Teano a écrit :Dans ce cas, François, c'est encore plus non.
L'authenticité de certaines épîtres est discutée. Il y a les tenants de la pseudépigraphie et ceux de l'authenticité. Au final, ces textes sont canoniques et à ce titre, ils font autorité.
Authenticité ne signifie pas que Jacques ou Paul ou Pierre se sont mis à leur bureau avec leur calame et leur parchemin et ont rédigé leur lettre du début à la fin. Ce n'est pas ainsi que l'on travaille dans l'Antiquité.
Dans l'hypothèse où ces textes ne sont pas de Paul ou Jacques ou Pierre, cela ne veut pas dire qu'ils sont faux ou qu'une intention malhonnête a présidé à leur rédaction (le terme de "compilation" serait peut-être plus vrai) ils sont au pire, le résultat d'un auteur qui a reçu leur enseignement voire, qui compile et présente sous la forme d'une lettre, des textes ou des homélies authentiquement de tel ou tel apôtre.
En tout état de cause, ces textes sont porteurs et vecteurs de la tradition apostolique.
In Christo
Teano
Bonjour,
qu'est-ce qui vous permet de savoir si bien cela? Pourquoi l'auteur de ces textes se présente-t'il comme Paul, servant du Christ?
Vous savez, Tertullien décrit comment de son temps un évêque (un ancien) avait été retrouvé avec "les Actes de Paul" et une troisième lettre aux Corinthiens, qu'il redigeait. Pour cette faute, il fut punis et toutes ses responsabilités lui furent enlevées.
De même, vous devriez connaître le fragment de Muratori:
Description
Publié pour la première fois en 1740 par Louis-Antoine Muratori (1662-1750), historien italien qui l'a découvert à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, le fragment de Muratori est un manuscrit contenant une discussion sur les livres de foi acceptés par les Églises que fréquente l'auteur, resté inconnu. Ces livres forment ce qui sera plus tard appelé le Nouveau Testament. Quatre fragments du Canon ont été trouvés en 1897 dans des manuscrits des XIe et XIIe siècles dans la bibliothèque du mont Cassin.
Auteur et datation
Rédigé en latin au VIIe ou VIIIe siècle, il est la traduction d'un original en grec datant du IIe siècle. La référence au Pasteur d'Hermas et à Pie Ier le font situer aux alentours de l'an 170 après Jésus-Christ.
Contenu
Le texte est malheureusement mutilé, le début et la fin du manuscrit sont manquants.
Il commence par une phrase incomplète qui peut être une référence plausible à Marc. Viennent ensuite Luc et Jean (qu'il cite respectivement comme 3e et 4e évangiles). Matthieu était probablement repris dans la partie manquante. Il attribue 13 lettres (épîtres) à Paul dans l'ordre suivant: Corinthiens I et II, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Galates, Thessaloniciens I et II, Romains, Philémon, Tite et Timothée I et II. Les deux épîtres de Jean, celle de Jude, la Sagesse de Salomon, l'Apocalypse de Jean et celle de Pierre reçoivent son approbation (bien que ce dernier texte semble être rejeté par plusieurs fidèles). L'auteur cite également quelques ouvrages considérés par ses contemporains comme des faux tels que les « lettres aux Laodicéens ».
Importance
Les Apôtres, les compagnons et les contemporains de Jésus ayant disparu, le fragment de Muratori montre la volonté des chrétiens du IIe siècle de faire le tri entre les nombreux textes circulant à l'époque. Il est la plus ancienne ébauche de canon néotestamentaire connue à ce jour.