Dieu a-t-il créé le mal?

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Aldous
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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PaxetBonum a écrit :
Aldous a écrit :Au niveau de la Genèse comme je vous le demandais, Dieu nous dit simplement l'interdiction de la connaissance du bien et du mal. (Ce qui signale comme j'ai ébauché de le dire, aussi il me semble Isabelle de vous le dire, que notre premier rapport à Dieu n'est pas de savoir ce qui est bien ou mal, mais de ne pas se subsituer à Lui, de rester dans nos limites humaines, de l'aimer et de participer à sa création)
Ce qui est bien ou mal Il le révèlera -parce que nous ne sommes pas capable de rester dans ce premier rapport- par la suite (les dix commandements et la Loi, puis les commandements évangéliques: aimer Dieu et son prochain)
Votre développement était nécessaire car à vous lire j'avais peur de comprendre que l'on n'avait pas à se préoccuper du bien ou du mal.
Notre premier rapport à Dieu est de l'aimer Lui le souverain Bien. Dans un sens notre premier rapport est d'aimer le Bien. La préoccupation du bien et du mal est déjà là à mon sens.
Une préoccupation oui -et encore, quoique, car nous sommes considérés d'abord comme êtres humains sans imperfections- mais pas un enseignement ou des enseignements comme vous le disiez:
PaxetBonum a écrit :La Genèse dit seulement que l'arbre donne connaissance du bien et du mal.
Cet arbre est en fait notre perception du bien et du mal, combien de fois nous décidons que ceci n'est pas si mal et nous nous faisons ainsi comme des dieux à décider hors de l'enseignement de Dieu que telle ou telle chose n'est pas un péché parce que cela nous arrange.

Le libre arbitre est simple : suivre les enseignements de Dieu (le souverain Bien) ou s'y opposer (faire le mal).
PaxetBonum a écrit :
Aldous a écrit :Qu'est-ce que vous appelez suivre les enseignements de Dieu (le souverain Bien) à ce niveau? Au niveau de la Genèse?
Obéir à Dieu.
Il a laissé des instructions de ce qu'il était juste de faire ou ne pas faire.
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PaxetBonum
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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Aldous a écrit :Une préoccupation oui -et encore, quoique, car nous sommes considérés d'abord comme êtres humains sans imperfections- mais pas un enseignement ou des enseignements comme vous le disiez:
Mais Dieu nous enseigne ce qui est bien ou mal.
A Adam il a indiqué ce qui était bien ou mal :

Gn 2:16- Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : Tu peux manger de tous les arbres du jardin.
Gn 2:17- Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort.

Et si Adam est chassé c'est parce qu'il a désobéi à cet enseignement :

Gn 3:17- A l'homme, il dit : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie.

Pourquoi le mot enseignement vous perturbe-t-il ?
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Aldous
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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Ce n'est pas un enseignement du bien et du mal. Et pour cause: Adam ne doit pas toucher à ce qui lui donnerait la connaissance -l'enseignement- du bien et du mal...

L’homme Adam avant la chute, étant donné qu’il a été fait à l’image de Dieu, avait une personnalité complète et la capacité morale de prendre des décisions. Il n'a donc pas besoin d'enseignement du bien et du mal. Et l'interdiction de Dieu à ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal a pour sens de ne pas douter qu'il a déjà ce discernement moral grâce à son lien à Dieu et dans ce cas de vouloir l'acquérir lui-même en mangeant de ce fruit.
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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Encore une page ici, autre écho :

«... le réel que peut saisir l'homme par ses sens est loin, non seulement d'être tout le réel, mais encore est loin de lui découvrir dans le réel ce qui serait nécéssaire pour orienter correctement, rationnellement, sa conduite.

Sans doute les petites décisions qu'il a à prendre et les petites actions qu'il a à faire sont-elles assez honorablement informées par le réel perçu; telles sont les démarches quotidiennes de la vie végétative, familiale, profesionnelle... se nourrir, se vêtir, dormir, se loger, se déplacer d'un point à un autre, arriver au bureau à l'heure, y remplir les fonctions prévues par l'entreprise dont on est membre... En cet immense domaine, que j'appelle technique, il est clair que l'intelligence peut supléer l'instinct et faire mieux que lui. Ici le réel perçu par le cerveau est à peu près tout le réel nécéssaire à une action correcte, à une décision-solution. Les organisations économiques et même sociales des nations occidentales sont parvenues à donner aux actes de leurs habitants une efficacité dont témoignent, par contraste, la situation des pays sous-développés, et a fortiori celle des peuplades primitives qui sont encore proches de la spontanéité paléocéphale. Ici il n'y a aucun doute, le progrès technique existe : le néocéphale fait mieux que l'instinct.

Mais il n'en est pas ainsi dès qu'il s'agit de décisions qui engagent l'avenir à moyen et long terme, individuelles, familiales et collectives, sociales, politiques... Par exemple le choix d'une filière scolaire, d'un ami, d'un conjoint, d'une profession, la conduite à tenir avec un enfant, un collègue, un subordonné, un grand-père...; à plus forte raison une action culturelle, des projets politiques, l'élection de députés, l'admission à un parti, un engagement social... Ici, plus de décisions-solutions; seulement des décisions-aventures. parce que les réflexes instinctuels ne jouent plus du tout. Et parce que le néocéphale, qui se trouve alors seul décideur, est loin de disposer de l'information qui serait nécéssaire pour que la solution soit rationnellement et scientifiquement, élaborée. Ici l'on constate par l'expérience que le réel perçu par le cerveau non seulement ne suffit pas à faire connaître tout le réel, mais qu'il ne suffit pas à faire connaître toute cette part du réel, à la vérité déjà fort complexe, qui serait nécéssaire pour accéder à la décision-solution.

L'homme devant cependant agir, et toujours dans des délais de temps qui restreignent encore le champ de l'information, la décision est prise. A priori sous les pires auspices : l'intérêt égoïste, la passion, la jalousie, la ruse, la volonté spontannée de vivre plus, le désir, le plaisir, le court- terme...

Un être, une espèce, dont les décisions et actions de grande portée (c'est à dire engageant le sort de grands nombres et pour de très longues durées), sont ainsi tarées, sont ainsi a priori voués au malheur, et à la disparition prochaine. J'appelle surréel l'ensemble des informations qui sont nécéssaires pour que cette situation désepérée redevienne aussi bonne, et si possible meilleure, que la situation instinctuelle. [...] Ce qui manque avant tout à l'information du cerveau par le seul réel observable et observé, nous l'avons dit, c'est le réel inobservé, inobservable (hors de la portée des sens) et notamment le réel non encore échu, le réel du devenir, et surtout du devenir imprévisible à moyen et long terme.

Le péché originel

Le récit appelé ''péché originel'' pose très clairement la question : l'arbre de la science (le néocéphale) est trompeur, si vous vous fiez à lui, le monde de l'instinct s'écroulera pour vous; de graves maux s'ensuivront pour des millénaires :
  • «Pour ce qui est de l'arbre qui est au milieu du paradis, Dieu nous a commandé de n'en point manger... la femme considéra cependant que le fruit de cet arbre était bon, beau et agréable à la vue... Elle en mangea et en donna à son mari qui en mangea aussi. En même temps leurs yeux furent ouverts à tout deux; ils reconnurent qu'ils étaient nus... Alors le Seigneur appela Adam... et lui demanda : d'où avez-vous su que vous étiez nus, sinon de ce que voua avez mangé du fruit de cet arbre dont je vous avais défendu de manger... le Seigneur le fit sortir ensuite du jardin des délices, afin qu'il allat travailler à la culture de la terre.»
Le vert paradis des amours enfantines est terminé; l'innocence instinctuelle a pris fin, commence le temps de l'orgueil, de la connaissance, de l'ignorance et de l'erreur, de la croissance indéfinie des besoins... Le néocéphale instruit (très mal) du seul court-terme, trompé par lui, prend trop tôt et trop aveuglément le pouvoir.

L'affaire est irrémédiable, elle s'étend à l'ensemble des humains.

Dès lors, pendant ces premiers millénaires, l'effort des patriarches, Noé, Abraham, Moïse... sera de mettre en garde le peuple de Dieu contre les erreurs, catastrophiques à long terme, qu'engendrent les séductions du désir, du plaisir, les stratégies, les arguties, les ruses de l'intelligence. La loi instinctuelle, qui est la loi du Dieu créateur, puisqu'elle a soutenu et soutient toute la vie terrestre, doit être maintenue jusqu'à ce que, par un difficile et long apprentissage, l'intelligence soit en mesure de faire aussi bien ou mieux que l'instinct.

Le décalogue de Moïse est l'énoncé conceptuel des comportements instinctuels. Le code moral confirme en langage néocéphale les réflexes instinctifs du code génétique. La conscience est sommée de ne pas enfreindre les contraintes de l'inconscient. Ce code est proclamé par ce Dieu qui a crée le ciel et la terre, qui vous a crées, qui a soutenu votre unité et votre continuité depuis des siècles, qui vous a tiré d'Égypte. Vous réserverez un jour sur sept pour penser à lui et tempérer votre frénésie d'actions à court-terme.
  • «Vous ne tuerez point. Vous ne commettrez point de fornication. Vous ne déroberez point. Vous ne porterez point de faux témoignages. Vous ne désirerez point la maison de votre prochain. Vous ne désirerez point sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf ni son âne, ni aucune des choses qui lui appartiennent.»
Il est bien clair, pour nous, que le néocéphale, attaché aux seules considérations du réel à court-terme vous incitera constamment à enfreindre ces simples règles pour profiter de circonstances favorables, user de votre force présente, laisser cours à vos désirs indéfinis. Mais ces commandements sont ouvertement imposés en fonction du très-long-terme. Le surréel fait ouvertement appel au réel, mais à un réel à très long terme : «Car je suis le Seigneur... qui venge l'iniquité des frères et des enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération... et qui fais miséricorde dans la suite de mille générations à ceux qui gardent mes préceptes.»Ce surréel fait ainsi constamment référence à la fois au réel observé, enregistré par l'histoire, et au réel à venir.»

Jean Fourastié, Ce que je crois, pp. 89-94


Aldous :
L’homme Adam avant la chute, étant donné qu’il a été fait à l’image de Dieu, avait une personnalité complète et la capacité morale de prendre des décisions.
De son côté, un Jean Fourastié faisait remarquer de quelle sorte de processus décisionnel limité il devait s'agir.

Autrement, il reste que même le premier des hommes est alors dépourvu de la capacité à pouvoir tout envisager et comme à tout pouvoir contrôler d'avance au mieux. Les décisions-actions véritablement singulières et personnelles (fruit d'un libre-arbitre de la créature humaine) sont comme «grosses» de catastrophes à venir pour d'autres.
Et l'interdiction de Dieu à ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal a pour sens de ne pas douter qu'il a déjà ce discernement moral grâce à son lien à Dieu et dans ce cas de vouloir l'acquérir lui-même en mangeant de ce fruit.
Il serait comme souhaitable à l'homme de gagner une autonomie afin de bien faire, que ce puisse l'être aussi d'une manière créative et qui soit libre. Le principe est assurément bon. Sauf, l'homme étant ce qu'il est, c'est à dire n'étant pas Dieu, c'est donc que l'aventure de sa propre autonomie en exercice va comporter des risques de son côté.

:)
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par PaxetBonum »

Aldous a écrit : Ce n'est pas un enseignement du bien et du mal. Et pour cause: Adam ne doit pas toucher à ce qui lui donnerait la connaissance -l'enseignement- du bien et du mal...

L’homme Adam avant la chute, étant donné qu’il a été fait à l’image de Dieu, avait une personnalité complète et la capacité morale de prendre des décisions. Il n'a donc pas besoin d'enseignement du bien et du mal. Et l'interdiction de Dieu à ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal a pour sens de ne pas douter qu'il a déjà ce discernement moral grâce à son lien à Dieu et dans ce cas de vouloir l'acquérir lui-même en mangeant de ce fruit.
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Le mal c'est de se couper de Dieu en lui désobéissant.
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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Après...

Le mal se trouve ''crée'' quant à lui comme simplement du fait que du bien existe en premier. C'est comme l'ombre ne pouvant se révéler que parce que la lumière existe. Il n'y aurait pas de lumière, il ne pourrait pas y avoir d'ombre.

Le mal ne se trouve pas crée comme on dirait que Dieu crée les luminaires qui sont dans le ciel. Il n'y a pas de Dieu qui crée le Mal métaphysique, qui s'arrête à le contempler et qui dirait : «Ceci est très bon.»

Le mal se trouve à exister en terme de révélateur négatif de ce que Dieu n'est pas, comme lacune qui pose une démarcation entre le fini et l'infini, entre la qualité du crée et la qualité divine elle-même. Et cette dernière démarquation est posée d'ailleurs dans le récit de la Genèse.
  • Yavhé dit : «Voici que l'homme est comme l'un de nous pour la connaissance du bien et du mal ! Et maintenant il ne faudrait pas qu'il avance la main et qu'il prenne aussi de l'arbre de vie, qu'il en mange et vive à jamais.» (Genèse 3,22)
Une condition de ''mal'' peut être parce qu'il y a Dieu et qu'il existe des créatures qui ne sont pas Dieu.

[...]

C'est le même raisonnement quand on dirait que Dieu permet le mal. Non pas qu'il le permet de la façon suivante : voici que Dieu endosserait lui-même l'action mauvaise. Non. Il permet plutôt en le sens : Dieu se réserve cette opportunité de châtier plus tard les crimes et malices de l'un ou l'autre. Et la permission n'est pas une reconnaissance par Dieu de la qualité valable d'un geste pervers. Le mal peut exister parce qu'il y a ''quelque chose'' et non pas rien, comme disait le philosophe, et que le ''quelque chose'' tire son existence de Dieu et non pas de l'univers atomique sans-Dieu de Lucrèce.

Enfin...

Je suis convaincu qu'un homme comme l'abbé Pagès* sait déjà tout ça, ainsi que n'importe quel séminariste de première année. On rajouterait encore la plupart (grande majorité) des intervenants de ce forum. L'on ne ferait bien que résumer finalement ce qui est déjà su chez le clerc, le laïc, le mal-croyant, voire le libertin ou encore que chez les athées.

* Il possède de nombreux amis sur la cité catholique, je sais bien. Tout le monde n'a que de amis par-ici.
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

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PaxetBonum a écrit :
Aldous a écrit : Ce n'est pas un enseignement du bien et du mal. Et pour cause: Adam ne doit pas toucher à ce qui lui donnerait la connaissance -l'enseignement- du bien et du mal...

L’homme Adam avant la chute, étant donné qu’il a été fait à l’image de Dieu, avait une personnalité complète et la capacité morale de prendre des décisions. Il n'a donc pas besoin d'enseignement du bien et du mal. Et l'interdiction de Dieu à ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal a pour sens de ne pas douter qu'il a déjà ce discernement moral grâce à son lien à Dieu et dans ce cas de vouloir l'acquérir lui-même en mangeant de ce fruit.
Le bien c'est de rester en lien avec Dieu
Le mal c'est de se couper de Dieu en lui désobéissant.
C'est bien l'enseignement que Dieu donne à Adam.
Vous, vous avez écrit: il (Dieu) a laissé des instructions de ce qu'il était juste de faire ou ne pas faire. Il ne s'agit pas là d'instructions mais d'un interdit. Et singulièrement d'un interdit de la connaissance du bien et du mal. Donc nous ne connaissons pas ce qui est bien ou mal avec cet interdit, nous savons juste que cette connaissance du bien et du mal est en définitive souverainement celle de Dieu (et qu'en ne cherchant pas à l'acquérir nous ne mourons pas).
Certains vont même jusqu'à écrire que dans un premier temps Adam ignore le mal (c'est donc qu'il n'en a aucun enseignement).
Dernière modification par Aldous le jeu. 08 nov. 2012, 10:26, modifié 1 fois.
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par Cinci »

Paxetbonum,
Le bien c'est de rester en lien avec Dieu
Le mal c'est de se couper de Dieu en lui désobéissant.
C'est bien l'enseignement que Dieu donne à Adam.
Pour suivre le récit, pour ma part, je me contenterais de dire que Dieu prévient Adam contre le fait d'une consommation des fruits de cet arbre qui est au centre du jardin.«Tu fais ce que tu veux avec les autres arbres, sauf... sauf que la journée où tu irais consommer ceci alors il arrivera cela...»
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Aldous
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par Aldous »

Pour rejoindre un peu ce que je comprends de la lecture de Jean Fourastié que nous propose Cinci, c'est que l'interdit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal est là pour nous faire comprendre que notre premier rapport au réel n'est pas un rapport conceptuel (ceci est bien, cela est mal) mais un rapport au-delà (en Dieu) qui est au niveau du coeur, de l'harmonie, de l'acceptation du monde, etc... Rapport que dans un premier temps avait Adam sans pour autant en avoir reçu l'enseignement conceptuel...

C'est au final ce que tout croyant vise (retour à l'Adam d'avant la chute) avec la communion avec Dieu dans le Ciel, c'est-à-dire au-delà des concepts, dans le silence (sans les mots, sans les concepts; juste le coeur et l'amour). (Que l'on retrouve dans la formule: "Le Christ est le nouvel Adam")

"En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes ; c'est dans le Christ que tous revivront... Le premier Adam était un être humain qui avait reçu la vie ; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie" (1 Co 15, 22.45)
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par PaxetBonum »

Aldous a écrit : Vous, vous avez écrit: il (Dieu) a laissé des instructions de ce qu'il était juste de faire ou ne pas faire. Il ne s'agit pas là d'instructions mais d'un interdit. Et singulièrement d'un interdit de la connaissance du bien et du mal. Donc nous ne connaissons pas ce qui est bien ou mal avec cet interdit, nous savons juste que cette connaissance du bien et du mal est en définitive souverainement celle de Dieu (et qu'en ne cherchant pas à l'acquérir nous ne mourons pas).
Certains vont même jusqu'à écrire que dans un premier temps Adam ignore le mal (c'est donc qu'il n'en a aucun enseignement).

Je ne le perçois pas comme vous.
Vous opposez instruction et interdit, pour moi je ne vois pas d'opposition.
Quand je vois un panneau sens interdit, j'ai l'instruction de ne pas passer par là.
L'instruction reçue au code de la route me permet de reconnaître le sens interdit.

Pour moi Adam a de ce fait une connaissance de ce qui est bien ou mal (obéir/désobéir)
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par Isabelle47 »

Adam avait la liberté d'obéir (accueillir l'amour de Dieu) ou de désobéir (ce qu'il a fait).
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par spk »

Le fruit interdit est le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le manger, c'est donc acquérir cette connaissance. Il faut en conclure qu'auparavant Adam ne l'avait pas.
Il ne faut pas interpréter ceci cependant comme une infirmité. Adam et Eve sont dans l'état d'innocence, c'est-à-dire sans représentation du mal. Ils sont dans l'unité. Unité avec la nature, même les bêtes féroces ne leur sont point ennemies, unité entre eux, couple primordial, unité avec Dieu. Manger le fruit défendu, c'est briser cette unité, pour entrer dans la dualité. Bien et mal, désormais, se saisissent l'un par l'autre.
Les conséquences de cet acte confirment cette interprétation. "Leurs yeux s'ouvrirent", notez le pluriel. Pourquoi une telle indication? Il va de soi qu'avant la faute, Adam et Eve n'étaient pas aveugles. "Ils virent qu'ils étaient nus", et en eurent honte. Ils ne pouvaient plus se montrer tels qu'ils étaient, conscients du regard de l'autre. Après la faute, l'humanité ne peut plus être parfaitement sincère. Et puis, évidemment, l'unité du couple est rompue, et chacun rejette la faute sur l'autre.
La sanction est la conséquence logique de la faute. L'unité brisée contraint l'homme à travailler, c'est-à-dire à affronter la nature, pour survivre.
Le serpent l'avait dit : "Vous serez comme des dieux". Comme des dieux, les hommes désormais décident de ce qui est bien et de ce qui est mal, et c'est pour ce pouvoir qu'ils ont sacrifié leur innocence primitive. Mais les hommes ne sont que "comme" des dieux, ils ne sont pas des dieux.
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Aldous
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par Aldous »

PaxetBonum a écrit :
Aldous a écrit :Vous, vous avez écrit: il (Dieu) a laissé des instructions de ce qu'il était juste de faire ou ne pas faire. Il ne s'agit pas là d'instructions mais d'un interdit. Et singulièrement d'un interdit de la connaissance du bien et du mal. Donc nous ne connaissons pas ce qui est bien ou mal avec cet interdit, nous savons juste que cette connaissance du bien et du mal est en définitive souverainement celle de Dieu (et qu'en ne cherchant pas à l'acquérir nous ne mourons pas).
Certains vont même jusqu'à écrire que dans un premier temps Adam ignore le mal (c'est donc qu'il n'en a aucun enseignement).
Je ne le perçois pas comme vous.
Vous opposez instruction et interdit, pour moi je ne vois pas d'opposition.
Quand je vois un panneau sens interdit, j'ai l'instruction de ne pas passer par là.
L'instruction reçue au code de la route me permet de reconnaître le sens interdit.
Pour moi Adam a de ce fait une connaissance de ce qui est bien ou mal (obéir/désobéir)
Je comprends votre point de vue mais à mon sens il vous fait passer à côté de quelque chose d'intéressant (et peut-être même essentiel) qui est évoqué, il me semble, par Fourastié (voir post de Cinci) est qui est que ce que vous appelez "une connaissance de ce qui est bien ou mal (obéir/désobéir)" n'est pas de l'ordre du conceptuel (comme j'ai tenté de l'expliquer). C'est quelque chose de plus intime qui ne relève pas de l'intellect ou de la réflexion mais du coeur (le lien avec Dieu d'Adam avant la chute). En ce sens ce n'est pas une connaissance -conceptuelle: ceci est bien cela est mal- du bien et du mal, mais une disposition naturelle qu'avait Adam (à l'image de Dieu) de pencher vers Dieu (le Bien).
Cela me semble confirmer parce que justement aussi l'interdit porte sur la connaissance du bien et du mal... C'est quand même étrange qu'un interdit de la connaissance du bien et du mal serait en même temps connaissance de cette dualité (que vous transposez sur le obéir/désobéir...).
Théologiquement ça me semble important, mais je conçois que vous en ayez une autre vue (ce qui fait donc un autre point de vue théologique si je peux dire).

Cordialement,
spk a écrit : Adam et Eve sont dans l'état d'innocence, c'est-à-dire sans représentation du mal. Ils sont dans l'unité. etc...
Je viens de lire ceci juste aprés avoir lancé mon post. C'est tout à fait ce que je tente d'exprimer (ils sont dans l'unité: pas de dualité bien/mal).
merci de votre contribution :cool:
Dernière modification par Aldous le ven. 09 nov. 2012, 12:12, modifié 2 fois.
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Raistlin
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Re: Dieu aurait-il créé (aussi) le mal?

Message non lu par Raistlin »

spk a écrit :Le fruit interdit est le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Le manger, c'est donc acquérir cette connaissance. Il faut en conclure qu'auparavant Adam ne l'avait pas.
Je connais deux interprétations sont possibles qui me plaisent assez :
1) Connaître, au sens biblique du terme, veut dire expérimenter, toucher soi-même du doigt. Ainsi, on peut comprendre ce fruit comme le fait de vivre le bien et le mal - et non plus seulement la béatitude de la vie préternaturelle.
2) Manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal peut-être aussi vue comme le fait de mettre la main sur ce qui s'appelle "le bien" et ce qui s'appelle "le mal". En gros, prétendre définir soi-même ce qui est bien ou mal, devenir en gros sa propre référence morale.

Bien à vous,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Atrahasis
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Le mal

Message non lu par Atrahasis »

Bonjour,
comment Dieu qui est amour et perfection a-t-il voulu créer le mal ?
Je crois que pour mieux comprendre, il faut décortiquer l'idée du mal :
– Le mal en tant que souffrance.
– Le mal en tant que valeur morale.
Le mal en tant que souffrance peut être compris comme punition pour des péchés. En quelque sorte, une juste rétribution. Alors que le mal en tant que valeur morale, c'est beaucoup moins clair. Pourquoi un mal est mal ici alors qu'il est bien ailleurs ?
Certains me disent que le mal n'existe pas et que c'est juste une absence de bien. Je ne comprends pas ce que cela veut dire. Existe-t-il des autorités chrétiennes qui ont développé ce problème ?
Merci de vos réponses…
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