Quand vous dites qu'il est trop facile de nous dire catholique et de choisir d'agir comme il nous plaît, je suis totalement d'accord, d'où mon sentiment de devoir m'éloigner de la confession catholique.
J'ai oublié ( pardon

) à propos de cet éventuel éloignement...
Sincèrement, je trouve que votre raisonnement en plus d'être juste, se pose en considération d'une vision responsable et intègre de l'engagement. Vous en prenez toute la mesure! Mais, ( eh oui, il y a toujours un
mais...

), peut être qu'il comporte aussi un vision idéale, je dirais idéaliste de que c'est que d'être Catholique à l'instant T. La vision idéaliste c'est de se former l'image parfaite, " The Catholic", voilà, celui qui est parfait, abouti, un pur reflet du Catéchisme en sa version intégrale. C'est une image figée vers laquelle nous cheminons, que nous explorons, cependant la vie spirituelle elle n'est pas figée mais en marche. C'est là qu'il faut faire attention entre ce qu'implique d'être Catholique, et là où nous nous en sommes personnellement en étant Catholique. C'est délicat à exprimer, il faut l'expérimenter. Nous sommes Catholiques, mais nous sommes AUSSI des Catholiques en devenir..... le péché nous ralentit, nous fragilise.
On ne devient pas en tout point configuré au Seigneur en un claquement de doigts. Dieu nous éduque, il nous forme au rythme qui convient, et notre volonté aussi se forme. Il y a aussi tout un pan de psychologie . Ce n'est pas une partie du moi qui est Catholique, mais tout mon être qui l'est, et aussi qui le devient. Une dynamique, la vie spirituelle est une dynamique, elle vit et grandit avec des blessures, des élans.
Vous voyez, il y a ce à quoi nous tendons, nous nous configurons et c'est l'oeuvre de notre Volonté soutenue par la grâce, par Dieu bien sur. On ne peut pas être Catholique hors de Dieu et sans Dieu. "The Catholic" c'est tout ce que nous désirons être, et chaque jour nous nous rapprochons. C'est très bien et primordial d'y travailler, se laisser travailler.
Et il y a aussi notre progression, notre état d'avancement, nous pourrions dire le cheminement dans la foi et la vie spirituelle que l'on oublie souvent. ( Et pourtant nous le vivons)
Une connaissance me disait il y a quelques temps, je ne me suis jamais si Catholique. Oui, moi aussi, je ne me suis jamais si Catholique qu'aujourd'hui, je le suis plus qu'hier ( Deo gratias) et je l'espère et le crois, par la grâce de Dieu permise par ma volonté, je le serai plus demain et dans quelques années.
Sur l'idée d'éloignement, j'ai eu un raisonnement un peu près similaire au votre il y a quelques années, juste après ma conversion. Pour diverses raisons j'avais du mal à entrer dans l'Eglise: mon éducation, mon caractère, l'éloignement, l'incompréhension, et parfois le rejet. Voilà, la rencontre avec Dieu a été merveilleuse, délicieuse même ( il est irrésistible c'est clair

) en revanche l'Eglise. Aïe.... Non, franchement ça me gênait. Je voulais me la jouer solo, moi et Dieu, loin de l'Eglise. Et basta.
Progressivement, (et non sans rebellions, avec des prises de têtes, bref, toute la fougue de ma jeunesse) Dieu m'y a amené, doucement, je ressentais Son désir, et en moi le désir grandissait. L'Eglise nous nourrit des sacrements, hors je désirais Dieu, et aussi par l'enseignement. J'ai eu tout une querelle sur des points dogmatiques importants, et grâce à la formation intellectuelle, aux débats et surtout à Dieu, l'oeuvre de l'Esprit Saint, j'ai pu m'incorporer de plus en plus à l'Eglise, parce que je m'incorporais de plus en plus au Christ. C'est lié, pas l'un sans l'autre. Mais c'est loin d'être fini évidement. La Communion et la Confession fréquentes donnent à Dieu toutes les clés, justement parce qu'on les lui offrent.
Bref, c'est juste un partage pour que vous ne vous crispiez pas trop. C'est possible, et même normal, ( voir parfois très sein) qu'il y ai des moments de "frottement"dès lors qu'ils nous font avancer, et non nous séparer. C'est différent. Si le but c'est de tout rejeter pour le rejet, alors clairement on s'éloigne volontairement de Dieu, ( on peut tjrs revenir ceci étant..) mais le rejet peut aussi servir à la progression. C'est la crise qui a permis tel ou tel déclic.
Vous éloigner pourquoi ? Parce que vous voyez que votre esprit n'arrive pas toujours à comprendre ou adhérer sincèrement à l'enseignement de l'Eglise. Dans ce cas on va tous s'éloigner sincèrement. Si vous aimez Dieu et vivez de l'Esprit, alors priez, creusez, criez même mais restez et laissez Dieu agir sous votre consentement. Il défait les noeuds et l'Eglise est éducatrice. C'est à vous de choisir. Les sacrements sont aussi une aide précieuse ne l'oubliez pas, Dieu guérit et offre sa grâce.