Les Évangéliques

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gerardh
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Re: Question sur les évangéliques

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Bonjour CGS, vous écrivez :
une idée lumineuse concernant la foi protestante. L'idée est simple : la négation de la grâce sanctifiante de Dieu par la Croix de Jésus-Christ. L'expression "grâce sanctifiante" signifie que la grâce de Dieu nous change en profondeur et réellement, avec notre libre adhésion.
Je n'emploie pas cette expression "grâce sanctifiante", d'ailleurs non biblique, sauf erreur. Mais je me reconnais pleinement dans la définition que vous en donnez.

Cela remet en cause votre analyse, laquelle repose peut-être sur quelques excès d'un certain calvinisme.

Il n'empêche que le salut est bien le fruit de la foi seule (avec la grâce), ce qui n'empêche pas l'importance à accorder aus oeuvres mais non pas pour le salut.

PS : j'ai émis aussi deux autres messages à la fin de la page précédente

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Cgs
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Re: Sola Fide et sanctification

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Frédo MB38 a écrit :Bonjour,
j'espère qu'on me pardonnera de revenir sur ma parole, puisque je m'étais engagé à ne plus intervenir sur ce forum, lassé de me prendre une volée de bois vert à chaque fois que je réaffirmais cette vérité théologique du Protestantisme dans sa majorité, à savoir que la foi salvifique s'accompagne nécessairement de bonne œuvres; que le "Sola Fide" (la notion selon laquelle la foi est le seul canal de la grâce) n'exclut pas la sanctification puisque la foi au sens biblique inclut la réforme de vie motivée par l'amour de Dieu que place en nous l'Esprit-Saint.
Une fois de plus, il me semble opportun de dire ici que, en tant que Protestant ayant étudié dans les facultés de théologie "vieilles-évangéliques" d'Aix-en-Provence et de Vaux-sur-Seine, ayant eu entre autres pour pasteurs paroissiaux un Thierry Huser et un Alain Nisus, aujourd'hui théologiens baptistes reconnus, on ne m'a jamais enseigné autre chose que la grâce sanctifiante (même si les termes employés différaient), à savoir que la justification "juridique" (nous sommes "déclarés justes" devant Dieu) s'accompagne nécessairement d'un changement intérieur dans le processus de sanctification.
En tant que pasteur, je n'enseigne pas autre chose que la nécessité de se tourner vers Dieu par Jésus en vertu de Qui quiconque croit, se repent et s'engage, reçoit d'une part la grâce salvifique, d'autre part la puissance divine nécessaire à la sanctification, laquelle est le signe tangible de la grâce reçue.
Je note que d'aucuns restent sur cette vision d'un Protestantisme selon lequel nous serions sauvés arbitrairement par Dieu et que notre façon d'agir serait indépendante de la grâce salvifique. Cette vision existe, elle tend à s'imposer dans certains milieux "pento-évangéliques" livrés à tous vents de doctrine, mais je n'en ai jamais trouvé la moindre trace dans les milieux Protestants conservateurs ni dans les institutions théologiques.
Là dessus, je retourne dans ma réserve...
Bonjour Frédo,

Merci pour votre message. Effectivement, j'ai sorti la citation de jean DAUJAT de son contexte. Il ne parle pas du protestantisme dans son ensemble, mais du protestantisme luthérien, en revenant sur les idées de Luther. eillez m'excuser pour cet amalgame naïf.

En revanche, l'idée demeure quasiment la même. Si la grâce sanctifiante est enseignée dans nombre d'églises protestantes, je ne peux que m'en réjouir (même si j'ai l'impression que l'on n'a pas tout à fait la même définition de ce terme de "grâce"). En revanche, le fait est que les conséquences tirées de cela ne sont pas prises en leur pleine mesure dans ces églises. Car si la grâce sanctifie, il est difficile de réfuter les dogmes catholiques non reconnus par ces églises. Luther était logique : comme il refusait la conception de base de la grâce, il était logique et normal de refuser ce qui s'ensuit, par exemple la conception de la sainteté ou la présence réelle dans l'Eucharistie. Quand on accepte que la grâce transforme substantiellement, l'un des principal pilier du protestantisme dit "historique" s'effondre. Alors on peut trouver d'autres artifices, mais il est clair (et c'est l'argument de Jean DAUJAT) que le luthérianisme ne tient finalement qu'à cette notion particulière de la grâce, notion dévoyée après 15 siècles d'unité dans la foi.

Bien à vous,
Cgs
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Teano
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Re: Question sur les évangéliques

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Cher Gérard,

En effet, je suis historienne. Quand vous parlez de prisme déformant de l'historien, vous avez à la fois tort et raison : les historiens sont des humains, ils ont parfois certaines convictions dont il faut tenir compte dans leur travaux et interprétations (moi-même, j'ai étudié l'histoire de l'Eglise antique et médiévale à l'école d'historiens marxistes et athées). Adrien Ladrierre en est un exemple frappant jusqu'à la caricature (et le témoin d'un courant historiographique caduc).

Toutefois, les faits sont les faits et ils ne dépendent pas de notre sensibilité. Quand je vous parle de la vie des communautés chrétiennes des premiers siècles du christianisme, c'est concret et documenté par des sources d'origines et de natures diverses. Il faut bien les prendre pour ce qu'elles sont, même si cela nous dérange.

Prenons l'exemple de la Tradition Apostolique, elle est aussi accréditée par l'histoire.
En l'occurrence, les Apôtres ont eu des successeurs, des évêques désignés selon des modalités qui ont évolué dans le temps, mais la continuité historique est attestée depuis le temps des Apôtres.

Vous me dites "scripturairement, telle chose est ainsi et cela devrait fonctionner de telle manière" vous avez sans doute raison mais dans les faits, ça n'a jamais marché comme ça. Vous décrivez une Eglise qui en fin de compte, n'a jamais existé. Pour moi, c'est un argument plus que convaincant et je veux bien croire que cela ne le soit pas pour vous.

Ici ou là, on vous a expliqué ce qui n'est ni une opinion ni une vue de l'esprit : les premières générations chrétiennes n'avaient pas de NT, les premières communautés chrétiennes ne disposaient pas de la Bible telle que nous l'avons aujourd'hui. Avec quoi se sont-ils débrouillés ? Avec l'enseignement oral des Apôtres, avec les évêques et responsables de communautés légitimement désignés et avec quelques rouleaux ici et là formant un corpus à peu près complet (je vous rappelle que la première édition des Epîtres de Saint Paul remonte à Marcion vers 120 !).

Concernant votre message sur la discipline d'assemblée, je vous avoue ne pas en voir, pour le coup, les fondements scripturaires ni historiques.

Au plaisir de vous lire

Teano
Dernière modification par Teano le mer. 26 sept. 2012, 10:11, modifié 1 fois.
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: Question sur les évangéliques

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Bonjour mon frère, :)
gerardh a écrit :...de mon côté me suis-je mal exprimé. Je voulais dire que j’ai compris sur quels passages vous vous appuyez pour construire, mais indûment, le concept de sacrement ; mais que cela était sans justification.
Non je ne jouais pas sur les mots vos trois propositions n'étaient pas cohérentes.
Pardonner au Nom de Dieu le Père Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit ce n'est pas un acte sacré? Jésus le Très Saint Qui a reçu tout pouvoir ne donne pas ce pouvoir lorsque après avoir souffler sur Ses disciples et qu'ils reçurent le Saint Esprit Il dit en Jn 20:23- Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. " :?:
Je vais élargir mon propos : il ne s’agit pas seulement de la discipline de l’assemblée mais de l’administration, c'est-à-dire le gouvernement, de l’assemblée : Dieu a donné, à l’Assemblée, l’autorité de remettre ou de retenir les péchés, non point certes par rapport au salut éternel, mais comme affaire d’administration, de discipline. Cela n’a rien à faire avec le pardon éternel, pardon que l’homme ne peut pas donner, ni le baptême assurer. Dieu seul, sur la base du sang précieux, peut accorder le pardon éternel des péchés. Ici, la remise ou la retenue des péchés est en relation avec les voies gouvernementales de Dieu sur la terre. Lorsqu’une personne est reçue, parce qu’elle a cru en Jésus, l’Assemblée ne fait autre chose que lui remettre ses péchés ; lorsque l’Assemblée admet de nouveau une personne exclue précédemment, elle appose son sceau pour ainsi dire à l’œuvre que Dieu a faite dans son cœur, et lui remet son péché ; tandis que le refus d’admettre quelqu’un à la cène ou l’exclusion d’une personne qui faisait partie de l’Assemblée, constitue l’acte de retenir les péchés.
Non gerardh dans ce passage Jésus envoie Ses disciples en mission à toutes les nations prêcher la bonne nouvelle, baptiser, pardonner, il ne s'agit donc pas de la discipline d'assemblée. Comme je vous l'ai dit cela n'a rien à voir avec la discipline d'assemblée ou encore l'administration.

L'envoi en mission

(Luc 24.44-48)

« Puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous êtes témoins de ces choses. »

(Matthieu 28.19-20)

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »

(Marc 16.15-16)

« Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. »

(Jean 20.23)

Jn 20:21- Il leur dit alors, de nouveau : " Paix à vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. "
Jn 20:22- Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit : " Recevez l'Esprit Saint.
Jn 20:23- Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. "
(Je remarque que vous avez critiqué mes commentaires sur la pénitence, mais non sur ceux relatifs à chacun des autres « sacrements »).
On y reviendra plus tard, j'ai pas beaucoup de temps donc je parle de la pénitence car si on n'est pas pardonné les péchés sont toujours là et mathieu 5.26 "dit qu'on n'en sortira pas avant d'avoir tout payé" donc il vaut mieux ne pas se louper dans ses interprétations.

Affectueusement.

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Re: Question sur les évangéliques

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gerardh a écrit :_______

Je n'emploie pas cette expression "grâce sanctifiante", d'ailleurs non biblique, sauf erreur. Mais je me reconnais pleinement dans la définition que vous en donnez.


_________
Cher Gérard,

Les expressions "Incarnation", "Rédemption" et "Trinité" ne sont pas bibliques non plus.

In Christo

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Frédo MB38
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Re: Sola Fide et sanctification

Message non lu par Frédo MB38 »

Cgs a écrit : ... Car si la grâce sanctifie, il est difficile de réfuter les dogmes catholiques non reconnus par ces églises. Luther était logique : comme il refusait la conception de base de la grâce, il était logique et normal de refuser ce qui s'ensuit, par exemple la conception de la sainteté ou la présence réelle dans l'Eucharistie. Quand on accepte que la grâce transforme substantiellement, l'un des principal pilier du protestantisme dit "historique" s'effondre. Alors on peut trouver d'autres artifices, mais il est clair (et c'est l'argument de Jean DAUJAT) que le luthérianisme ne tient finalement qu'à cette notion particulière de la grâce, notion dévoyée après 15 siècles d'unité dans la foi ...
Tout d'abord, je crains fort que vous prêtiez à Luther des positions qui sont plutôt celles d'un pseudo-Calvinisme extrême, en fait antinomiste. Je concède toutefois que Luther a souvent, entre deux chopines, tenu des propos pour le moins ambigus, qui tranchaient singulièrement avec sa théologie systématique. Ceci dit je ne suis ni un spécialiste ni un thuriféraire de Luther. Mais surtout, j'avoue ne pas du tout saisir en quoi la sanctification, rendue possible par la grâce reçue, devrait nécessairement conduire à la transsubstantiation...
Dernière modification par Frédo MB38 le sam. 29 sept. 2012, 22:41, modifié 1 fois.
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Re: Sola Fide et sanctification

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Frédo MB38 a écrit :Mais surtout, j'avoue ne pas du tout saisir en quoi la sanctification, rendue possible par la grâce reçue, devrait nécessairement conduire à la transsubstantiation...
L'idée est simple : si la grâce change réellement et substantiellement les êtres et les choses, alors le chapitre 6 de Jean est bel et bien l'expression de cette grâce réellement présente dans le pain et le vin, ce qui conduit logiquement au dogme de la transsubstantiation.
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Re: Question sur les évangéliques

Message non lu par françois67 »

Je n'ai jamais réussi à comprendre la sola fide: à tant d'endroits dans le nouveau testament il est question de ne pas retomber dans la péché, de danger extrème du péché. Je ne vais même pas m'amuser à faire des citations, tellement cela foisonne. Juste par exemple:-la 1ère lettre aux Corinthiens où saint Paul cite par exemple toute une liste de sortes d'individus (ivrognes, violents, homosexuels...) qui n'entreront pas au royaume des Cieux
-la femme pécheresse: elle est pardonnée mais Jésus n'oublie pas de dire "et ne pêche plus". Sincérement, comment peut-on garantir l'application d'une loi, d'un précepte etc., si le non-respect de celui-ci n'entraîne de sanction? C'est inimaginable. Avec un système que celui-là, il n'y a plus de contraintes ni de règles, si s'efforcer d'appliquer ces principes ne rapporte rien de plus que de ne pas y faire attention. Luther, si je ne me trompe, écrivait que même un blasphémateur, violeur, adultère etc., pouvait, s'il avait la foi, sans même se repentir être sauvé. Or cela va à l'encontre d'un plétor de passages bibliques. Et même contre la logique, la raison.
Bien à vous.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
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Re: Sola Fide et sanctification

Message non lu par Frédo MB38 »

Cgs a écrit :
Frédo MB38 a écrit :Mais surtout, j'avoue ne pas du tout saisir en quoi la sanctification, rendue possible par la grâce reçue, devrait nécessairement conduire à la transsubstantiation...
L'idée est simple : si la grâce change réellement et substantiellement les êtres et les choses, alors le chapitre 6 de Jean est bel et bien l'expression de cette grâce réellement présente dans le pain et le vin, ce qui conduit logiquement au dogme de la transsubstantiation.
Vous établissez là un rapport de cause à effet qui n'engage que vous... La grâce de Dieu nous régénère, certes, car Dieu veut notre sanctification. De là à dire qu'il est DONC logique que "je suis le pain" (puisque vous vous référez à Jean 6) doive être pris au sens "substantiel", il y a un gouffre! A ce compte il faudrait prendre aussi "je suis le cep", "je suis la porte", "je suis la lumière" dans leur sens substantiel!
Pour conclure, les principes protestants "Sola Fide" et "Sola Gratia" n'excluent pas la grâce sanctifiante mais l'englobent.
Ceci dit je constate par ailleurs que la dérision est de retour, je brise donc là.
Bonne continuation à toutes et tous.
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Re: Sola Fide et sanctification

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Bonjour Fredo, :)
Frédo MB38 a écrit :Ceci dit je constate par ailleurs que la dérision est de retour, je brise donc là.
Il n'y a pas de dérision.
Mais vous présentiez la transsubstantiation comme la conséquence de la sanctification mais en tant que pasteur vous avez du lire comme moi que c'est l'inverse : le pain descendu du ciel est vrai nourriture et le sang du Seigneur vrai boisson, que celui qui mange la chair et le boit son sang de Celui qui est descendu du ciel a la vie éternelle en lui.

Donc : comment la vie éternelle serait en vous si vous n'avez pas manger la chair et bu le sang de Celui qui EST?
Vous établissez là un rapport de cause à effet qui n'engage que vous...
Non, le Christ établi ce rapport de cause à effet : celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle en lui. Vous voyez bien que de se nourrir du pain de vie a une conséquence majeure, vitale, pour Jésus Christ et celui qui veut être sauvé. Ces dires ne vienne pas de Cgs, mais du Christ.

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Re: Question sur les évangéliques

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Bonjour Claire, :)
Teano a écrit :...Concernant votre message sur la discipline d'assemblée, je vous avoue ne pas en voir, pour le coup, les fondements scripturaires.
Ceux qui n'aiment pas Notre Saint Père le Pape Benoit XVI, Nos cardinaux, nos évêques et passent leur vie terrestre à faire la guerre à la Sainte Église par Jésus Christ, finissent par voir des trucs qui ne sont pas écrits et ce qui est écrits ils ne le voient plus.
Exemple : Le Saint Esprit vous a établi : ils ne le voient plus mais je vous confis à Dieu : ils voient que Saint Paul confie l’Église à Dieu alors que Jésus Christ confie l’Église à Saint Pierre. ABRACADABRANTESQUE.

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Re: Sola Fide et sanctification

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Bonjour Frédo,
Frédo MB38 a écrit : Vous établissez là un rapport de cause à effet qui n'engage que vous...
L'idée n'est pas de moi, elle est de Jean DAUJAT que j'ai cité plus haut. J'ai voulu citer ce passage, car il met en évidence le fait que le refus des dogmes n'est pas seulement un rejet motivé par le rejet de l'Eglise, mais aussi d'une incompréhension des développements théologiques (de Saint Thomas d'Aquin en particulier) transmis jusqu'au XVIème siècle.
La grâce de Dieu nous régénère, certes, car Dieu veut notre sanctification. De là à dire qu'il est DONC logique que "je suis le pain" (puisque vous vous référez à Jean 6) doive être pris au sens "substantiel", il y a un gouffre! A ce compte il faudrait prendre aussi "je suis le cep", "je suis la porte", "je suis la lumière" dans leur sens substantiel!
Effectivement, nous n'avons pas la même définition de la grâce, d'où des divergences doctrinales importantes.
Pour conclure, les principes protestants "Sola Fide" et "Sola Gratia" n'excluent pas la grâce sanctifiante mais l'englobent.
En effet, votre position se tient, à cette réserve près qu'à vouloir coller de nouveaux dogmes ("Sola Fides" et "Sola Gratia") au principe de grâce sanctifiante, cela contredit certaines vérités de foi en vigueur jusqu'à la Réforme. C'est l'argument que je citais plus haut.
Ceci dit je constate par ailleurs que la dérision est de retour, je brise donc là.
Bonne continuation à toutes et tous.
[Rappel du règlement : Faites preuve d'un maximum de courtoisie dans vos échanges. Vos contradicteurs ne doivent pas être considérés comme des ennemis, mais comme des partenaires pour une recherche honnête de la vérité. Vous veillerez donc à toujours respecter votre interlocuteur]
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Re: Question sur les évangéliques

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Chère Teano, vous écrivez :
Les historiens sont des humains, ils ont parfois certaines convictions dont il faut tenir compte dans leur travaux et interprétations. Adrien Ladrierre en est un exemple frappant jusqu'à la caricature (et le témoin d'un courant historiographique caduc).
Il n’est pas mauvais, pour vous, comme pour moi, d’entendre plusieurs sons de cloches. Cela dit, je voudrais quand même un peu défendre le frère Ladrierre. Je ne l’ai pas connu bien sur, mais il a eu le témoignage d’être un chrétien pieux, sincère et modeste. Il a écrit nombre d’articles ou de traité sur des livres ou des sujets de la Bible : je vous invite à vous y référer, et vous verrez son sérieux et ses dons. Il y écrit son esquisse de l’histoire de l’Eglise avec modestie : dans l’avant-propos de son édition révisée, il est noté :

« Tous les chapitres qui vont jusqu’à la Réforme exclusivement, ont été rédigés il y a plus d’un siècle par Adrien LADRIERRE à l’intention de la jeunesse. L’auteur y exposait, dans un langage accessible à tous, les caractères essentiels de cette Église et retraçait quelques circonstances marquantes de sa carrière. Il n’avait nullement pour objet une étude rigoureuse, ni une relation suivie et complète : il voulait avant tout faire ressortir, au cours des siècles, la continuité de l’œuvre de Dieu en grâce, face au travail décevant des hommes. A. Ladrierre mourut en 1902, laissant cette esquisse inachevée.
Pas plus que dans le reste du livre on ne cherchera là une histoire au sens rigoureux du terme. Les faits en seraient, d’ailleurs, difficiles à rassembler. Du moins pourra-t-on tenir pour assuré qu’il a été fait appel au plus grand nombre possible de sources offrant les plus sérieuses garanties. Le caractère même de cet ouvrage impliquait que les références bibliographiques soient réduites à l’extrême ».


Vous avez critiqué à l’emporte-pièce ce travail, et indiqué que Ladrierre (qui signait AL) n’avait approuvé que deux des Pères de l’Eglise. Je ne suis pas d’accord : en tous points il a approuvé ce qui pouvait l’être (c'est-à-dire beaucoup de choses), et regretté ce qui ne pouvait pas l’être. Ainsi par exemple, il a dit beaucoup de bien sur Saint Ignace, regrettant juste ses pencants pour une hiérarchie dans l’Eglise.
Quand je vous parle de la vie des communautés chrétiennes des premiers siècles du christianisme, c'est concret et documenté par des sources d'origines et de natures diverses. Il faut bien les prendre pour ce qu'elles sont, même si cela nous dérange. En l'occurrence, les Apôtres ont eu des successeurs, des évêques désignés selon des modalités qui ont évolué dans le temps, mais la continuité historique est attestée depuis le temps des Apôtres.
Vous ne voyez nulle part dans les écrits du NT, qui sont les textes fondateurs et inspirés, les apôtres établir la succession apostolique, bien au contraire, ni désigner de successeurs. J’ai dit ce que je pensais des cas de Mathias, de Timothée ou Tite.

Vous me dites "scripturairement, telle chose est ainsi et cela devrait fonctionner de telle manière" vous avez sans doute raison mais dans les faits, ça n'a jamais marché comme ça. Vous décrivez une Eglise qui en fin de compte, n'a jamais existé.

C’est déjà une bonne chose que vous admettiez que j’ai sans doute raison. En plus les faits confirment ma position : les faits décrits dans le NT, et la situation que je peux expérimenter dans les assemblées de frères, même si cette dernière est empreinte de beaucoup de faiblesse.
Les premières générations chrétiennes n'avaient pas de NT, les premières communautés chrétiennes ne disposaient pas de la Bible telle que nous l'avons aujourd'hui. Avec quoi se sont-ils débrouillés ?
Ils avaient déjà l’AT, ce qui est énorme et s’en servaient à bon escient, comme nous le voyons dans les Actes à propos des chrétiens de Bérée. Ils avaient les lettres des apôtres dont chacune passait de mains en mains, et le souvenir de leur enseignement. Ils avaient l’Esprit qui leur indiquait toutes choses de manière particulièrement puissante. Ils avaient les personnes ayant le don de docteur et de prophète, et ils avaient aussi les anciens ou surveillants, lesquels devaient avoir un bon niveau dans la doctrine. Mais ils n’auraient pas dû s’ériger en clergé et en hiérarchie.
Concernant votre message sur la discipline d'assemblée, je vous avoue ne pas en voir, pour le coup, les fondements scripturaires ni historiques.
Nous avons en 1 Cor 5 l’administration par l’assemblée d’une grave faute morale, où l’exclusion du coupable consistait à lui retenir son péché, puis en 2 Cor 2 l’heureuse issue de cette discipline où l’ancien coupable repenti a été réadmis, l’assemblée lui remettant ainsi son péché.
Gérard : Je n'emploie pas cette expression "grâce sanctifiante", d'ailleurs non biblique, sauf erreur. Mais je me reconnais pleinement dans la définition que vous en donnez.
Claire : Les expressions "Incarnation", "Rédemption" et "Trinité" ne sont pas bibliques non plus.
Je ne suis pas un inconditionnel de l’emploi exclusif de termes ou d’expressions figurant dans la Parole. Je voulais dire simplement qu’il faut être prudent et attentif lorsqu’on emploie des termes exo-bibliques.

A noter que les mots « rédemption » ou « rédempteur » figurent en tout environ une trentaine de fois dans la Bible, sachant que « rédemption » est parfois rendu par « rachat ».


Affectueusement.

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Dernière modification par gerardh le jeu. 27 sept. 2012, 14:24, modifié 1 fois.
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Re: Question sur les évangéliques

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[Doctrine sur la justification par la foi seule supprimée. La modération rappelle que dans la section Apologétique, on défend la foi catholique, et que les autres arguments n'y sont tolérés que dans la mesure où ils n'ont pas été déjà mentionnés, et si la réponse catholique est donnée en réponse. En l'espèce, la section Apologétique contient déjà les réponses à la doctrine protestante de la justification, par exemple ici : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 118&t=1271.]
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Re: Question sur les évangéliques

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Mac, vous écrivez :
Ceux qui n'aiment pas Notre Saint Père le Pape Benoit XVI, Nos cardinaux, nos évêques et passent leur vie terrestre à faire la guerre à la Sainte Église par Jésus Christ …
J’espère que vous ne me visiez pas, car cela m’attristerait.

Affectueusement.

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