Bonjour chère Teano,
Je ne me sens pas vraiment concerné par ce qui est dit du fondamentalisme dans le document que vous citez. Il me semble au contraire que je m’efforce d’avoir une lecture intelligente (spirituellement parlant), de la Bible. Je n’ignore pas des différences de styles, d’auteurs et d’époques, et même je pense que cela enrichit la lecture tout en confortant le fond de ce qui est écrit.
J’ai recherché ce qui avait été écrit dans mon milieu chrétien sur la question, et je vous le communique ci-après. Je reconnais que ce n’est pas un réponse complète à vos catégories d’objections. Je vais rechercher aussi ce qui a pu être écrit sur l’interprétation de la Bible :
- [+] Texte masqué
- Qu'est-ce que le fondamentalisme ?
Le Larousse donne la définition suivante : Courant théologique, d'origine protestante, développé aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale, et qui admet seulement le sens littéral des Écritures. Selon une autre source publique (Wikipedia, mars 2012), le fondamentalisme, à son origine (fin du 19ème siècle), était caractérisé par les «fondements» suivants : la divinité du Christ, sa naissance virginale, la doctrine de l'expiation vicariale (Christ mort pour les péchés sur la croix; en bénéficient ceux qui croient), la résurrection corporelle lors de la seconde venue du Christ, l'autorité et l'inerrance verbale de la Bible. Ce fondamentalisme était motivé par la volonté de se prémunir contre deux écueils, d'une part la critique radicale et libérale tendant à annihiler la force de l'Écriture Sainte, et d'autre part l'affirmation catholique de l'infaillibilité pontificale. En matière de catholicisme, on parle plutôt d'intégrisme (il s'agit en réalité d'attachement à la doctrine traditionnelle de l'Eglise définie par le Concile de Trente) Ce n'est que récemment (fin du 20ème siècle) que le terme de fondamentalisme a commencé à être appliqué à l'Islam, et plus particulièrement encore aux courants islamiques prêchant une doctrine amenant à la «guerre sainte» ou au terrorisme. Ces dérives de vocabulaire ont tendance malheureusement à amener des amalgames soit de personnes soit même de principes spirituels. Il est évident que l'attachement à la Bible, à son sens littéral et à son inerrance, est aux antipodes de mouvements islamiques guerriers. Pourtant ce fondamentalisme originel et biblique fait l'objet d'amalgames, et les discours, publics ou non, de tous bords sont loin de chercher à protéger l'attachement à l'inspiration divine de la Bible ; ils cherchent plutôt à la discréditer : le terme fondamentaliste est devenu presque une injure + un synonyme d'obscurantisme irréductible et inintelligent + un argument massue pour faire taire ceux qui défendent la Bible. Il y a longtemps que Pilate demandait «qu'est-ce que la vérité», sans réellement s'intéresser à la réponse ; puis, se lavant les mains, il laissait condamner le juste pour faire plaisir à la foule : lui n'était pas fondamentaliste, contrairement à notre Seigneur !
Le mépris et le rejet a priori du fondamentalisme n'est pas le propre des non-chrétiens ou de ceux qui craignent l'Islam ou le terrorisme. Cette attitude de rejet est aussi répandue parmi les chrétiens, de bords variés. C'est ainsi que nous lisions dans une revue mensuelle sur la lecture populaire de la Bible : «Le fondamentaliste est un danger. Il sépare le texte du reste de la vie et de l’histoire du peuple et l’absolutise comme la manifestation unique de la Parole de Dieu. La vie, l’histoire du peuple, la communauté, n’auraient plus rien à dire sur Dieu et sa volonté. Le fondamentalisme annule l’action de la Parole de Dieu dans la vie. C’est l’absence totale de conscience critique. Il détourne le sens de la Bible et favorise le moralisme, l’individualisme et le spiritualisme dans l’interprétation. C’est une vision aliénée».
Rien n'est plus faux que ces affirmations. Le vrai fondamentalisme d'origine consiste simplement à croire ce que Dieu a dit comme Il l'a dit, et à se fonder ainsi sur ce que Dieu a dit, ayant confiance en Lui pour l'avenir. Le confondre avec le terrorisme d'autres religions, selon l'amalgame qu'on se plait à faire aujourd'hui, ne fait que dénigrer la foi en la Parole de Dieu. Le fondamentalisme sincère et droit se soumet à ce que Dieu dit. Ce que certains appellent «conscience critique» n'est autre que la prétention de l'homme à avoir le droit et la capacité de juger Dieu et juger ce que Dieu dit. La vraie vie, c'est la vie avec Dieu et dans sa communion, ce n'est pas faire évoluer les idées selon les pensées de l'homme et sans la direction de Dieu. Favoriser le moralisme n'est pas un mal, c'est écouter Dieu quand il dit que quelque chose est mal et autre chose est bien. Favoriser l'individualisme n'est pas bon quand cela détourne le fidèle de l'église chrétienne, mais c'est une responsabilité et une obligation quand, dans un contexte de déclin, le fidèle doit remonter le courant et ne pas agir comme tout le monde (voir les nombreux «Mais toi» des épîtres à Timothée). Favoriser le spiritualisme est mauvais si on entend par là le mysticisme, mais la conduite du croyant par l'Esprit est ce à quoi il est tenu (Galates 5) Il est entièrement faux de dire que le fondamentalisme annule l'action de la Parole de Dieu dans la vie. C'est juste le contraire : Il croit que la Parole de Dieu est la vérité (Jean 17:17) et qu'elle est «vivante et opérante» (Héb. 4 :12), et qu'elle a des effets sur toute la vie du croyant. Refuser le fondamentalisme, l'inspiration littérale de la Parole de Dieu, c'est l'attitude de Satan au jardin d'Eden jetant le doute chez Ève quant à ce que Dieu a dit («Quoi ? Dieu a dit ?») Non, l'histoire des peuples n'est pas la manifestation de la Parole de Dieu dans la vie. Le rejet de Christ montre suffisament l'inimitié de l'homme contre Dieu et Sa Parole (voir Jean 8)
Le chrétien qui veut simplement croire la Bible comme Parole de Dieu, et qui veut lui obéir, sera accusé d'être fondamentaliste. Dans son sens direct, être fondamentaliste n'est pas une injure, car cela veut simplement dire qu'on croit que le Parole de Dieu est quelque chose de fondamental, et qu'il faut revenir aux fondements, ce qui implique de croire à l’inspiration littérale de la Parole de Dieu. Mais dans le monde actuel, être fondamentaliste a pris un sens très particulier, et dans la tête de la plupart des gens, c’est être inintelligent et obscurantiste, fou ou meurtrier. On peut multiplier les bons papiers ou articles de défense du christianisme, mais la plupart du temps les gens ne s’y intéressent pas et ne les écoutent pas : les accusations antichrétiennes sont sommaires et ne cherchent pas à démontrer quoi que ce soit ; pour beaucoup de gens, il suffit de salir. On voit déjà cela dans les accusations portées contre l'apôtre Paul en Actes 24 : « cet homme est une peste », « il excite... », « il est un meneur... », « il a tenté... », mais rien n’est avancé pour démontrer qu’il ait effectivement commis un crime quelconque !
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