Besoin de spiritualité

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Suliko
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Suliko »

En ce qui concerne ce que vous nommez un appel quasi mystique de Dieu, j'aimerais juste préciser que si un catholique devrait toujours avoir soin d'établir une véritable relation personnelle avec Dieu, la majorité des gens n'ont toutefois jamais bénéficié de visions mystiques ou d'apparitions. Sainte Thérèse d'Avila disait d'ailleurs que les religieuses qu'elles connaissaient et qui menaient une vie admirable dans leur couvent sans avoir jamais eu la grâce de visions ou apparitions étaient même beaucoup plus méritantes qu'elle, qui avait eu tant de faveurs divines.
Cela me fait aussi penser au fait que quand j'étais petite, je désirais fortement vivre des expériences spirituelles, mystiques fortes, surtout lors de ma première communion et de ma confirmation. Je souhaitais tant qu'il se passe quelque chose de surnaturel, que je ressente la présence divine. Il n'en fut rien et je réalise à présent comme c'était enfantin! Comme les religieuses dont nous parle la sainte, nous devons nous efforcer d'aimer Dieu pour lui-même sans rien attendre en retour. Pas comme moi enfant, qui sans le comprendre, portait à Dieu un amour intéressé, puisqu'espérant secrètement bénéficier de faveurs divines extraordinaires, prenant ainsi le risque d'en vouloir à Dieu s'Il ne faisait pas comme je le voulais!
Pour en revenir à la question première, je ne sais pas si on peut dire que j'ai ressenti un appel. Disons que la figure du Christ et donc, en somme, le christianisme, pour autant qu'on prenne la peine de s'y intéresser sérieusement, est une religion qui sort à mon avis du lot. Un Dieu qui se fait homme et va jusqu'à mourir pour nos péchés, ce n'est pas banal (et, quoi que l'on en dise, cela n'a que peu à voir avec les religions à mystères de l'Antiquité, ou avec ces êtres mi-humains/mi-divins de certaines religions païennes).
C'est pour cette raison que je laisserai ma fille faire son chemin, sans l'influencer, faire ses choix, de préférence quand elle sera suffisamment mature pour les faire, pour ne pas voir l'esprit critique qui se développera chez elle faire tout voler en éclats, comme ça s'est passé pour moi.
Sur ce point, je suis en désaccord avec vous, et je pense que ce sera le cas de la majorité des membres de ce forum. Lorsque nous avons quelque chose d'aussi précieux que la foi, nous ne pouvons que désirer la transmettre. Ensuite, le problème, c'est la manière de le faire et sans doute n'avez-vous pas eu la chance de recevoir un enseignement assez sérieux en matière de religion. L'autre problème, c'est l'environnement social, qui n'est plus catholique et n'aide donc pas à vraiment vivre de la foi et des sacrements dans une atmosphère un minimum fervente.
Pour être franc, quand je dis les avoir fréquenté, je les ai fréquentées, fréquentées... Pas pour boire un verre... Et à l'heure actuelle, je n'ai pas le sentiment d'avoir pêché. Mais peut-être voulez-vous dire que Jésus m'aurait accueilli malgré ces actions, comme il avait accueilli les prostituées.
Oui, le Christ a dit à la femme adultère : "Va et ne pèche plus!" En somme, l'attitude du chrétien consiste à haïr le péché et à aimer le pécheur (car nous sommes de toute façon tous pécheurs, à divers degrés). Le Christ n'a donc pas dit à cette femme que ce qu'elle faisait était bien, mais lui a donné la chance de se racheter en empêchant sa lapidation. Il ne l'a pas condamnée.
En ce qui concerne vos fréquentations et votre sentiment de n'avoir pas péché, je ne sais trop que vous dire, car j'avoue que lorsque je vous ai lu, c'est moins la catholique que la femme qui a parlé en moi. Et ce que je me disais, c'est que les hommes ont du mal à comprendre ce qu'implique la prostitution, le sentiment de souillure que peuvent ressentir ces femmes, malgré la gaieté apparente. Et puis, les relations sexuelles ne sont jamais anodines, ne serait-ce que parce que le risque de tomber enceinte est toujours présent et que les femmes en ont plus conscience que les hommes, qui ne portent pas cela dans leur chair. Bref, je ne veux pas faire de hors sujet. C'est juste mon ressenti par rapport à la question.
Je la pense au moins aussi poussiéreuse que le catholicisme
Mais le catholicisme n'a rien de poussiéreux. Il est à la base de notre civilisation européenne et a façonné notre culture, notre art, nos institutions pendant des siècles. Ce n'est pas rien et pour être sincère, je trouve que le résultat est assez brillant (je veux dire par là que je suis admirative de notre culture, de notre civilisation et que je trouve que nous n'avons vraiment pas à en rougir).
Je pourrais écrire des lignes et des lignes sur l'islam, qui m'a beaucoup intéressé durant mon adolescence et que je pense donc connaître pas trop mal, mais là encore, ce serait un hors sujet!

En tout cas, j'espère que votre RDV avec un prêtre se passera bien et si ce n'est pas le cas...essayez avec quelqu'un d'autre! (Il ne faut jamais se décourager rapidemment!)


Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Peccator »

Clovis a écrit :vous semblez tous "fans" du Christ (je ne dis pas ça de manière péjorative, je trouve ça très beau, la manière dont vous évoquez cette relation).
Fan ? Je ne sais pas pour les autres, mais moi je trouve que le mot est faible ! :)

Ensuite, ce qui revient dans les paroles de chacun d'entre vous, c'est que vous avez tous ressentis un appel, quasiment mystique, quelque chose d'intangible, mais que vous n'aviez jamais expérimenté jusqu'alors. Quelque chose s'et passé.
Oui. Mais je pense aussi que pour entendre cet appel, il faut tendre l'oreille.



J'ai cru ce qu'on me disait être vrai. C'est pour cette raison que je laisserai ma fille faire son chemin, sans l'influencer, faire ses choix, de préférence quand elle sera suffisamment mature pour les faire, pour ne pas voir l'esprit critique qui se développera chez elle faire tout voler en éclats, comme ça s'est passé pour moi.
Attention qu'on ne peut pas choisir quelque chose qu'on ne connait pas du tout. Laisser votre fille choisir sans l'influencer, c'est très bien : c'est le choix de Dieu, qui respecte toujours notre liberté. Mais pour choisir librement, il faut aussi avoir assez d'informations pour choisir, sinon on est bel et bien influencé.
Même si vous ne croyez pas, mais admettez que peut-être, il y a là quelque chose que votre fille pourrait vouloir choisir, donnez-lui la chance de pouvoir apprendre "de première main". Ne la laissez pas n'être exposée qu'au discours athéiste et au salmingondi vaguement new age des articles de "spiritualité" des magazines.

Je voulais dire dans cette phrase que j'ai du mal avec l'idée de l'appel par Dieu. J'espère de tout coeur le ressentir, le vivre. Peut-être ma démarche est-elle le début de cet appel.
Je vous le souhaite de tout coeur.


Pour être franc, quand je dis les avoir fréquenté, je les ai fréquentées, fréquentées... Pas pour boire un verre... Et à l'heure actuelle, je n'ai pas le sentiment d'avoir pêché. Mais peut-être voulez-vous dire que Jésus m'aurait accueilli malgré ces actions, comme il avait accueilli les prostituées.
On avait bien compris ;)

Je l'affirme : Jésus vous accueille tel que vous êtes, aujourd'hui. Si vous voulez lire combien Jésus aime les pécheurs, je vous propose de lire par exemple Luc 7, 36-50.




Mais je trouve très sympa les méthodes de certains prêtres, en Amérique du Sud notamment, qui sont très rock'n'roll, dont certains écoutent ouvertement du heavy-métal par exemple (que d'autres auraient épinglé immédiatement comme musique satanique, alors qu'il y a beaucoup de musuciens de métal qui sont cathos).
Avez-vous entendu parle du père Gilbert ? Il y a pas mal de prêtres qui comme lui vont là où on ne s'attend pas à trouver un prêtre, mais il est probablement le plus connu... et il a une sacré personnalité !
Allez savoir pourquoi, la presse n'en parle pas très souvent, de ces prêtres "de choc". Elle préfère parler du Pape...

Je crois que c'est l'un des conseils les plus importants que j'ai reçu. La foi, peut-être est-ce la meilleure chose que je puisse demander.
C'est probablement le meilleur conseil qui vous ait été donné ici.
Et tant que vous y êtres, à demandez la foi, n'hésitez pas à demander aussi ses deux "soeurs jumelles" : l'espérance et l'amour (la charité). La foi, l'amour et l'espérance, c'est ce que Dieu nous donne pour nous guider jusqu'à Lui.
N'hésitez surtout pas : demandez les, exigez-les, harcelez Dieu jusqu'à ce qu'Il vous les donne.




J'ai une question peut-être un peu bête. Ai-je le droit de communier à nouveau, ayant fait ma première communion, malgré le parcours chaotique qui a suivi?
C'est tout sauf une question "un peu bête". Je dirais que c'est une question à poser d'abord au prêtre que vous rencontrerez, parce que vous aurez possibilité de faire mieux connaissance, qu'il vous connaîtra un peu mieux que nous, et pourra donc vous répondre de manière plus appropriée.

Mais je pense que poser la question en terme de "ai-je le droit", c'est aborder le problème par le mauvais bout.

Le bon bout, c'est de réfléchir à pourquoi vous voulez communier à nouveau, qu'est-ce que ce désir signifie.

L'enseignement de l'Eglise vous dit que vous devez d'abord demander (et recevoir) le sacrement de réconciliation. Ca, c'est pour le "droit". Mais il est important de comprendre pourquoi. Le Pape l'a bien dit : il n'est pas bon d'imposer une "douane sacramentelle".

A tout prendre, et je sais bien que certains vont hurler au sacrilège, mais je pense que Dieu préfère voir un pécheur revenir vers Lui en venant communier sincèrement sans s'être confessé que de le voir continuer à Lui tourner le dos parce qu'il n'arrive pas à demander le sacrement de réconciliation. Je me dis que Jésus n'a fait aucun reproche à la femme qui souffrait d'hémoroïdes et qui s'est glissé dans la foule pour le toucher à son insu (Luc 8, 43-48). Au contraire, Il lui a dit : "va, ta foi t'a sauvée". Et je crois qu'aller communier, c'est nourrir sa foi, même si on pense l'avoir perdue.

Mais même si je tiens ce discours, je vous invite aussi à bien réfléchir au sens de l'eucharistie. Au fait que vous êtes en présence du corps du Christ, que vous êtes physiquement en présence de Dieu, et qu'en communiant, c'est Dieu Lui-même, directement, que vous recevez très concrètement dans l'intimité de votre corps. C'est tellement énorme que c'en est inconcevable. Ne pensez-vous pas que cela mérite de prendre un peu de temps pour aller d'abord vous réconcilier avec Lui ?

Jésus est aussi un homme : que son humanité vous soit un guide. Comment feriez-vous pour vous rapprocher d'un ami avec lequel vous vous êtes brouillé depuis longtemps ? Vous commenceriez par débarquer chez lui comme si de rien n'était, ou vous reprendriez contact en lui disant que vous regrettez toutes ces années de brouille et en lui demandant de bien vouloir vous accepter à nouveau comme ami ?

J'en témoigne : vous vivrez d'autant plus intensément la communion que vous aurez d'abord fait l'expérience de la miséricorde de Dieu, quand vous aurez pu Lui dire, lui dire verbalement, en prononçant les mots, et pas seulement dans le secret de votre coeur, tout ce que vous avez fait qui, pensez-vous, peut L'avoir offensé, et que vous aurez entendu que tout est pardonné.
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Teano
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Teano »

Cher Clovis,

Vous ne vous en rendez probablement pas compte mais il y a un appel qui résonne en vous : vous avez reçu des fondements spirituels catholiques et vous êtes en train de vous appuyer dessus pour avancer. Même si vous ne savez pas trop où cela va vous mener, votre coeur a commencé à se tourner vers le Christ après avoir essayé différentes autres voies.
Maintenant, je lis votre dernier message, vous aspirez à communier, vous vous sentez attiré par l'eucharistie, par le Corps du Christ. Ce n'est pas anodin.
Vous ne la voyez peut-être pas, mais la foi est là. Peu importe qu'elle soit "grande" ou "petite", elle est là et ne demande probablement qu'à ce que vous la laissiez se déployer dans votre vie.

Le catholicisme ne demande pas un lavage de cerveau : son corpus doctrinal, son histoire, son organisation, tout cela demande du temps à comprendre et pour l'instant, je ne pense pas que cela soit exactement ce que vous cherchez ni ce que Dieu vous demande. Il ne s'agit pas de s'encarter dans un parti politique ni de s'engager dans le militantisme.

Dans votre premier message, vous parlez de votre tempérament anxieux, je vous comprends, je suis l'anxiété personnifiée. C'est pénible à vivre. Je reconnais que la foi ne m'a pas rendue moins angoissée mais mieux équipée pour y faire face. Pour des personnes comme nous, le plus difficile c'est d'accepter de se laisser faire, de lâcher prise et en fin de compte, de se laisser aimer (la grande angoisse de l'angoissé). C'est pourtant la clé de l'Evangile et de la rencontre avec Jésus-Christ (voyez en Mt 3.15, Jésus répond "laisse-moi faire" à Jean-Baptiste).

Mettez-vous devant Dieu et ne dites rien, c'est parfait !

Dans la joie de Marie

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"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Philo Perenne »

Clovis a écrit :Merci à tous pour vos témoignages qui dispersent déjà un peu la brume... Les deux choses qui me frappent le plus, c'est d'abord le fait que tout soit basé sur le Christ, parte de lui et mène à lui pour reprendre les termes de l'un de vous. Pas évident à appréhender, mais c'est plus clair... Je vais caricaturer: vous semblez tous "fans" du Christ (je ne dis pas ça de manière péjorative, je trouve ça très beau, la manière dont vous évoquez cette relation).
Ensuite, ce qui revient dans les paroles de chacun d'entre vous, c'est que vous avez tous ressentis un appel, quasiment mystique, quelque chose d'intangible, mais que vous n'aviez jamais expérimenté jusqu'alors. Quelque chose s'et passé. Je réalise que même enfant, lors de ma première communion et de ma profession de foi, je n'ai jamais connu la vraie foi... J'ai cru ce qu'on me disait être vrai. C'est pour cette raison que je laisserai ma fille faire son chemin, sans l'influencer, faire ses choix, de préférence quand elle sera suffisamment mature pour les faire, pour ne pas voir l'esprit critique qui se développera chez elle faire tout voler en éclats, comme ça s'est passé pour moi.
Bonjour Clovis,

Vous avez en effet mis le doigt sur l'essentiel. Pourquoi ce centrage sur Jésus ? Non pas pour avoir une "Superstar", comme chez les hippies dans les années 1960-70.
Mais parce que "Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître". (Jean 1:18).

Et répondant à Thomas : "Jésus lui dit : 'Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père ; dès à présent vous le connaissez et vous l'avez vu.' " (Jn 14:6-7)

En d'autres termes, Dieu s'est incarné dans le monde, Il s'est donné visage humain, pour sauver l'homme, pour lui montrer le chemin du retour vers le Père.
"Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle." (Jn 3:16)
Clovis a écrit :
Lauve a écrit : Il y a une chose importante que vous pouvez demander si vous en avez envie un jour : demandez la foi car c'est un véritable don, si vous en éprouvez le désir vous pouvez demander à ce Dieu, qui vous semble si étranger, de le connaître.
Je crois que c'est l'un des conseils les plus importants que j'ai reçu. La foi, peut-être est-ce la meilleure chose que je puisse demander.
Quant à votre femme et votre fille, c'est en devenant témoins de votre propre foi qu'elles pourront mieux comprendre et vivre cette proximité. Votre femme étant originaire d'un environnement culturel bouddhiste, il est naturel qu'elle ait du mal à accrocher pour le moment. Les choses viendront en leur temps si vous accueillez en vous ce message du Christ.
Clovis a écrit :
agnelle a écrit :Bonjour Clovis,

Je ne peux que vous encourager de rejoindre un parcours Alpha organisé par une église. Il s'agit d'un parcours en 12 semaines, 1 thème à chaque séance suivi d'un échange.
Quand j'ai suivi le mien, j'étais comme vous, pleine de questionnements et pas vraiment la foi. Depuis les choses ont bien changé en ce qui me concerne.

Allez voir :
http://www.parcoursalpha.fr/

Je vous souhaite de rencontrer de bons interlocuteurs qui pourront vous aider dans votre quête.
Je suis également à votre disposition si jamais vous avez envie de parler de tout ça...
Le plus important selon moi est la lecture de l'évangile qui vous montrera qui est le Christ....ce n'est pas une religion d'interdits mais une religion d'amour et de paix. Moi aussi j'ai eu au début de lourds désaccords avec l'Eglise mais la rencontre avec le Christ a été victorieuse.

Fraternellement,
Je connais le parcours Alpha, on m'en a parlé. Il y a beaucoup d'information sur ce parcours devant l'église près de chez moi.
J'ai suivi ce parcours l'année dernière durant ma première saison de catéchuménat, et suis amené à mon tour à animer cette année quelques uns des thèmes. Alpha donne une approche de la foi dans le vécu, dans le quotidien, à travers les expériences et témoignages des animateurs. C'est donc une formule particulièrement vivante et conviviale. J'encourage tout un chacun à s'y joindre.

Philo Perenne
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Clovis
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Clovis »

Suliko a écrit :En ce qui concerne ce que vous nommez un appel quasi mystique de Dieu, j'aimerais juste préciser que si un catholique devrait toujours avoir soin d'établir une véritable relation personnelle avec Dieu, la majorité des gens n'ont toutefois jamais bénéficié de visions mystiques ou d'apparitions. Sainte Thérèse d'Avila disait d'ailleurs que les religieuses qu'elles connaissaient et qui menaient une vie admirable dans leur couvent sans avoir jamais eu la grâce de visions ou apparitions étaient même beaucoup plus méritantes qu'elle, qui avait eu tant de faveurs divines.
Cela me fait aussi penser au fait que quand j'étais petite, je désirais fortement vivre des expériences spirituelles, mystiques fortes, surtout lors de ma première communion et de ma confirmation. Je souhaitais tant qu'il se passe quelque chose de surnaturel, que je ressente la présence divine. Il n'en fut rien et je réalise à présent comme c'était enfantin! Comme les religieuses dont nous parle la sainte, nous devons nous efforcer d'aimer Dieu pour lui-même sans rien attendre en retour. Pas comme moi enfant, qui sans le comprendre, portait à Dieu un amour intéressé, puisqu'espérant secrètement bénéficier de faveurs divines extraordinaires, prenant ainsi le risque d'en vouloir à Dieu s'Il ne faisait pas comme je le voulais!
Pour en revenir à la question première, je ne sais pas si on peut dire que j'ai ressenti un appel. Disons que la figure du Christ et donc, en somme, le christianisme, pour autant qu'on prenne la peine de s'y intéresser sérieusement, est une religion qui sort à mon avis du lot. Un Dieu qui se fait homme et va jusqu'à mourir pour nos péchés, ce n'est pas banal (et, quoi que l'on en dise, cela n'a que peu à voir avec les religions à mystères de l'Antiquité, ou avec ces êtres mi-humains/mi-divins de certaines religions païennes).
Je me doute que l'immense majorité d'entre vous n'ont pas assisté à des phénomènes paranormaux qui constitueraient le fameux appel. Mais ce qui se retrouve dans vos discours, c'est tout de même un sentiment bien particulier d'avoir été attiré, appelé. Une des premières réponses que j'ai eu sur ce sujet est "vas , entre dans l'église et parle avec Dieu, tu verras bien s'il te répond". C'est interpellant. J'imagine bien que ça ne se passe pas comme dans Don Camillo. Mais pour se rendre compte s'il répond, il faut ressentir quelque chose, je pense.
Suliko a écrit :Sur ce point, je suis en désaccord avec vous, et je pense que ce sera le cas de la majorité des membres de ce forum. Lorsque nous avons quelque chose d'aussi précieux que la foi, nous ne pouvons que désirer la transmettre. Ensuite, le problème, c'est la manière de le faire et sans doute n'avez-vous pas eu la chance de recevoir un enseignement assez sérieux en matière de religion. L'autre problème, c'est l'environnement social, qui n'est plus catholique et n'aide donc pas à vraiment vivre de la foi et des sacrements dans une atmosphère un minimum fervente.
Si la foi m'habitait, je pense que malgré tout, je ne voudrais pour rien au monde convertir mon épouse et changer ses croyances qui semblent la rendre heureuse. Concernant ma fille, je pense intéressant, quand il y a deux religions au sein du couple, de l'informer sur les deux, de l'emmener à la messe ou aux fêtes Bouddhistes comme nous l'avons déjà fait en Thaïlande. Elle verrait bien alors vers où elle est attirée.



Suliko a écrit :En ce qui concerne vos fréquentations et votre sentiment de n'avoir pas péché, je ne sais trop que vous dire, car j'avoue que lorsque je vous ai lu, c'est moins la catholique que la femme qui a parlé en moi. Et ce que je me disais, c'est que les hommes ont du mal à comprendre ce qu'implique la prostitution, le sentiment de souillure que peuvent ressentir ces femmes, malgré la gaieté apparente. Et puis, les relations sexuelles ne sont jamais anodines, ne serait-ce que parce que le risque de tomber enceinte est toujours présent et que les femmes en ont plus conscience que les hommes, qui ne portent pas cela dans leur chair. Bref, je ne veux pas faire de hors sujet. C'est juste mon ressenti par rapport à la question.
Comme vous dites, il vaut mieux ne pas faire de hors-sujet et s'attarder sur cette question. J'ai cru bon de le préciser parce que je pense que c'est ce que j'ai pu commettre de plus répréhensible du point de vue de la religion. Je me doute que je n'arriverai pas à vos convaincre du nombre d'idées reçues qui circulent sur la question, des conditions bien différentes dans lesquelles ça peut se passer dans un autre pays, dans une autre culture. Mais je ne veux pas faire la promotion de cela. Et j'entends parfaitement que ce soit particulièrement difficile à appréhender pour une femme, quoiqu'il existe aussi des prostitués masculins pour dames, je crois que ce n'est pas une question qui concerne uniquement l'inconscience des hommes à ce sujet...
Peccator a écrit : Oui. Mais je pense aussi que pour entendre cet appel, il faut tendre l'oreille.

C'est ce que je vais m'efforcer de faire.




Peccator a écrit :Avez-vous entendu parle du père Gilbert ? Il y a pas mal de prêtres qui comme lui vont là où on ne s'attend pas à trouver un prêtre, mais il est probablement le plus connu... et il a une sacré personnalité !
Allez savoir pourquoi, la presse n'en parle pas très souvent, de ces prêtres "de choc". Elle préfère parler du Pape...
Je ne le connaissais pas non, mais je viens de le découvrir sur internet grâce à vous. Ca c'est le genre de bonhommes que j'aime.

Teano a écrit :Cher Clovis,

Vous ne vous en rendez probablement pas compte mais il y a un appel qui résonne en vous : vous avez reçu des fondements spirituels catholiques et vous êtes en train de vous appuyer dessus pour avancer. Même si vous ne savez pas trop où cela va vous mener, votre coeur a commencé à se tourner vers le Christ après avoir essayé différentes autres voies.
Maintenant, je lis votre dernier message, vous aspirez à communier, vous vous sentez attiré par l'eucharistie, par le Corps du Christ. Ce n'est pas anodin.
Vous ne la voyez peut-être pas, mais la foi est là. Peu importe qu'elle soit "grande" ou "petite", elle est là et ne demande probablement qu'à ce que vous la laissiez se déployer dans votre vie.

Le catholicisme ne demande pas un lavage de cerveau : son corpus doctrinal, son histoire, son organisation, tout cela demande du temps à comprendre et pour l'instant, je ne pense pas que cela soit exactement ce que vous cherchez ni ce que Dieu vous demande. Il ne s'agit pas de s'encarter dans un parti politique ni de s'engager dans le militantisme.

Dans votre premier message, vous parlez de votre tempérament anxieux, je vous comprends, je suis l'anxiété personnifiée. C'est pénible à vivre. Je reconnais que la foi ne m'a pas rendue moins angoissée mais mieux équipée pour y faire face. Pour des personnes comme nous, le plus difficile c'est d'accepter de se laisser faire, de lâcher prise et en fin de compte, de se laisser aimer (la grande angoisse de l'angoissé). C'est pourtant la clé de l'Evangile et de la rencontre avec Jésus-Christ (voyez en Mt 3.15, Jésus répond "laisse-moi faire" à Jean-Baptiste).

Mettez-vous devant Dieu et ne dites rien, c'est parfait !

Dans la joie de Marie

Teano

Témoignage o combien précieux et qui résonne particulièrement dans mon esprit. Merci.
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Johnny »

Clovis a écrit : Pour être franc, quand je dis les avoir fréquenté, je les ai fréquentées, fréquentées... Pas pour boire un verre... Et à l'heure actuelle, je n'ai pas le sentiment d'avoir pêché. Mais peut-être voulez-vous dire que Jésus m'aurait accueilli malgré ces actions, comme il avait accueilli les prostituées.
J'avais bien compris.

Nous faisons tous des péchés sans en être pleinement conscient, mais bien sûr que Jésus vous accueillera, malgré votre péché (comme nous tous): Il a dit : "Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver".

Mais peut-être ne savez-vous pas bien ce qu'est la péché : le péché est ce qui déplait à Dieu, car il va contre l'Amour : Amour de soi, Amour des autres, Amour de Dieu.
L'Amour humain, dans la famille, est le don de soi; il est ce qui nous permet de comprendre autant que nous puissions ce qu'est l'Amour de Dieu pour nous. Vous comprenez immédiatement que la prostitution est aux antipodes.

En fréquentant une prostituée, vous commettez donc un péché, car, consciemment ou non, et même si la prostituée était "volontaire", vous avez avec eu elle une relation qui n'est conforme ni à votre dignité d'Homme, ni à la sienne, et pour les croyants, à ce que Dieu souhaite pour eux et pour elle.
D'ailleurs, même si vous ne comprenez pas bien pourquoi c'est un péché, au fond de vous, vous n'êtes pas très fier, et c'est votre conscience vous le dit. C'est tellement dans la conscience humaine, que, quelque soient les cultures, la prostituée est toujours considérée comme la condition la plus basse de la société (on touche la morale "naturelle").

La prostitution est un péché contre vous-même, car cet acte ne vous grandit pas à vos propres yeux, mais il vous abaisse. En dégradant l'estime que vous avez de vous même, vous diminuez votre capacité d'Amour pour les autres. Et cet acte est bien sûr un péché envers la pauvre femme, acte qui dénie son humanité.

Fraternellement
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
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Clovis
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Re: Besoin de spiritualité

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Philo Perenne a écrit : Quant à votre femme et votre fille, c'est en devenant témoins de votre propre foi qu'elles pourront mieux comprendre et vivre cette proximité. Votre femme étant originaire d'un environnement culturel bouddhiste, il est naturel qu'elle ait du mal à accrocher pour le moment. Les choses viendront en leur temps si vous accueillez en vous ce message du Christ.

Concernant ma femme, c'est sûr, quoiqu'il advienne, je ne chercherai jamais à la faire changer de religion. Sa foi est belle et la remplit de sérénité. Je ne peux pas lui demander de changer de culture et risquer de bouleverser quelque chose qui l'équilibre.
Johnny a écrit : En fréquentant une prostituée, vous commettez donc un péché, car, consciemment ou non, et même si la prostituée était "volontaire", vous avez avec eu elle une relation qui n'est conforme ni à votre dignité d'Homme, ni à la sienne, et pour les croyants, à ce que Dieu souhaite pour eux et pour elle.
D'ailleurs, même si vous ne comprenez pas bien pourquoi c'est un péché, au fond de vous, vous n'êtes pas très fier, et c'est votre conscience vous le dit. C'est tellement dans la conscience humaine, que, quelque soient les cultures, la prostituée est toujours considérée comme la condition la plus basse de la société (on touche la morale "naturelle").

Je comprends votre point de vue, du moins celui de la religion vis à vis de cela. En tout cas je le saisis. Pour être honnête, au risque de choquer, je suis en paix avec ma conscience concernant ceci. Si j'en ai parlé ici, c'était pour justement confronter certains points, et montrer qu'à l'heure actuelle, mon désir de retour vers la foi, peut être en contradiction avec certaines de mes convictions. Pour simplifier: je l'ai fait, je n'en ai pas honte et j'ai même des idées libérales sur la prostitution, et comme vous vous ne doutez, comme la foi n'arrive pas facilement ni du jour au lendemain, ça non plus, ça ne changera pas du jour au lendemain. Mais quand j'approche des croyants comme ici en leur expliquant mon désir de me rapprocher du Christ, je me dois de leur signaler mes idées sur la question et mon passé, sachant qu'ils considèrent cela comme un très grand pêché.

Johnny a écrit :La prostitution est un péché contre vous-même, car cet acte ne vous grandit pas à vos propres yeux, mais il vous abaisse. En dégradant l'estime que vous avez de vous même, vous diminuez votre capacité d'Amour pour les autres.

Mais par exemple, je m'occupe de personnes malades qui vivent la misère sexuelle, et qui n'ont que cette solution pour se "calmer"... Qui sait ce qu'ils seraient capables de faire si ils n'avaient pas ces femmes dans leur vie.
Johnny a écrit :Et cet acte est bien sûr un péché envers la pauvre femme, acte qui dénie son humanité.


Si il y a bien une chose que je n'ai jamais nié et même toujours défendu, c'est l'humanité des prostituées, des filles de bar comme on les appelle en Asie du Sud-Est. Plus important que l'acte sexuel en lui-même, ce qui fait la différence avec les conditions épouvantables dans laquelle les prostituées sont obligées d'exercer en France, c'est qu'elles ont un toit, leur liberté, et surtout, partage bien plus avec l'homme que le simple acte sexuel, il y a un véritable échange qui va au-delà d'une sordide copulation. J'ai un immense respect pour la capacité d'écoute de ces femmes et le réconfort qu'elles peuvent apporter. Pour tout vous dire, de belles histoires peuvent même se produire. Ma femme gravitait autour de ce monde quand je l'ai connue. Elle n'était pas vraiment fille de bar, mais si ça avait été le cas, ça n'aurait rien changé pour moi. C'est ainsi que nous nous sommes rencontrés et sommes tombés amoureux. Mais je reconnais que tous les hommes qui se rendent là-bas n'ont pas une démarche aussi respectueuse, bien que les vrais pervers constituent une minorité. En réalité, beaucoup d'esseulés vivent un paradis artificiel là-bas...
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Clovis a écrit :
Philo Perenne a écrit : Quant à votre femme et votre fille, c'est en devenant témoins de votre propre foi qu'elles pourront mieux comprendre et vivre cette proximité. Votre femme étant originaire d'un environnement culturel bouddhiste, il est naturel qu'elle ait du mal à accrocher pour le moment. Les choses viendront en leur temps si vous accueillez en vous ce message du Christ.
Concernant ma femme, c'est sûr, quoiqu'il advienne, je ne chercherai jamais à la faire changer de religion. Sa foi est belle et la remplit de sérénité. Je ne peux pas lui demander de changer de culture et risquer de bouleverser quelque chose qui l'équilibre.

Clovis, 2 mots sur cette question :

- le bouddhisme est une religion formidable. Sur ce qu'elle a de plus profond, elle est incompatible avec le christianisme : on ne peut pas être chrétien et bouddhiste (j'ai essayé, et je ne suis pas le seul à avoir fini par comprendre que ce n'est pas possible). Mais elle développe une pensée très belle, particulièrement riche, et on se retrouve sur beaucoup de points dans la manière de vivre au quotidien. Grandir dans la foi chrétienne, cela devrait probablement vous rapprocher de votre femme bouddhiste.

- dites vous bien que vous ne pouvez convertir personne. Ni vous, ni moi. Se convertir, c'est s'ouvrir à la foi, et la foi est un don de Dieu. Tout ce que vous pouvez faire, c'est vivre votre foi et en témoigner. N'oubliez pas que Dieu, dans sa toute puissance, ne convertit personne de force. Si Lui ne le fait pas, nous n'avons pas à le faire. Donc ne vous préoccupez pas de convertir ou pas votre femme ou votre fille.


Si vous souhaitez avancer sur le chemin de Jésus Christ, mais pouvoir dialoguer avec votre femme sur ce que vit chacun de vous, je vous recommande les ouvrages de Dennis Gira. C'est un théologien catholique, mais il enseigne le bouddhisme à la catho ;) C'est l'une des rares personnes au monde à connaître intimement les deux mondes, je pense même qu'il connait beaucoup mieux le bouddhisme que beaucoup de gens qui se disent bouddhistes.


----

La question de la prostitution m'intéresse fort peu. Vous avez fait ce que vous avez fait. Effectivement, je pense que c'est un péché, mais outre le fait que ce n'est pas à moi de juger, je suis aussi convaincu que c'est quelque chose que vous découvrirez par vous-même, le moment venu. N'entrez pas dans la logique de l'autorisé et du défendu. Entrez dans la logique de l'amour... et suivez là jusqu'au bout. Vous serez étonné de là où elle vous mènera.

Si un jour vous souhaitez discuter de ce sujet, on en reparlera. Ou vous en parlerez à d'autres, peu importe. Mais aujourd'hui, je pense sincèrement que c'est prématuré, puisque visiblement cela n'est pas une préoccupation pour vous.


Et au fait, vous n'avez pas à nous parler à nous de votre passé. Il ne regarde que vous, Dieu, et les personnes avec qui vous l'avez vécu. Parlez de ce dont vous ressentez le besoin de parler. Encore une fois, Jésus vous connait bien, et il vous accueille tel que vous êtes.




Mais par exemple, je m'occupe de personnes malades qui vivent la misère sexuelle, et qui n'ont que cette solution pour se "calmer"... Qui sait ce qu'ils seraient capables de faire si ils n'avaient pas ces femmes dans leur vie.
Que cette solution ? Ont-elle essayé, par exemple, la prière ? Ca peut faire rire, moi ça me faisait bien marrer... jusqu'à ce que j'essaie.

Surtout, n'allez pas croire que je les juge ou les condamne. Je ne sais pas ce que vivent ces personnes (je ne suis pas à leur place), mais je sais bien combien l'aiguillon de la chair peut nous travailler. Même St Paul en témoignait, lui aussi il avait du mal ! Mais on a vite fait de conclure que céder à la tentation est le seul moyen de se calmer. Malheureusement, on constate bien que le calme n'est que de courte durée, et plus on cède, plus la durée se raccourcit...

Et puis quand on parle de "misère sexuelle", on mélange très vite deux choses : le désir du corps (qui peut être une grande souffrance), et le manque d'affection, ou plus exactement le manque d'amour, qui cause de grandes douleurs lui aussi, mais qui est pourtant tout autre chose. Recevoir beaucoup d'amour, ça aide beaucoup à calmer le désir du corps.

Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais je parle là en connaissance de cause.
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Peccator a écrit :
Clovis a écrit : Concernant ma femme, c'est sûr, quoiqu'il advienne, je ne chercherai jamais à la faire changer de religion. Sa foi est belle et la remplit de sérénité. Je ne peux pas lui demander de changer de culture et risquer de bouleverser quelque chose qui l'équilibre.

Clovis, 2 mots sur cette question :

- le bouddhisme est une religion formidable. Sur ce qu'elle a de plus profond, elle est incompatible avec le christianisme : on ne peut pas être chrétien et bouddhiste (j'ai essayé, et je ne suis pas le seul à avoir fini par comprendre que ce n'est pas possible). Mais elle développe une pensée très belle, particulièrement riche, et on se retrouve sur beaucoup de points dans la manière de vivre au quotidien. Grandir dans la foi chrétienne, cela devrait probablement vous rapprocher de votre femme bouddhiste.

- dites vous bien que vous ne pouvez convertir personne. Ni vous, ni moi. Se convertir, c'est s'ouvrir à la foi, et la foi est un don de Dieu. Tout ce que vous pouvez faire, c'est vivre votre foi et en témoigner. N'oubliez pas que Dieu, dans sa toute puissance, ne convertit personne de force. Si Lui ne le fait pas, nous n'avons pas à le faire. Donc ne vous préoccupez pas de convertir ou pas votre femme ou votre fille.


Si vous souhaitez avancer sur le chemin de Jésus Christ, mais pouvoir dialoguer avec votre femme sur ce que vit chacun de vous, je vous recommande les ouvrages de Dennis Gira. C'est un théologien catholique, mais il enseigne le bouddhisme à la catho ;) C'est l'une des rares personnes au monde à connaître intimement les deux mondes, je pense même qu'il connait beaucoup mieux le bouddhisme que beaucoup de gens qui se disent bouddhistes.


Votre point de vue est très raisonnable, j'adhère totalement.


----
Peccator a écrit :La question de la prostitution m'intéresse fort peu. Vous avez fait ce que vous avez fait. Effectivement, je pense que c'est un péché, mais outre le fait que ce n'est pas à moi de juger, je suis aussi convaincu que c'est quelque chose que vous découvrirez par vous-même, le moment venu. N'entrez pas dans la logique de l'autorisé et du défendu. Entrez dans la logique de l'amour... et suivez là jusqu'au bout. Vous serez étonné de là où elle vous mènera.

Si un jour vous souhaitez discuter de ce sujet, on en reparlera. Ou vous en parlerez à d'autres, peu importe. Mais aujourd'hui, je pense sincèrement que c'est prématuré, puisque visiblement cela n'est pas une préoccupation pour vous.


Et au fait, vous n'avez pas à nous parler à nous de votre passé. Il ne regarde que vous, Dieu, et les personnes avec qui vous l'avez vécu. Parlez de ce dont vous ressentez le besoin de parler. Encore une fois, Jésus vous connait bien, et il vous accueille tel que vous êtes.

Je suis d'accord. J'en ai parlé ici pour une raison bien précise que j'ai évoqué plus haut, je ne souhaite pas non plus épiloguer sur la question davantage. Si ce n'est que:




Peccator a écrit :
Clovis a écrit :Mais par exemple, je m'occupe de personnes malades qui vivent la misère sexuelle, et qui n'ont que cette solution pour se "calmer"... Qui sait ce qu'ils seraient capables de faire si ils n'avaient pas ces femmes dans leur vie.
Que cette solution ? Ont-elle essayé, par exemple, la prière ? Ca peut faire rire, moi ça me faisait bien marrer... jusqu'à ce que j'essaie.

Surtout, n'allez pas croire que je les juge ou les condamne. Je ne sais pas ce que vivent ces personnes (je ne suis pas à leur place), mais je sais bien combien l'aiguillon de la chair peut nous travailler. Même St Paul en témoignait, lui aussi il avait du mal ! Mais on a vite fait de conclure que céder à la tentation est le seul moyen de se calmer. Malheureusement, on constate bien que le calme n'est que de courte durée, et plus on cède, plus la durée se raccourcit...

Et puis quand on parle de "misère sexuelle", on mélange très vite deux choses : le désir du corps (qui peut être une grande souffrance), et le manque d'affection, ou plus exactement le manque d'amour, qui cause de grandes douleurs lui aussi, mais qui est pourtant tout autre chose. Recevoir beaucoup d'amour, ça aide beaucoup à calmer le désir du corps.

Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais je parle là en connaissance de cause.
Les malades en question sont des malades mentaux. Beaucoup d'entre eu sont fort peu attirants physiquement pour le commun des mortels et ont perdu depuis longtemps tout espoir d'avoir une vie affective classique et de trouver une moitié. Le seul moment où ils ont l'impression de vivre quelque chose qui s'en rapproche, c'est avec des filles de joie, tant pour le désir charnel que pour l'affection. Pour ce qui est de la religion, un aumônier passe voir ceux qui le souhaitent, certains prient, beaucoup d'entre eux délirent à fond les ballons sur la religion, que ce soit le catholicisme, le judaïsme, le bouddhisme ou l'islam. J'ai quelques patientes enceintes du saint-esprit et quelques Jésus réincarnés dans ma patientèle... La prière apaise certains d'entre eux, mais ne règle pas vraiment le problème, malheureusement la religion peut-être source de décompensation pour certains d'entre eux. Une problématique bien compliquée.


En tout cas, je vous remercie grandement. Vous avez réellement éclairci ma pensée et m'avez effectivement accueilli sans me juger, en vous intéressant réellement à mes questionnements, et en y répondant déjà en partie. Je me sens réellement plus léger à ce jour.
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Peccator »

Effectivement, pour vos patients, ce n'est pas simple. Merci de nous rappeler que ces situations existent aussi, elles permettent d'éprouver les réponses trop simples que l'on peut donner parfois bien rapidement...
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par alinemarie8861 »

cher Clovis, mon frère, puis-je vous proposer de lire mon témoignage (qui reste certes, très personnel!, et donc "atypique"!, déjà au vu de mon parcours que vous pourrez "remonter" au fil de mes articles), sur ce que peut être ("signes", questionnement, cheminement dans le discernement, étapes, épreuves....) "un appel de Dieu"?

espérant que cela pourra vous aider?, répondre à vos questions et "étancher vôtre curiosité"? :-D :D ;)

en Christ....
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par Invité »

Clovis,
vous me faites penser à ce fils qui avait quitté le bercail pour allez voir comment l'herbe était plus verte ailleurs;et cela ne m'étonne pas qu'après avoir expérimenté des choses, des concepts vous tentiez de revenir;
Pourquoi ? parce qu'une fois de plus vous êtes appelé;mais on dirait que cette fois-ci vous essayez de tendre l'oreille.

Si je puis me permettre, vu tout ce que vous avez vécu "loin" de Dieu votre angoisse est normale et même signe qu'il vous manque quelque chose d'essentiel ;vous ne pouvez pas être en paix tant que vous ne vous aurez pas décidé : allez vous répondre ou non à cet appel ?

car on sent bien que d'un côté vous aspirez à vous laisser toucher (ne serait-ce que pour avoir la paix,être tranquilisé et vous retrouvé en sécurité dans des bras bien veillants) mais de l'autre vous tenez à votre définition du bien, du mal,de l'acceptable et de l'innaceptable;bref vous tenez à votre liberté.

Je vous souhaite de réaliser (à votre rythme) que votre quête de paix et votre soif de demeureur libre et pleinement humain (avec la pleine et VRAIE jouissance de vos sens) ne sont pas incompatibles; d'ailleurs, elles se rejoignent en un point unique : la Vérité; C'est la quête de la Vérité qui vous rendra la paix et la liberté;

C'est en résumé le parcours que beaucoup de catholiques suivent (les voies sont toutes différentes); car être catholique suppose que l'on ait identifié un manque en soi, qu'on ait pris conscience de notre vulnérabilité,de notre condition de dépendance, et qu'on soit à la recherche :
- d'un Chemin (chercher sa voie, sa vocation)
- et / ou de la Vérité (chercher à donner un sens à ce qu'on vit,à comprendre ce et ceux qui nous entourent et pourquoi ils agissent comme ils le font)
- et/ ou de la Vie (chercher à comprendre le pourquoi de notre temporalité, chercher à répondre aux questions que nous impose notre condition d'être humains limités dans le temps);

Donc je ne suis pas d'accord avec votre vision des catholiques;nous ne sommes pas des personnes en décalage avec notre temps; c'est notre temps qui se positionne en décalage avec la Bonne Nouvelle de Jésus; Et en effet, ce décalage est le fruit de l'orgueil humain (dur dur pour l'orgueuilleux d'accepter le lien de dépendance, de subordination à un Seigneur, d'accepter qu'on soit faible et petit) et du rejet de la Vérité (car la Vérité rend libre et donc suppose de renoncer à bien des passions)...

Après, oui, il ya les dogmes de l'Eglise,mais ne commencez pas par là; ils n'auront pas de sens pour vous sans la Lumière de la foi;

détendez-vous quand vous rentrerez dans une église,ne vous sentez pas obligé de ressentir des choses en particulier,ni d'intervenir d'une façon ou d'une autre; laissez juste votre coeur recevoir ce qu'il a à recevoir.

Le reste j'en suis sure viendra selon la volonté que vous aurez de vous abandonner ou pas, un peu plus, petit à petit à cet appel; à cette Paix, ce refuge sur dont votre coeur lui a si soif :)


PS : pour répondre à votre question sur la sexualité selon la vision catholique,le but premier de la sexualité n'est pas la procréation, mais l'ouverture à l'autre par le don de soi en entier ; et oui, bien sure, la femme se fait "réceptable" de cet autre qui est son mari et de ce futur autre qui pourrait naitre de leur union;

mais dire qu'un couple catholique a des relations sexuelles pour avoir des bébés, ce serait très réducteur et ce serait passer à côté de l'importance et de la beauté du vrai sens du corps et de la sexualité;

bon cheminement
:)
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Re: Besoin de spiritualité

Message non lu par alinemarie8861 »

chère amie,

je me retrouve complètement dans votre post'!!. je m'y suis pleinement identifiée (à tort ou à raison?).

je vous remercie beaucoup pour votre intervention!, car elle m'a rassurée!:
NON!!, JE NE SUIS PAS ANORMALE DE MOI AUSSI, VIVRE CES FRUSTRATIONS!, CES PEURS ET CES "MANQUES"! ; CETTE SOIF INSATIABLE DE PAIX ET DE VERITE!!.

moi qui me sentais et me croyais seule dans cette situation!!.... :incertain: :-D :siffle:


merci à vous 2 de m'avoir démontré le contraire! :clap: :clap: :coeur: :amoureux: :toast:

en Christ....
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