vagues d'oppression en tout genre, et si peu d'Amérique en Europe.

[...]

Pareillement, l'homme politique américain est généralement présenté comme un prodige de suffisance. Il entasse les âneries et les perles. Ainsi, le chemisier Truman, éructant des onomatopées, le gâteux Eisenhower, entièrement absorbé par le golf. Dans le film de Rossif, Pourquoi l'Amérique ? le public était invité à faire des gorges chaudes de la célèbre phrase du président Hoover :«Nous nous acheminons vers une ère de prospérité sans précédent dans l'histoire du monde.» , prononcée quelques semaines avant le début de la grande crise de 1929. Phrase malencontreuse, cela va de soi, eu égard à ce qui s'est passé immédiatement après, mais nullement ridicule et même profondément exacte eu égard aux dix ou quinze années suivantes.


C'est en effet au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que les États-Unis allaient entrer dans l'ère de la consommation de masse et atteindre un niveau de vie (qu'on aime ou pas le genre de vie concomittant est une autre question) que n'avait connu auparavant aucune société dans l'histoire.

[...]

Un autre exemple m'en a été fourni par un dialogue qui peut se schématiser ainsi :

«Les Américains sont à la fois peu cultivés et prudes. - Pardon, ils lisent proportionnellement plus que nous, les chiffres de vente sont là pour le prouver. - Peut-être, mais il s'agit surtout de livres obscènes.» Ou encore : «Les Américains ne s'intéressent pas au drame des Noirs et ne cherchent pas à les comprendre. - Pardon, Soul on Ice[témoignage d'un ex-Black Panther] s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires, - Possible, mais alors il a dû être acheté uniquement par des Noirs, et non par des Blancs. - On vient de créer une chaîne de télévision destinée aux seuls Noirs. - C'est pour mieux les aliéner : ils ne savent pas lire; on les a maintenu dans l'analphabétisme.»

Bien sûr, il s'écoulait plusieurs minutes entre ces énoncés contradictoires, je ramène ces dialogues à leurs paliers principaux. Implicitement ou explicitement, c'est ainsi que fonctionne le raisonnement dans l'antiaméricanisme.

(pp. 148-158)
Cinci
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Re: Des islamistes takfiri avouent...

Message non lu par Cinci »

Une explication avancée plus loin :
«On peut en venir à se demander si parfois l'antiaméricanisme, tout en paraissant viser les aspects droitiers de la société américaine n'est pas en réalité inspiré par une véritable peur des bouleversements dont elle est en permanence le siège et qu'elle transmet ensuite au reste du monde, c'est à dire en définitive par une peur de la révolution. Pourquoi sans cela le citoyen du monde modèle 1970, se déroberait-il avec un tel entêtement devant l'évidence que l'Amérique ne compte pas seulement des conservateurs mais, comme dans toute société, se partagent entre groupes opposés ? Pourquoi sans cela ce citoyen du monde pousserait-il un soupir de soulagement chaque fois qu'il peut se fortifier dans la conviction que la réaction triomphe aux États-Unis ?

L'antiaméricain de droite reproche aux États-Unis avant tout leur puissance. Il ne critique pas le principe de l'hégémonie mondiale mais souffre simplement de ne pas l'exercer à leur place. Il est en outre effrayé par l'effet «corrupteur» du mode de vie américain sur les sociétés traditionnelles comme sur les sociétés dont l'armature mi-rurale mi-industrielle date du XIXe siècle. L'antiaméricain de gauche lui aussi redoute d'être bousculé. Il regrette lui aussi le XIXe siècle, au bout duquel devait se faire le passage classique de la première révolution industrielle au socialisme. Il est trop clair pour lui que les choses ont pris un autre chemin qu'il comprend mal et qui n'était pas prévu, dont il répugne à penser qu'au bout se trouve peut-être une révolution qu'il attendait ailleurs, une révolution d'un modèle inédit que ses concepts ne parviennent pas à enserrer.

Les deux antiaméricanismes ont donc, à partir de mobiles différents, la même fonction : expliquer un échec. Pour l'antiaméricain de droite le recul de son propre pays découle de la démesure des Américains dans l'étalage de leur puissance alors que l'étalage en question a été rendu possible, au contraire, par le déclin préalable des autres grandes puissances. Pour l'antiaméricain de gauche, c'est l'absence ou l'échec des révolutions socialistes dans sa propre société qu'il faut expliquer. A cela un responsable extérieur est une panacée souveraine pour l'ego de la gauche mondiale, meurtrie par tant de défaites et de trahisons. L'impérialisme des États-Unis sert d'excuse aussi bien au nationalisme humilié qu'au socialiste déçu.

(Revel, p.160)
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