Enfin ...
Ma réponse à moi :
Le peuple de Dieu "élu" mais c'est tout simplement l'humanité. C'est ce qu'enseigne la théologie
chrétienne et même l'Ancien Testament également, en dépit des apparences. Si ce n'était pas le cas, la
mission évangélisatrice de l'Église au quatre coins du monde serait dépourvue de sens. Jésus ne serait
pas mort pour tous les hommes si le projet de Dieu n'englobait pas la totalité du monde. C'est
l'humanité le peuple élu parce que tous sont fils d'Adam, le fameux Adam dont il s'agirait d'assurer la
rédemption.
Le peuple élu c'est Job qui n'est pas juif, c'est Noé bien avant qui n'est pas juif, c'est
le fameux Melchisédech qui n'est pas juif, c'est la reine de Saba de qui Jésus va même dire qu'elle va
juger ceux de Capharnaüm qui sont des juifs par contre, c'est le roi Cyrus de Perse qui n'est pas
juif, c'est la fille du pharaon d'Égypte qui repêche Moïse dans le Nil et qui n'est pas juive, c'est le
centurion romain du texte évangélique et qui ferait dire à Jésus qu'il n'aurait jamais vu une telle foi
en Israël, c'est Nâaman le syrien guérit de sa lèpre, ce sont les habitants de la grande ville de
Ninive (et ennemis héréditaires des juifs) vers qui Jonas refuse de se rendre, désobéissant à sa
mission, les habitants de Ninive qui vont se convertir en foule et se couvrir de cendre au grand dam de
Jonas. Le texte biblique d'Ancien Testament est pourtant clair : ceux de Ninive ont du prix aux
yeux du Père Éternel.
Le NT explique aux gens dans l'Église comment la religion de Moïse contenait l'ombre des choses à
venir. Eh bien, l'ombre des choses à venir c'est justement cette affaire d'élection d'un peuple, qui
fait de la figure de l'élection du peuple juif
la figure de l'Église prévue pour englober la totalité
du genre humain. Parce que Dieu veut faire miséricorde à tous. Et c'est ça que la Bible dit. C'est ce
qu'annonce les grands textes prophétiques (Isaïe, Jérémie, Osée et all.) :
- «... Yavhé dit :«Appelle-le du nom de Lô-Ammi : car vous n'êtes pas mon peuple, et moi je ne serai pas
votre Dieu.» (Osée 1,9)
et
«Le nombre des fils d'Israël sera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mesurer ni compter; et
au lieu qu'on leur dise : «Vous n'êtes pas mon peuple», on leur dira : «Fils du Dieu vivant».
et
«Il advidendra en ce jour-là -oracle de Yavhé que tu m'appeleras : Mon mari, et tu ne m'appellera plus
mon baal [...] Je conclurai pour eux une alliance - en ce jour-là - avec la bête des champs, avec
l'oiseau du ciel et le reptile du sol [...] Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans
la justice et dans le droit, dans la fidélité et dans la miséricorde, je te fiancerai à moi dans la
sincérité. et tu connaîtra Yavhé. Il adviendra en ce jour-là que je répondrai - oracle de Yavhé - je
répondrai aux cieux et eux répondront à la terre et la terre répondra [...] je l'ensemencerai dans le
pays, j'aurai pitié de Lô-Rouhama [celle dont on n'a pas pitié], et je dirai à Lô-Ammi [Pas-mon peuple]
: tu es Ammi [mon peuple], et lui dira : «Mon Dieu!»
Le texte prophétique d'Osée n'est
qu'une magistrale déconstruction de l'idôlatrie du peuple élu («Nous
contre eux»). En plus d'être une critique archi-sévère du comportement des hébreux du temps des rois
d'Israël (le peuple juif comparé à une prostituée), Osée annonce un alliance futur de Dieu avec la
terre entière et de sorte que ceux que l'on tient communément pour n'être pas le peuple ami diront
«Fils du Dieu vivant» et «Mon Dieu!» et à quoi Dieu répondra «Mon peuple».
Le nombre des fils d'Israël pour être comme le sable de la mer n'est qu'un renvoi à la fameuse
promesse universaliste faite à Abraham et pour parler de tous les peuples de la terre. L'Israël dont il
est question c'est
l'Israël d'en-haut (spirituel) et non pas charnel (biologique/raciale) pour parler
comme l'apôtre Paul. Le texte prophétique d'Osée est plein de sens. La mer était le symbole du mal et
de la mort pour les Hébreux. Le "sable de la mer" a même résonance que les fameux cailloux sans valeur
dont Jean le baptiste disait que Dieu pouvait en susciter des enfants à Abraham.
[...]
Le cycle de Moïse et les aventures des rois d'Israël et les prophètes n'en représente qu'un moment de
l'histoire, un temps pendant lequel l'Esprit de Dieu fait avec le véhicule qu'est le prophétisme
hébraïque. Mais ce n,est pas un terminus, l'histoire ne s'est pas arrêté là. Le peuple choisi et la
Terre promise sont figures de réalités spirituelles fichtrement plus élevées et soit l'Église de Jésus
Christ et le royaume de Dieu (cf résurrection, paradis). La substantifique moëlle de toute l,affaire
n,a rien à voir avec les vicissitudes de la politique au sein de cette création profane, laïque et
séculière qu'est l'État israélien moderne d'aujourd'hui (!)