Atest, ça fait un certain temps que je vous lis,Atest a écrit : Avec ce recul analytique vous ne pourrez que mieux décrire la réalité complexe qui vous entoure et ainsi mieux la prédire.
Première chose. Le recul analytique dont vous parlez ne "décrit" pas le réel, il le découpe. Il le fait entrer dans une matrice. C'est génial un tel objet, ça permet de comprendre plein de choses, c'est foncièrement utile. Mais aussi perfectionnée soit cette matrice, elle ne rendra jamais compte de la totalité du réel, car il y a des choses qui ne s'analysent pas, mais se vivent, tout simplement. Si vous n'êtes pas d'accord avec ça, vous ne pouvez pas balayer d'un simple revers de main ce que vient de vous dire Philo Perenne. Vous répondez par un "allons allons" quand quelque chose vous semble déraisonnable, parce que de fait, ça heurte le sens commun (Comme ces "signaux électriques qui forment le code "a-m-o-u-r" dans leur cerveau"). C'est pourtant les conséquences et les contradictions de votre logique matérialisme. Si ce sont des sophismes, expliquez-le clairement, méthodiquement. Vous verrez que ce n'est pas si simple sans se prendre les pieds dans le tapis (de votre logique).
Par ailleurs, concernant ce sujet précis, permettez-moi d'évoquer une situation: Votre fils, ami ou proche est dans un coma profond depuis 3 ans. Aucun signal, aucune perspective, on peut espérer qu'il se réveillera, mais au fond on n'en sait rien (alors que l'embryon, lui, on est sûr qu'il deviendra un enfant). Où est sa conscience? où est sa volonté? Si c'est votre fils, vous irez peut-être le voir tous les jours à l'hôpital pour espérer un signe de sa part, signe qui ne viendra peut-être que demain... ou jamais, vous n'en savez rien et prenez le risque de gâcher votre vie alors qu'il serait tellement plus simple de le débrancher, pour vous en tout cas. Pour lui de toute façon, pour reprendre vos mots, ça ne le gênera pas puisqu'il est parfaitement inconscient.
Et pourtant, j'ai de bonnes raisons de penser que vous hésiterez quand même avant de passer à l'acte, si jamais vous décidez de passer à l'acte. Pour deux raisons, tout autant justifiées:
1. Parce que quelque soit l'état actuel d'inconscience de ce fils, vous l'avez vu vivre, parler, rire, vous savez que ce n'est pas qu'un paquet d'organe en panne, mais un être, qui ne répond plus, certes, mais qui vit, il a la vie en lui, et ça peut être suffisant pour vous faire réfléchir.
2. Parce que quelque soit l'état actuel d'inconscience de ce fils, c'est un potentiel de vie, vous gardez l'espoir de le revoir parler, rire, et c'est amplement suffisant pour vous faire réfléchir.
Le cas d'un embryon est différent à deux titres: 1. Vous ne l'avez encore jamais vu vivre, il n'a aucun "visage" humain, donc vous avez probablement - j'ai l'impression - moins d'empathie à son égard. 2. C'est un potentiel assuré de vie, il n'y a même pas à avoir espoir, vous êtes assuré, sauf accident, de voir naître un jour cet embryon.
Et pourtant le sort de l'embryon vous importe probablement moins que celui du comateux. Parce que de l'embryon vous n'avez - à juste titre - aucun souvenir de vie en commun, souvenir que vous avez avec votre fils dans le coma. Mais est-ce suffisant? Est-ce que parce que cet embryon n'a pas vécu qu'il mérite moins de vivre que celui qui est dans le coma?
Je relis un peu vos posts et tombe là-dessus:
Ca rejoint un peu ce que j'essaie de vous dire, bien que je comprenne mal où vous voulez en venir en parlant de mort cérébrale.votre volonté de me tuer ne prime pas sur ma vie car j'ai une conscience(volonté/sensations etc)et que cela affecterait d'autres consciences(passé, présente ou future) et que même si j'étais mort cérébralement vous ne pourriez toujours pas car je serais toujours utile à d'autres consciences(dont peut être ma conscience passé) etc...
Première chose: si on ne vous tuait pas lorsque vous seriez en état de mort cérébrale, ce ne serait pas en raison de votre "utilité d'autres consciences", Dieu merci. Nul besoin d'être utile pour mériter de vivre.
Seconde chose: qu'est-ce qui- justement - m'empêche de vous tuer si vous êtes en état de mort cérébrale? Car affecter une conscience passée, ça ne veut rien dire, c'est du passé, on ne rejoue pas le passé. Pour ce qui est de la conscience future, si tant est qu'on accepterait votre objection, il faudrait également l'accepter pour l'embryon, c'est du même ordre. (enfin surtout pour le cas du coma, là, parce que la conscience future pour l'état de mort cérébrale, ça ne signifie pas grand chose). Et la conscience présente, bah, en état de mort cérébrale, hélas elle n'existe probablement pas...
Bref, j'aimerais quand même que vous réfléchissiez avec le parallèle avec la personne dans le coma, qui vaut ce qu'il vaut, mais si ça peut déjà vous faire remettre en questions certains trucs ce serait une bonne avancée...
Vous êtes très sûr de vous, mais en l'occurrence j'ai peur que ça ne vous desserve plus qu'autre chose...



