kisito a écrit :Pouvez vous citer un autre passage ou une autre autorité pour étayer ce que vous dites, que c'est aussi à cause de son silence qu'il est rejeté? lorsqu'on émet des hypothèses il faudrait l'étayer par d'autres sources.
Bonjour, cher kisito,
les paraboles, y compris celles que vous me citez, nous présentent toujours l'attitude de l'être humain devant le maître, ou devant Dieu, et cette attitude participe à son propre jugement. J'insiste d'abord sur le fait que si la parabole précise que l'invité dépourvu d'habit de noce reste la bouche fermée alors que le maître s'adresse à lui, ce n'est pas pour rien : il aurait pu parler, il aurait pu implorer le pardon du maître. Or, c'est précisément ce que fait le publicain, dans l'autre parabole. Il vient au Temple, c'est un pécheur, mais il est rempli de regrets : il est justifié.
Que dit sa sentence de Mt 7,22 sinon qu'il ne
suffit pas de dire "seigneur, seigneur", mais qu'il faut faire la volonté du Père? C'est donc que l'attitude de l'âme, si elle est en accord avec la volonté du Père, a son poids.
Le mauvais riche de la parabole n'est pas en enfer, dans la damnation éternelle, mais dans le "séjour des morts", c'est à dire le
shéol. L'abîme entre lui et le sein d'Abraham où est Lazare est nécessaire à sa souffrance, mais c'est tout aussi probablement celle de sa purification. D'ailleurs il reste un lien entre eux qui est celui de la
parole.
et méditez aussi sur ce passage:
"le jugement se fera sans miséricorde pour celui qui n'a pas fait miséricorde"
Cher kisito, je crois que quiconque a éteint toute miséricorde en lui ne saurait se satisfaire de la Miséricorde que Dieu pourrait lui accorder. Cela ne retire en rien pour moi le caractère alarmant de l'avertissement de St Jacques. En effet, cela signifie pour moi que tout déni à la miséricorde est un pas vers l'enfer et que la personne qui en ferait fi, fût-elle croyante et pieuse se tromperait lourdement sur ce qu'elle vivra au Jugement.
Concernant le jugement et la mort:
CEC a écrit :1021 La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution IMMÉDIATE après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi
.
Les expressions du genre "passage de la mort" n'ont aucun fondement théologique, ce sont des théories "sorties du chapeau". Il y a que deux états: ou l'âme n'est pas séparée du corps alors on peut encore
agir dans l'obscurité de la Foi et mériter le Ciel, ou l'âme est séparée définitivement du corps et théologiquement on dit alors qu'on est mort et on ne peut plus faire rien faire pour son salut .
Ce ne sont pas des théories sorties du chapeau, et elles ont bel et bien un fondement théologique, traditionnel et scripturaire. Le souci est qu'elles découlent d'un donné de la foi qui prête à de nombreuses représentations contradictoires. Le fondement, c'est la descente de Jésus aux enfers, qui n'est pas à entendre uniquement comme une délivrance des défunts morts avant l'avènement du Christ, mais aussi comme la rencontre du Christ avec les morts de tous les temps, pour que tout homme reçoive l'évangile en pleine lumière :
634 " La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption.
635 Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10, 7 ; Ep 4, 9) afin que " les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent " (Jn 5, 25). Jésus, " le Prince de la vie " (Ac 3, 15), a " réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort " (He 2, 14-15). Désormais le Christ ressuscité " détient la clef de la mort et de l’Hadès " (Ap 1, 18) et " au nom de Jésus tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers " (Ph 2, 10).
Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles (...). Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils (...) ‘Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts’ (Ancienne homélie pour le Samedi Saint : PG 43, 440A. 452C. 461).
L'Eglise enseigne donc qu'il y a une rencontre avec le Christ descendu dans la mort pour tout homme de tous les temps, pour une évangélisation ultime.
ensuite admettons même qu'il s'agit du repentir, je m'abstiens pour le moment de citer les pères de l'Eglise ,vous allez dire qu'ils ne font pas autorité. La repentance implique une pénitence:
Job 42:6
C'est pourquoi je me condamne et je me repens Sur la poussière et sur la cendre.
Actes 3:19
Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, donc la repentance est différente de la conversion
2 Corinthiens 7:10
En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort.
Et l'Eglise a toujours dans sa tradition exiger la pénitence pour une réconciliation effective avec Dieu
Alors si vous avez des passages ou des citations autorisées qui montreraient qu'on peut se repentir sans pénitence alors je suis preneur.
Je me suis mal exprimé. Le verset que vous citiez est à traduire par "
Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de la même manière", et non pas par "Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous". Il s'agit d'abord de se repentir. Mais Jésus ne parle pas, à ce moment précis, de la pénitence, et on ne peut prendre ce verset à témoin pour imaginer que Jésus allait jusqu'à exiger la pénitence avant la mort.
Comprenez-moi bien : je ne dis pas que la pénitence n'est pas nécessaire. Ce que je crois, c'est qu'il est possible,
pour les âmes qui en sont capables, de se repentir pour faire pénitence dans l'au-delà. Parce que je ne vois pas pourquoi une personne qui, par exemple, serait victime d'un infarctus sur le chemin du confessionnal serait de facto maudit pour l'éternité.