Baptême et salut

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

Tiens, juste comme ça :
Gerardh a écrit :Je ne suis pas opposé au baptême des enfants. Mais ce n’est pas le baptême qui donne la rémission des péchés ou l’effacement du péché originel. Le baptême ne convertit pas. Il n’est pas nécessaire au salut, mais Dieu commande à un croyant d’être baptisé.
Concile de Rome, 862 a écrit :Tous ceux qui disent que ceux qui sont renés de la source du très saint baptême en croyant au Père et au Fils et au Saint-Esprit, ne sont pas également lavés du péché originel, qu'ils soient anathèmes
Vous voyez, ce n'est pas le Concile de Trente, en fait qui pose problème.


Voire même, plus tôt encore (mais là, la réponse est claire, mais indirecte) :
Concile de Carthage, en 418, a écrit :Can. 2. Il a été décidé de même : Quiconque nie que les tout- petits doivent être baptisés, ou dit que c'est pour la rémission des péchés qu'on les baptise, mais qu'ils n'ont rien, eux du péché originel d'Adam que le bain de la régénération aurait à expier, ce qui a pour conséquence que pour eux la formule du baptême " en rémission des péchés " , n'a pas un sens vrai mais faux, qu'il soit anathème. Car on ne peut pas comprendre autrement ce que dit l'Apôtre : " Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui " Rm 5,12 sinon de la manière dont l'Eglise catholique répandue par toute la terre l'a toujours compris. C'est en effet à cause de cette règle de foi que même les tout-petits, qui n'ont pas pu commettre encore par eux-mêmes quelque péché, sont cependant vraiment baptisés en rémission des péchés pour que la régénération purifie en eux ce que la génération leur a apporté.

Can. 3. Il a été décidé de même : Quiconque dit que le Seigneur a dit " Dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures " Jn 14,2 pour qu'on comprenne qu'il y a dans le Royaume des cieux un certain lieu, se trouvant au milieu ou ailleurs, où vivent bienheureux les petits enfants qui ont quitté cette vie sans le baptême sans lequel ils ne peuvent pas entrer dans le Royaume des cieux qui est la vie éternelle, qu'il soit anathème.

Et je vais même être taquin, puisque le Concile de Carthage me donne même une source plus ancienne encore qui justifie sa position :
Car puisque le Seigneur dit : " A moins que quelqu'un soit rené d'eau et d'Esprit Saint, il n'entre pas dans le Royaume des cieux " Jn 3,5
La renaissance d'eau et d'Esprit Saint, si ce n'est le baptême, je ne sais pas ce que c'est.

La renaissance de l'eau, c'est le baptême de Jean-Baptiste, en vue de la rémission des péchés.
Le baptême d'Esprit, c'est celui que seul Jésus peut donner, ainsi que Jean-Baptiste en témoigne à Jn 1, 32-33 ("c'est lui qui baptisera avec le Saint-Esprit").
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

gerardh a écrit :Les opérations de sainteté ne sont pas nécessaires à la formation du corps mystique : ce corps, constitué de l’ensemble des chrétiens, existe depuis la formation de l’Eglise, corps de Christ. Ce corps est uni aux yeux de Dieu, même si les hommes (de toutes les dénominations chrétiennes), l’ont ruiné en tant qu’Eglise responsable. Il est néanmoins toujours possible au chrétien de se réunir sur le principe de l’unité du corps de Christ.

Il est toujours possible aux chrétiens de se réunir, c'est une évidence. Mais l'Eglise, ce ne sont pas les chrétiens qui se réunissent.
L'Eglise, c'est Dieu qui convoque son peuple. C'est Dieu qui fait l'Eglise, pas les hommes.

Jésus l'a pourtant très clairement indiqué : "chaque fois que deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d'eux".

C'est parce que c'est le Nom de Dieu qui nous réunit que nous formons Eglise, et que Jésus est présent.


Et non, ce corps qu'est l'Eglise n'est pas uni aux yeux de Dieu. Si je me coupe le bras, ce sera toujours mon bras. Mais il ne sera plus uni à mon corps. C'est bien pour cela que les schismes sont une telle douleur. A chaque fois que nous nous séparons, c'est le Corps de Jésus que nous démembrons. C'est atroce.
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Re: Baptême et salut

Message non lu par gerardh »

_______

Bonsoir Peccator,

OK : j'ai compris que j'étais anathème.

Il est vrai que mon texte pouvait paraître fastidieux.

Ne pouvons-nous pas quand même être d'accord sur certains éléments communs, par exemple la compréhension de Romains 6 ?

Affectueusement.


__________
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Mac »

gerardh a écrit : Ne pouvons-nous pas quand même être d'accord sur certains éléments communs, par exemple la compréhension de Romains 6 ?__________
Personnellement je suis d'accord avec vous geradh quand vous dites que Dieu commande de se faire baptiser. Et je suis d'accord avec vous qu'il faut croire et croire dans son baptême.

Maintenant je vous ai donné l'exemple des hébreux qui marquaient leurs portes de maison pour être épargné de l'ange de la mort, mais vous avez aussi par exemple le serpent d'Airain que les hébreux devaient regardé pour être sauvé dans le désert. Pourquoi voulez-vous que cela ait changé? Sauf que ce qui se passe est invisible. Lorsque Jésus chassait les démons personne ne voyait ce qui se passait et pourtant il se passait bien quelque chose puisque les personnes étaient libérées.

Lorsque Jésus s'est fait baptisé ne s'est-il rien passé? L'Esprit Saint n'est-il pas descendu sous forme de colombe.
Lorsque après avoir proclamer la bonne nouvelle les Apôtres baptisaient l'Esprit Saint ne descendait-Il pas répandre Ses dons?

Pourquoi voulez-vous que cela ait changé?

Affectueusement.

Fraternellement. :coeur:
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,
Je ne suis pas opposé au baptême des enfants. Mais ce n’est pas le baptême qui donne la rémission des péchés ou l’effacement du péché originel. Le baptême ne convertit pas. Il n’est pas nécessaire au salut, mais Dieu commande à un croyant d’être baptisé.
Dans Jean 3, 5 l’eau est le symbole de l’action de la Parole de Dieu et non du baptême.
Oui, alors c'est la différence entre la doctrine que présente Bibliquest et celle de l'Église catholique.

Si le Cardinal écrivait :

L'incorporation initiale à l'Église qui résulte de l'infusion dans l'âme des caractères sacramentels est signalée plus expressément par les théologiens à propos du premier des caractères, celui du baptême.


C'est que pour l'Église catholique : le baptême va «déblayer le terrain au plus intime» afin que la vie chrétienne puisse (Oui, éventuellement) se déployer chez le sujet concerné. Ce geste que l'Église pose est ni plus ni moins que le toucher du Christ lui-même. Le geste est salvateur en soi. Le baptême est salvateur parce qu'il donne accès à la vie intime de l'Église, son Esprit Saint, sa communion, son culte en vérité, ses sacrements, son pardon réitéré (confession, etc.)

Toutefois ...

La doctrine de Bibliquest impliquerait que le baptême ne soit lui-même qu'une simple «image» qui vient s'accoler en second lieu, une pure représentation formelle et devant avoir valeur de témoignage pour les autres (confrères, foule environnante, le monde, etc.) Ce n'est pas que la personne devrait avoir «besoin» d'être baptisé. Le sujet n'est pas dans la «nécéssité» de recevoir le baptême. Non, mais il se fait baptisé parce que le Christ le demanderait, et ce, uniquement dans ce dessein de témoignage à servir aux autres (... de ce que le Christ aura pu réaliser auparavant, qu'il a «sauvé» la personne, mais il y a déjà un certain temps de cela [«J'ai vécu une expérience forte il y a six mois, je n'en pouvais plus de lutter en vain, de mentir, je me suis effondré au pied de Jésus et, là, j'ai confessé que j'étais un pécheur perdu pour la première fois de ma vie ...»], que la personne a bel et bien changé de vie, etc.)

Du baptême, vous écriviez :
C'est un signe extérieur, non pas une régénération intérieure.
Oui, la doctrine de Bibliquest ne permettrait pas de penser que le baptême en soi puisse correspondre à une opération vitale, vivifiante, salvatrice, etc. Ce ne serait pas le cas, parce que la «vraie affaire», la transmutation de notre sujet en vrai disciple de Jésus aura dû se réaliser au préalable, «ailleurs»; du moins dans l'intimité de la personne, indépendemment des bonshommes qui figurent le groupe de chrétiens rassemblés devant. Tout doit se jouer entre la seule personnalité de la créature (l'individu) et le Christ-tête , sur un mode charismatique, c'est à dire sans intermédiaire.



Cependant ...
  • Mais lorsque sont apparus la bonté de Dieu, notre Sauveur, et son amour des hommes, ce n'est pas d'après les oeuvres que nous avons faites en notre justice, mais selon sa miséricorde, qu'il nous a sauvés par un bain de regénération et de renouvellement de l'Esprit Saint, qu'il a répandu sur nous richement par Jésus Christ notre Sauveur, pour que, justifiés par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.

    - Tite 3, 5
Ici, gérardh, un lecteur catholique qui aurait lu le Cardinal Journet, retrouverait tout ce qu'il exprimait de son côté.

  • Mais de quelle charité est-il question ? De la charité de la loi nouvelle, de la charité rédemptrice : c'est à dire non pas d'une charité nue et abstraite, mais d'une charité très mystérieuse, concrète, historiquement déterminée, sortant du culte chrétien comme le parfum sort d'une fleur : d'une charité qui, à la différence, par exemple, de la charité du paradis terrestre, est absolument inséparable du culte chrétien, à tel point que s'il était actuellement possible d'effacer celui-ci du monde, on en effacerait du coup la charité chrétienne; d'une charité qui a besoin d'être christocentrique pour être théocentrique, à la fois référée au culte instauré par le Christ sur la Croix et perpétué par l'Église dans la messe et les sacrements, et tout émanante de ce culte. Voilà la charité que nous appelons cultuelle, et qui est l'âme crée de l'Église.
En somme, il s'agit bien (pour le Cardinal) du baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Le baptême qui est donné par l'intermédiaire de l'Église correspond à une charité du Christ ... en vue de notre salut. «... pour que nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle»
  • Jésus leur parla en ces termes : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom de Père, et du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé.

    - Matthieu 28, 18
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Re: Baptême et salut

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Gerardh,

j'ai pensé un temps rédiger une réponse point par point au texte que vous avez posté, et qui est très intéressant.

Méditant tout cela, j'ai compris que ce n'est pas une bonne manière de faire, et ce pour deux raisons :
- cela serait une façon de "riposter" aux arguments de votre texte, et par là de chercher à en montrer les erreurs, de le réfuter. Je l'ai dit, le répète et le maintiens, mon objectif dans cette discussion n'est pas de réfuter vos croyances, de vous accuser d'être dans l'erreur ni de vous jeter l'anathème. Je ne cherche pas à vous convertir. Mon seul but est de présenter le contenu de la foi catholique du mieux que je puisse, pour que nous nous comprenions mutuellement et puissions échanger de manière fructueuse. Le mutuellement est important, c'est pour cela que j'apprécie ce long texte que vous avez posté, car il me permet de mieux vous comprendre.
- présenter la foi catholique en "réaction" à un exposé de vos croyances, ce serait vouloir la présenter dans le cadre qui est le vôtre. Je pense que ce n'est pas ainsi que l'on établit le mieux la cohérence interne d'une pensée, mais plutôt en suivant le cheminement propre à cette pensée. C'est pourquoi je préfère vous présenter les liens entre baptême et salut dans la foi catholique en suivant un cheminement propre à l'Eglise.

Deux cheminements se sont présentés à moi : le chemin de l'histoire, en retraçant petit à petit toute l'histoire de l'Eglise et de la conceptualisation des dogmes, et le chemin de la liturgie, qui est le chemin que suit le profane qui reçoit le baptême.

Le chemin de l'histoire est un chemin d'expertise, d'érudition : il me semble difficile de soutenir que c'est le chemin que l'Esprit inspire à son Eglise. Au contraire, le chemin liturgique est celui de tout baptisé, c'est le chemin de sa propre initiation. Il me semble donc logique de prendre le chemin liturgique, et je vous propose de parcourir ensemble la liturgie du baptême.



Pour plus de clarté, je vais devoir répartir cela sur plusieurs messages, j'apprécierai si les différents intervenants de ce fil acceptaient d'attendre pour répondre que j'ai tout fini : il sera ainsi plus facile de suivre le déroulement. Je vous remercie tous de votre patience.
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Re: Baptême et salut

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Je vous propose de suivre le cheminement du baptême d'un adulte, nous pourrons discuter du cas du baptême des petits enfants plus tard.

Je n'ai pas sous la main le rituel de l'initiation chrétienne des adultes en français (je l'ai en latin, mais j'ai la flemme de traduire), mais uniquement celui du baptême des enfants, que j'adapte un peu "à la volée". Il y a probablement quelques écarts avec le rituel officiel des adultes, mais normalement ces écarts ne devraient pas être significatifs (puisque c'est le même baptême).



I - Je demande le baptême

I.1 - Une demande libre

Personne n'est baptisé de force. Le baptême est une démarche volontaire du futur baptisé, qui doit le demander.
Bien sûr, on peut s'interroger sur la réalité historique de cette idée de demande, quand on voit à l'époque romaine que bien souvent la conversion du chef de famille entraînait la conversion de toute la maisonnée (épouse, enfants, serviteurs et esclaves). Ou encore que la conversion de Clovis a entraîné celle de tout son peuple. Mais sur le plan théologique, c'est à dire sur la manière dont l'Eglise comprend et explique sa foi, il a toujours été établi que le baptême doit être un acte libre du baptisé.

Je viens demander le baptême, mais ce n'est pas aujourd'hui mon premier contact avec l'Eglise. J'ai entendu parler de Jésus, j'ai voulu en savoir plus et on m'a enseigné la Bonne Nouvelle. Pendant un certain temps, j'ai suivi un parcours de formation qui s'appelle le catéchuménat, j'ai été à l'église pour y écouter la Parole de Dieu, j'ai appris à prier, et j'ai pu commencer à prendre ma place dans la communauté des chrétiens qui vivent autour de moi.

Au terme de ce parcours, je demande à recevoir le sacrement de baptême, qui marque mon entrée dans l'Eglise. Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas sûr de savoir encore très bien ce que c'est, l'Eglise ;)


I.2 Une fête pascale

Aujourd'hui, c'est le jour de Pâques : on ne m'a d'ailleurs pas trop laissé le choix, puisque c'est aujourd'hui que traditionnellement l'Eglise baptise les catéchumènes.

J'ai demandé s'il était possible d'être baptisé un autre jour, ou si c'était forcément à Pâques.
Et la réponse est oui : on peut être baptisé en n'importe quel jour de l'année, y compris en période de Carême. Et on le fait lorsque le cas est urgent, c'est à dire s'il y a danger de mort. Mais quand on a le choix, l'Eglise préfère que ce soit le jour de Pâques, ou à défaut, que ce soit un dimanche : en effet, chaque dimanche est pascal, m'a-t-on expliqué.

C'est là une pratique très ancienne de l'Eglise : le Pape Sirice au 4e siècle recommandait à l'évêque de Tarragone non pas de respecter toujours le jour de Pâques, mais au contraire d'assouplir la règle pour pouvoir baptiser les autres jours de l'année en cas de nécessité, ainsi que pour le baptême des petits enfants.
Lettre de Sirice à Himère de Tarragone, 10 fév. 385 a écrit :Sans vouloir cependant amoindrir le respect sacré qui s'attache à Pâques, Nous prescrivons d'administrer sans délai le baptême aux enfants qui, du fait de leur âge, ne peuvent pas encore parler, ou aux personnes qui se trouvent dans une nécessité quelconque de recevoir le saint baptême, de peur qu'il ne s'ensuive un détriment pour nos âmes si, par suite de notre refus de la fontaine du salut à ceux qui le désiraient, certains mourants venaient à perdre le Royaume et la vie.
Quiconque de même se trouve menacé d'un naufrage, d'une invasion ennemie, ou de quelque maladie mortelle, qu'il soit admis, aussitôt qu'il le demande, au bénéfice de la régénération sollicitée.
L'erreur jusqu'ici dans ce domaine doit suffire ; à présent que tous les prêtres s'en tiennent à la règle susdite, s'ils ne veulent pas être arrachés à la solidité du roc apostolique sur lequel le Christ a construit toute l'Eglise.

Pourquoi le jour de Pâques ?
Parce que le baptême va me faire vivre ma propre Pâque.
L'année dernière, quand j'étais venu à la fête de Pâques, je faisait avec l'Eglise le mémorial des Pâques de l'Ancien Testament, et notamment celle de l'Exode, ainsi que le mémorial de la Pâque du Seigneur, celui de Sa victoire sur la mort, de Sa résurrection le 3e jour.
A partir de cette année, chaque fête de Pâques sera aussi pour moi mémorial de ma propre Pâque, celle de mon baptême, sacrement qui m'associe à la Pâque du Christ.



I.3 Sur le seuil de la maison

Je suis accueilli à l'entrée de l'église, par le prêtre et toute la communauté paroissiale réunie en ce jour de fête.

Si je suis accueilli à l'entrée de l'église, c'est parce que le baptême est le sacrement de mon entrée dans l'Eglise. Bien sûr, l'entrée dans l'Eglise est spirituelle. Mais on me propose aussi de la vivre avec mon corps, en effectuant physiquement le cheminement qui s'accomplit dans mon esprit.

Qu'est-ce que l'église ? C'est la maison de Dieu, ai-je envie de dire. C'est le lieu où se réunit le peuple de Dieu. D'ailleurs, pourquoi tous ces gens sont-ils là ? Est-ce pour être à mes côtés le jour de mon baptême ?

Non, bien sûr : s'ils sont là, si moi je suis là, c'est parce que nous répondons à la convocation du Seigneur. L'église, le bâtiment, est ouverte tous les jours, et chacun peut venir y prier, y rendre visite à Dieu. Mais nous pouvons prier Dieu partout. Si nous avons besoin d'une église, c'est parce que c'est là que de la manière la plus évidente, nous formons Eglise, en nous rassemblant au Nom de Dieu. D'ailleurs, nous ne choisissons pas le jour et l'heure où nous nous réunissons pour célébrer la liturgie : nous venons au jour et à l'heure où nous y sommes convoqués.


I.4 Que demandez-vous ?

Avant d'entrer dans l'église, le prêtre échange quelques mots avec moi. Il me demande de me présenter à tous, de dire quel est mon nom, où j'habite...

Bien sûr, il est poli quand on arrive dans un groupe de se présenter.

Mais c'est aussi un peu plus qu'une simple politesse : c'est une façon de montrer que ce que je vais vivre, c'est un chemin sur lequel je m'engage moi, personnellement, individuellement. Mon nom, c'est ce petit mot qu'on utilise pour me désigner moi et pas un autre. Je donne mon nom, et ce faisant, c'est en personne que je me présente devant Dieu.

Le prêtre me demande alors : "Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu ?"

Question intéressante : ce que je demande, c'est le baptême, bien sûr. Mais à qui est-ce que je le demande ?
Quand j'ai demandé à recevoir le baptême, c'est le curé de la paroisse que j'ai été voir. Il m'a adressé au responsable du catéchuménat, à qui j'ai à nouveau demandé à être baptisé.
Aujourd'hui, je viens à l'église pour le demander à Dieu. Mais non ! Dieu, je le lui ai demandé il y a longtemps, déjà ! Je le lui ai demandé le jour de ma conversion, quand j'ai dit : je crois en Toi, et je veux être Ton enfant...
Aujourd'hui, le prêtre m'interroge : qu'est-ce que je demande à l'Eglise de Dieu ?

Ce baptême, qui est-ce qui me le donne ? Dieu ? l'Eglise ? Qu'est-ce au juste que l'Eglise ?

L'Eglise, bien sûr, c'est l'assemblée des chrétiens. Ce sont toutes ces personnes qui attendent patiemment à l'entrée de l'église que ce petit dialogue soit fini pour que nous puissions tous entrer.
Mais l'Eglise, c'est bien plus qu'un groupe humain : c'est le Corps mystique du Christ.

Aujourd'hui, je ne demande pas le baptême à un homme, au responsable du catéchuménat, à mon parrain, ni même à M. le curé. Non, c'est au Christ que je demande le baptême.


Le prêtre s'approche de moi, et dit :
"La communauté chrétienne vous accueille avec joie. En son nom, je vous marque de la croix, le signe du Christ, notre Sauveur."

Le prêtre se tourne alors vers mon parrain, un ami qui m'accompagne depuis que j'ai demandé le baptême :
"Et vous, son parrain, vous le marquerez après moi du signe de la croix."

Mon parrain me sourit, et me trace un signe de croix sur le front.

Qui est mon parrain ?

C'est un ami, bien sûr ! En fait, je l'ai rencontré au catéchuménat. Il est sur la paroisse depuis un certain temps, et on me l'a présenté pour qu'il m'accompagne pendant ce temps de formation. Nous sommes devenus très bons amis, et je suis heureux qu'il soit à mes côtés aujourd'hui.
Mais c'est bien plus qu'un ami : il est aussi le représentant de la communauté. En me traçant ce signe de croix, il témoigne que c'est la communauté qui s'engage à mes côtés, qui a cheminé jusqu'ici avec moi, et qui va poursuivre le chemin, vivre ce baptême avec moi.


Me voilà accueilli par la communauté chrétienne. Moi aussi, je fais partie du groupe, alors ?

Du groupe d'hommes et de femmes, rassemblés sur le parvis, oui : j'en fais partie. Et c'est avec eux que j'entre dans l'église, à l'invitation du prêtre :

"Entre dans la maison de Dieu afin d'avoir part avec le Christ pour la vie éternelle."

A cette invitation, nous entrons en chantant un cantique de louange.
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Re: Baptême et salut

Message non lu par seba15 »

Est-ce que je suis le seul dans ce cas ? mais moi tout les gens que je connais se font baptiser à moins de deux ans environ, en général un an et des poussières. C'est même assez curieux, qu'on baptise enfant très tôt avant même que l'enfant puisse comprendre ce qui se passe. Et pour ce qui se baptise à l'age adulte, c'est plus un parcours du combattant très long. Avec le baptême seulement à la fin.
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

Seba, un peu de patience s'il vous plait : je suis très loin d'avoir fini ;)


Nous reviendrons sur le baptême des enfants après.


Merci.
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

II - L'entrée

Nous sommes entrés dans l'église, chacun est assis à sa place, et puisque mon baptême a lieu pendant la messe pascale, c'est la messe qui commence.

Aujourd'hui, c'est un peu différent des dimanches ordinaires : au lieu de réciter le Je confesse à Dieu puis de chanter un Kyrie, nous avons une aspersion.

Le prêtre parcourt la nef, avec un seau d'eau bénite et un goupillon, et nous asperge d'eau. Nous chantons tous
"J'ai vu l'eau vive jaillissant du Corps du Christ, Alleluia !
Tous ceux que lave cette eau seront sauvés et chanteront : Alleluia !"

Juste avant, le prêtre nous a rappelé le sens de ce rite : c'est un rappel de notre baptême (pas le mien, évidemment !).
Il faudra que je demande à mon parrain pourquoi on fait cela à la place de la préparation pénitentielle...


Pendant les petits temps de silence, je repense à l'invitation que m'a fait le prêtre à l'entrée :
"Entre dans la maison de Dieu afin d'avoir part avec le Christ pour la vie éternelle."

"Dans la maison de Dieu."
De quoi parle-t-il ? de la maison, le bâtiment où nous sommes réunis ? de la maison, comme on parle de la "maison du Roi" ? Jésus qui est Roi, et sa maison, c'est à dire l'ensemble de ses serviteurs ?


"Avoir part avec le Christ pour la vie éternelle"
Quelle formule inhabituelle...
Avoir part... Le dictionnaire me dit : contribuer, participer à, prendre part. Mais prendre part à quoi ?
avec le Christ : il s'agirait donc de m'associer au Christ ?
pour la vie éternelle : tiens, le prêtre ne m'invite pas à entrer pour mon salut, mais pour la vie éternelle. Est-ce cela que me donne le baptême ? la vie éternelle ? Comment cela est-il possible ?





Après le chant du Gloria, nous écoutons la Parole de Dieu.


III - La Parole de Dieu

Nous écoutons maintenant la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Bible : nous écoutons la Parole qui est proclamée pour nous. Et en l'écoutant, nous laissons la Parole de Dieu nous enseigner : c'est Dieu qui Se révèle à nous, ce matin, pendant que nous L'écoutons.

Bien entendu, ce qu'Il nous dit concerne le mystère de Pâques. Et si je suis baptisé aujourd'hui, c'est parce que cela concerne aussi mon baptême.


Une première lecture biblique : Les Apôtres témoins de la Résurrection (Ac 10, 34a.37-43)
[+] Texte masqué
Quand Pierre arriva de Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.
Et nous, les Apôtres, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice.
Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour.
Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts.
Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts.
C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés. »
Un psaume : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !Éternel est son amour ! (Ps 117)
[+] Texte masqué
R/ Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d'angle :
c'est là l'œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Une deuxième lecture : Vivre avec le Christ ressuscité (Col 3, 1-4)
[+] Texte masqué
Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.

En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
Puis, une lecture inhabituelle, qui n'est pas prise dans la Bible, mais est une prière que l'Eglise a composé pour répondre à la Parole : la séquence pascale
[+] Texte masqué
À la victime pascale,
chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L’Agneau a racheté les brebis;
le Christ innocent a réconcilié
l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent
en un duel prodigieux.
Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

“Dis-nous, Marie Madeleine,
qu’as-tu vu en chemin ?”

“J’ai vu le sépulcre du Christ vivant,
j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins,
le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
Il vous précédera en Galilée.”

Nous le savons : le Christ
est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux,
prends-nous tous en pitié !
Amen.

Et enfin, l'Evangile : Le tombeau vide et la foi des Apôtres (Jn 20, 1-9)
[+] Texte masqué
Acclamation : Alléluia. Alléluia. Notre Pâque immolée, c'est le Christ !
Rassasions-nous dans la joie
au festin du Seigneur !
Alléluia. (1 Co 5, 7-8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Pendant l'homélie, j'écoute le prêtre qui nous commente ces textes.

Puis, je médite cela en silence. Je me rappelle aussi ce que j'ai entendu cette nuit, à la veillée pascale, qui peut-être plus encore m'explique ce qu'est le baptême (il y a beaucoup de paroisses où le baptême des catéchumènes a lieu pendant la veillée pascale) :
le récit de la Création (Gn 1, 1 - 2, 2)
[+] Texte masqué
Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.
Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il sépare les eaux. »
Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi.
Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le deuxième jour.

Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu'elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi.
Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : « Que la terre produise l'herbe, la plante qui porte sa semence, et l'arbre à fruit qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi.
La terre produisit l'herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l'arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le troisième jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu'ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; et qu'ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi.
Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour régner sur le jour, le plus petit pour régner sur la nuit ; il fit aussi les étoiles.
Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre,
pour régner sur le jour et sur la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.

Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d'une profusion d'êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. »
Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et qui foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon.
Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. »
Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.

Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi.
Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.
Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement.
Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture.
Aux bêtes sauvages, aux oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.
Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour.

Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement.
Le septième jour, Dieu avait achevé l'œuvre qu'il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l'œuvre qu'il avait faite.
le sacrifice d'Isaac (Gn 22, 1-13.15-18)
[+] Texte masqué
Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! »
Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. »

Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin.
Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »
Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble.
Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! — Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? »
Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble.

Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois.
Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. »
Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham :
« Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis.
Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »
le passage de la mer Rouge (Ex 14, 15-31 ; 15, 1a)
[+] Texte masqué
Les fils d'Israël, voyant les Égyptiens lancé à leur poursuite, étaient effrayés.
Le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d'Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras contre la mer, fends-la en deux, et que les fils d'Israël pénètrent dans la mer à pied sec. Et moi, je vais endurcir le cœur des Égyptiens : ils pénétreront derrière eux dans la mer ; je triompherai, pour ma gloire, de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand j'aurai triomphé, pour ma gloire, de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. »
L'ange de Dieu, qui marchait en avant d'Israël, changea de place et se porta à l'arrière. La colonne de nuée quitta l'avant-garde et vint se placer à l'arrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras contre la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d'est, et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent, et les fils d'Israël pénétrèrent dans la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux — avec tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers — jusqu'au milieu de la mer.

Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l'armée des Égyptiens, et il la mit en déroute.
Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s'écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c'est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras contre la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! »
Moïse étendit le bras contre la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s'y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
Les eaux refluèrent et recouvrirent toute l'armée de Pharaon, ses chars et ses guerriers, qui avaient pénétré dans la mer à la poursuite d'Israël. Il n'en resta pas un seul.
Mais les fils d'Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.

Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l'Égypte, et Israël vit sur le bord de la mer les cadavres des Égyptiens.
Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l'Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur:


Cantique : Ex 15, 2-3, 4-5, 6.10a.11, 17

R/ Chantons le Seigneur, car il a fait éclater sa gloire, il a jeté à l'eau cheval et cavalier.

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre;
j'exalte le Dieu de mon père.
Le Seigneur est le guerrier des combats :
son nom est « Le Seigneur ».

Les chars du Pharaon et ses armées
il les lance dans la mer.
L'élite de leurs chefs
a sombré dans la mer Rouge.
L'abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux.

Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur, écrase l'ennemi.
Tu souffles ton haleine : la mer les recouvre.
Qui est comme toi, Seigneur, parmi les dieux ?
Qui est comme toi, magnifique en sainteté,
terrible en ses exploits, auteur de prodiges ?

Tu les amènes, tu les plantes
sur la montagne, ton héritage,
le lieu que tu as fait,
Seigneur, pour l'habiter,
le sanctuaire, Seigneur,
fondé par tes mains.
l'amour inébranlable de Dieu pour Jérusalem son épouse, dans Isaïe (Is 54, 5-14)
[+] Texte masqué
Parole du Seigneur adressée à Jérusalem : Ton époux, c'est ton Créateur, « Seigneur de l'univers » est son nom. Ton Rédempteur, c'est le Dieu Saint d'Israël, il se nomme « Dieu de toute la terre ».
Oui, comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ? dit le Seigneur ton Dieu.
Un moment je t'avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse je te rassemblerai.
Ma colère avait débordé, et un moment je t'avais caché ma face. Mais dans mon amour éternel j'ai pitié de toi, dit le Seigneur, ton Rédempteur.
C'est ainsi qu'au temps de Noé, j'ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre. De même, je jure de ne plus me mettre en colère contre toi, et de ne plus te menacer.
Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée, a déclaré le Seigneur, dans sa tendresse pour toi.
Jérusalem, malheureuse, battue par la tempête, inconsolée, voici que je vais sertir tes pierres et poser tes fondations sur des saphirs.
Je ferai tes créneaux avec des rubis, tes portes en cristal de roche, et tous tes remparts avec des pierres précieuses.
Tes fils seront tous instruits par le Seigneur, ils goûteront un bonheur sans limites.
Tu seras établie sur la justice, délivrée de l'oppression, que tu ne craindras plus, délivrée de la terreur, qui ne viendra plus jusqu'à toi.
l'annonce d'une nouvelle alliance, toujours dans Isaïe (Is 55, 1-11)
[+] Texte masqué
Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer.
Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses !
Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David.
Lui, j'en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples.
Et toi, tu appelleras une nation que tu ne connais pas, et une nation qui t'ignore accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause de Dieu, le Saint d'Israël, qui fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées !
Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.
l'annonce d'une eau pure qui nous purifiera, d'un coeur nouveau et d'un esprit nouveau (Ez 36, 1-17a.18-28)
[+] Texte masqué
Écoute, Israël, les préceptes de vie, prête l'oreille pour acquérir la connaissance.
Pourquoi donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère, souillé par le contact des cadavres, inscrit parmi les habitants du séjour des morts ?
— Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse !
Si tu avais suivi les chemins de Dieu, tu vivrais dans la paix pour toujours.
Apprends où se trouvent et la connaissance, et la force, et l'intelligence ; apprends en même temps où se trouvent de longues années de vie, la lumière de tes yeux, et la paix.

Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse, qui a pénétré jusqu'à ses trésors ?
Celui qui sait tout en connaît le chemin, il l'a découvert par son intelligence. Il a pour toujours aménagé la terre, et l'a peuplée de troupeaux.
Il lance la lumière, et elle prend sa course ; il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ;
il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! » Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites.
C'est lui qui est notre Dieu : aucun autre ne lui est comparable.
Il a découvert les chemins de la connaissance, et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé.

Ainsi la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes.
Elle est le livre des commandements de Dieu, la Loi qui demeure éternellement : tous ceux qui l'observent vivront, ceux qui l'abandonnent mourront.
Reviens à elle, Jacob, reçois-la ; à sa lumière, marche vers la splendeur :
ne laisse pas ta gloire à un autre, tes privilèges à un peuple étranger.
Heureux sommes-nous, Israël ! Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.
l'enseignement de St Paul sur le baptême qui nous associe à la mort de Jésus et qui nous purifie du péché (Rm 6, 3b-11)
[+] Texte masqué
Frères,
nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés.
Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts.
Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.
Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant.
De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ
les femmes qui vont au tombeau et rencontrent Jésus ressuscité (Mt 28, 1-10)
[+] Texte masqué
Après le sabbat, à l'heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus.
Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre ; l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus.
Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme la neige.
Les gardes, dans la crainte qu'ils éprouvèrent, furent bouleversés, et devinrent comme morts.
Or l'ange, s'adressant aux femmes, leur dit : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : 'Il est ressuscité d'entre les morts ; il vous précède en Galilée : là, vous le verrez !' Voilà ce que j'avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »


Dans tous ces textes, Dieu me parle aussi de mon baptême...


Je médite tout cela pendant le temps de silence, émerveillé par ce résumé du long chemin que Dieu a fait au côté des hommes, fidèle à son Alliance, un chemin par lequel il veut nous ramener à Lui, près de Lui, à la place qui nous était destinée dans la création. Place que nous avons perdu par le péché originel. Péché que Jésus est venu racheter par sa mort sur la croix et sa résurrection qui est victoire sur la mort, victoire sur le péché.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

IV - En route vers le baptême

Arrive maintenant l'heure où je vais être baptisé.

Traditionnellement, le baptistère est à l'entrée de l'église : le baptême est le premier sacrement de l'initiation chrétienne, et le futur baptisé est accueilli dans l'Eglise, à l'entrée de l'église.
De plus en plus souvent, surtout pendant la messe pascal, le baptême a plutôt lieu au pied de l'autel. Ce n'est pas pour permettre à tout le monde de mieux voir : un sacrement n'est pas un spectacle. C'est pour marquer dans l'espace une autre symbolique : le lien fort qu'il y a entre le baptême et l'eucharistie, entre ce que reçoit le baptisé par l'eau et l'Esprit, et ce que Jésus donne par son sacrifice.



IV.1 - Invocation

Après m'avoir appelé, avec mon parrain, à venir là où je vais être baptisé, le prêtre invite l'assemblée à une prière commune :

Parents, parrain et marraine, et nous tous ici rassemblés, supplions pour cet enfant la miséricorde du Christ :
Qu'il renaisse de l'eau et de l'Esprit Saint pour la vie éternelle.



Cette supplication utilise les mots de Jésus dans l'évangile selon St Jean (Jn 3, 5) :
« En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne renaît de l'eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »


L'assemblée prie alors pour moi, demandant au Seigneur tous les charismes qui me permettront de vivre en fils de Dieu :

R/ Seigneur, nous te prions.

Qu'il devienne un membre vivant de ton Église, R/
Qu'il puisse écouter ton saint Évangile et le mettre en pratique, R/
Qu'il parvienne avec joie à la table du sacrifice eucharistique, R/
Qu'il aime le Seigneur Dieu et son prochain, comme tu l'as enseigné, R/
Qu'il trouve autour de lui des exemples de vie chrétienne, R/
Qu'il grandisse en sagesse et en sainteté, R/
Prions aussi pour que tous les disciples du Christ soient unis dans la foi et l'amour, R/



Puis, l'assemblée invoque les saints, en chantant une litanie qui leur demande de prier pour nous.
Je trouve cette litanie très belle : elle est signe évident de la communion des saints, ou nous demandons à nos aînés dans la foi de continuer à prier pour nous.

Prier pour nous : non pas prier pour moi, mais pour nous. Je suis déjà membre de cette asssemblée d'hommes et de femmes.




IV.2 - Exorcisme et délivrance

Chaque fois que nous prions le Notre Père, nous Lui demandons : "délivre-nous du mal". C'est ce que l'Eglise va faire maintenant, en demandant à Dieu de me libérer du mal.
Cela ne me rendra pas immunisé contre le mal : toute ma vie de chrétien, je devrai poursuivre le combat spirituel, lutter contre le mal, me convertir chaque jour. Pour cela, je pourrai recevoir le sacrement de réconciliation, ce sacrement qui me redonnera des forces chaque fois que je faiblirai.

Père tout-puissant,
tu as envoyé ton Fils unique dans le monde
pour délivrer l'homme, esclave du péché,
et lui rendre la liberté propre à tes fils;
tu sais que cet enfant, comme chacun de nous,
sera tenté par les mensonges de ce monde
et devra résister à Satan;

Nous t'en prions humblement:
par la passion de ton Fils et sa résurrection,
arrache-le au pouvoir des ténèbres;
donne-lui la force du Christ,
et garde-le tout au long de sa vie.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Tous: Amen.




Le prêtre m'impose alors les mains, ainsi que Jésus a ordonné aux apôtres de le faire.

Il me dit :
Que la force du Christ te fortifie,
lui qui est le Sauveur
et qui vit pour les siècles des siècles.

Tous.: Amen.


Puis il m'impose les mains, en silence.


Reprenant alors un geste de Jésus dans l'Evangile (Mc 7,32-35), le prêtre touche mes oreilles et ma bouche en disant:

Effétah (c'est-à-dire): Ouvre-toi!

Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets; qu'il te donne d'écouter sa parole, et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père.

Tous: Amen.




Ma préparation au baptême est achevée, je m'approche du baptistère pour y recevoir le sacrement.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
Peccator
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

Je vais devoir m'interrompre ici pour ce soir, ce qui est un peu frustrant puisqu'on arrive au point critique ;)

Je continuerai demain.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
gerardh
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Re: Baptême et salut

Message non lu par gerardh »

______

Bonjour Mac, vous demandez principalement :
Pourquoi voulez-vous que cela ait changé ?
Ce qui a changé c’est que nous sommes passés d’une religion de formes à une foi en esprit et en vérité. Voila quelques développements puisés dans Bibliquest :
[+] Texte masqué
Dieu doit être adoré en Esprit et en vérité, car il est Esprit (et esprit). Adorer en Esprit, c’est adorer selon la puissante énergie de la communion que donne l’Esprit de Dieu, en contraste avec les formes, les ordonnances et toute la religion dont la chair est capable, dans la connaissance de la vraie nature de Celui que nous adorons (comp. Phil. 3). Adorer Dieu en vérité, c’est l’adorer selon la révélation qu’il a donnée de lui-même. Les Samaritains n’adoraient Dieu ni en Esprit ni en vérité. Les Juifs adoraient Dieu en vérité, autant que cela peut se dire d’une révélation imparfaite, car la vérité n’est venue que par Jésus Christ (les ténèbres sont passées, dit l’apôtre, et la vraie lumière luit maintenant). Mais, avec leur religion de formes et de cérémonies, ils n’adoraient nullement en Esprit. Or, pour adorer Dieu, ces deux conditions sont nécessaires : la vraie révélation de lui-même, pour que nous l’adorions en vérité, et l’adoration selon sa nature, c’est-à-dire en Esprit.

La véritable adoration est produite « en esprit » : c’est-à-dire ni par la chair, ni par une attitude physique. Cette parole du Seigneur annule les rites et cérémonies observés jusqu’ici, qui ont été un piège pour tant de personnes. Notre capacité à offrir l’adoration en esprit vient de ce que nous possédons l’Esprit de Dieu, — la fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle — comme l’indique aussi Philippiens 3:3. L’Esprit de Dieu peut engager notre esprit à une véritable adoration n’importe quand et n’importe où ; pas simplement dans un lieu saint consacré comme dans le Judaïsme. Il faut encore que l’adoration s’élève « en vérité » ; c’est-à-dire à la lumière de tout ce que Dieu a révélé de lui-même en Christ. Cela annule la tendance rationaliste qui est également si répandue. Les hommes parlent, par exemple, d’adorer « la grande Cause Première » à la lumière des beautés de la nature. Ils ignorent ou refusent, par contre, la vérité concernant Dieu révélé en Christ. Ce n’est qu’en lui que nous connaissons le Père qui doit être adoré. Si nous connaissons le Père ainsi, notre cœur sera certainement rempli d’une adoration ayant ce caractère spirituel qui lui est agréable.
Maintenant je vous ai donné l'exemple des hébreux qui marquaient leurs portes de maison pour être épargné de l'ange de la mort
Il s’agit d’un type du sang du Christ qui nous a lavés de nos péchés
Vous avez aussi par exemple le serpent d'Airain que les hébreux devaient regarder pour être sauvé dans le désert.
Il s’agit d’un type de la croix du Christ, dont le sacrifice sauve le croyant, ainsi que cela est évoqué en Jean 3.
Lorsque Jésus chassait les démons personne ne voyait ce qui se passait et pourtant il se passait bien quelque chose puisque les personnes étaient libérées.

On ne peut pas comparer la puissance de Jésus Christ au baptême.
Lorsque Jésus s'est fait baptisé ne s'est-il rien passé? L'Esprit Saint n'est-il pas descendu sous forme de colombe.
Jésus avait l’Esprit à sa naissance puisque lui-même était l’Esprit du Christ. Mais il reçut l’Esprit pour officialiser son ministère qui commençait. Cela n’a rien à voir avec le sacrement que les catholiques croient bon d’ajouter au baptême, prétendument pour conférer le Saint Esprit.

Affectueusement.


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Peccator
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Re: Baptême et salut

Message non lu par Peccator »

gerardh a écrit :On ne peut pas comparer la puissance de Jésus Christ au baptême.
Bien sûr que si, puisque c'est le Christ qui baptise...

J'y viendrai demain ;)

Jésus avait l’Esprit à sa naissance puisque lui-même était l’Esprit du Christ.
Qu'est-ce donc que l'Esprit du Christ ?

Je connais le Père, le Fils et l'Esprit, je connais le Christ qui est homme oint de Dieu, mais l'Esprit du Christ, voilà qui est nouveau pour moi.

Je rappelle aussi que Jésus est le Fils, la Parole, le Verbe fait chair, et non l'Esprit.

Mais il reçut l’Esprit pour officialiser son ministère qui commençait. Cela n’a rien à voir avec le sacrement que les catholiques croient bon d’ajouter au baptême, prétendument pour conférer le Saint Esprit.
Les apôtres ont été baptisés, et pourtant ils ont reçu l'Esprit à la Pentecôte...
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Baptême et salut

Message non lu par gerardh »

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Bonsoir Cinci,
Gérard a écrit : ce n’est pas le baptême qui donne la rémission des péchés ou l’effacement du péché originel. Le baptême ne convertit pas. Il n’est pas nécessaire au salut, mais Dieu commande à un croyant d’être baptisé.
Dans Jean 3, 5 l’eau est le symbole de l’action de la Parole de Dieu et non du baptême.
Cinci : Oui, alors c'est la différence entre la doctrine que présente Bibliquest et celle de l'Église catholique.
Bibliquest n’est qu’un recueil d’un certain nombre d’écrits des frères dans des ministères qu’ils ont reçu de docteurs (ou : enseignants).

Je crois avoir compris les principaux éléments de la doctrine catholique du baptême. Je ne la reçois pas dans son intégralité, mais vous faites bien, ainsi que d’autres, notamment Peccator et Mac, de m’en communiquer les détails.
pour l'Église catholique : le baptême va «déblayer le terrain au plus intime» afin que la vie chrétienne puisse (Oui, éventuellement) se déployer chez le sujet concerné. Ce geste que l'Église pose est ni plus ni moins que le toucher du Christ lui-même. Le geste est salvateur en soi. Le baptême est salvateur parce qu'il donne accès à la vie intime de l'Église, son Esprit Saint, sa communion, son culte en vérité, ses sacrements, son pardon réitéré (confession, etc.)
.

Quelles sont vos sources, vos fondements doctrinaux, pour affirmer cela ?
La doctrine de Bibliquest (…)il se fait baptiser parce que le Christ le demanderait, et ce, uniquement dans ce dessein de témoignage à servir aux autres (... de ce que le Christ aura pu réaliser auparavant, qu'il a «sauvé» la personne
C’est bien mon opinion, mais cela va plus loin (voir mon texte posté il y a quelques jours)
Oui, la doctrine de Bibliquest ne permettrait pas de penser que le baptême en soi puisse correspondre à une opération vitale, vivifiante, salvatrice, etc. Ce ne serait pas le cas, parce que la «vraie affaire», la transmutation de notre sujet en vrai disciple de Jésus aura dû se réaliser au préalable, «ailleurs»
Le vrai évènement est en effet la conversion, laquelle peut avoir lieu avant, pendant ou après le baptême.
indépendamment des bonshommes qui figurent le groupe de chrétiens rassemblés devant.
La conversion, comme d’ailleurs le baptême, ne sont pas des questions d’assemblée. La question des relations communes avec les autres chrétiens est un autre sujet.
il nous a sauvés par un bain de regénération et de renouvellement de l'Esprit Saint, qu'il a répandu sur nous richement par Jésus Christ notre Sauveur, pour que, justifiés par sa grâce
Plutôt le lavage de la régénération, c'est-à-dire non pas le baptême mais l’action de la Parole de Dieu. Et j’insiste sur la dernière partie du texte repris « pour que justifiés par sa grâce ».

Je ne comprends toujours pas la relation que vous faites entre la charité et le baptême.

Affectueusement.


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