Bonsoir,
Popeye a écrit :Bonjour,
Pour votre 1, oui, à condition de prouver que l'être est l'effet propre de Dieu (ou, si vous préférez, que l'argument thomasien soit probant, cf. ST, 44, 1, co), ce qui supposera de prouver jusqu'à la validité de l'épistémologie sous-jacente au réalisme modéré. Aussi, à défaut que vous soyez en mesure de les prouver, vous ne serez jamais que dans la croyance, croyant que c'est démontrable en raison sans l'avoir démontré. Notez que je ne nie pas que cela se puisse ; me bornant à faire remarquer que tant que cela n'est pas fait, la démonstration de la première classe des préambules de la foi n'est pas aportée. Bref, je ne fais qu'inciter les apologètes ici croisés à plus de percutant intellectuel.
En raisonnant par l'absurde, je me demande qui pourrait donner de l'être sinon la cause première, c'est-à-dire celle qui a l'être par elle-même. Poser comme postulat autre chose que "on ne peut donner de l'être que si on l'a" me semble absurde.
Partons de la possibilité qu'un être contingent donne de l'être à un autre. Cela signifie que si on remonte à la cause de cet être contingent, il reçoit de l'être d'un autre qui en a. On peut remonter au plus loin dans la chaîne des causes, en trouvant toujours de l'être, d'accord. Mais d'où cet être vient-il ? D'un être qui ne l'a pas reçu (car s'il l'a reçu, c'est qu'il ne l'avait pas en propre, du moins pas totalement). Or, qu'est-ce qu'un être qui n'a pas reçu l'être sinon un être qui a l'être par soi, donc la cause première nécessaire (et unique) que nous cherchons ? Je ne vois pas comment raisonner valablement hors du postulat "la cause première nécessaire est la source de l'être". Si la source de l'être est un ensemble fini de cause contingentes, on n'a pas expliqué d'où vient l'être.
Popeye a écrit :
Pour votre 2, non, puisque précisément la thèse de l'univers cyclique ne s'oppose pas aux observations. La conception voulant l'univers connaître une suite infinie d'expansions et d'implosions s'accorde au big-bang. De plus, quant à l'explication du fait, c'est-à-dire l'explication du mouvement cyclique, il en est manifestement plusieurs. Soit qu'il résulte d'un dieu créateur/destructeur au principe d'une création ab aeterno (autrement dit dieu cause efficiente d'un mouvement créé sans terminus a quo - thèse dont la possibilité théorique fait l'objet de disputations scolastiques -), soit d'un dieu immanent pouvant être conçu de diverses manières telles que Vie se déployant phénoménalement, ...
La thèse d'un univers cyclique ne peut pas, en l'état actuel des connaissances, trouver de justification. En effet, si la théorie du big-bang donne une origine à l'univers au-delà du mur de Planck, et si la théorie peut laisser supposer qu'une fois l'univers suffisamment grand, la gravitation le fera s'effondrer sur lui-même, créant le cycle dont vous parlez, il subsiste un os de taille. Comment expliquer, toujours de façon théorique, un exact retour à l'état originel du big-bang avec d'une part un enrichissement constant d'information dans l'univers, observé et attesté, et d'autre part un phénomène entropique qui crée du désordre de façon continue,
mais qui ne réduit pas les phénomènes physiques ? La théorie trouve inévitablement sa limite sur ce point. Peut-être que plus tard on sera en mesure de découvrir des phénomènes qui réduisent de façon certaine l'univers à une concentration d'énergie, comme au commencement. Mais pour l'instant, rien dans la théorie, ne permet de le supposer, et en tout cas aucune des 4 interactions fondamentales (ni la gravitation, ni l'électromagnétisme, ni les interactions nucléaires) ne peuvent l'expliquer. On s'orienterait plutôt, en l'état actuel des connaissances, vers un univers oscillant, sans retour réel à l'origine, ce qui n'en fait pas une entité purement cyclique. Il garde donc un réel commencement.
J'opine du chef sur vos explications concernant la cause d'un cycle, et cela est d'ailleurs compatible avec le postulat d'une cause première source de tout être.
En Christ,