Bonjour L'athée,
Il y a certaines de vos "utopies" qui me plaisent, d'autres moins...
J'aime ce que vous dites sur l'agriculture, mais pour ma part je serai d'avantage "révolutionnaire" : j'aurai plus tendance à carrément faire sortir la France de la PAC, ce système de contrôle qui conforte la précarité des agriculteurs, pour qu'enfin, ces derniers puissent gagner leur vie par la vente de leurs produits et non par des subventions. Si contrôle des prix il doit y avoir, ce n'est pas tant à leur niveau qu'au niveau des vendeurs/distributeurs et des sociétés de "transformations".
J'aimerai aussi que soit instituée une obligation légale vis à vis de nos produits locaux. A quoi bon se procurer des produits étrangers si nous en avons déjà à portée de main? Cela évite la pollution liée au transport mais aussi ça aide notre économie. L'export ne devrait être qu'une sorte de dernier recours.
Les seules aides que les agriculteurs doivent pouvoir toucher sont celles qui couvrent les pertes en cas d'intempéries ou de mauvaises récoltes, et celles qui les aideraient à appliquer les fréquentes mises aux normes qui leur sont demandées. Pour les autres frais, la vente de leurs produits devraient être en mesure de les couvrir, comme pour toute autre entreprise.
Autre point, je n'aime pas du tout tout le gaspillage qui est fait vis à vis des denrées alimentaires. Les supermarchés sont tenus par la loi de ne plus mettre en vente les produits dont la date limite de consommation arrive à terme. Seulement tout part à la poubelle, emballages éventrés, le tout soigneusement aspergé d'eau de javel pour ne pas que les SDFs se servent dans les poubelles. C'est une honte!
Autre anecdote : je connais des éleveurs qui ont dans leur exploitation des vaches laitières dont ils vendent le lait à des coopératives. Seulement, tout cela est soumis à des quotas, et lorsque la production de lait dépasse la demande de la coopérative, ces derniers se retrouvent avec le surplus dans les bras. S'ils décident d'en donner à des associations caritatives, ils sont AUSSI soumis à des quotas (encore plus stricts)... Ce nouveau surplus va malheureusement à la poubelle!
Peut-être faudrait-il créer un organisme de récupération des produits impropres à la vente qui travaillerait en lien étroit avec les différents acteurs pour trier ce qui est toujours mangeable mais plus vendable de ce qui est vraiment impropre à la consommation et les orienter vers les structures adéquates.
En ce qui concerne les étudiants, je ne vous suis plus du tout.
S'il y a bien des économies à faire dans ce pays, ce n'est surement pas au niveau de leur maigres bourses! Les étudiants font partie des populations les plus précaires de ce pays et bien souvent, ils se retrouvent à devoir cumuler leur faible revenu avec un job à mi-temps, ce qui les handicape grandement vis à vis de leurs obligations scolaires. Sans compter qu'ils sont des humains comme les autres, ils ont bien le droit à un minimum de loisirs : aller au cinéma, acheter un jeu vidéo, payer un abonnement à un club de sport,... Tout cela sont autant d'éléments assurant la détente nécessaire à un étudiant pour qu'il puisse appréhender le travail qu'il va devoir abattre dans l'année.
Ce que je propose plutôt, c'est de revaloriser les filières manuelles et techniques.
Tous ces diplômes qui permettent aux jeunes d'accéder au marché de l'emploi le plus tôt possible dans des domaines où bien souvent, il y a de la place pour eux et où nous sommes obligés de faire appel à de la main d’œuvre étrangère. Les années 70-80 (et peut être même avant) ont été dévastatrices à ce niveau là (merci encore à l'éducation nationale) en présentant ces filières comme des filières de losers, d'idiots et de ratés pour envoyer en masse le plus de jeunes possibles vers les études supérieures. On voit les dégâts aujourd'hui : le bac ne vaut plus grand chose et la grande majorité des diplômes bac+2 et plus mènent tout droit au chômage, il n'y a que quelques domaines épargnés comme l'informatique (et encore). Revaloriser les filières manuelles et techniques donnerait envie aux jeunes d'exercer les métiers correspondant, et on en profiterait pour augmenter les exigences secondaires et universitaires, histoire de relever le niveau des lycéens et des étudiants qui ne cesse de chuter depuis des décennies. Nous avons un savoir-faire reconnu à l'international dans bien des domaines, il faudrait miser d'avantage dessus! Disposer d'étudiants moins nombreux mais mieux formés ne peut qu'aider à l'essor des entreprises du pays.
Le problème suivant qu'il faudrait traiter est celui de la fuite des cerveaux...
Là, j'avoue que je ne vois pas trop comment faire sans revoir la fiscalité des entreprises françaises et de la recherche universitaire pour qu'elles soient en mesure de proposer des postes plus intéressants et rémunérateurs.
Il y aurait des choses à dire sur la surqualification à l'embauche aussi mais bon, je vais m'arrêter là, je pense que vous avez compris le message : désengorger le supérieur en faveur des métiers plus manuels, favoriser les filières dans lesquelles nous manquons de main d'oeuvre, et renforcer les exigences scolaires des filières générales et universitaires.
Petite remarque au passage qui risque de d'avantage parler aux provinciaux qu'aux gens de la capitale : il faudrait vraiment que le permis de conduire fasse parti des épreuves des différents bacs ! Il est fondamental que les jeunes puissent apprendre à se déplacer par leurs propres moyens quelque soit leur métier futur. C'est un critère éliminatoire pour bon nombre d'entreprises qui recrutent aujourd'hui, et je pense que c'est avant tout à l'école d'assurer ce genre de formation.
Enfin pour le chômage, là encore, je ne suis pas pour ce que vous proposez.
Tout simplement parce que ce chômage est produit par notre propre politique : je pense que c'est un chômage structurel que nous avons. Si donc, c'est notre politique économique qui est défaillante, il faut en assumer le prix et assurer un revenu aux gens qui sont quoiqu'il arrive dans l'impossibilité de retrouver du travail pour le moment quelque soit leurs efforts. Pour tout vous dire, je serai même sur la ligne opposée à la votre, qui est en faveur d'un revenu universel inconditionnel, parce que ce n'est pas une fois que les gens se retrouvent à la rue et sans un sous qu'ils peuvent continuer de postuler et passer des entretiens dans les conditions requises. Sans doute me rétorquerez-vous que ça n’empêchera pas les gens de quitter leur travail pour se la couler douce : mais pour ma part, c'est un concept qui ne me dérange pas. Ça a au moins le mérite de laisser aux autres la possibilité de travailler à leur tour.
Là encore, je pense que c'est à l’État de revoir sa politique fiscale et le cadre légal pour encourager/forcer les entreprises non-seulement à embaucher, mais aussi à trouver des moyens de garder leurs employés. A quoi bon travailler dans un métier ayant des aspects pénibles pour un salaire médiocre si tout frais et impôts retranchés la personne peut toucher d'avantage avec les aides? Si au contraire, les travailleurs peuvent être intéressés à garder leur emploi (par un bon salaire et des bonnes conditions de travail) et à bien travailler (par une prime d'intéressement par rapport aux bénéfices nets réalisés dans l'année), ils vont sans doute vite oublier la tentation de glander sur le canapé
Voilà quelques éléments de réponses vis à vis de vos propositions.
Qu'en pensez-vous?