gerardh a écrit :Le signe du sang est une bonne préfiguration de la notion de sacrement
Il faudrait cependant que cette notion existe (telle que vous la comprenez)
Soyez rassuré, cette notion de sacrements existe : ça fait 2000 ans que le Christ les donne au monde.
Je commence à comprendre que ce qui vous gêne
Ce qui me gêne c’est que c’est une invention humaine, c'est-à-dire charnelle
Justement non, ce n'est pas une invention humaine. Pas plus que la Résurrection.
Et un sacrement n'est pas un acte humain.
Le baptême chrétien, c'est le baptême de l'eau et de l'Esprit, au nom de Jésus Christ. Il faut tout ça pour que ça fasse le baptême chrétien.
Non : le baptême chrétien c’est le baptême d’eau, administré du temps de l’Eglise, c'est-à-dire après la Pentecôte d’Actes 2. Même les baptêmes que Jésus administrait n’étaient pas des baptêmes chrétiens.
Je vais jouer un peu à votre jeu : quelles sont vos bases scripturaires ? J'en ai quand même aligné un paquet qui montre que le baptême chrétien est d'eau et d'Esprit. Et j'ai montré que dans la liturgie du baptême, il y a eau et Esprit, et pas seulement l'eau.
Et qu'est-ce qu'une vertu théologale ?
Je vous renvoie au CEC (où il y a de très bonnes choses), qui expliquera cela probablement mieux que moi.
Le CEC, je le connais

C'est votre conception à vous de ce qu'est une vertu théologale qui m'intéressait.
Le baptême est véritablement traversée de la mort
Si vous voulez (et sans avoir besoin d’être baptisés à l’eau bouillante !). Mais nous sommes morts avec Christ. Ensuite nous ressuscitons de par la résurrection de Christ.
Nous mourrons, nous ressuscitons : nous traversons la mort. Avec le Christ, bien sûr.
Et ce n'est pas "si je veux" : il y a une différence fondamentale entre "mourir" et "mourir et ressusciter". Dans votre conception du baptême, il manque quand même la part essentielle. Parce que l'important, c'est la résurrection, c'est la re-création. La mort est la condition nécessaire de cela, elle n'est pas un but en soi.
Gérard :[dans Tite le lavage de la régénération] Plutôt le lavage de la régénération, c'est-à-dire non pas le baptême mais l’action de la Parole de Dieu.
Amusant. Même Second, qui est protestant, rappelons-le, traduit "baptême", mais vous vous traduisez "action de la Parole" ?
Ce que vous refusez obstinément, c'est que l'action de la Parole a lieu par le baptême, précisément. Dans le baptême, celui qui agit, c'est le Christ, toujours le Christ.
Sinon, c'est un bain ou une douche, ce n'est pas un baptême.
Et oui, la regénération est un état de choses nouveau. C'est pourquoi il est fondé de parler de "re-création", comme St Paul à 2Co 5, 17.
Et j’insiste sur la dernière partie du texte repris « pour que justifiés par sa grâce ».
Evidemment que c'est la grâce divine qui justifie : le baptême est précisément manifestation de cette grâce.
Encore une fois, je répète : c'est le Christ qui baptise, pas les hommes.
Je ne répondrai pas point par point à votre texte, parce que j'ai essayé et que chaque fois, c'est la même difficulté qui revient : vous dissociez le corps et l'esprit. Vous vous focalisez sur la dimension spirituelle de l'homme, et tenez le corps pour négligeable. Ou pour le moins, considérez que ce qui se passe au plan corporel est sans lien avec ce qui se passe au plan spirituel.
Ce n'est pas là la conception catholique. Nous considérons que l'homme est un. Il n'est pas un esprit qui vivrait indépendamment du corps qu'il habite. Que ce soit dans la Bible ou dans notre vie quotidienne, nous voyons Dieu qui prend soin du corps pour soigner l'esprit. Jésus guérit les malades, les infirmes, les aveugles. Il ne fait pas que remettre les péchés : il prend soin du corps.
Gérard :Je ne comprends toujours pas la relation que vous faites entre la charité et le baptême.
Cinci : On vous aura suggéré que le baptême serait une affaire négative, un symbole de mort, de mort, rien que de mort, rien de vivant
Ce n’est pas que cela. Le chrétien peut se réjouir en son salut.
Mais si vous considérez que le baptême n'apporte pas le salut, alors quel rapport entre se réjouir de son salut et le fait que le baptême comme symbole de mort ?
J'ai lu moi aussi vos explications sur le baptême pour la mort, je ne crois pas vous avoir lu expliquer qu'il est aussi pour la vie. Alors qu'en réalité, il est surtout pour la vie.
Mais je reste sur ma faim quant au lien que vous faites entre baptême et charité (ou amour). Liez-vous charité à charisme, c'est-à-dire don ?
Oui et non.
Effectivement, le baptême est un don, puisqu'il est manifestation de la grâce de Dieu pour notre salut. Mais je ne pense pas qu'on puisse proprement parler de charisme.
Le baptême est ni plus ni moins un acte de charité : c'est un acte d'amour de l'homme vers Dieu, quand il se reconnaît pécheur, affirme sa foi et demande à être sauvé ; c'est un acte d'amour de Dieu vers l'homme quand Dieu offre à l'homme pécheur un salut qu'il ne mérite pas.
Mais pour comprendre cette double dynamique, il faut garder en tête que c'est le Christ qui baptise. Si vous n'y voyez qu'un geste d'homme, évidemment, il ne reste qu'un peu d'eau...