De mon point de vue, Vincent Mc Doom n’est ni homosexuel, ni hétérosexuel. Il est sexuel, comme tout être humain. Cependant, il est probable qu’il ne sache pas ce qu’il dit quand il affirme « je suis sexuel ». Il n’emploi certainement pas le mot « sexuel » dans le même sens que moi.Christophe67 a écrit : J'ai le sentiment en lisant ce qui précédait d'entendre Vincent Mc doom dire : "je ne suis pas hétérosexuel, ni homosexuel, juste sexuel"
Nous sommes tous fondamentalement sexuels (nous appartenons à un sexe, masculin ou féminin, et nous sommes fait pour aller vers l’autre sexe et procréer avec lui). Cette orientation fondamentale, que nous partageons tous, peut être sublimée dans la vie religieuse, ou être perturbée par diverses perversions plus ou moins aiguës. Mais ce n’est pas parce que l’on est tenté, à un moment donné, de se livrer à l’homosexualité, que l’on est par nature un homosexuel. Et même si l’on a passé sa vie à avoir des rapports homosexuels, on n’en n’est pas pour autant un homosexuel. Affirmer le contraire serait terrible, ça reviendrait à dire que Dieu fait naître des hommes fondamentalement orientés vers le péché et ne pouvant pas vraiment se libérer de cet état. Ils seraient condamnés à une lutte sans fin, presque vaine, contre une tentation extrêmement intense les poussant à pécher gravement.
Est-ce qu’il nous viendrait à l’esprit de dire d’une femme qui se ferait régulièrement sodomiser par des hommes, qu’elle est dans son essence même une sodomite, qu’elle est définie par cela, que c’est inscrit dans ses gênes et dans son destin ? Non bien entendu. Alors comment se fait-il que lorsqu’il s’agit d’un homme qui se fait sodomiser par d’autres hommes, nous concluons que l’homosexualité fait partie de sa nature profonde.
Le problème c’est qu’on dit « il est homosexuel » comme on dit « il est Japonais » ou « il est noir », alors qu’il faudrait le dire comme on dit « il est chasseur » ou il est « pompier volontaire ». Etre noir ou Japonais, c’est une nature profonde à laquelle on ne peut pas échapper (et à laquelle il est absurde de vouloir échapper car Dieu a voulu qu’il y ait des noirs et des Japonais). Etre chasseur ou pompier volontaire n’est pas du tout du même ordre, on se situe beaucoup plus en superficie, dans le domaine du « faire » et non dans celui de « l’être ». Un noir n’a pas besoin de faire quoi que ce soit pour être noir et quoi qu’il fasse il restera noir. En revanche un chasseur, n’est chasseur que parce qu’il chasse. S’il arrête de chasser il n’est plus chasseur.
On pourrait, à la rigueur, définir l’homosexuel comme une personne qui se livre à des actes homosexuels. Cette définition est défendable. Le problème c’est qu’à l’heure actuelle le statut d’homosexuel est perçu comme relevant de « l’être » et non pas comme découlant d’un « faire ». On considère qu’un homme pratique l’homosexualité parce qu’il est homosexuel et non pas qu’il est homosexuel parce qu’il pratique l’homosexualité.
Ce n’est pas un cadeau fait aux personnes qui font l’expérience de tentations homosexuelles que de considérer l’homosexualité comme une nature profonde. Mettons-nous à la place d’un adolescent de quinze ans qui ressent une attirance physique pour les hommes. Dans le contexte actuel, il va rapidement conclure qu’il est homosexuel, que c’est sa nature et qu’il n’a pas d’autre choix que d’agir en homosexuel. Il se retrouve enfermé dans un être, simplement parce qu’il a la tentation de faire quelque chose.
C’est un peu comme si un jeune homme se voyant tenté par les jeux d’argent se définissait comme « joueur ». Il exclurait ainsi la possibilité de contrôler sa passion pour le jeu, sous prétexte qu’il serait programmé à un niveau fondamental pour jouer. C’est comme si une jeune femme très tentée par la nourriture grasse et sucrée se définissait comme « goinfre », se condamnant de la sorte à s’empiffrer toute sa vie.
Commettre une erreur sur la nature de l’homosexualité et de l’hétérosexualité n’est pas sans conséquence. A force de considérer ce qui relève du « faire » comme relevant de « l’être », il était logique que certains fassent le cheminement inverse. Cela nous conduit directement à ces théories selon lesquelles on n’est pas un homme ou une femme, mais on fait l’homme, ou on fait la femme.
Pour combattre ces théories, il faut réaffirmer aussi souvent que nécessaire que l’on est un homme ou une femme, que l’on est sexuel, mais que l’on fait l’hétérostérile ou l’homostérile.


