L'Esprit conduit Jésus au désert

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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Mac
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Bonjour Cinci, :)
Cinci a écrit :Tu anticiperais que l'Esprit conduit Jésus tout exprès dans une situation pour pouvoir expérimenter la tentation ?


Expérimenter n'est pas le mot que j'utiliserais.
Au désert, comme le dit Peccator, c'est le lieu du combat donc je ne parlerais pas d'expérimentation mais cela s'inscrit dans la mission du Christ.

Après le texte dit que l'Esprit conduit Jésus au désert. Autrement dit il ne me semble pas que ce soit l'Esprit Saint qui pousse Jésus dans les tentations, mais c'est Son Esprit à Lui. Comme toi, je ne trouve pas très logique que le père Éternel conduise qui que ce soit, tout exprès, dans la tentation. D'ailleurs le texte dit l'Esprit et non l'Esprit Saint comme dans Saint Jean Chapitre 19 : " 30Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: "Tout est consommé", et baissant la tête il rendit l'esprit.
l'expérience de la tentation pourrait présenter une face positive ?


Ben Jésus a démontré Sa Supériorité face au diable c'est pas rien quand même..
Et les Anges ne s'y trompent pas en Le servant.
Je ne sais pas s'il faudrait comprendre aussi, par «désert», comment Jésus doit se retrouver isolé à ce moment-là, jusqu'à être isolé du Père, seul avec lui-même quoi.
Tous les prophètes se sont rendus au désert. Saint Jean baptiste aussi était au désert par exemple. Peccator a bien développé sur le désert, je trouve donc j'ai pas grand chose à rajouter.

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gerardh
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par gerardh »

______

Bonjour,

Christ, le second homme et le dernier Adam, devait recommencer l'histoire de l'homme, cette fois en remportant la victoire, ce que n'avait pas fait Adam.


__________
Cinci
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Bonjour Peccator,
Je suis un peu gêné de lire que même le Pape y voit une tentation de spectaculaire (interprétation très courante)
Vous m'avez fait rire ici. Il aurait fallu que le pape François élabore un peu plus sans doute.


car je pense que l'on passe là à côté de la pointe de cette seconde tentation, qui est surtout de nier que pour le salut des hommes, il faut que Jésus meure. La première tentation, c'était "tu peux décider de ne pas mourir". La seconde, c'est "OK, tu acceptes d'offrir ta vie au Père : mais en réalité, tu n'offres rien, puisque tu ne risques pas de mourir".
Je ne l'avais pas vu comme ça. Pour moi c'est du nouveau. Et c'est tant mieux ! La raison pourquoi l'on pose des questions aussi.



Moi, j'étais plus sous l'impression d'une dynamique de l'illusion. L'antique serpent dans l'Eden fait miroiter une situation heureuse qui est illusoire à Adam. «Pourquoi se croire misérable et soumis à une contrainte ! l'illusion serait certainement de croire que quelque chose de fâcheux pourrait survenir en cas d'évasion de la règle qui est posée.» L'élu de Dieu devant s'affranchir ici des règles de prudence. Et avec une illusion de la toute puissance, on rejoindrait un peu ici notre cas classique du prédicateur évangélique, celui s'étant mis en tête qu'il pourrait manipuler sans risques les serpents les plus dangereux (Dieu pourvoira !). La pensée magique ...

«Arrière, Satan !», lance Jésus à Pierre qui est entré dans la pensée magique («Voyons ! Ça ne t'arrivera pas à toi !»)

Au fond ...

Je m'aperçois que ce sont des lectures interprétatives qui vont différer dans la mesure même où l'on voudrait les éclairer à l'aide de thèmes différents. Il y a ce thème de la nécéssité de mourir (si le grain ne meurt... ) versus le souci de se préserver un peu trop. Il y aurait ce thème de l'acceptation des limites versus être le Tout-Puissant soi-même (pas d'altérité, se substituer à Dieu, arracher la place du Père, etc.) Il y en a d'autres sans doute.



Bonjour Foxy,

Merci pour votre participation soit dit en passant. Il est fort possible que je n'aurais pas vu le mot de l'évêque de Rome si vous ne l'aviez pas produit ici.

Je n'ai pas ce réflexe d'aller vérifier ce que le pape raconte. Ce qui ne veut pas dire que ce qu'il exprimerait serait sans intérêt. Non, c'est plutôt que les pratiques culturelles du monde catholique me posent encore des problèmes assurément. Disons que je n'y suis pas si confortable. Je suis toujours un peu mésadapté (sourire).

__
http://www.youtube.com/watch?v=LgUvpjnWmEU
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

gérardh,
La question de la tentation (ou des épreuves) est traitée entièrement dans le premier chapitre de Jacques.
  • «Que personne, étant dans l'épreuve, ne dise :
    «C'est Dieu qui m'éprouve»; car Dieu est à l'abri
    des épreuves du mal
    , et lui-même n'éprouve
    personne.» - Jacques 1,13
Dieu est à l'abri des épreuves du mal.


Alors comment Jésus peut-il être éprouvé ou tenté par l'esprit du mal ? Où serait le combat si le mal ne pourrait avoir prise sur lui ? quand aucune possibilité d'échec n'aura jamais existé pour Jésus ? C'est ce qui amenait André Gounelle à proposer une solution de son cru.


Mac,

Pour l'Esprit ...
D'ailleurs le texte dit l'Esprit et non l'Esprit Saint
Émile Osty écrit Esprit avec un E majuscule dans sa traduction, qui signifie que pour lui il entend qu'il doit bien s'agir de l'Esprit Saint chez Matthieu 4,1-11. Dans le texte parallèle qui se trouve chez Luc : il s'agit de l'Esprit Saint.
  • «Jésus, remplit d'Esprit Saint, s'en retourna du Jourdain, et il était mené par l'Esprit à travers le désert, pendant quarante jours tenté par le diable.» - Luc 4,1-2
Il est intéressant de voir le correctif amené par Luc. La tentation est clairement du diable.
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Bonjour Cinci, :)

Tu as raison si je me base sur Saint Jean ci-dessous:
32.Et Jean rendit témoignage en disant: "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est
reposé sur lui.
33.Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu
verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint.
34.Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu."
Donc il s'agit de l'Esprit de Dieu de toute évidence.

Après c'est la traduction/formulation "pour être tenté" qui peut être spécifique à Saint Mathieu :

En Saint Jean :

32.Et Jean rendit témoignage en disant: "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est reposé sur lui.
33.Et moi je ne le connaissais pas; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit: Celui sur qui tu
verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit-Saint.
34.Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu."

En Saint Luc :
1 Jésus, rempli de l'Esprit-Saint, revint du Jourdain, et il fut conduit par
l'Esprit dans le désert,
2 pendant quarante jours tenté par le diable.

En Saint Marc :

12 Et aussitôt L'esprit le poussa au désert.

En Saint Mathieu

1 Alors Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour être tenté par le diable.

Pourquoi Saint Mathieu dit "pour être tenté". Est-ce qu'il s'agit d'une traduction exact ou imparfaite? Je ne sais pas.

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Peccator »

Le "pour être tenté" semble très clairement être la traduction correcte (tout le monde semble s'accorder dessus).

L'Esprit est sans ambiguïté l'Esprit Saint que Jésus vient de recevoir au baptême. Ce passage est la suite du baptême, pas un épisode indépendant : c'est le "alors" par lequel Matthieu commence sa phrase. Le "Et aussitôt" de Marc est presque disqualifié tellement Marc emploie la formule à toutes les sauces. Mais Luc fait lui aussi très clairement le lien.



Pour la clé d'interprétation, on peut bien sûr lire les évangiles comme étant l'histoire d'un homme très sage qui a prêché en Palestine romaine une sagesse de vie et montrant par son exemple comment vivre en homme accompli. C'est la lecture gnostique.
Je suis persuadé que ce n'est pas la bonne façon de lire les évangiles, car elle ne rend pas compte de l'ensemble du texte (et notamment cherche toujours à contourner la Passion au lieu de voir en quoi tout y mène). La clé, c'est que Jésus est vrai Dieu et vrai homme, tout le temps, et que tout le récit n'est que le chemin qui mène à la fin : le rachat du péché par le sacrifice de la Croix et la Résurrection. Toute interprétation doit s'inscrire dans le cadre de cette révélation du Fils de Dieu venu agir dans le monde pour accomplir son dessein de salut.

Dans ce cadre, la lecture de Gerardh "Jésus doit refaire le cheminement d'Adam, mais sans tomber dans le péché" est correcte : elle explicite la révélation du dessein divin de sauver les hommes. Mais elle est aussi insuffisante : il lui manque le lien avec la Croix.



Heureux de vous avoir fait rire avec ma réaction à propos de l'homélie du Pape : c'est que je suis vraiment embêté, car j'aimerais pouvoir refuser fermement cette interprétation du rejet du spectaculaire, et du coup je ne peux pas. Et pourtant, je persiste à penser qu'elle n'est pas cohérente : Jésus en d'autres occasions ne refusera pas le spectaculaire, même s'il s'en méfie (d'où le secret messianique). Quel serait donc le lien avec le reste de l'évangile ? Que nous révèle-t-elle sur la personne de Jésus et sur l'économie du salut ?
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Pour la clé d'interprétation, on peut bien sûr lire les évangiles comme étant l'histoire d'un homme très sage qui a prêché en Palestine romaine une sagesse de vie et montrant par son exemple comment vivre en homme accompli. C'est la lecture gnostique.
Et Jésus dit aussi qu'Il est sorti de Dieu.
Le "pour être tenté" semble très clairement être la traduction correcte (tout le monde semble s'accorder dessus).
Merci pour la précision.

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Le texte ci-dessous est possiblement hétérodoxe, non conforme et irrecevable pour le docteur Augustin à Carthage :

«[...] c’est Jésus et pas Dieu qui est tenté ...»

http://andregounelle.fr/dieu/jesus-est-il-dieu.php

... mais j'avoue que l'idée du professeur n'est pas sans exercer un certain attrait sur moi.

M'en trouverais-je moi-même sous le coup d'une nouvelle tentation ? Peut-être. C'est que j'aime l'idée de le déconstruction de ce que l'on croirait savoir et au profit d'un nouvel équilibre pouvant correspondre pratiquement au même. L'exercice permettant de rafraîchir des vieilles notions ou d'affiner ce que l'on aurait cru savoir en premier.

(A bien y penser, ce texte du pasteur et théologien protestant serait quasiment bon pour un autre fil en théologie. Il serait sans doute souhaitable de rester concentré sur l'expérience de Jésus au désert)
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Cinci »

Ici la définition du verbe expérimenter :

http://www.larousse.fr/dictionnaires/fr ... nter/32243

Cf. Connaître quelque chose par l'expérience, en faire l'expérience : Expérimenter la fidélité d'un ami.

Pourquoi la tentation de Jésus ? pour que le fils de Dieu soit révélé ? pour que Jésus puisse faire acte de liberté ? pour qu'il puisse choisir le Père ?

[...]



Puis ce sont des questions aussi qui me sont posées :

1) Pourquoi Jésus serait-il conduit par l'Esprit Saint au désert pour y être tenté ?

2) Quel est cet essentiel ?

3) Suis-je capable de ressentir le manque que je porte ?

4) Mon manque émerge à partir de quel besoin ou quel désir psychique ?

5) Quelle serait ma façon habituelle de répondre à mon besoin et de combler mon manque ou mon vide ? (... en faisant tout ce que j'ai le goût de faire, en regardant la télé, en mangeant plus que nécéssaire, en me mettant en colère, en prenant de la boisson, en achetant des choses dont je n'ai pas vraiment besoin, etc.)

6) Est-ce que j'accepte de porter ce manque et de l'ouvrir au Christ à chaque fois qu'il se présente, au lieu de chercher à le combler ?
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Mac »

Cinci, :)

Mais non.
Le démon affirme la divinité de Jésus Christ en disant " Si tu es le fils de Dieu...". C'est le père du mensonge donc il remet en cause ce qui est vrai, la divinité de Jésus Christ.

Quand le démon dit un truc dans le passage il faut le lire à l'envers tu vois.

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Peccator »

Attention Cinci, cette lecture est très dangereuse : elle n'est pas loin de dissocier l'humanité et la divinité de Jésus.

C'est un piège dans lequel on tombe facilement, car il semble expliquer bien des choses : on voit Jésus un coup comme un homme, puis comme Dieu, alternant ainsi entre l'un et l'autre. Dans cette logique, certains ont été jusqu'à dire que seul l'homme aurait été crucifié, et pas Dieu, parce que Dieu crucifié c'est intolérable (et en effet, c'est un scandale !).

Il faut fermement tenir que Jésus est toujours, à chaque instant, à la fois pleinement Dieu et pleinement homme.

Alors effectivement, cela pose la question : Dieu peut-il être tenté ? Mais bon, finalement, ce n'est pas très différent que de se demander si Dieu peut mourir...


Si on en croit le Psaume 94, les hébreux au désert ne se sont pas trop posé la question :
08 « Ne fermez pas votre coeur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi,
09 où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit.
Et si on y songe, si le Décalogue stipule "Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu", c'est bien parce qu'il y aurait une possibilité de le faire (il n'y a pas besoin d'interdire ce qui est impossible).

Mais alors, que signifie "tenter Dieu" ?

Si on traduit "tenter" par "mettre à l'épreuve", on comprend mieux.


Est-ce qu'on peut généraliser, et dire que Dieu nous met à l'épreuve quand nous connaissons la tentation ?
L'épître de Jacques nous dit que non :
1, 13 Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne.
Dieu ne tente personne. Mais Dieu accepte que l'homme soit mis à l'épreuve : on le voit notamment au livre de Job, ou Dieu accepte que le satan (l'accusateur) éprouve la foi de Job.



Alors, utiliser la déconstruction pour défaire les fausses conceptions que l'on se fait de Dieu, et par là épurer sa foi : oui, c'est une bonne idée. Mais déconstruire pour mettre à la place des idées fausses, c'est une très mauvaise idée.
La tentation de distinguer en Jésus l'homme et Dieu, de penser que seul l'homme connaîtrait certains passages et pas Dieu, c'est une tentation courante. Très courante. Et c'est une tentation qui vise très clairement à nous détourner de Dieu. N'y cédez pas.

Au désert, face au diable, Jésus était pleinement homme et pleinement Dieu.



Par contre, Jésus, en tant qu'homme, doit apprendre à agir en homme. A penser en homme. A parler en homme.
Un exemple : Jésus a été enfant. Comme tous les enfants, il a appris à dire "Papa", et même dans sa langue maternelle, l'araméen : "Abba". Comme tous les enfants, il a appris ce mot, et a appris à l'utiliser pour parler de son père, le charpentier : Joseph. Tout comme il a appris à dire Maman à Marie.
Et parce qu'il a fait cette expérience d'homme qui apprend à dire Abba, il a pu utiliser ces mots d'hommes pour parler aux hommes de Celui avec qui, en tant que Fils, il entretient une relation toute particulière : le Père. Et c'est bien parce que Jésus nous a révélé que ce mot est approprié que nous pouvons à notre tour appeler Dieu "Notre Père". Sans cette révélation, il nous serait impossible de savoir que le terme de Père est approprié.


De la même manière, il a fallu que Jésus, pour être pleinement homme, affronte la tentation et y réponde avec des mots d'hommes. D'où le fait que Jésus ne répond pas à Satan par un commandement divin, mais en citant les Ecritures, et même en citant des passages concernant l'homme en tant que pécheur (et donc l'homme qui a cédé à la tentation). Il fallait que Jésus, pleinement Dieu, fasse l'apprentissage humain du combat spirituel.
Combat où on ne voit guère Jésus avoir de difficultés : il est pleinement Dieu, et ne peut pas perdre. Il le fallait, afin que nous aussi, hommes, ayons part à Sa victoire.


C'est ce qu'explique la Lettre aux Hébreux :
Héb. 2 (TOB) a écrit :17 Aussi devait-il en tous points se faire semblable à ses frères, afin de devenir un grand prêtre miséricordieux en même temps qu'accrédité auprès de Dieu pour effacer les péchés du peuple. 18 Car puisqu'il a souffert lui-même l'épreuve, il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés.
L'épreuve de sa Passion, il commence à y faire face juste après son baptême, par ces tentations : car ce que le diable lui propose, c'est bien d'y échapper, à cette épreuve. C'est à cela qu'il le mène, et qu'il finit par lui proposer avec la 3e tentation : le Royaume sans la Passion. Jésus fait librement le choix de s'engager sur le chemin de la Passion.


Il est aussi très important que Jésus fasse ce choix librement. Ce n'est pas le Père qui lui dit "écoute bonhomme, maintenant que tu as pris chair, il n'y a plus à y couper, ça doit finir sur la croix, que tu le veuilles ou non".
Non, Jésus lui-même le dira : personne ne lui prend la vie. C'est lui qui la donne, librement. Et qui dit liberté du don, liberté du choix, dit tentation de choisir autrement que la volonté du Père.

Mais en même temps, personne ne va jouer avec le tentateur de sa propre initiative ("tenter le diable") : Jésus, pleinement homme, n'y va pas de lui-même, mais parce que l'Esprit l'y envoie. Et ainsi, tout est cohérent, et le plan divin de salut suit son cours.
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

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Alors effectivement, cela pose la question : Dieu peut-il être tenté ? Mais bon, finalement, ce n'est pas très différent que de se demander si Dieu peut mourir...
Dieu non, mais Dieu fait homme manifestement oui puisque c'est ce qui se passe au désert. D'ailleurs Jésus dit " l'homme ne vivra pas seulement de pain...."

Donc en combinant avec ce que j'avais dis précédemment.

Le démon affirme que Jésus est Dieu.
Jésus affirme qu'il est aussi homme.
Vrai Dieu et vrai homme.

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

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Lecture :
  • «La parole du Seigneur fut adressée à Jonas : Léve-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne pour elle.» Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or Ninive était une ville extraordinnairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant :«Encore quarante jours, et Ninive sera détruite !»

    Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil. La chose arriva jusqu'au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d'un vêtement de deuil, s'assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront et ne boiront pas. On se couvrira de vêtements de deuil, hommes et bêtes, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et des actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas !»

    En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.»

    - Jonas 3, 1-10

Les lectures pour les offices liturgiques sont plutôt bien choisies (sourire).

Nous retrouverions certainement ici la notion de jeûne, des quarante jours, du retour à Dieu, de la proclamation au peuple, du pardon et même jusqu'à y associer les bêtes (!) Marc signalait que Jésus était avec les bêtes durant ces quarante jours de désert. On pourrait peut-être comprendre que ces bêtes méritent d'être associées au jeûne, étant comme l'image aussi de la création qui se trouve dans les douleurs de l'enfantement et qui attend la révélation des fils de Dieu, comme disait Paul. Je n'avais pas vu jusqu'ici comment le texte de Jonas pourrait éclairer aussi la question du désert.

Il me vient à l'idée que cette quarantaine («L'Esprit pousse Jésus au désert ...») serait comme l'autre face du baptême. Ces quarante jours seraient comme liés au baptême. Un autre ''détail'' auquel je n'avais pas fait suffisamment attention. Si Jésus reçoit le baptême de Jean en position de pénitent, il est juste qu'il doive traverser aussi la «quarantaine au désert» en étant accompagné/guidé par l'Esprit, etc.

____
Ce que la force ne peut pas, la fragilité le peut : elle est présence sans menace pour l’autre. - Marie Balmary
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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

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Bonjour Cinci, :)

Marc Chapitre 1
il était parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Tu aurais une idée de quel genre de bêtes sauvages il s'agit?

Merci. :oui:

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Re: L'Esprit conduit Jésus au désert

Message non lu par Peccator »

Cinci a écrit :Il me vient à l'idée que cette quarantaine («L'Esprit pousse Jésus au désert ...») serait comme l'autre face du baptême. Ces quarante jours seraient comme liés au baptême. Un autre ''détail'' auquel je n'avais pas fait suffisamment attention. Si Jésus reçoit le baptême de Jean en position de pénitent, il est juste qu'il doive traverser aussi la «quarantaine au désert» en étant accompagné/guidé par l'Esprit, etc.
Bonsoir Cinci,

je pense aussi que ces 40 jours sont liés au baptême.

Je rappelle que le texte mentionne précisément "40 jours et 40 nuits". J'ai recherché, il n'y a que 2 autres endroits dans la Bible à dire "40 jours et 40 nuits" (et pas seulement "40 jours") : Moïse et Elie.

Pour Elie, c'est le temps de sa propre marche à travers le désert, guidé par l'Esprit, pour aller à l'Horeb rencontrer Dieu (et avant sa longue marche, il venait de céder à la tentation d'abandonner sa mission prophétique en se laissant mourir). Autant le lien entre Elie et Jésus est intéressant, autant ici c'est presque la marche inverse que l'on voit : Jésus vient de recevoir l'Esprit, et il traverse le désert pendant 40 jours et 40 nuits pour finir par rencontrer le diable.

Mais bien plus encore, il me semble que le lien est plus fort avec Moïse, qui a passé 40 jours et 40 nuits sans manger ni boire, au sommet de l'Horeb, par expiation du péché de tout le peuple d'Israël.
Et là, Jésus qui jeûne juste après son baptême, cela me semble une belle façon de dire qu'il prend sur ses épaules le péché du monde pour aller l'expier.
D'ailleurs, le désert, c'est aussi là que le Grand Prêtre envoie le bouc émissaire pendant Yom Kipour : la victime sacrificielle chargée du péché du peuple, envoyée au désert en expiation pour le pardon de tout le peuple...



PS :
pour les bêtes sauvages, peu de pistes dans les évangiles eux-même. Mais on sait qu'à l'époque il y avait des lions dans le coin. Pierre y fait une référence dans sa première lettre, quand il compare le diable au lion rugissant :
1P 5, 8 a écrit :votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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