Epsilon a écrit :Tout cela pour faire comprendre à Raistlin que le Coran n'est pas a priori contre les "associateurs" ... ce qui rend "l'association" intolérable/condamnable c'est qu'elle soit faite sans l'autorisation de Dieu (et donc à son insu) ... et partant qu'elle institue des "divinités" indépendante et donc "égale" à Dieu.
Cordialement, Epsilon
(*Dans le Coran le terme " fitna" signifie " tentation envoyée par Allah pour séduire le croyant
Sur le plan religieux, la fitna fait référence à toute forme d'hérésie , toute séparation de la "voie droite".
http://books.google.fr/books?id=jkTbWPu ... es&f=false )
Oui enfin... 31.
Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui! Gloire à Lui! Il est au-dessus de ce qu'ils Lui associent.
32. Ils (les Juifs et les Chrétiens) veulent éteindre avec leurs bouches la lumière d'Allah, alors qu'Allah ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient
les mécréants.
Les chrétiens (Nazaréens) sont des mushrikun dans le Coran. Ils sont accusés d'associer, Marie, Jésus, parfois Jibril (assimilé parfois au Saint Esprit

) et les Moines à Dieu.
Les Juifs eux, sont accusés d'associer à Dieu des Rabbins, et surtout un Fils...Uzair... :>
Le Coran dit que Dieu pardonne tous les pêchés, sauf le shirk,
l'association(isme) ((sédition, Scission, sécession)). est plus grave que le meurtre. (Wa Al-Fitnatu 'Ashaddu Mina Al-Qatli ) (S2v191)
Wa Qātilūhum Ĥattá Lā Takūna Fitnatun Wa Yakūna Ad-Dīnu Lillāhi (Et combattez-les jusqu´à ce qu´il n´y ait plus d´association (sédition, sécession) et que la religion soit entièrement à Allah seul.) (193) Ici on comprend avec d'autres versets que seul L'islam est agréé par Allah dans le contenu du Coran). L'association d'autres divinités égales ou inférieures à Allah, est donc perçue comme une tentation, une fitna...qui mènera des hypocrites et des incrédules vers le Tâghoût (mauvaise direction, transgression, blasphème).
4.116
Certes, Allah ne pardonne pas qu´on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s´égare, très loin dans l´égarement.
[4:48]
Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.
(Le SHIRK n’est pas pardonné quelles que soient nos bonnes actions/oeuvres, pour qu'il soit pardonné, il faut se convertir à l'islam)
Confirmé ici
[39:65]
En effet, il t'a été révélé, ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé : Si tu donnes des associés à Dieu, ton œuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants.
Qu'est-ce que
le polythéisme: Doctrine religieuse ou système philosophique qui admet l'existence de plusieurs dieux. Les juifs et les chrétiens sont accusés de prendre en Seigneurs ou en divinités d'autres que Dieu ("
en dehors d'Allah")... Jésus, Marie, le Saint Esprit (Djibril), Uzair (fils d'Allah pour les juifs selon le Coran

), des Moines, des Rabbins.
29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés .
30. Les Juifs disent : "Uzayr est fils d'Allah" et les Chrétiens disent : "Le Christ est fils d'Allah". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Allah les anéantisse! Comment s'écartent-ils de la vérité?
31. Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui! Gloire à Lui! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent.
http://archive.wikiwix.com/cache/?url=h ... =L%27Islam
Alain Besançon écrit :
La vraie Thora, l’Evangile authentique
ne doivent pas être cherchés ailleurs que dans le Coran. Les vrais disciples de Jésus, ce sont
les musulmans.
La balle est donc dans le camp des Juifs et des Chrétiens : peuvent ils, eux,
reconnaître la Bible dans le Coran ? La réponse est non.
Quels sont les rapports de filiation entre la Bible et le Coran ? Aucun, assurent les
musulmans. Mahomet était illettré. Dieu déclare au prophète : « Tu ne connaissais pas ce que
sont les Ecritures et la foi antérieurement ». S’il y a des coïncidences, c’est bien naturel,
puisque le même message a été adressé à tous les « envoyés » et s’il y a des divergences, c’est
parce que les juifs et les chrétiens l’ont tronqué et faussé.
les figures bibliques citées dans le Coran nous paraissent à la fois identifiables et déformées.
Abraham n’est pas Ibrahim, ni Moïse, Moussa. Prenons Jésus. Issa apparaît hors de l’espace
et du temps, sans référence au pays d’Israël. Sa mère, Marie, qui est la soeur d’Aron, le met
au monde sous le palmier. Puis Issa fait plusieurs miracles qui semblent tirés des évangiles
apocryphes. Il annonce la venue future de Mahomet. Il sera témoin le jour de la résurrection.
Les chrétiens sont parfois impressionnés par la place que tient Jésus dans le Coran.
Mais ce n’est pas celui auquel ils ont donné leur foi. Le Jésus du Coran répète ce qu’avaient
annoncé les prophètes antérieurs, Adam, Abraham, Lot, etc. : en effet, tous les prophètes ont
le même savoir et proclament le même message, qui est l’islam.
3.67 Abraham n´était ni Juif ni Chrétien. Il était entièrement soumis à Allah, Musulman, il n´était point du nombre des Associateurs._Mā Kāna 'Ibrāhīmu Yahūdīyāan Wa Lā Naşrānīyāan Wa Lakin Kāna Ĥanīfāan Muslimāan Wa Mā Kāna Mina Al-Mushrikīna
La prédestination, comme la comprend l’islam n’est pas éloignée du sentiment antique du fatum.
On se moque parfois du paradis musulman. C’est à tort. Certes, il n’est pas comme le
paradis juif et chrétien une vision de Dieu et une participation à la vie divine. Dans l’au-delà
Dieu reste séparé et inaccessible. Mais l’homme y trouve avec le pardon et la paix la
« satisfaction ». La Bible fait parcourir à l’homme un itinéraire qui commence dans un jardin,
l’Eden, et finit dans une ville, la Jérusalem céleste. Dans le Coran, il revient au jardin, Les
mythologies antiques nous offrent les mêmes images de banquets idéaux où circulent les
coupes, les éphèbes, les jeunes vierges, dans un même climat de satisfaction et de comblement
de tous les désirs.
En accord avec la religion naturelle et le substrat hellénistique sur lequel s’est étendu
l’islam, la vie religieuse comporte des modalité différentes et étagées. Pour les âmes
religieuses s’ouvrent deux voies qui existaient aussi dans le monde gréco-romain, la philosophie (la falsafa si imprégnée de néo-platonisme) et la mystique. Pour les âmes moins
exigeantes, il est permis, moyennant le respect de la Loi et une pratique légère des « cinq
piliers » de l’islam, de mener une vie religieuse parfaitement superficielle et cependant
parfaitement licite et suffisante. Grand avantage sur les deux religions bibliques qui réclament
en principe plus de scrupule et plus d’intériorité. La stabilité de cette religion superficielle et
légale n’est pas sans ressembler à la religion antique, faite de rites qui accompagnaient le
sens naturel et spontané du divin.
Deux faits ont toujours étonnés les chrétiens, la difficulté de convertir les musulmans
et la solidité de leur foi, même chez les gens les plus superficiellement religieux.
Il est absurde pour un musulman de devenir chrétien, d’abord parce qu’il est une
religion du passé, dont le meilleur a été repris et dépassé par l’islam. Mais plus
fondamentalement, le christianisme lui paraît antinaturel. Ses exigences morales lui
paraissent dépasser les capacités humaines. Le dogme trinitaire chrétien l’inquiète : il semble
exposé au shirk, le péché irrémissible de donner à Dieu des « associés ». Le christianisme est
suspect d’être une religion à mystères, ce qu’il condamne, et comme tel d’être irrationnel. Or
l’islam se donne pour rationnel, pour la seule religion rationnelle. Cela contient une note
menaçante, car si la raison caractérise la nature humaine, l’irrationalisme chrétien est un
abandon du statut humain. En ce cas le statut de dhimmi est une faible protection. Le Etats
musulmans ne peuvent donc pas consentir, en droit strict, à la réciprocité de tolérance que leur
réclament les Etats chrétiens. En la réclamant, les chrétiens ne font qu’indiquer leur ignorance
de l’islam.
Quant à la solidité de la foi musulmane, elle signifie tout simplement la stupeur des
musulmans devant ce phénomène intimement lié à l’histoire du christianisme qu’est
l’athéisme moderne. Chrétiens modernes nous avons tendance à regarder l’athéisme comme
l’alternative à la foi. Mais ce n’était pas le cas du monde antique qui accusait les chrétiens
d’athéisme parce qu’ils refusaient de constater l’existence des dieux. L’indignation des
musulmans est de même nature.
Et pourtant les chrétiens dans leurs rencontres avec les musulmans n’ont pas retrouvé
la nature comme ils la rencontraient dans le paganisme gréco-romain, germanique, slave,
américano-indien. On dirait que la nature et la révélation se sont mutuellement mutilés. Je ne
parlerai pas de l’extérieur, de l’allure de la ville musulmane, de la structure familiale, du statut
de la femme, du système des moeurs. Mais de quelque chose de plus intérieur qui tient à
l’essence de cette religion. Je veux relever trois traits.
Sommes nous
revenus aux temps de S. Jean Damascène où l’on se demandait si l’islam n’était pas une
forme comme une autre de christianisme ? Ce n’est pas exclu. Pour l’historien, c’est une
situation connue. Quand une église ne sait plus ce qu’elle croit, ni pourquoi elle le croit, elle
glisse vers l’islam, sans s’en apercevoir. Ainsi ont fait massivement et en peu de temps les
monophysites d’Egypte, les Nestoriens de Syrie, les Donatistes d’Afrique du Nord, les Ariens
d’Espagne.
Je voudrais conclure en proposant trois thèses.
1. Les chrétiens ont grand tort de considérer l’islam comme une religion simpliste,
élémentaire, une « religion de chameliers ». C’est au contraire une religion
extrêmement forte, une cristallisation spécifique du rapport de l’homme à Dieu
parfaitement opposée au rapport juif et chrétien, mais non moins cohérente.
2. Les chrétiens ont tort d’estimer que l’adoration par l’islam du Dieu unique d’Israël les
rend plus proches d’eux mêmes que les païens. En fait, comme le prouve l’histoire de
leurs relations, ils sont en sont plus radicalement séparés à cause du mode d’adoration
de ce même Dieu.
3. Il s’ensuit que dans leur effort pour comprendre les musulmans et « dialoguer » avec
eux, les chrétiens doivent s’appuyer sur ce qui demeure de religion naturelle, de vertu
naturelle, au sein de l’islam. Et avant tout de s’appuyer sur la nature humaine commune qu’ils partagent avec eux. Mais le Coran, à la différence d’Homère, Platon ou Virgile, ne peut être considéré comme une praeparatio evangelica