Perte de Foi
Règles du forum
Besoin d'écoute ou de conseil ? Vous pouvez, dans ce forum, partager votre fardeau avec nos lecteurs...
NB : les messages de ce forum sont modérés a priori ; les interventions jugées inopportunes ne seront pas publiées
Besoin d'écoute ou de conseil ? Vous pouvez, dans ce forum, partager votre fardeau avec nos lecteurs...
NB : les messages de ce forum sont modérés a priori ; les interventions jugées inopportunes ne seront pas publiées
Perte de Foi
Bonjour à tous,
Priez pour moi, mes frères et soeurs dans le Christ. Priez parce que je perd ce que j'ai de plus précieux, ma foi.
Extérieurement, pas grand' chose a changé. Je vis la vie sacramentelle, je vais à la messe trois fois par semaine, je jeûne le mercredi et le vendredi, je lis les Ecritures et les Pères, je récite les complies tout les soirs. Mais depuis un certain temps, la foi n'y est plus. Je suis presque un athée pratiquant. Paradoxe si il en est.
Et pourtant, plus j'étudie, plus je découvre la religion chrétienne, plus je me rend compte de son absolue supériorité sur tout autre système de pensée, sa beauté incroyable, sa profondeur. Sans parler de cette beauté intellectuelle propre au Catholicisme, cette cohérence totale, cette histoire magnifique. Et voir tout cela m'échapper des mains me déséspère.
Je sais que je serais mille fois plus bon et aimant en tant que chrétien. Que je serais plus heureux, aussi. Mais l'impératif de la Vérité va au-delà de ce genre de choses.
Cette perte de foi n'est même pas vraiment de l'ordre du rationnel. Mais j'ai un profond malaise. Toute cette histoire est trop belle pour être vrai. C'est un système extrèment puissant et beau, qui donne un sens d'une profondeur infinie à l'existence, qui ancre les hommes dans le monde. Je me sens un peu comme Montaigne qui prennait conscience de l'abscence absolue de contrôle de l'être humain sur la réalité. Lui se réfugia dans le piétisme. J'en suis incapable.
Le déclin du Christianisme m'effraye, au-delà même de la foi. Notre monde est sombrement hédoniste, dénué d'Amour. Sans l'espoir, le fanal du Christ, rien n'a de sens, tout n'est que ténèbre. Le matérialisme ne me semble promettre qu'un déterminisme implacable. Mais si il est la vérité, alors il ne sert à rien de se cacher derrière de beaux mensonges.
Surtout, je ne croit absolument pas (ou plus) au salut par la foi. En un mot, je ne croit pas à l'utilité "majeure" de l'Eglise. Ce point est important. Si nous avons tous les mêmes chances de salut à la naissance, alors pourquoi l'Eglise ? On nous dit que le baptême est le moyen pour Dieu de réparer le péché originel. Alors pourquoi 10% (peut-être...) seulement de l'humanité y a droit ??? Comment la foi et les sacrements pourraient êtres les moyens normaux du salut alors qu'ils ne concernent qu'une minorité ??? Le moyen ordinaire, de facto, c'est celui réservé aux non-croyants.
De ce fait l'Eglise, son enseignements et ses sacrements ne peuvent raisonnablement être considérés, au plus, comme des instruments de la grâce divine. Un instrument important, mais très loin d'être unique. Et il n'est pas néssécaire, puisque Dieu se débrouille très bien pour faire vivre et donner le choix de l'amour à des dizaines de millards d'autres êtres depuis la Création.
On peut donc dire que l'Eglise est là pour Sa Gloire et comme instrument secondaire de la grâce, mais c'est tout. Est-ce cohérent avec la Sainte Doctrine ? J'en sait rien. Cela me trouble.
L'idée du déterminisme m'obnubile. Comment Sodome et Gomorrhe peuvent avoir été condamnée collectivement ? Un enfant de Sodome, éduqué avec les manières de Sodome, ne peut être condamée pour son éducation, mais seulement pour son utilisation de sa propre liberté spirituelle engoncée dans les déterminisme, qui seule peut choisir l'amour, même sans signe apparent, extérieur, de cette conversion de l'âme. Une condamnation de masse n'a aucun sens.
De manière générale, j'appréhende mal le rapport entre salut collectif et individuel, jugement dernier et particulier.
Bon, je me suis éloigné du sujet.
Toujours est-il que je prie chaque jour le Seigneur de me prendre en pitié, de me rammener à la foi. Je chante les psaumes. Mais rien, je suis dans le vide, dans un gouffre sans fond. Le silence.
Je suis fasciné par les gens qui ont reçu des "grâces sensibles" et autres moyens de certitudes. Illusion spirituelle, psycologique ? Réalité reservé à quelques un par le Seigneur dans Sa Sagesse ?
Je sais qu'au fond, je donne trop de place à la raison dans mon approche de la foi (ce qui est paradoxalement déraisonnable).
Bref, je m'embrouille, je bafouille, ça n'a pas grand' sens. Mais s'il vous plait, priez pour moi.
Héraclius, immonde pécheur empli d'orgueil, comme vous tous, mais en plus de cela incroyant -
Priez pour moi, mes frères et soeurs dans le Christ. Priez parce que je perd ce que j'ai de plus précieux, ma foi.
Extérieurement, pas grand' chose a changé. Je vis la vie sacramentelle, je vais à la messe trois fois par semaine, je jeûne le mercredi et le vendredi, je lis les Ecritures et les Pères, je récite les complies tout les soirs. Mais depuis un certain temps, la foi n'y est plus. Je suis presque un athée pratiquant. Paradoxe si il en est.
Et pourtant, plus j'étudie, plus je découvre la religion chrétienne, plus je me rend compte de son absolue supériorité sur tout autre système de pensée, sa beauté incroyable, sa profondeur. Sans parler de cette beauté intellectuelle propre au Catholicisme, cette cohérence totale, cette histoire magnifique. Et voir tout cela m'échapper des mains me déséspère.
Je sais que je serais mille fois plus bon et aimant en tant que chrétien. Que je serais plus heureux, aussi. Mais l'impératif de la Vérité va au-delà de ce genre de choses.
Cette perte de foi n'est même pas vraiment de l'ordre du rationnel. Mais j'ai un profond malaise. Toute cette histoire est trop belle pour être vrai. C'est un système extrèment puissant et beau, qui donne un sens d'une profondeur infinie à l'existence, qui ancre les hommes dans le monde. Je me sens un peu comme Montaigne qui prennait conscience de l'abscence absolue de contrôle de l'être humain sur la réalité. Lui se réfugia dans le piétisme. J'en suis incapable.
Le déclin du Christianisme m'effraye, au-delà même de la foi. Notre monde est sombrement hédoniste, dénué d'Amour. Sans l'espoir, le fanal du Christ, rien n'a de sens, tout n'est que ténèbre. Le matérialisme ne me semble promettre qu'un déterminisme implacable. Mais si il est la vérité, alors il ne sert à rien de se cacher derrière de beaux mensonges.
Surtout, je ne croit absolument pas (ou plus) au salut par la foi. En un mot, je ne croit pas à l'utilité "majeure" de l'Eglise. Ce point est important. Si nous avons tous les mêmes chances de salut à la naissance, alors pourquoi l'Eglise ? On nous dit que le baptême est le moyen pour Dieu de réparer le péché originel. Alors pourquoi 10% (peut-être...) seulement de l'humanité y a droit ??? Comment la foi et les sacrements pourraient êtres les moyens normaux du salut alors qu'ils ne concernent qu'une minorité ??? Le moyen ordinaire, de facto, c'est celui réservé aux non-croyants.
De ce fait l'Eglise, son enseignements et ses sacrements ne peuvent raisonnablement être considérés, au plus, comme des instruments de la grâce divine. Un instrument important, mais très loin d'être unique. Et il n'est pas néssécaire, puisque Dieu se débrouille très bien pour faire vivre et donner le choix de l'amour à des dizaines de millards d'autres êtres depuis la Création.
On peut donc dire que l'Eglise est là pour Sa Gloire et comme instrument secondaire de la grâce, mais c'est tout. Est-ce cohérent avec la Sainte Doctrine ? J'en sait rien. Cela me trouble.
L'idée du déterminisme m'obnubile. Comment Sodome et Gomorrhe peuvent avoir été condamnée collectivement ? Un enfant de Sodome, éduqué avec les manières de Sodome, ne peut être condamée pour son éducation, mais seulement pour son utilisation de sa propre liberté spirituelle engoncée dans les déterminisme, qui seule peut choisir l'amour, même sans signe apparent, extérieur, de cette conversion de l'âme. Une condamnation de masse n'a aucun sens.
De manière générale, j'appréhende mal le rapport entre salut collectif et individuel, jugement dernier et particulier.
Bon, je me suis éloigné du sujet.
Toujours est-il que je prie chaque jour le Seigneur de me prendre en pitié, de me rammener à la foi. Je chante les psaumes. Mais rien, je suis dans le vide, dans un gouffre sans fond. Le silence.
Je suis fasciné par les gens qui ont reçu des "grâces sensibles" et autres moyens de certitudes. Illusion spirituelle, psycologique ? Réalité reservé à quelques un par le Seigneur dans Sa Sagesse ?
Je sais qu'au fond, je donne trop de place à la raison dans mon approche de la foi (ce qui est paradoxalement déraisonnable).
Bref, je m'embrouille, je bafouille, ça n'a pas grand' sens. Mais s'il vous plait, priez pour moi.
Héraclius, immonde pécheur empli d'orgueil, comme vous tous, mais en plus de cela incroyant -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
Re: Perte de Foi
Bonsoir,Héraclius a écrit : Je sais qu'au fond, je donne trop de place à la raison dans mon approche de la foi (ce qui est paradoxalement déraisonnable).
Mes prières vous accompagnent.
Quand on doute de l'Eglise, le mieux est de se souvenir que c'est Jésus Lui-même qui l'a établie, et que grâce à Lui, elle est infaillible en matière de foi et de moeurs, et qu'elle tiendra jusqu'à la fin des temps.
Du coup, ça rassure ! Et si vous êtes dans le doute, remettez-le au Seigneur. Il saura vous montrer Son visage dans les choses les plus simples.
Approcher la foi par la raison est une bonne chose, mais il ne faut pas non plus oublier d'approcher de la foi par le coeur. Fait-on confiance au Christ ? Croyons-nous qu'Il est là, présent dans nos vies et réellement présent dans la Sainte Eucharistie ? Rappelons-nous qu'Il a promis d'être avec nous jusqu'à la fin des temps ? Nous souvenons-nous que l'Eglise, c'est son Corps mystique glorieux et qu'à ce titre, elle est Sainte, même si elle est composée de pauvres pécheurs qui ne peuvent rien faire par eux-mêmes ?
Ces questions, j'espère, sauront vous rappeler l'essentiel de la vie chrétienne, particulièrement dans les moments de doutes.
Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
Re: Perte de Foi
Parfois, quand Dieu veut nous conduire plus près de lui, il supprime les consolations que nous sommes habitués à recevoir. Le but est de sorte que nous allons aimer Dieu pour ce qu'il est plutôt que ce que nous recevons quand nous prions pour lui. En bref, nous devons aimer Dieu de consolations plutôt que les consolations de Dieu.
Re: Perte de Foi
Bonjour Héraclius,
Dieu est libéral, ce qui signifie qu'Il ne nous sauvera jamais sans notre volonté, si nos contemporains font tout pour se voiler la face sur les réalités métaphysiques (la mort, le péché, et surtout la vie après la mort) en se noyant dans les activités et en se roulant dans le mensonge, qu'est ce que Dieu y peut ?
L'Eglise du Christ est nécessaire, c'est dans l'Eglise Catholique que nous avons tous les moyens pour se sanctifier (Sacrements, indulgences, dévotions diverses et variées, vie des saints etc...). Les autres Eglises (Orthodoxes et protestantes) n'ont pas autant "d'outils divins".
Gardez courage, c'est normal d'avoir des doutes, cela permet à la foi de mûrir et d'être vraiment ancrée au plus profond de notre être.
Gustave Thibon disait qu'il faut croire que ce qui est le plus beau est le plus vrai, c'est tout à fait normal d'avoir des doutes, mais la foi c'est avant tout un acté de volonté.Cette perte de foi n'est même pas vraiment de l'ordre du rationnel. Mais j'ai un profond malaise. Toute cette histoire est trop belle pour être vrai. C'est un système extrèment puissant et beau, qui donne un sens d'une profondeur infinie à l'existence, qui ancre les hommes dans le monde. Je me sens un peu comme Montaigne qui prennait conscience de l'abscence absolue de contrôle de l'être humain sur la réalité. Lui se réfugia dans le piétisme. J'en suis incapable.
C'est vrai que nous vivons dans un monde effrayant qui est vraiment diabolique dans toute sa matrice, c'est très difficile d'en sortir quand on a été endoctriné dans le mensonge dès notre plus jeune âge.Le déclin du Christianisme m'effraye, au-delà même de la foi. Notre monde est sombrement hédoniste, dénué d'Amour. Sans l'espoir, le fanal du Christ, rien n'a de sens, tout n'est que ténèbre. Le matérialisme ne me semble promettre qu'un déterminisme implacable. Mais si il est la vérité, alors il ne sert à rien de se cacher derrière de beaux mensonges.
On ne connait pas le coeur des hommes, qu'ils soient croyants ou incroyants, la Vérité de foi c'est que le Salut est proposé à tous. Par exemple moi je connais une personne qui a eu une rencontre avec Dieu mais qu'il l'a rejeté, peut-être est-ce aussi le cas de nombreux incroyants qui préfèrent le monde (et donc le diable) au Christ, même s'ils ont eu des grâces particulières pour être sauvé.Surtout, je ne croit absolument pas (ou plus) au salut par la foi. En un mot, je ne croit pas à l'utilité "majeure" de l'Eglise. Ce point est important. Si nous avons tous les mêmes chances de salut à la naissance, alors pourquoi l'Eglise ? On nous dit que le baptême est le moyen pour Dieu de réparer le péché originel. Alors pourquoi 10% (peut-être...) seulement de l'humanité y a droit ??? Comment la foi et les sacrements pourraient êtres les moyens normaux du salut alors qu'ils ne concernent qu'une minorité ??? Le moyen ordinaire, de facto, c'est celui réservé aux non-croyants.
Dieu est libéral, ce qui signifie qu'Il ne nous sauvera jamais sans notre volonté, si nos contemporains font tout pour se voiler la face sur les réalités métaphysiques (la mort, le péché, et surtout la vie après la mort) en se noyant dans les activités et en se roulant dans le mensonge, qu'est ce que Dieu y peut ?
L'Eglise du Christ est nécessaire, c'est dans l'Eglise Catholique que nous avons tous les moyens pour se sanctifier (Sacrements, indulgences, dévotions diverses et variées, vie des saints etc...). Les autres Eglises (Orthodoxes et protestantes) n'ont pas autant "d'outils divins".
Jésus nous a dit que Sodome sera jugé moins durement le jour du Jugement que les villes qui ont vu Ses miracles et n'ont pas cru. Cela signifie que certaines personnes de Sodome seront peut-être sauvées.L'idée du déterminisme m'obnubile. Comment Sodome et Gomorrhe peuvent avoir été condamnée collectivement ? Un enfant de Sodome, éduqué avec les manières de Sodome, ne peut être condamée pour son éducation, mais seulement pour son utilisation de sa propre liberté spirituelle engoncée dans les déterminisme, qui seule peut choisir l'amour, même sans signe apparent, extérieur, de cette conversion de l'âme. Une condamnation de masse n'a aucun sens.
Gardez courage, c'est normal d'avoir des doutes, cela permet à la foi de mûrir et d'être vraiment ancrée au plus profond de notre être.
-
axou
- Barbarus

Re: Perte de Foi
Cher Héraclius,
je vais prier pour vous bien sûr. Connaissant votre jeune âge, je suis frappée par la maturité de vos propos depuis que je lis vos posts. Peut-être que vous traversez une "nuit de la foi" (voir Saint jean de la Croix) beaucoup plus tôt que les autres parce que le Seigneur vous prépare à un important projet, je ne sais pas.
Quelques conseils : je suggère d'arrêter de réfléchir, lâcher le mental qui ne vous aide pas en ce moment et qui ne peut mener qu'à la surchauffe !
Revenir au corps : respirez. Prendre du temps pour inspirer ("j'accueille l'Esprit Saint") et expirer ("je m'abandonne à l'Esprit Saint").
Revenir au coeur : dire "je t"aime " au Christ et "je sais que tu m'aimes, que tu es là", même si et surtout si on n'y croit plus vraiment.
Mère Térésa disait "Il me regarde, je le regarde" est la plus belle des prières, rien d'autre à dire.
Térèse de Lisieux disait à Jésus : "attirez-nous, nous courons à l'odeur de vos parfums" et précisait qu'il n'y avait rien à ajouter. (elle a traversé une nuit de la foi pendant plusieurs années)
Revenir au simple, la marche, la nature, les animaux, rire, goûter ce que vous mangez, revenez au sensible justement, aux sens qui vous ramèneront au Sens. Regardez, Ecoutez.
Sans doute l'enjeu pour vous est d'accepter de ne plus saisir ce qui se passe, de ne plus contrôler, de simplement vous laisser faire et vous laisser aimer.
Concernant le poids de l'Eglise et des chrétiens dans le monde, Madeleine Delbrel disait que les chrétiens étaient chargés, branchés sur le Divin comme 'un transformateur est chargé d'électricité et la répand dans le monde. Notre mission : nous laisser charger et transmettre ce dont nous sommes chargés. Simplement, en toute situation, et quoi qu'il arrive.
Concernant les grâces sensibles, j'en ai reçu à plusieurs reprises, si vous le désirez et si cela peut vous nourrir, je peux vous les raconter par message privé.
Bien à vous,
Axou
je vais prier pour vous bien sûr. Connaissant votre jeune âge, je suis frappée par la maturité de vos propos depuis que je lis vos posts. Peut-être que vous traversez une "nuit de la foi" (voir Saint jean de la Croix) beaucoup plus tôt que les autres parce que le Seigneur vous prépare à un important projet, je ne sais pas.
Quelques conseils : je suggère d'arrêter de réfléchir, lâcher le mental qui ne vous aide pas en ce moment et qui ne peut mener qu'à la surchauffe !
Revenir au corps : respirez. Prendre du temps pour inspirer ("j'accueille l'Esprit Saint") et expirer ("je m'abandonne à l'Esprit Saint").
Revenir au coeur : dire "je t"aime " au Christ et "je sais que tu m'aimes, que tu es là", même si et surtout si on n'y croit plus vraiment.
Mère Térésa disait "Il me regarde, je le regarde" est la plus belle des prières, rien d'autre à dire.
Térèse de Lisieux disait à Jésus : "attirez-nous, nous courons à l'odeur de vos parfums" et précisait qu'il n'y avait rien à ajouter. (elle a traversé une nuit de la foi pendant plusieurs années)
Revenir au simple, la marche, la nature, les animaux, rire, goûter ce que vous mangez, revenez au sensible justement, aux sens qui vous ramèneront au Sens. Regardez, Ecoutez.
Sans doute l'enjeu pour vous est d'accepter de ne plus saisir ce qui se passe, de ne plus contrôler, de simplement vous laisser faire et vous laisser aimer.
Concernant le poids de l'Eglise et des chrétiens dans le monde, Madeleine Delbrel disait que les chrétiens étaient chargés, branchés sur le Divin comme 'un transformateur est chargé d'électricité et la répand dans le monde. Notre mission : nous laisser charger et transmettre ce dont nous sommes chargés. Simplement, en toute situation, et quoi qu'il arrive.
Concernant les grâces sensibles, j'en ai reçu à plusieurs reprises, si vous le désirez et si cela peut vous nourrir, je peux vous les raconter par message privé.
Bien à vous,
Axou
-
gerardh
- Tribunus plebis

- Messages : 5031
- Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
- Conviction : chrétien non catholique
- Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)
Re: Perte de Foi
_______
Bonjour Héraclius, vous écrivez :
Je suggère que vous relisiez les 2 premiers chapitre de la première épître aux Corinthiens.
_________
Bonjour Héraclius, vous écrivez :
Effectivement, cela me semble être le point-clé en ce qui vous concerne, ainsi que d'autres l'on déjà fait remarquer.Je sais qu'au fond, je donne trop de place à la raison dans mon approche de la foi (ce qui est paradoxalement déraisonnable).
Je suggère que vous relisiez les 2 premiers chapitre de la première épître aux Corinthiens.
_________
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Perte de Foi
Je ne pense pas que vous perdrez la foi. Mais votre foi est mise à l'épreuve. La mienne aussi, celle de chacun et chacune d'entre nous. Du reste, la raison a peu de place dans l'amour. Le Seigneur ne nous demande pas de le trouver, mais de l'aimer. Et Il se cache pour mieux nous obliger à le rechercher au-delà de ce que nous avions cru possible.
Tout ce qui s'élève sera abaissé; tout ce qui s'abaisse sera élevé"... On peut méditer cette courte Parole cent fois sur la même journée !
En union de prière,
Etienne
Tout ce qui s'élève sera abaissé; tout ce qui s'abaisse sera élevé"... On peut méditer cette courte Parole cent fois sur la même journée !
En union de prière,
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Perte de Foi
Cher Héraclius,
votre message m'a beaucoup ému. Perdre la foi, je sais ce que c'est. Et en même temps je ne sais pas. Il y a pour moi plus de vingt ans que j'ai décidé définitivement de ne plus me forcer à croire, et de préférer la vérité, au risque inévitable de devenir sceptique, mais le mal n'est pas si grand.
Pour autant je ne vais pas vous conseiller de renoncer à croire. Bien au contraire, j'éprouve une certaine peine, et j'aimerais que vous triomphiez de vos doutes, mais votre vie est encore longue, du moins je vous le souhaite.
Je comprends particulièrement et de façon très vive le sentiment que vous éprouvez à l'égard du christianisme et de sa vérité, que vous ne voulez pas abandonner même sans la foi. Je vous encourage à ne jamais oublier cette vérité, quoi qu'il arrive.
Vous savez, bien des gens croient avoir la foi qui ne l'ont pas, et ceux qui pensent l'avoir perdue l'ont encore en eux.
Raisonnons puisque comme moi vous aimez raisonner.
Ou bien Dieu n'est pas, ou bien Dieu est.
Si Dieu n'est pas il vaut mieux cesser d'y croire, c'est entendu. La seule difficulté est de ne pas jeter par dessus bord la vérité du christianisme. Ce n'est qu'en restant fidèle à l'esprit de vérité que vous y parviendrez. Si Dieu n'est pas ce n'est pas une raison pour se révolter contre ceux qui l'annoncent, après tout ils ne se trompent pas plus que les autres.
Si Dieu est, si j'ose dire, mettez-vous à sa place, lui qui aime Héraclius et veut l'améliorer. Comment progresser sans passer par des remises en question? Comment épurer sa foi sans épreuves? Ne vous demandez pas si vous avez la foi ou si vous ne l'avez pas, laissez Dieu s'en occuper, il fait ça très bien.
Si vous permettez je reviens sur quelques passages de votre texte.
1) L'idée d'une Eglise qui aurait le privilège de fournir seule les bons tickets pour aller au paradis est absurde, vous avez raison, et en fait personne n'y croit, certains font semblant c'est tout.
2) Que l'Eglise soit instrument de la grâce divine, eh bien voilà ce qui ne m'a pas été ôté de ma foi passée, je le crois encore. Comment pouvez-vous dire "c'est tout"? Que vouliez-vous d'autre qui vaille plus que cela? Qu'y a-t-il de plus haut?
Fraternellement.
votre message m'a beaucoup ému. Perdre la foi, je sais ce que c'est. Et en même temps je ne sais pas. Il y a pour moi plus de vingt ans que j'ai décidé définitivement de ne plus me forcer à croire, et de préférer la vérité, au risque inévitable de devenir sceptique, mais le mal n'est pas si grand.
Pour autant je ne vais pas vous conseiller de renoncer à croire. Bien au contraire, j'éprouve une certaine peine, et j'aimerais que vous triomphiez de vos doutes, mais votre vie est encore longue, du moins je vous le souhaite.
Je comprends particulièrement et de façon très vive le sentiment que vous éprouvez à l'égard du christianisme et de sa vérité, que vous ne voulez pas abandonner même sans la foi. Je vous encourage à ne jamais oublier cette vérité, quoi qu'il arrive.
Vous savez, bien des gens croient avoir la foi qui ne l'ont pas, et ceux qui pensent l'avoir perdue l'ont encore en eux.
Raisonnons puisque comme moi vous aimez raisonner.
Ou bien Dieu n'est pas, ou bien Dieu est.
Si Dieu n'est pas il vaut mieux cesser d'y croire, c'est entendu. La seule difficulté est de ne pas jeter par dessus bord la vérité du christianisme. Ce n'est qu'en restant fidèle à l'esprit de vérité que vous y parviendrez. Si Dieu n'est pas ce n'est pas une raison pour se révolter contre ceux qui l'annoncent, après tout ils ne se trompent pas plus que les autres.
Si Dieu est, si j'ose dire, mettez-vous à sa place, lui qui aime Héraclius et veut l'améliorer. Comment progresser sans passer par des remises en question? Comment épurer sa foi sans épreuves? Ne vous demandez pas si vous avez la foi ou si vous ne l'avez pas, laissez Dieu s'en occuper, il fait ça très bien.
Si vous permettez je reviens sur quelques passages de votre texte.
Puisque je suis plus ancien que vous, j'en profite pour vous dire ce qui me vient à l'esprit : n'est-ce pas un peu trop pour quelqu'un qui n'est pas sûr de croire?Héraclius a écrit : Extérieurement, pas grand' chose a changé. Je vis la vie sacramentelle, je vais à la messe trois fois par semaine, je jeûne le mercredi et le vendredi, je lis les Ecritures et les Pères, je récite les complies tout les soirs. Mais depuis un certain temps, la foi n'y est plus. Je suis presque un athée pratiquant. Paradoxe si il en est.
Je vous comprends trop bien. Ne laissez pas tout s'échapper.Héraclius a écrit :Et pourtant, plus j'étudie, plus je découvre la religion chrétienne, plus je me rend compte de son absolue supériorité sur tout autre système de pensée, sa beauté incroyable, sa profondeur. Sans parler de cette beauté intellectuelle propre au Catholicisme, cette cohérence totale, cette histoire magnifique. Et voir tout cela m'échapper des mains me déséspère.
Malheureusement, ceci n'est vraiment pas sûr. Mais comme vous le dites juste après, peu importe, c'est la vérité qui compte.Héraclius a écrit :Je sais que je serais mille fois plus bon et aimant en tant que chrétien. Que je serais plus heureux, aussi.
Montaigne est demeuré chrétien tout en étant sceptique.Héraclius a écrit :Cette perte de foi n'est même pas vraiment de l'ordre du rationnel. Mais j'ai un profond malaise. Toute cette histoire est trop belle pour être vrai. C'est un système extrèment puissant et beau, qui donne un sens d'une profondeur infinie à l'existence, qui ancre les hommes dans le monde. Je me sens un peu comme Montaigne qui prennait conscience de l'abscence absolue de contrôle de l'être humain sur la réalité. Lui se réfugia dans le piétisme. J'en suis incapable.
Continuez à vous indigner contre le monde du libéralisme triomphant. Il y a aussi de la vérité dans l'indignation.Héraclius a écrit :Le déclin du Christianisme m'effraye, au-delà même de la foi. Notre monde est sombrement hédoniste, dénué d'Amour. Sans l'espoir, le fanal du Christ, rien n'a de sens, tout n'est que ténèbre. Le matérialisme ne me semble promettre qu'un déterminisme implacable. Mais si il est la vérité, alors il ne sert à rien de se cacher derrière de beaux mensonges.
Vous apparaissez effectivement comme dans le brouillard sur cette question. Je réagis rapidement, mais nous pourrons continuer cette discussion si vous le souhaitez.Héraclius a écrit :Surtout, je ne croit absolument pas (ou plus) au salut par la foi. En un mot, je ne croit pas à l'utilité "majeure" de l'Eglise. Ce point est important. Si nous avons tous les mêmes chances de salut à la naissance, alors pourquoi l'Eglise ? On nous dit que le baptême est le moyen pour Dieu de réparer le péché originel. Alors pourquoi 10% (peut-être...) seulement de l'humanité y a droit ??? Comment la foi et les sacrements pourraient êtres les moyens normaux du salut alors qu'ils ne concernent qu'une minorité ??? Le moyen ordinaire, de facto, c'est celui réservé aux non-croyants.
De ce fait l'Eglise, son enseignements et ses sacrements ne peuvent raisonnablement être considérés, au plus, comme des instruments de la grâce divine. Un instrument important, mais très loin d'être unique. Et il n'est pas néssécaire, puisque Dieu se débrouille très bien pour faire vivre et donner le choix de l'amour à des dizaines de millards d'autres êtres depuis la Création.
On peut donc dire que l'Eglise est là pour Sa Gloire et comme instrument secondaire de la grâce, mais c'est tout. Est-ce cohérent avec la Sainte Doctrine ? J'en sait rien. Cela me trouble.
1) L'idée d'une Eglise qui aurait le privilège de fournir seule les bons tickets pour aller au paradis est absurde, vous avez raison, et en fait personne n'y croit, certains font semblant c'est tout.
2) Que l'Eglise soit instrument de la grâce divine, eh bien voilà ce qui ne m'a pas été ôté de ma foi passée, je le crois encore. Comment pouvez-vous dire "c'est tout"? Que vouliez-vous d'autre qui vaille plus que cela? Qu'y a-t-il de plus haut?
Je ne crois pas. Vous voulez adorer Dieu en esprit et en vérité. Qui oserait vous le reprocher?Héraclius a écrit :Je sais qu'au fond, je donne trop de place à la raison dans mon approche de la foi (ce qui est paradoxalement déraisonnable).
Fraternellement.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
- francismichel
- Quæstor

- Messages : 346
- Inscription : sam. 28 juin 2014, 10:03
- Conviction : Chrétien orthodoxe
- Localisation : Orleans
- Contact :
Re: Perte de Foi
Bonjour Héraclius,
Face à l’épreuve que vous vivez, je vous invite à méditer les paroles des saints, comme celles de Saint Silouane, lequel est un être humain comme nous, et qui lui aussi a subi des épreuves diverses, comme un sentiment fort d’abandon de Dieu. Ce type d’épreuve est permise par Dieu pour tester en quelque sorte notre fidélité ainsi que notre liberté à l’aimer, Lui, gratuitement.
Paroles de Saint Silouane
[..]. Aucun saint ne peut nous libérer de la nécessité de lutter avec le péché qui vit en nous. Il peut nous assister par ses prières, sa parole et ses enseignements, nous fortifier par l'exemple, mais il ne peut pas nous libérer de l'effort personnel et de l'ascèse.
[..]. La voie spirituelle du chrétien se présente dans les grandes lignes suivantes: Au début il est attiré vers Dieu par le don de la grâce; et quand il est déjà attiré alors commence une longue période d'épreuves, parfois même durement. Au début de sa conversion, ses prières, à peines formulées, sont exaucées par Dieu. Mais quand vient la période des épreuves, tout change, tout devient difficile.
[..]. Tout se tourne contre lui. En plus de tout cela, il subit le plus terrible et le plus intolérable des tourments, c'est d'être abandonné de Dieu. Alors sa souffrance atteint son comble, car l'homme est frappé sur tous les plans de son être.
[..]. Dieu est infiniment loin, inaccessible, et tous les appels lancés vers Lui se perdent misérablement dans les espaces. Intérieurement, l'âme intensifie son invocation à Dieu, mais elle ne voit ni son aide ni même son attention. La vie devient une perpétuelle souffrance.
[..]. Au moment de l'épreuve, l'âme ne peut l'accepter comme une manifestation de la miséricorde divine ou de la confiance de Dieu pour elle, comme son désir de faire communier l'homme à la sainteté et à la plénitude de la vie qui est en Lui. L'âme ne sait qu'une chose: Dieu l'a abandonnée après Lui avoir montré sa Lumière, rendant ainsi ses souffrances bien plus profondes. Et quand elle est à bout de forces, il ne voit pas Dieu qui se penche miséricordieusement vers elle.
[..]. Quand l'homme est donc providentiellement abandonné par Dieu, son corps et son âme sont en proie à une immense détresse et à une terreur [..]. Elle est à un tel point accablée par le désespoir, l'horreur et la terreur qu'elle ne trouve plus en elle-même la force pour prier. Elle ne sent pas auprès d'elle son Dieu Protecteur. L'âme s'immobilise alors sur la pensée de Dieu, où dans le meilleur des cas le plus favorable, elle trouve en elle la force d'invoquer le nom de Dieu.
[..]. L'âme descend en enfer [..]. La semence de l'amour divin que l'âme porte dans ses profondeurs engendre alors en elle un repentir dont la force et l'ampleur surpassent la mesure d'une conscience religieuse ordinaire. Versant d'abondantes larmes, l'homme se tourne vers Dieu de tout son être, de toute sa force, et c'est ainsi qu'il découvre la véritable prière qui l'arrache de ce monde pour l'introduire dans un autre monde où il entend des paroles ineffables.
[..]. Plus tard, lorsque ces épreuves seront passées, il comprendra avec quelle attention il a été gardé sur toutes ses voies par l'ineffable Providence divine.
[..]. Il comprit de quelles armes il fallait se servir pour vaincre [..]. L'âme doit tourner contre elle-même tout le feu de sa haine, et se condamner, comme son pire ennemi, aux tourments éternels, tout en ajoutant : « Mais Dieu est saint, vrai et béni dans les siècles des siècles ».
Autrement dit, face aux épreuves, Saint Silouane nous invite à : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas », c'est-à-dire condamne-toi à l’enfer, et dans cet enfer place toute ton espérance en Dieu, et en Lui seul. Abandonne-toi à sa miséricorde.
Armé de ce glaive, de « cette prière de feu », l'âme se libère de toute crainte et devient invulnérable aux traits de l'ennemi. L'âme ainsi débarrassée de lui, peut se tourner vers Dieu et prier avec un esprit pur.
En Christ
Francis
Face à l’épreuve que vous vivez, je vous invite à méditer les paroles des saints, comme celles de Saint Silouane, lequel est un être humain comme nous, et qui lui aussi a subi des épreuves diverses, comme un sentiment fort d’abandon de Dieu. Ce type d’épreuve est permise par Dieu pour tester en quelque sorte notre fidélité ainsi que notre liberté à l’aimer, Lui, gratuitement.
Paroles de Saint Silouane
[..]. Aucun saint ne peut nous libérer de la nécessité de lutter avec le péché qui vit en nous. Il peut nous assister par ses prières, sa parole et ses enseignements, nous fortifier par l'exemple, mais il ne peut pas nous libérer de l'effort personnel et de l'ascèse.
[..]. La voie spirituelle du chrétien se présente dans les grandes lignes suivantes: Au début il est attiré vers Dieu par le don de la grâce; et quand il est déjà attiré alors commence une longue période d'épreuves, parfois même durement. Au début de sa conversion, ses prières, à peines formulées, sont exaucées par Dieu. Mais quand vient la période des épreuves, tout change, tout devient difficile.
[..]. Tout se tourne contre lui. En plus de tout cela, il subit le plus terrible et le plus intolérable des tourments, c'est d'être abandonné de Dieu. Alors sa souffrance atteint son comble, car l'homme est frappé sur tous les plans de son être.
[..]. Dieu est infiniment loin, inaccessible, et tous les appels lancés vers Lui se perdent misérablement dans les espaces. Intérieurement, l'âme intensifie son invocation à Dieu, mais elle ne voit ni son aide ni même son attention. La vie devient une perpétuelle souffrance.
[..]. Au moment de l'épreuve, l'âme ne peut l'accepter comme une manifestation de la miséricorde divine ou de la confiance de Dieu pour elle, comme son désir de faire communier l'homme à la sainteté et à la plénitude de la vie qui est en Lui. L'âme ne sait qu'une chose: Dieu l'a abandonnée après Lui avoir montré sa Lumière, rendant ainsi ses souffrances bien plus profondes. Et quand elle est à bout de forces, il ne voit pas Dieu qui se penche miséricordieusement vers elle.
[..]. Quand l'homme est donc providentiellement abandonné par Dieu, son corps et son âme sont en proie à une immense détresse et à une terreur [..]. Elle est à un tel point accablée par le désespoir, l'horreur et la terreur qu'elle ne trouve plus en elle-même la force pour prier. Elle ne sent pas auprès d'elle son Dieu Protecteur. L'âme s'immobilise alors sur la pensée de Dieu, où dans le meilleur des cas le plus favorable, elle trouve en elle la force d'invoquer le nom de Dieu.
[..]. L'âme descend en enfer [..]. La semence de l'amour divin que l'âme porte dans ses profondeurs engendre alors en elle un repentir dont la force et l'ampleur surpassent la mesure d'une conscience religieuse ordinaire. Versant d'abondantes larmes, l'homme se tourne vers Dieu de tout son être, de toute sa force, et c'est ainsi qu'il découvre la véritable prière qui l'arrache de ce monde pour l'introduire dans un autre monde où il entend des paroles ineffables.
[..]. Plus tard, lorsque ces épreuves seront passées, il comprendra avec quelle attention il a été gardé sur toutes ses voies par l'ineffable Providence divine.
[..]. Il comprit de quelles armes il fallait se servir pour vaincre [..]. L'âme doit tourner contre elle-même tout le feu de sa haine, et se condamner, comme son pire ennemi, aux tourments éternels, tout en ajoutant : « Mais Dieu est saint, vrai et béni dans les siècles des siècles ».
Autrement dit, face aux épreuves, Saint Silouane nous invite à : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas », c'est-à-dire condamne-toi à l’enfer, et dans cet enfer place toute ton espérance en Dieu, et en Lui seul. Abandonne-toi à sa miséricorde.
Armé de ce glaive, de « cette prière de feu », l'âme se libère de toute crainte et devient invulnérable aux traits de l'ennemi. L'âme ainsi débarrassée de lui, peut se tourner vers Dieu et prier avec un esprit pur.
En Christ
Francis
Saint Séraphin de Sarov : « Acquiers la paix intérieure (sauve ton âme, acquiers l'Esprit Saint), et alors des âmes par milliers trouveront auprès de toi le Salut ».
Re: Perte de Foi
Bien aimé dans le Seigneur bonjour, et que la paix de notre Seigneur soit avec vous.
Vous avez dit:
Christ est l'unique chemin pour être sauvé, les sacrements sont les seuls instruments du salut. Ceux qui n'y ont pas accès et qui seront sauvé, ils le seront grâce à ceux qui y ont accès, ils sont donc indirectement sauvés par les sacrements eux aussi.
On n'oublie une chose: ce qui est juste c'est qu'on parte tous en Enfer, la miséricorde de Dieu est une grâce. Un prisonnier qui purge sa peine c'est juste, mais une grâce présidentielle peut le sauver. Mais la Grâce n'est pas un droit.
Si Marie n'avait dit "Oui", on serait probablement tous en Enfer. Lorsqu'un catholique néglige ses sacrements et ses actes de piétés, il ne se prive pas seulement lui-même des grâces, mais il en prive aussi une bonne partie de l'humanité.
Certaines personnes ne seraient pas en Enfer si on n'avait pas négligé nos devoirs de charité envers Dieu (actes de piétés ou prières), envers le prochain ("aumône" ou actes de miséricorde) et envers nous-même ( "jeûne" ou actes de pénitence).
Vous avez dit:
C'est grâce à ces 10% que Dieu va sauver des non-croyants, c'est grâce à la messe que Dieu continue de sauver une bonne partie de l'humanité ( croyants comme non-croyants), c'est grâce aux pénitences et aux prières des croyants que Dieu manifeste sa miséricorde au reste de l'humanité.Surtout, je ne croit absolument pas (ou plus) au salut par la foi. En un mot, je ne croit pas à l'utilité "majeure" de l'Eglise. Ce point est important. Si nous avons tous les mêmes chances de salut à la naissance, alors pourquoi l'Eglise ? On nous dit que le baptême est le moyen pour Dieu de réparer le péché originel. Alors pourquoi 10% (peut-être...) seulement de l'humanité y a droit ??? Comment la foi et les sacrements pourraient êtres les moyens normaux du salut alors qu'ils ne concernent qu'une minorité ??? Le moyen ordinaire, de facto, c'est celui réservé aux non-croyants.
De ce fait l'Eglise, son enseignements et ses sacrements ne peuvent raisonnablement être considérés, au plus, comme des instruments de la grâce divine. Un instrument important, mais très loin d'être unique. Et il n'est pas néssécaire, puisque Dieu se débrouille très bien pour faire vivre et donner le choix de l'amour à des dizaines de millards d'autres êtres depuis la Création.
Christ est l'unique chemin pour être sauvé, les sacrements sont les seuls instruments du salut. Ceux qui n'y ont pas accès et qui seront sauvé, ils le seront grâce à ceux qui y ont accès, ils sont donc indirectement sauvés par les sacrements eux aussi.
On n'oublie une chose: ce qui est juste c'est qu'on parte tous en Enfer, la miséricorde de Dieu est une grâce. Un prisonnier qui purge sa peine c'est juste, mais une grâce présidentielle peut le sauver. Mais la Grâce n'est pas un droit.
Si Marie n'avait dit "Oui", on serait probablement tous en Enfer. Lorsqu'un catholique néglige ses sacrements et ses actes de piétés, il ne se prive pas seulement lui-même des grâces, mais il en prive aussi une bonne partie de l'humanité.
Certaines personnes ne seraient pas en Enfer si on n'avait pas négligé nos devoirs de charité envers Dieu (actes de piétés ou prières), envers le prochain ("aumône" ou actes de miséricorde) et envers nous-même ( "jeûne" ou actes de pénitence).
Dernière modification par Anne le sam. 15 nov. 2014, 19:06, modifié 1 fois.
Raison : Majuscules, grammaire
Raison : Majuscules, grammaire
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Perte de Foi
Extrait du Journal d'un curé de campagne, de Bernanos :
"Non, je n’ai pas perdu la foi ! Cette expression de «perdre la foi » comme on perd sa bourse ou un trousseau de clefs m’a toujours paru d’ailleurs un peu niaise. (...) Je n’ai pas perdu la foi. La cruauté de l’épreuve, sa brusquerie foudroyante, inexplicable, ont bien pu bouleverser ma raison, mes nerfs, tarir subitement en moi – pour toujours, qui sait ? – l’esprit de prière, me remplir à déborder d’une résignation ténébreuse, plus effrayante que les grands sursauts du désespoir, ses chutes immenses, ma foi reste intacte, je le sens. Où elle est, je ne puis l’atteindre. Je ne la retrouve ni dans ma pauvre cervelle, incapable d’associer correctement deux idées, qui ne travaille que sur des images presque délirantes, ni dans ma sensibilité ni même dans ma conscience. Il me semble parfois qu’elle s’est retirée, qu’elle subsiste là où certes je ne l’eusse pas cherchée, dans ma chair, dans ma misérable chair, dans mon sang et dans ma chair, ma chair périssable, mais baptisée."
Ma foi de converti, au bout de trois années d'immense joie, a cédé la place à la "marche en avant". Une, deux ! "La meilleure façon de marcher !" ... C'est ainsi, parce que sinon, nous perdrions tout mérite devant Dieu. Saint François d'Assise n'a pas été épargné et, afin de ne pas "contaminer" ses frères, il les a évités durant tout un temps.
Si vous souffrez, c'est que vous n'avez pas perdu la foi.
"Non, je n’ai pas perdu la foi ! Cette expression de «perdre la foi » comme on perd sa bourse ou un trousseau de clefs m’a toujours paru d’ailleurs un peu niaise. (...) Je n’ai pas perdu la foi. La cruauté de l’épreuve, sa brusquerie foudroyante, inexplicable, ont bien pu bouleverser ma raison, mes nerfs, tarir subitement en moi – pour toujours, qui sait ? – l’esprit de prière, me remplir à déborder d’une résignation ténébreuse, plus effrayante que les grands sursauts du désespoir, ses chutes immenses, ma foi reste intacte, je le sens. Où elle est, je ne puis l’atteindre. Je ne la retrouve ni dans ma pauvre cervelle, incapable d’associer correctement deux idées, qui ne travaille que sur des images presque délirantes, ni dans ma sensibilité ni même dans ma conscience. Il me semble parfois qu’elle s’est retirée, qu’elle subsiste là où certes je ne l’eusse pas cherchée, dans ma chair, dans ma misérable chair, dans mon sang et dans ma chair, ma chair périssable, mais baptisée."
Ma foi de converti, au bout de trois années d'immense joie, a cédé la place à la "marche en avant". Une, deux ! "La meilleure façon de marcher !" ... C'est ainsi, parce que sinon, nous perdrions tout mérite devant Dieu. Saint François d'Assise n'a pas été épargné et, afin de ne pas "contaminer" ses frères, il les a évités durant tout un temps.
Si vous souffrez, c'est que vous n'avez pas perdu la foi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- PaxetBonum
- Tribunus plebis

- Messages : 9857
- Inscription : lun. 21 juin 2010, 19:01
Re: Perte de Foi
Cher Etienne Lorant, merci d'avoir ravivé à ma mémoire ce passage du Journal d'un Curé de Campagne !
Je me permets de rajouter un passage que vous avez supprimé par les trois petits points et qui me semble intéressant :
"On ne perd pas la foi, elle cesse d’informer la vie, voilà tout. Et c’est pourquoi les vieux directeurs n’ont pas tort de se montrer sceptiques à l’égard de ces crises intellectuelles, beaucoup plus rares sans doute qu’on ne prétend. Lorsqu’un homme cultivé en est venu peu à peu, et d’une manière insensible, à refouler sa croyance en quelque recoin de son cerveau, où il la retrouve par un effort de réflexion, de mémoire, eût-il encore de la tendresse pour ce qui n’est plus, aurait pu être, on ne saurait donner le nom de foi à un signe abstrait, qui ne ressemble pas plus à la foi, pour reprendre une comparaison célèbre, que la constellation du Cygne à un cygne."
Pour ce qui est de St François d'Assise à quelle référence faites-vous allusion ? Vous avez piqué ma curiosité !
Je me permets de rajouter un passage que vous avez supprimé par les trois petits points et qui me semble intéressant :
"On ne perd pas la foi, elle cesse d’informer la vie, voilà tout. Et c’est pourquoi les vieux directeurs n’ont pas tort de se montrer sceptiques à l’égard de ces crises intellectuelles, beaucoup plus rares sans doute qu’on ne prétend. Lorsqu’un homme cultivé en est venu peu à peu, et d’une manière insensible, à refouler sa croyance en quelque recoin de son cerveau, où il la retrouve par un effort de réflexion, de mémoire, eût-il encore de la tendresse pour ce qui n’est plus, aurait pu être, on ne saurait donner le nom de foi à un signe abstrait, qui ne ressemble pas plus à la foi, pour reprendre une comparaison célèbre, que la constellation du Cygne à un cygne."
Pour ce qui est de St François d'Assise à quelle référence faites-vous allusion ? Vous avez piqué ma curiosité !
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
St François d'Assise
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
St François d'Assise
-
Cinci
- Tribunus plebis

- Messages : 11757
- Inscription : lun. 06 juil. 2009, 21:35
- Conviction : catholique perplexe
Re: Perte de Foi
Heraclius,
Ici j'ai songé à des petites réflexions du bon père Yves pour vous accompagner. C'est quand même mieux que des biscuits chinois à l'occasion; enfin, j'oserais espérer (sourire)
Une récolte sans semence
Ici j'ai songé à des petites réflexions du bon père Yves pour vous accompagner. C'est quand même mieux que des biscuits chinois à l'occasion; enfin, j'oserais espérer (sourire)
Une récolte sans semence
- Fée Violine
- Consul

- Messages : 13034
- Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
- Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
- Localisation : France
- Contact :
Re: Perte de Foi
Héraclius, ce dimanche le prêtre dans son homélie a raconté une anecdote qui m'a fait penser à vous, aussi je vous la raconte.
Il célèbre chaque semaine la messe dans un lycée privé (celui où j'enseignais le latin). Chaque fois, il vient 20 à 25 jeunes, dont seulement 5 communient. Les autres sont plus ou moins chrétiens, parfois pas du tout chrétiens ou même d'autres religions. Un de ces jeunes, qui a votre âge, se proclame athée. Il n'y croit pas. Mais chaque jeudi, il vient à la messe, au moment de la communion il s'avance pour se faire bénir, et après il se sent bien. Mais il se dit toujours athée. "Je le laisse cheminer", dit ce prêtre.
Cette histoire m'a beaucoup émue.
Il célèbre chaque semaine la messe dans un lycée privé (celui où j'enseignais le latin). Chaque fois, il vient 20 à 25 jeunes, dont seulement 5 communient. Les autres sont plus ou moins chrétiens, parfois pas du tout chrétiens ou même d'autres religions. Un de ces jeunes, qui a votre âge, se proclame athée. Il n'y croit pas. Mais chaque jeudi, il vient à la messe, au moment de la communion il s'avance pour se faire bénir, et après il se sent bien. Mais il se dit toujours athée. "Je le laisse cheminer", dit ce prêtre.
Cette histoire m'a beaucoup émue.
- PaxetBonum
- Tribunus plebis

- Messages : 9857
- Inscription : lun. 21 juin 2010, 19:01
Re: Perte de Foi
L'un sème, l'autre récolte…
Merci pour cette belle histoire Fée Violine
Merci pour cette belle histoire Fée Violine
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
St François d'Assise
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
St François d'Assise
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 6 invités
