La Sola Scriptura et ses conséquences

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Anne
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Anne »

Cher Gérard,

vous avez vous-même admis que des textes cathos vous font bouillir... Il ne doit pas être si difficile d'imaginer que ceux que vous présentez incite la même réaction chez des cathos, peu importe la longueur, non ?

Pour ce qui est de lire ou non en intégralité vos messages, j'apporterai ces nuances en ce qui me concerne :

primo, en tant que modératrice j'ai déjà beaucoup plus de lecture à me taper ici que vous et que le contenu m'intéresse ou non, je me dois cependant de jeter un coup d'oeil sur tout ce qui est publié;

deuxio, comme je n'ai pas besoin d'être convertie à votre vision du christianisme, ce que vous publiez soit que ça m'intéresse plus ou moins, soit que ça me fait "pomper l'huile", ce qui est très mauvais pour ma pression sanguine;

troisio, je me suis inscrite ici parce que j'ai de l'intérêt pour le catholicisme, pour approfondir ma foi et parce que les autres sites "chrétiens" ne m'apportaient rien; vous, on dirait que c'est pour faire dans le débat et/ou pour démontrer en quoi le catholicisme est une hérésie/quelque chose du genre;

quatrio, la section "Apologétique" n'est pas ma favorite (et ne l'a jamais été quoiqu'on en pense), mais faut bien que j'y mette mon nez quand même.

Ceci étant écrit, vous connaissez bien les règles pour débattre ici. Donc vous pouvez y aller dans le cadre habituel.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par gerardh »

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Chère Anne,

Je ne cherche nullement à critiquer le catholicisme, qui est une religion chrétienne fréquentée par beaucoup d'âmes aimant le Seigneur et aimées de lui.

Je préfère insister sur ce qui est bon. Il y a beaucoup de bonnes choses dans le catholicisme, tout comme au temps de l'AT "il y avait de bonnes choses en Juda". En plus j'estime avoir, par la seule grâce de Dieu, été éclairé sur certains aspects de la doctrine du Christ, dont je cherche à faire bénéficier mes autres frères dans la foi. C'est là mon objectif constant.

On peut bien sur ne pas me suivre dans mes explications, lesquelles peuvent ne pas paraître toujours conventionnelles. Cela dit elles s'appuient toujours sur un substrat doctrinal très étayé, et donc digne de considération, serait-ce dans leur réfutation par mes interlocuteurs.


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Anne
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Anne »

C'est un fait.

Et c'est pour ça que vous jouissez tout-de-même d'une certaine liberté d'expression... ;)

Quoique vous puissiez comprendre la prudence avec laquelle les "révélations personnelles" se doivent d'être reçues... Et je ne relèverais même pas la "p'tite chiquenaude amicale" qui semble se cacher (plus ou moins subtilement) dans la comparaison avec l'AT... :siffle:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par gerardh »

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Hello Anne,

Merci pour votre message et d'accepter de bonne grâce ma petite pique !

Je n'ai pas de révélations personnelles sur les choses de Dieu. Seulement, selon moi, certains éclairages, disponibles à tout autre, sur ce qu'il faut retenir en termes de vérité.


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Anne
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Anne »

Pardonnez-moi, mais c'est un peu bonnet blanc/blanc bonnet en ce qui me concerne... ;)

Sur ce, la modération nous enjoint de revenir à ce gros mouton noir tel que nommé dans le titre du sujet...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Cinci »

Si je reprends, gérardh, ce que vous écriviez.

Vous disiez à la page 1 :

La conséquence de cela [Sola Scripture] est importante !

- les protestants en sont venus à lire la Bible littéralement, sans plus reconnaître la lecture symbolique qui était d'usage dans le christianisme depuis Saint Paul " La lettre tue et l'Esprit fait vivre" expliquait-il vers l'an 50. Cela a eu de bien curieuses conséquences, comme de refuser, pour certains groupes protestants, les acquis des sciences modernes qui démontraient que la création n'avait pas eu lieu exactement comme la Bible le raconte. Le protestantisme, avec sa lecture littérale de la Bible, a donc des répercutions intellectuelles délétères. Autre exemple, c'est au titre de la lecture littérale de la Bible que les protestants ont été le fer de lance de la chasse aux sorcières. On le sait peu, mais Luther préconisait l’exécution des sorcières (ou supposées telles) « Tu n'accepteras pas de laisser vivre une sorcière » (Ex 22, 17).

- Le protestantisme s'est fragmenté en de multiples mouvements, fragmentation qui a été jusqu'à l'évolution sectaire : Témoins de Jéhovah, Mormons, secte Moon, etc etc.
Remarquez, je ne suis pas sûr que ce soit vous qui auriez écrit cela. Je me demande si ce ne serait pas plutôt Pierresuzanne. En réalité, je ne vois pas bien qui est l'auteur de ce mot.

(?)

Quoi qu'il en soit, je ne serais pas d'accord pour faire des «protestants anciens» les pères du biblicisme étroit, comme les pères du fondamentalisme maniaque, d'une sorte de littéralisme des textes ne réclamant aucune interprétation ou aucune science pour pouvoir les interpréter correctement. Pour moi, ce serait comme se méprendre sur ce qu'est le protestantisme.

A ma connaissance, les protestants de la première heure sont tels des universitaires, des gens savants, qui considèrent les Écritures comme la matière première fondamentale (le saint Graal). Les Écritures sont alors ce qui nécéssite d'être interprété de la bonne manière pour pouvoir être profitables à tous. Ils ne contestent pas le fait qu'il faille des universités, qu'il faille des gens formés, qu'il faudrait lire aussi les pères de l'Église, qu'il puisse exister une bonne tradition et tout. Ce qu'ils n'acceptent pas c'est la qualité de "souverains-juge de dernière instance" à l'autorité ecclésiastique qui est à Rome. Je pense que les protestants veulent dire (à l'origine) que l'autorité des Écritures est plus grande et première, avant l'autorité des ecclésiastiques.

Le fondamentalisme biblique (lequel est condamné dans le texte de la Commission biblique pontificale de 1993 d'ailleurs) est plutôt un phénomène relativement récent, et qui est comme une dérive du principe de Sola Scriptura, une rigidité supplémentaire. On trouvera davantage ce genre de dérive dans des groupes sectaires, probablement aussi parmi certains courants de pensée qui sont bien présents dans une mouvance, celle du phénomème des "nouvelles églises" dites "évangéliques".
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par gerardh »

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Hello Cinci,

Comme vous le supposez justement il y a erreur sur la personne. Je n'ai pas écrit de premier message de la page 1 mais le deuxième message qui est une réponse à ce premier message.

Cela dit votre commentaire me semble plein de bon sens, et toutefois précisé ce qu'il faut entendre par littéralisme et fondamentalisme.

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Cinci
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Cinci »

gérardh,
Les protestants reconnaissent l’autorité de la Bible, mais aussi celle du Saint Esprit
Le protestantisme est à mon sens une réédition moderne du phénomène "pharisien" dans les deux derniers siècles avant Jésus. Oubliez ici les connotations morales déplaisantes s'attachant au mot dans l'esprit d'un grand nombre. Faites un effort svp. Je ne suis pas en train de juger tous les pharisiens du passé. Juste : les pharisiens étaient à l'origine tels des scribes (des étudiants des textes, des "saints écrits"), des gens désireux d'être ces spécialistes es-Écritures, des sortes de spécialistes savants qui en viendront bientôt à challenger la prêtrise du Temple, en tant que devant être, eux, les maîtres que le bon peuple devrait écouter et suivre. C'est une querelle d'autorité. Il aurait fallu suivre les pharisiens quand ces derniers auraient certainement dit s'effacer eux-même devant l'autorité de la Torah, l'autorité de Moïse («C'est pas nous, c'est Dieu!»; «O.K. pour votre petit désaccord doctrinal, mais justifiez-moi ça, mon cher collègue, par des raisonnements d'érudits s'enracinant dans les écrits et autres commentaires des savants respectueux du bon principe»)

Par contraste, les lévites ...

Les prêtres lévites sont prêtres de père en fils, par héritage familial. Les lévites sont conservateurs par nature et n'ambitionnent pas de révolutionner quoi que ce soit. Ils sont comme des "gardiens de la tradition". Leur propre autorité ne devant pas résider dans le fait d'être des champions de l'interprétation des textes. Dans l'hébraïsme ancien, les règles de sainteté à part ça ne s'appliquent pas aux civils mais aux lévites en fonction. Quand le discrédit va finir de tomber sur la prêtrise du Temple (justement à l'époque de l'élévation des pharisiens), les pharisiens vont réclamer pour eux non seulement leur expertise es-Écritures mais aussi jusqu'aux régles de sainteté (purifications, observances minutieuses et tout) qu'ils vont montrer "aux autres" comme autant de règles qu'ils vont appliquer jusque dans leur propre domicile et à tout moment, de jour comme de nuit. En un mot, les pharisiens vont signifier que ce sont eux qui remplissent les conditions d'être le vrai sacerdoce voulu par Dieu, les vrais observants et interprètent à croire.

[...]

Quelle Sola scriptura?

Les protestants reconnaissent forcément l'autorité de Dieu, celle du Saint Esprit comme inspirateur des prophètes et des rédacteurs des Écritures, la validité en principe des premiers conciles historiques de l'Église catholique, l'importance fondamentale des traditions qu'ils vont accepter de reconnaître (cette tradition, non pas celle-là), reçoivent les analyses et expertises des leaders du monde protestant (en rétrospective les dires des anciens, mais à la lumière de la tradition protestante maintenant; le credo présent dans l'église luthérienne servant de filtre pour discriminer ce que Augustin aura pu dire de valable).

Pour moi, il n'y a pas de réelle application de la Sola Scriptura chez les protestants classiques.

A première vue, l'on pense bien pouvoir utiliser l'Écriture pour discréditer les évêques catholiques de l'an 1520 (pas ceux de l'an 250), mais pour faire appel tout de même à des traditions, à des "experts" pour décoder le sens des textes. L'autorité que les penseurs de la réforme réclament pour eux-même, en tant que serviteurs et interprètent de la Parole divine vient rendre impraticable la notion de Sola Scriptura. Toute leur démarche ne fera que démontrer plutôt la nécéssité d'une "chaire enseignante" pour l'Église. C'est la contradiction du principe. Il faudra/ait tout de même une "chaire enseignante". Sauf, si l'autorité du texte passe avant celle du maître, il n'est aucun maître qui pourra réclamer pour lui la moindre autorité en fait, sinon par force, par l'appui du gouvernement, des magistrats civils, de l'armée, de la police, etc.

Pour moi, l'Église une est impossible par le seul principe de la Sola Scriptura. Et ça je pense que vous le reconnaissez de facto, gérardh, quand vous jugerez «meilleure» la situation de l'Église sous la gouverne directe des apôtres que sous la gouverne d'autres hommes plus tard. Vous ne faite que reconnaître, à mon sens, comment l'autorité dans l'Église s'exerce bien par "autre chose" que de l'écrit seulement.
Cinci
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,
... et toutefois précisé ce qu'il faut entendre par littéralisme et fondamentalisme.
Ah? avez-vous une précision bien définie en vue?
gerardh
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

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Hello Cinci,

Par rapport à votre avant-dernier message. Je ne conteste pas qu'au temps des apôtres il y eut une autre autorité que celles des Ecritures alors disponibles et du Saint Esprit. Cette autorité était l'autorité apostolique, exercée soit directement par les apôtres soit par leurs légats chargés d'une délégation de pouvoirs (exemples de Timothée et de Tite).

Par contre ce que je pense c'est que cette autorité apostolique s'est éteinte avec le départ des apôtres, dans la mesure où, pour moi, il n'y a pas eu de succession apostolique.

Sur les écrits d'ordre doctoraux qui ont pu être réalisés ultérieurement par des docteurs, protestants ou non, leur seule légitimité éventuelle est leur conformité à la doctrine du Christ, sans aucune place possible à des extensions de cette doctrine. Ce sont des hommes qui ont reçu un don de l'Esprit (ou charisme de l'Esprit, de docteurs (ou d'enseignants). Ces écrits ne sont aucunement comparables à la Parole de Dieu, et peuvent comporter plus ou moins d'erreurs doctrinales parmi d'autres choses qui elles sont très bonnes. Lesdits écrits sont donc une aide pour les fidèles (à considérer avec discernement) mais ne sont aucunement normatifs.


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La Commission biblique pontificale avait déjà résumé la critique que l'on pouvait fait du fondamentalisme biblique ou "biblicisme" en 1993.


1.F. Lecture fondamentaliste

La lecture fondamentaliste part du principe que la Bible, étant de Dieu inspirée et exempte d’erreur, doit être lue et interprétée littéralement en tous ses détails. Mais par interprétation littérale" elle entend une interprétation primaire, c’est-à-dire excluant tout effort de compréhension de la Bible qui tienne compte de sa croissance historique et de son développement. [...]


http://www.portstnicolas.org/accastilla ... s-l-eglise

[+] Texte masqué
Le fondamentalisme insiste aussi d’une manière indue sur l’inerrance des détails dans les textes bibliques, spécialement en matière de faits historiques ou de prétendues vérités scientifiques. Souvent il historicise ce qui n’avait pas de prétention à l’historicité, car il considère comme historique tout ce qui est rapporté ou raconté avec des verbes à un temps passé, sans la nécessaire attention à la possibilité d’un sens symbolique ou figuratif.

Le fondamentalisme a souvent tendance à ignorer ou à nier les problèmes que le texte biblique comporte dans sa formulation hébraïque, araméenne ou grecque. Il est souvent étroitement fié à une traduction déterminée, ancienne ou moderne. Il omet également de considérer les « relectures » de certains passages à l’intérieur même de la Bible.

En ce qui concerne les évangiles, le fondamentalisme ne tient pas compte de la croissance de la tradition évangélique, mais confond naïvement le stade final de cette tradition (ce que les évangélistes ont écrit) avec le stade initial (les actions et les paroles du Jésus de l’histoire). Il néglige du même coup une donnée importante : la façon dont les premières communautés chrétiennes elles-mêmes ont compris l’impact produit par Jésus de Nazareth et son message. Or c’est là un témoignage de l’origine apostolique de la foi chrétienne et son expression directe. Le fondamentalisme dénature ainsi l’appel lancé par l’évangile lui-même.

Le fondamentalisme a également tendance à une grande étroitesse de vues, car il tient pour conforme à la réalité une cosmologie ancienne périmée, parce qu’on la trouve exprimée dans la Bible ; cela empêche le dialogue avec une conception plus large des rapports entre la culture et la foi. Il se base sur une lecture non-critique de certains textes de la Bible pour confirmer des idées politiques et des attitudes sociales marquées par des préjugés, racistes par exemple, tout simplement contraires à l’évangile chrétien.
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

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Je ne conteste pas qu'au temps des apôtres il y eut une autre autorité que celles des Ecritures alors disponibles et du Saint Esprit. Cette autorité était l'autorité apostolique, exercée soit directement par les apôtres soit par leurs légats chargés d'une délégation de pouvoirs (exemples de Timothée et de Tite).
Vous avez raison, gérardh. Vous reconnaissez pourtant bien cette «autre autorité en dehors des Écritures», l'autorité qui était celle des apôtres.
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

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Hello Cinci,

Sur le littéralisme et le fondamentalisme, je rebouclerai en premier lieu sur mon message qui est le deuxième texte de la page 1 de ce fil de discussion.
Les protestants en sont venus à lire la Bible littéralement, sans plus reconnaître la lecture symbolique qui était d'usage dans le christianisme depuis Saint Paul " La lettre tue et l'Esprit fait vivre" expliquait-il vers l'an 50.
Il faut s’entendre sur ce qu’on appelle littéralement. Il y a des passages de la Bible qui sont symboliques, allusifs ou allégoriques et qu’il faut considérer en tant que tels. En tout cas cette question a très peu de choses à voir avec le verset « la lettre tue et l’Esprit vivifie »
Cela a eu de bien curieuses conséquences, comme de refuser, pour certains groupes protestants, les acquis des sciences modernes qui démontraient que la création n'avait pas eu lieu exactement comme la Bible le raconte.
Cela existe dans la sphère protestante, mais est très minoritaire et excessif. Par ailleurs il ne s’agit pas d’une question fondamentale

Maintenant, puisque vous me demandez de préciser les choses, je vous adresse ci-après deux extraits d’écrits des frères (en demandant à la Modération de m’excuser si je les ai puisés dans le site Bibliquest [site protestant, il va sans dire ! ;) ]) :
[+] Texte masqué
Une juste application des Écritures
La lecture de la parole de Dieu nous place souvent devant des situations qui nous paraissent bien éloignées de nos circonstances actuelles. Nous avons devant nous des hommes d’époques très anciennes, dans des civilisations très différentes de la nôtre. La question peut surgir dans notre esprit : Dans quelle mesure ce qui leur est dit, ce qui leur est demandé, ou ce qui leur arrive, nous concerne-t-il ? En fait, c’est une question fondamentale.
En parlant aux Corinthiens des événements qu’avaient connus les Israélites environ quinze siècles plus tôt, lors de la sortie d’Égypte, l’apôtre Paul dit : «Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement» (1 Cor. 10:11). Il y a dans l’Ancien Testament des récits historiques, comme aussi des prescriptions concernant le service divin, qui ont pour nous valeur de types. Ce sont des figures des choses qui étaient à venir. C’est une forme extrêmement riche de l’enseignement que Dieu s’est plu à nous donner.
À propos d’une ordonnance du Deutéronome concernant les boeufs, Paul demande : «Dieu s’occupe-t-il des boeufs ? ou parle-t-il entièrement pour nous ?» Et il répond : «C’est pour nous que cela est écrit» (1 Cor. 9:9, 10). On voit ici la double portée d’un enseignement qui, a priori, paraissait ne pas nous concerner. Dans son sens premier, l’instruction «Tu n’emmuselleras pas le boeuf qui foule le grain» manifeste la bonté de Dieu envers ses créatures, fussent-elles des animaux. Mais l’apôtre, conduit par l’Esprit de Dieu, fait une application de cet enseignement au serviteur de l’évangile : il est juste qu’il vive de l’évangile (v. 14).
Le même apôtre dit : «Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des Écritures, nous ayons espérance» (Rom. 15:4). Et «toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice...» (2 Tim. 3:16). Il est donc hors de doute que toute la Bible, l’Ancien Testament aussi bien que le Nouveau, est pour nous.
D’un autre côté, il est tout aussi évident qu’au cours des siècles durant lesquels Dieu s’est révélé, des choses ont changé. Par exemple, on lit dans l’épître aux Hébreux : «Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu» (Héb. 7:18, 19). Et dans l’épître aux Galates : «La loi a été notre conducteur jusqu’à Christ, afin que nous fussions justifiés sur le principe de la foi ; mais, la foi étant venue, nous ne sommes plus sous un conducteur» (3:24, 25).
Tandis que nous lisons la Bible, nous avons donc besoin de discernement spirituel pour savoir si ses enseignements nous concernent directement ou non. Et dans ce dernier cas, il s’agit de savoir quelle est la juste application que nous pouvons en faire. La question se pose même sur le plan de la vie pratique ; ce n’est pas une affaire de doctrine abstraite.
Dans l’Exode, l’ordonnance du sabbat est appelée «une alliance perpétuelle» (31:16). Les chrétiens devraient-ils donc observer le sabbat ? La réponse n’est pas difficile à découvrir ; il suffit de lire attentivement le passage ci-dessus. «Les fils d’Israël garderont le sabbat, pour observer le sabbat en leurs générations, — une alliance perpétuelle. C’est un signe entre moi et les fils d’Israël, à toujours» (v. 16, 17). Le sabbat concerne Israël.
Il y a des questions un peu plus difficiles. Lors du réveil qui eut lieu au temps de Néhémie, on trouve qu’après une lecture assidue du livre de la loi (8:18), les Israélites firent une alliance à laquelle ils apposèrent leur sceau. Ils s’engagèrent par serment à marcher selon la loi de Dieu et à pratiquer ses commandements, et ils s’imposèrent une taxe pour le service de la maison de Dieu (10:28-32). Avons-nous à suivre leur exemple ? Qu’ils eurent l’approbation de Dieu en cela, il serait difficile d’en douter. Mais l’histoire d’Israël nous montre à l’évidence que tous les engagements que l’homme a pris, il n’a pu les tenir. Il était conforme à l’esprit de la loi qu’un peuple sous la loi s’impose des obligations. Mais une telle façon de faire ne correspond absolument pas à l’esprit du christianisme. En revanche, nous pouvons faire une application utile de ce passage à ce qui nous concerne. Nous y trouvons un encouragement à garder les commandements du Seigneur et à avoir à coeur la maison de Dieu.
Après une pressante exhortation à la prière, le Seigneur Jésus dit : «... combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent» (Luc 11:13). Cela signifie-t-il que nous devrions demander l’Esprit Saint ? Si nous avons conscience que, dans l’époque chrétienne (à partir du jour de la Pentecôte), ceux qui ont cru ont été scellés du Saint Esprit et que celui-ci habite en eux (Éph. 1:13 ; Rom. 8:11), il est évident que nous n’avons pas à demander ce que nous possédons déjà ! En revanche, nous pouvons toujours demander à Dieu qu’il nous accorde d’être remplis de l’Esprit, c’est-à-dire que nous soyons dans un état de coeur où le Saint Esprit est libre d’agir (Éph. 5:18).
L’Éternel promet à Josué : «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» (Jos. 1:5). Or l’épître aux Hébreux nous dit expressément que cette promesse est aussi pour nous : «...étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ; en sorte que, pleins de confiance, nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point» (13:5). Ce passage nous encourage donc à nous emparer des promesses que nous trouvons dans l’Ancien Testament, bien qu’elles aient été adressées à d’autres, et dans des circonstances qui ne sont pas les nôtres. Cependant, serait-il juste de nous approprier des promesses touchant une longue vie, ou des richesses, ou l’écrasement de nos ennemis ?
En face de ces déclarations de l’Ancien Testament qui sont, les unes à prendre littéralement et les autres à transposer ou même à ne pas nous approprier, nous pourrions nous sentir dépassés et nous écrier : Mais comment puis-je savoir ce qui est vraiment pour moi ? Heureusement, nous avons affaire à un Dieu qui désire nous enseigner ; et s’il nous a donné sa Parole, elle demeure entre ses mains pour opérer en nous selon son bon plaisir (cf. És. 55:10, 11). Elle est «la vivante et permanente parole de Dieu» (1 Pierre 1:23). Elle opère en nous qui croyons (1 Thess. 2:13). Nous pouvons donc compter sur lui pour qu’il nous éclaire par son Esprit et par sa Parole elle-même, afin que nous en fassions une application juste. D’autre part, nous ne devons pas rester de petits enfants. Dieu veut que nous avancions «vers l’état d’hommes faits» (Héb. 6:1), que nous croissions dans la connaissance de ses pensées.
http://www.bibliquest.org/JAM/JAM-Dispensations_texte_seul.htm#TM5

Qu'est-ce que le fondamentalisme ?
Le Larousse donne la définition suivante : Courant théologique, d'origine protestante, développé aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, et qui admet seulement le sens littéral des Écritures. Selon une autre source publique (Wikipedia, mars 2012), le fondamentalisme, à son origine (fin du 19ème siècle), était caractérisé par les «fondements» suivants : la divinité du Christ, sa naissance virginale, la doctrine de l'expiation vicariale (Christ mort pour les péchés sur la croix; en bénéficient ceux qui croient), la résurrection corporelle lors de la seconde venue du Christ, l'autorité et l'inerrance verbale de la Bible. Ce fondamentalisme était motivé par la volonté de se prémunir contre deux écueils, d'une part la critique radicale et libérale tendant à annihiler la force de l'Écriture Sainte, et d'autre part l'affirmation catholique de l'infaillibilité pontificale. En matière de catholicisme, on parle plutôt d'intégrisme (il s'agit en réalité d'attachement à l'intégralité de la doctrine traditionnelle de l'Eglise, notamment définie par le Concile de Trente) Ce n'est que récemment (fin du 20ème siècle) que le terme de fondamentalisme a commencé à être appliqué à l'Islam, et plus particulièrement encore aux courants islamiques prêchant une doctrine amenant à la «guerre sainte» ou au terrorisme. Ces dérives de vocabulaire ont tendance malheureusement à amener des amalgames soit de personnes soit même de principes spirituels. Il est évident que l'attachement à la Bible, à son sens littéral et à son inerrance, est aux antipodes de mouvements islamiques guerriers. Les discours, publics ou non, de tous bords sont loin de chercher à protéger l'attachement à l'inspiration divine de la Bible ; ils cherchent plutôt à la discréditer : le terme fondamentaliste est devenu presque une injure + un synonyme d'obscurantisme irréductible et inintelligent + un argument massue pour faire taire ceux qui défendent la Bible. Il y a longtemps que Pilate demandait «qu'est-ce que la vérité», sans réellement s'intéresser à la réponse ; puis, se lavant les mains, il laissait condamner le juste pour faire plaisir à la foule : lui n'était pas fondamentaliste, contrairement à notre Seigneur !
Le mépris et le rejet a priori du fondamentalisme n'est pas le propre des non-chrétiens ou de ceux qui craignent l'Islam ou le terrorisme. Cette attitude de rejet est aussi répandue parmi les chrétiens, de bords variés. C'est ainsi que nous lisions dans une revue mensuelle sur la lecture populaire de la Bible : «Le fondamentaliste est un danger. Il sépare le texte du reste de la vie et de l’histoire du peuple et l’absolutise comme la manifestation unique de la Parole de Dieu. La vie, l’histoire du peuple, la communauté, n’auraient plus rien à dire sur Dieu et sa volonté. Le fondamentalisme annule l’action de la Parole de Dieu dans la vie. C’est l’absence totale de conscience critique. Il détourne le sens de la Bible et favorise le moralisme, l’individualisme et le spiritualisme dans l’interprétation. C’est une vision aliénée».
Rien n'est plus faux que ces affirmations. Le vrai fondamentalisme d'origine consiste simplement à croire ce que Dieu a dit comme Il l'a dit, et à se fonder ainsi sur ce que Dieu a dit, ayant confiance en Lui pour l'avenir. Le confondre avec le terrorisme d'autres religions, selon l'amalgame qu'on se plait à faire aujourd'hui, ne fait que dénigrer la foi en la Parole de Dieu. Le fondamentalisme sincère et droit se soumet à ce que Dieu dit. Ce que certains appellent «conscience critique» n'est autre que la prétention de l'homme à avoir le droit et la capacité de juger Dieu et juger ce que Dieu dit. La vraie vie, c'est la vie avec Dieu et dans sa communion, ce n'est pas faire évoluer les idées selon les pensées de l'homme et sans la direction de Dieu. Favoriser le moralisme n'est pas un mal, c'est écouter Dieu quand il dit que quelque chose est mal et autre chose est bien. Favoriser l'individualisme n'est pas bon quand cela détourne le fidèle de l'église chrétienne, mais c'est une responsabilité et une obligation quand, dans un contexte de déclin, le fidèle doit remonter le courant et ne pas agir comme tout le monde (voir les nombreux «Mais toi» des épîtres à Timothée). Favoriser le spiritualisme est mauvais si on entend par là le mysticisme, mais la conduite du croyant par l'Esprit est ce à quoi il est tenu (Galates 5) Il est entièrement faux de dire que le fondamentalisme annule l'action de la Parole de Dieu dans la vie. C'est juste le contraire : Il croit que la Parole de Dieu est la vérité (Jean 17:17) et qu'elle est «vivante et opérante» (Héb. 4 :12), et qu'elle a des effets sur toute la vie du croyant. Refuser le fondamentalisme, l'inspiration littérale de la Parole de Dieu, c'est l'attitude de Satan au jardin d'Eden jetant le doute chez Ève quant à ce que Dieu a dit («Quoi ? Dieu a dit ?») Non, l'histoire des peuples n'est pas la manifestation de la Parole de Dieu dans la vie. Le rejet de Christ montre suffisamment l'inimitié de l'homme contre Dieu et Sa Parole (voir Jean 8).
Source : http://www.bibliquest.org/Sujets_la_Bible.htm
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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par gerardh »

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Cinci, vous écrivez :
Vous reconnaissez pourtant bien cette «autre autorité en dehors des Écritures», l'autorité qui était celle des apôtres.
Une petite correction : l'autorité apostolique n'était pas "en dehors des Ecritures", tout en exposant les fondements de la doctrine de Christ, lesquelles certes comportaient des extensions ou plutôt des éclaircissements et révélations notables par rapport à l'AT.


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Re: La Sola Scriptura et ses conséquences

Message non lu par Cinci »

(après lecture ....)


gérardh,

Paul souligne l'importance d'employer un même langage chez tous, au moins dans l'Église; qu'il le disait certainement en vue d'en arriver à une unité de sentiment. Vous le savez sûrement. En tout cas, je voulais dire que vous reconnaissez une autorité aux apôtres.

Il n'est pas écrit dans la Torah que Paul doit être suivi. C'est ainsi que l'autorité apostolique est «extra-scriptuaire». c'est bien Jésus qui choisit ses apôtres du groupe initial. Et tout comme ces derniers vont s'assimiler Paul par la suite. Or une autorité qui provient de Jésus n'est pas une autorité qui provient des textes.

[...]

Le fondamentalisme

L'on peut peut-etre retenir qu'il n'y aura pas moyen de s'entendre sur le terme ciblé. La raison en est qu'il n'y a pas un vocabulaire commun, je pense. Votre commentateur veut trouver globalement une connotation positive à une expression (cf «Fondamentalisme») qui est globalement négative pour les experts de la Commission et pour moi aussi. Le désaccord provient de ce que ce ne sont pas exactement les mêmes idées qui sont projetées sous un même terme.
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