La falsification des Ecritures selon l'islam

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Suliko a écrit :Le terme dikhr désigne souvent le Coran. Selon Tabari et d'autres exégètes réputés, c'est le cas ici.
Le terme « dhikr » ce traduit par « Rappel » et le terme « qur’ân » se traduit par « Coran » … donc le « dhikr » ne saurait être, par définition, le Coran au véritable sens du terme (c-à-d dans sa totalité exclusivité) … comme je l’ai signalé le Coran lui-même donne la définition de « dhikr » (80, 11-16) puisqu’il « est contenu dans des Feuilles (çuhuf) vénérées » … « dhikr » désigne donc l’ensemble des récits (Thora, Evangiles, Coran entre autres) tirés des « Feuilles célestes » … et qui bénéficient du plus grand soin de Dieu dans leur transmission/révélation.

Comme pour le Coran ou l’original se trouve dans la Table … ici pour le Rappel l’original se trouve dans les Feuilles.

Bon cela se mord un peu la queue ... mais c'est comme ça :cool:


Cordialement, Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Raistlin a écrit :Et que pouvez-vous bien reprocher à Luxenberg ? De ce que j'ai lu de ses travaux, il a aidé à établir l'origine syro-araméenne de certains passages obscurs du Coran.
Luxenberg et frère Bruno Bonnet Aymard (qui veut nous convaincre que le fameux 7Q5 est un extrait de l’Evangile de Mc) même combat le premier prenant sa source sur le second … la triade étant complétée par le Père Moussali (qui lui veut nous vendre que : la Mecque n'existait pas à l’époque du Coran).

Bon je suis qcq peu « méchant » … ce qu’il faut en retenir c’est pour le moins ils font avancer la « machine » … sans malheureusement que nous puissions les exclure de toutes « arrières pensées ».

S’il n’y avait qu’UNE seule (alors qu’elles sont multiples) source d’origine du Coran … je ne citerait que les Ecrits Suméro-Akkadiens … c’est LA trame de base sorte d’épine dorsale du Coran et partant de l’Islam … il en est, d’ailleurs, de même de la Bible notamment dans ses débuts.

Le reste c’est de la linguistique … il est absolument normal que le Sumérien étant aux oubliettes depuis belle lurette d’autres langages ont pris sa place notamment l’Araméen qui était langue de l’Empire … puis vinrent des dialectes a profusion tel que le Syriaque, l’Hébreu et l’Arabe pour ne mentionner qu’eux … il ne faut donc pas être sortie de Polytechnique pour trouver des racines « syro-araméenne » dans certains termes Arabes.
Raistlin a écrit :l'exemple qui me vient spontanément à l'esprit est celui du verset 24 de la sourate 19
Si vous voulez en parler pas de problème ... je ne sais pas ce qu'en dit Luxenberg mais pour moi c'est une reprise de Ge (21 18-19).
Raistlin a écrit :Associer quelqu'un à Dieu, il me semble que ça revient bien à confesser plusieurs dieux. D'ailleurs, les chrétiens sont perçus comme étant des polythéistes par beaucoup de musulmans.
C'est exact mais comme je l'ai signalé :
"Pour revenir aux « Gens du Livre » … l’accusation de « mushrikûn » (associateur) n’est pas explicitement prononcée bien qu’elle soit sous-entendue … malgré donc toutes les accusations que le Coran lance contre les « Gens du Livre » ils ne sont pas assimilés aux « associateurs » ils forment une catégorie « à part » … bien que le Coran constate que parfois leurs paroles ressemblent à celle des incroyants … nous pouvons dire que « associateurs » et « Gens du Livre » sont à la fois rapprochés et distingués … laissant sous-entendre, sans l’expliciter, que les seconds ont tendance à rejoindre les premiers. "

Donc il faut aller dans le texte même pour savoir s'il s'agit de polythéistes ou d'associateurs.

Et in fine Suliko a bien répondu.


Cordialement, Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Suliko »

Très bonne remarque mais il me semble que c'est simplement dû au fait que les chrétiens font partie des "gens du Livre
Je crois au contraire qu'il y a une véritable distinction qualitative entre chrétiens et polythéistes. Sinon, pourquoi les zoroastriens auraient-ils fini (non sans mal) par être mis dans la catégorie des gens du Livre? Je crois que les musulmans de l'époque perçevaient cette distinction, car il existe des polythéistes qui possèdent un livre, non?
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Raistlin
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Raistlin »

Epsilon a écrit :Luxenberg et frère Bruno Bonnet Aymard (qui veut nous convaincre que le fameux 7Q5 est un extrait de l’Evangile de Mc) même combat le premier prenant sa source sur le second … la triade étant complétée par le Père Moussali (qui lui veut nous vendre que : la Mecque n'existait pas à l’époque du Coran).
J’avoue ne pas bien comprendre le sac de nœuds que vous faites. Vous mélangez des auteurs ne parlant pas du tout de la même chose. Est-ce un bon argument ?

Ceci étant dit, je sais que l’identification du 7Q5 avec Marc est très controversée. Néanmoins, à part chez Petitfils qui cite un auteur qui aurait « démontré » que cette identification est rigoureusement impossible, je n’ai pas encore vu quel meilleur candidat que l’évangile de Marc pouvait être avancé pour dire de quel texte est issu le 7Q5. Si vous le savez, ça m’intéresse.

Pour La Mecque, c’est vrai que la thèse de son inexistence avant l’islam m’a surpris également. J’ai lu cette hypothèse chez le père Gallez. Ses arguments semblent bons : aucune trace de cette ville avant l’émergence de l’islam. C’est d’ailleurs l’islamologue Patricia Crone (dans son livre Meccan trade and the rise of Islam) qui semble avoir soulevé le problème pour la première fois. Or c’est vrai que les sources musulmanes indiquent pour La Mecque un centre religieux et commercial quasi incontournable en Arabie. Il est donc surprenant qu’aucune source antique n’en parle, et qu’en outre (comme le relève Patricia Crone), aucune grande route commerciale connue ne passe par là. Pour ma part, je penche soit pour une inexistence de La Mecque avant l’islam, soit pour une grande exagération de son rayonnement. Des fouilles archéologiques permettraient probablement de lever le mystère mais elles sont malheureusement interdites.

Epsilon a écrit :Bon je suis qcq peu « méchant » … ce qu’il faut en retenir c’est pour le moins ils font avancer la « machine » … sans malheureusement que nous puissions les exclure de toutes « arrières pensées ».
Mais quel auteur est sans arrière-pensée ? Et vous, l’êtes-vous davantage ? Nous ne sommes pas des machines parfaitement neutres. La question n’est donc pas de savoir si ces auteurs ont des arrière-pensées mais ce que vaut leurs arguments.

Epsilon a écrit :Le reste c’est de la linguistique … il est absolument normal que le Sumérien étant aux oubliettes depuis belle lurette d’autres langages ont pris sa place notamment l’Araméen qui était langue de l’Empire … puis vinrent des dialectes a profusion tel que le Syriaque, l’Hébreu et l’Arabe pour ne mentionner qu’eux … il ne faut donc pas être sortie de Polytechnique pour trouver des racines « syro-araméenne » dans certains termes Arabes.
Là, je vous trouve franchement injuste. Je vous rappelle quand même que l’islam affirme que le Coran est en arabe clair. Le fait qu’il faille chercher la signification de certains passages du Coran dans d’autres langues que l’Arabe n’est certainement pas une activité généralisée. Quels autres islamologues que Luxenberg se sont penchés sérieusement sur le fait que le Coran ne serait peut-être pas écrit en pur arabe ?

C’est facile de critiquer a posteriori et de trouver « évident » ce que personne n’a dit avant.

Epsilon a écrit :
Raistlin a écrit :l'exemple qui me vient spontanément à l'esprit est celui du verset 24 de la sourate 19
Si vous voulez en parler pas de problème ... je ne sais pas ce qu'en dit Luxenberg mais pour moi c'est une reprise de Ge (21 18-19).
Ce qu’en dit Luxenberg, surtout, c’est que ce verset est peu clair, voire absurde. Et qu’une fois appliquée la solution qu’il propose, le sens devient bien plus cohérent avec le contexte.

Epsilon a écrit :C'est exact mais comme je l'ai signalé :
"Pour revenir aux « Gens du Livre » … l’accusation de « mushrikûn » (associateur) n’est pas explicitement prononcée bien qu’elle soit sous-entendue … malgré donc toutes les accusations que le Coran lance contre les « Gens du Livre » ils ne sont pas assimilés aux « associateurs » ils forment une catégorie « à part » … bien que le Coran constate que parfois leurs paroles ressemblent à celle des incroyants … nous pouvons dire que « associateurs » et « Gens du Livre » sont à la fois rapprochés et distingués … laissant sous-entendre, sans l’expliciter, que les seconds ont tendance à rejoindre les premiers. "
Donc le Coran n’accuserait jamais les chrétiens d’associationnisme… C’est vrai que nous trouvons ce verset qui semble bien faire la distinction entre les associateurs et les chrétiens : Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : “Nous sommes chrétiens.” C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil. (sourate 5, 82)

Mais d’autres passages impliquent directement l’associationnisme des chrétiens.
ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites d'Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager d'Allah, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas “Trois”. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur. (sourate 4, 171)

Et bien sûr celui-ci qui affirme que les chrétiens prennent Jésus et Marie pour deux dieux à côté d’Allah :
(Rappelle-leur) le moment où Allah dira : “ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : “Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah ? ” Il dira : “Gloire et pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire ! Si je l'avais dit, Tu l'aurais su, certes. Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. (sourate 5, 116)

Bref, si le polythéisme des chrétiens n’est pas affirmé dans ces versets, je ne sais pas ce qu’ils signifient. Et d’ailleurs, il me semble que les musulmans prennent bien le christianisme pour de l’associationnisme. En conséquence, les chrétiens ont beau avoir un statut particulier de « gens du Livre » (permettant notamment que leur soit appliqué le statut de dhimmis), le Coran me semble bien affirmer positivement qu’ils sont polythéistes.

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Cher Raistlin

Concernant le 7Q5 … qui, pour moi, est un vieux sujet … je vais ouvrir un nouveau fil de discussions dans le sous-forum « Ecriture Sainte ».

Concernant La Mecque … selon certains (entre autres votre Patricia Crone) … on la trouve partout : à Jérusalem en Syrie mais surtout pas en Arabie … bon bref si vous vous sentez « d’attaque » ouvrez un nouveau fil de discussion celui-ci étant très chargé.

Vous dites :
« Le Coran ne serait peut-être pas écrit en pur arabe ? »

Le Coran est écrit dans « l’arabe » que les gens de son époque connaissaient … c'est pour souligner que contrairement à d'autres textes sacrés il n'a pas fait l'objet d'une traduction ... et partant d'une perte de sens des mots.

Concernant le verset (19,24) vous dites :
« Ce qu’en dit Luxenberg, surtout, c’est que ce verset est peu clair, voire absurde. Et qu’une fois appliquée la solution qu’il propose, le sens devient bien plus cohérent avec le contexte. »

Pouvez-vous développer SVP ???

Bon on boucle sur « associateurs » « polythéistes » … dernière tentative :

Si vous extrapolez le mot « associateur » nous pouvons dire, d’un point de vue de l’Islam, que Dieu lui-même est un « associateur » … puisqu’il a créé Adam à son image et dont tous les Anges devaient l’adorer … est-il pour autant un « polythéiste » ???


Cordialement, Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Suliko »

… puisqu’il a créé Adam à son image
Mais il n'a pas créé Adam à son image...
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Sol Invictus »

@Epsilon, je rejoins notre ami Raistlin.

J'ai lu le compte rendu du travail de Luxenberg fait par Brague. A mes yeux c'est solide. Et Luxenberg est reconnu comme étant un éminent philologue et paléographe.

Nous ne sommes (à moins que vous ne soyez spécialisé dans ces disciplines) pas aptes à juger ses travaux. Aucun de ses collègues paléographe ou philologue n'a quoi qu'il en soit contredit sa thèse.

La Mecque, vaste question, des sources historiques rapportent des cultes païens dans la péninsule arabique (peut-être même dans le Hedjaz).. Par exemple
[+] Texte masqué
On observe que Mohammed n'a pas renié l'ensemble des croyances païennes Hejazi et plus largement Antiques, avec le mythe des Bétyles (Pierre Noire de la Kaaba), les Djiins, la circumambulation, la lapidation symbolique du diable . Cassius Maximus Tyrius (grec du IIe siècle) dans ses Dissertations, au IIe siècle,rapporte : « les Arabes adorent aussi, mais je ne sais quoi. Quant à l'objet sensible de leurs adorations, je l'ai vu, c'est une pierre quadrangulaire. »*
(*_ Maxime de Tyr, Dissertations, VIII)
Saint Clément d'Alexandrie, l'un des Pères de l'Église, est né à Athènes vers 150 et mort en Asie Mineure vers 220 :
http://books.google.fr/books?id=ecRZAAA ... nt&f=false par Jacques-Antoine Dulaure, né le 3 décembre 1755 à Clermont-Ferrand et mort le 18 août 1835 à Paris, est un archéologue et historien français.

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http://books.google.fr/books?id=c6VEJ6J ... re&f=false

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Carte de Ptolémée http://www.wdl.org/fr/item/2923/zoom/#g ... 5198927815

La Macoraba de Ptolémée ce n'est pas là où se situe la ville sainte de l'islam aujourd'hui.

Il serait intéressant d'analyser les écrits de Pline l'Ancien.

Il faut aussi analyser ce que rapportait Diodore de Sicile. S'il est impossible d'affirmer que c'est l'emplacement de la Mecque, de nombreux spécialistes soutiennent que la baie et le temple (kaaba) décrit par Diodore serait la baie adjacente à Ash-Sharmah dans la province de Tabuk. On sait aussi qu'il y avait plusieurs Kaaba_temples dans la Péninsule Arabique.

Patricia Crone dont les travaux sont critiqués par le cheick Amaal Muhammad Al-Roubi, je suppose (mais peut-être me trompé-je ?) que c'est sur le " A Response to Patricia Crone's Book" que Michel Orcel, [un écrivain titulaire d'un DEA en islamologie (Dr.Arnaldez)] s'est appuyé concernant sa critique des travaux de Crone dans son dernier livre "L'invention de l'islam". Livre qui mérite le coup d’œil, non pas sur le plan de l'érudition, entendons-nous bien, mais parce qu'il renvoie vers des sources intéressantes, parfois peu connues ou auxquelles on ne penserait pas forcément. Les analyses/sentiments, le parti pris de l'auteur qui n'a pas les compétences nécessaires pour juger les travaux qu'il entend remettre en question... le ton qu'il emploie... les professeurs/chercheurs qu'il tente de discréditer d'une certaine manière laisse entrevoir une tendance philoislamique voire qu'il est lui même musulman. Mais là encore il ne s'agit peut-être que d'une erreur d'appréciation. Il est peut-être seulement militant.

P.Crone qui se trompe probablement sur certains points est tout de même d'un niveau incomparable avec M. Orcel.

revenons-en au sujet

Lapidus, Ira. History of Islamic Societies, pp. 16–17 rapportent en gros que
Les conditions étaient difficiles dans la péninsule arabique qui était en état quasi-constant de conflit entre tribus locales, mais une fois par an les tribus pactisaient et déclaraient la trêve; ils tendaient (convergeaient) alors vers un but commun en direction de la Mecque pour accomplir le pèlerinage annuel. Jusqu'au 7e siècle, ce voyage était prévu pour des raisons religieuses par les Arabes païens, ils rendaient dans leur sanctuaire pour rendre des hommages et faire des offrandes, buvaient l'eau des puits de Zamzam, cette eau étant louée pour ses vertus guérisseuses et bénéfiques. Les chefs des tribus ennemis tentaient de résoudre les différents problèmes durant cette trêve. Ces événements annuels apportaient aux tribus un sentiment d'identité commune, la Mecque était un axe important de la péninsule, pas seulement commercial et cultuel.
Dans son livre, l'Islam: A Short History, Karen Armstrong (professeure spécialisée dans l'anthropologie des religions et religions comparées_Oxford) affirme que la Kaaba a été consacrée à Hubal, une divinité nabatéenne et que la Kaaba contenait 360 idoles représentant les jours de l'année ou bien les effigies du panthéon arabe. Une fois par an, les tribus de la péninsule arabique, qu'ils soient chrétiens ou païens, convergeaient vers la Mecque pour accomplir le Hajj. (pèlerinage).
Dernière modification par Sol Invictus le mer. 22 août 2012, 12:59, modifié 3 fois.
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Sol Invictus »

Compte rendu partiel de l'ouvrage de Luxenberg par Rémi Brague.

http://www.letempsdypenser.fr/2011/05/% ... mi-brague/
Dernière modification par Sol Invictus le mar. 21 août 2012, 21:59, modifié 1 fois.
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Suliko a écrit :Mais il n'a pas créé Adam à son image...
C’est une tradition attribuée au Prophète selon laquelle Dieu créa l’homme « à son image » (comme pour la Bible) … c’est la conséquence de l’action/insufflation de l’Esprit (rûh souffle divin) en 15,29 ; 38,72.

Tout cela pour faire comprendre à Raistlin que le Coran n'est pas a priori contre les "associateurs" ... ce qui rend "l'association" intolérable/condamnable c'est qu'elle soit faite sans l'autorisation de Dieu (et donc à son insu) ... et partant qu'elle institue des "divinités" indépendante et donc "égale" à Dieu.


Cordialement, Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Merci cher Sol Invictus ... je vais m'y mettre mais pour demain :cool:


Cordialement, Epsilon
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Sol Invictus »

Epsilon a écrit :

Cordialement, Epsilon
j'ai un peu complété l'avant dernier message. :saint:
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Sol Invictus »

Epsilon a écrit :Tout cela pour faire comprendre à Raistlin que le Coran n'est pas a priori contre les "associateurs" ... ce qui rend "l'association" intolérable/condamnable c'est qu'elle soit faite sans l'autorisation de Dieu (et donc à son insu) ... et partant qu'elle institue des "divinités" indépendante et donc "égale" à Dieu.


Cordialement, Epsilon


(*Dans le Coran le terme " fitna" signifie " tentation envoyée par Allah pour séduire le croyant
Sur le plan religieux, la fitna fait référence à toute forme d'hérésie , toute séparation de la "voie droite".
http://books.google.fr/books?id=jkTbWPu ... es&f=false )

Oui enfin... 31. Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui! Gloire à Lui! Il est au-dessus de ce qu'ils Lui associent.

32. Ils (les Juifs et les Chrétiens) veulent éteindre avec leurs bouches la lumière d'Allah, alors qu'Allah ne veut que parachever Sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.

Les chrétiens (Nazaréens) sont des mushrikun dans le Coran. Ils sont accusés d'associer, Marie, Jésus, parfois Jibril (assimilé parfois au Saint Esprit :zut: ) et les Moines à Dieu.

Les Juifs eux, sont accusés d'associer à Dieu des Rabbins, et surtout un Fils...Uzair... :>

Le Coran dit que Dieu pardonne tous les pêchés, sauf le shirk, l'association(isme) ((sédition, Scission, sécession)). est plus grave que le meurtre. (Wa Al-Fitnatu 'Ashaddu Mina Al-Qatli ) (S2v191)

Wa Qātilūhum Ĥattá Lā Takūna Fitnatun Wa Yakūna Ad-Dīnu Lillāhi (Et combattez-les jusqu´à ce qu´il n´y ait plus d´association (sédition, sécession) et que la religion soit entièrement à Allah seul.) (193) Ici on comprend avec d'autres versets que seul L'islam est agréé par Allah dans le contenu du Coran). L'association d'autres divinités égales ou inférieures à Allah, est donc perçue comme une tentation, une fitna...qui mènera des hypocrites et des incrédules vers le Tâghoût (mauvaise direction, transgression, blasphème).

4.116 Certes, Allah ne pardonne pas qu´on Lui donne des associés. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Quiconque donne des associés à Allah s´égare, très loin dans l´égarement.

[4:48]
Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

(Le SHIRK n’est pas pardonné quelles que soient nos bonnes actions/oeuvres, pour qu'il soit pardonné, il faut se convertir à l'islam)

Confirmé ici

[39:65]
En effet, il t'a été révélé, ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé : Si tu donnes des associés à Dieu, ton œuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants.

Qu'est-ce que le polythéisme: Doctrine religieuse ou système philosophique qui admet l'existence de plusieurs dieux. Les juifs et les chrétiens sont accusés de prendre en Seigneurs ou en divinités d'autres que Dieu ("en dehors d'Allah")... Jésus, Marie, le Saint Esprit (Djibril), Uzair (fils d'Allah pour les juifs selon le Coran :siffle: ), des Moines, des Rabbins.
29. Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés .

30. Les Juifs disent : "Uzayr est fils d'Allah" et les Chrétiens disent : "Le Christ est fils d'Allah". Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu'Allah les anéantisse! Comment s'écartent-ils de la vérité?

31. Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d'Allah, alors qu'on ne leur a commandé que d'adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui! Gloire à Lui! Il est au-dessus de ce qu'ils [Lui] associent.
http://archive.wikiwix.com/cache/?url=h ... =L%27Islam
Alain Besançon écrit :
La vraie Thora, l’Evangile authentique
ne doivent pas être cherchés ailleurs que dans le Coran. Les vrais disciples de Jésus, ce sont
les musulmans.

La balle est donc dans le camp des Juifs et des Chrétiens : peuvent ils, eux,
reconnaître la Bible dans le Coran ? La réponse est non.
Quels sont les rapports de filiation entre la Bible et le Coran ? Aucun, assurent les
musulmans. Mahomet était illettré. Dieu déclare au prophète : « Tu ne connaissais pas ce que
sont les Ecritures et la foi antérieurement ». S’il y a des coïncidences, c’est bien naturel,
puisque le même message a été adressé à tous les « envoyés » et s’il y a des divergences, c’est
parce que les juifs et les chrétiens l’ont tronqué et faussé.
les figures bibliques citées dans le Coran nous paraissent à la fois identifiables et déformées.
Abraham n’est pas Ibrahim, ni Moïse, Moussa. Prenons Jésus. Issa apparaît hors de l’espace
et du temps, sans référence au pays d’Israël. Sa mère, Marie, qui est la soeur d’Aron, le met
au monde sous le palmier. Puis Issa fait plusieurs miracles qui semblent tirés des évangiles
apocryphes. Il annonce la venue future de Mahomet. Il sera témoin le jour de la résurrection.
Les chrétiens sont parfois impressionnés par la place que tient Jésus dans le Coran.
Mais ce n’est pas celui auquel ils ont donné leur foi. Le Jésus du Coran répète ce qu’avaient
annoncé les prophètes antérieurs, Adam, Abraham, Lot, etc. : en effet, tous les prophètes ont
le même savoir et proclament le même message, qui est l’islam.
3.67 Abraham n´était ni Juif ni Chrétien. Il était entièrement soumis à Allah, Musulman, il n´était point du nombre des Associateurs._Mā Kāna 'Ibrāhīmu Yahūdīyāan Wa Lā Naşrānīyāan Wa Lakin Kāna Ĥanīfāan Muslimāan Wa Mā Kāna Mina Al-Mushrikīna
La prédestination, comme la comprend l’islam n’est pas éloignée du sentiment antique du fatum.
On se moque parfois du paradis musulman. C’est à tort. Certes, il n’est pas comme le
paradis juif et chrétien une vision de Dieu et une participation à la vie divine. Dans l’au-delà
Dieu reste séparé et inaccessible. Mais l’homme y trouve avec le pardon et la paix la
« satisfaction ». La Bible fait parcourir à l’homme un itinéraire qui commence dans un jardin,
l’Eden, et finit dans une ville, la Jérusalem céleste. Dans le Coran, il revient au jardin, Les
mythologies antiques nous offrent les mêmes images de banquets idéaux où circulent les
coupes, les éphèbes, les jeunes vierges, dans un même climat de satisfaction et de comblement
de tous les désirs.

En accord avec la religion naturelle et le substrat hellénistique sur lequel s’est étendu
l’islam, la vie religieuse comporte des modalité différentes et étagées. Pour les âmes
religieuses s’ouvrent deux voies qui existaient aussi dans le monde gréco-romain, la philosophie (la falsafa si imprégnée de néo-platonisme) et la mystique. Pour les âmes moins
exigeantes, il est permis, moyennant le respect de la Loi et une pratique légère des « cinq
piliers » de l’islam, de mener une vie religieuse parfaitement superficielle et cependant
parfaitement licite et suffisante. Grand avantage sur les deux religions bibliques qui réclament
en principe plus de scrupule et plus d’intériorité. La stabilité de cette religion superficielle et
légale n’est pas sans ressembler à la religion antique, faite de rites qui accompagnaient le
sens naturel et spontané du divin.

Deux faits ont toujours étonnés les chrétiens, la difficulté de convertir les musulmans
et la solidité de leur foi, même chez les gens les plus superficiellement religieux.

Il est absurde pour un musulman de devenir chrétien, d’abord parce qu’il est une
religion du passé, dont le meilleur a été repris et dépassé par l’islam. Mais plus
fondamentalement, le christianisme lui paraît antinaturel. Ses exigences morales lui
paraissent dépasser les capacités humaines. Le dogme trinitaire chrétien l’inquiète : il semble
exposé au shirk, le péché irrémissible de donner à Dieu des « associés »
. Le christianisme est
suspect d’être une religion à mystères, ce qu’il condamne, et comme tel d’être irrationnel. Or
l’islam se donne pour rationnel, pour la seule religion rationnelle. Cela contient une note
menaçante, car si la raison caractérise la nature humaine, l’irrationalisme chrétien est un
abandon du statut humain. En ce cas le statut de dhimmi est une faible protection. Le Etats
musulmans ne peuvent donc pas consentir, en droit strict, à la réciprocité de tolérance que leur
réclament les Etats chrétiens. En la réclamant, les chrétiens ne font qu’indiquer leur ignorance
de l’islam.

Quant à la solidité de la foi musulmane, elle signifie tout simplement la stupeur des
musulmans devant ce phénomène intimement lié à l’histoire du christianisme qu’est
l’athéisme moderne. Chrétiens modernes nous avons tendance à regarder l’athéisme comme
l’alternative à la foi. Mais ce n’était pas le cas du monde antique qui accusait les chrétiens
d’athéisme parce qu’ils refusaient de constater l’existence des dieux. L’indignation des
musulmans est de même nature.

Et pourtant les chrétiens dans leurs rencontres avec les musulmans n’ont pas retrouvé
la nature comme ils la rencontraient dans le paganisme gréco-romain, germanique, slave,
américano-indien. On dirait que la nature et la révélation se sont mutuellement mutilés. Je ne
parlerai pas de l’extérieur, de l’allure de la ville musulmane, de la structure familiale, du statut
de la femme, du système des moeurs. Mais de quelque chose de plus intérieur qui tient à
l’essence de cette religion. Je veux relever trois traits.
Sommes nous
revenus aux temps de S. Jean Damascène où l’on se demandait si l’islam n’était pas une
forme comme une autre de christianisme ? Ce n’est pas exclu. Pour l’historien, c’est une
situation connue. Quand une église ne sait plus ce qu’elle croit, ni pourquoi elle le croit, elle
glisse vers l’islam, sans s’en apercevoir. Ainsi ont fait massivement et en peu de temps les
monophysites d’Egypte, les Nestoriens de Syrie, les Donatistes d’Afrique du Nord, les Ariens
d’Espagne.
Je voudrais conclure en proposant trois thèses.
1. Les chrétiens ont grand tort de considérer l’islam comme une religion simpliste,
élémentaire, une « religion de chameliers ». C’est au contraire une religion
extrêmement forte, une cristallisation spécifique du rapport de l’homme à Dieu
parfaitement opposée au rapport juif et chrétien, mais non moins cohérente.

2. Les chrétiens ont tort d’estimer que l’adoration par l’islam du Dieu unique d’Israël les
rend plus proches d’eux mêmes que les païens. En fait, comme le prouve l’histoire de
leurs relations, ils sont en sont plus radicalement séparés à cause du mode d’adoration
de ce même Dieu.

3. Il s’ensuit que dans leur effort pour comprendre les musulmans et « dialoguer » avec
eux, les chrétiens doivent s’appuyer sur ce qui demeure de religion naturelle, de vertu
naturelle, au sein de l’islam. Et avant tout de s’appuyer sur la nature humaine commune qu’ils partagent avec eux. Mais le Coran, à la différence d’Homère, Platon ou Virgile, ne peut être considéré comme une praeparatio evangelica
Dernière modification par Sol Invictus le mer. 22 août 2012, 13:56, modifié 1 fois.
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Raistlin »

Epsilon a écrit :Concernant le 7Q5 … qui, pour moi, est un vieux sujet … je vais ouvrir un nouveau fil de discussions dans le sous-forum « Ecriture Sainte ».
Merci, ce serait intéressant d'en savoir plus à ce sujet.

Epsilon a écrit :Concernant La Mecque … selon certains (entre autres votre Patricia Crone) … on la trouve partout : à Jérusalem en Syrie mais surtout pas en Arabie … bon bref si vous vous sentez « d’attaque » ouvrez un nouveau fil de discussion celui-ci étant très chargé.
J'ai décidément du mal à comprendre ce que vous voulez dire parfois. Qu'entendez-vous par "on la trouve partout" ? Je vous ai dit que, justement, on ne trouve AUCUNE trace de La Mecque (à ne pas confondre avec la Kaaba... car il existait d'autres Kaaba, notamment en Syrie) dans les sources antiques.

Epsilon a écrit :Vous dites :
« Le Coran ne serait peut-être pas écrit en pur arabe ? »

Le Coran est écrit dans « l’arabe » que les gens de son époque connaissaient … c'est pour souligner que contrairement à d'autres textes sacrés il n'a pas fait l'objet d'une traduction ... et partant d'une perte de sens des mots.
Mouais. Pour ma part, je ne partage pas cette idée selon laquelle il faut nécessairement revenir à la « pureté » de la langue originelle d’un texte pour en connaître la substantifique moelle. Par exemple, je trouve intéressant que les Évangiles aient probablement été le fruit d’une tradition orale préalable en araméen, mais je ne pense pas que le cœur du message évangélique nous échappe par ce passage de l’araméen au grec. Au pire avons-nous quelques obscurités ou incompréhensions mineures, voire passons-nous à côté de certaines nuances.

Epsilon a écrit :Concernant le verset (19,24) vous dites :
« Ce qu’en dit Luxenberg, surtout, c’est que ce verset est peu clair, voire absurde. Et qu’une fois appliquée la solution qu’il propose, le sens devient bien plus cohérent avec le contexte. »

Pouvez-vous développer SVP ???
Eh bien le contexte nous présente Marie comme étant mise en défaut car étant enceinte sans être mariée. Là, vient ce verset :
Alors, il l'appela d'au-dessous d'elle, [lui disant : ] “Ne t'afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. (s.19,24).
Pour Luxenberg, deux choses sont étranges : que fait Jésus sous Marie alors qu’il devrait être dans ses bras (surtout pour lui parler) ? Et ensuite, qu’est-ce que c’est que cette histoire de source apparaissant à ses pieds ? Certains commentateurs musulmans se sont rendu compte de la bizarrerie de ce verset.

Luxenberg, par sa méthode (partir des consonnes nues et relire le texte en s’aidant du syriaque ou de l’araméen), propose :
“Alors il s’adressa à elle aussitôt après avoir été enfanté [et dit]: Ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a fait le fruit de ton enfantement légitime” (s.19,24).

Je ne dis pas que Luxenberg a raison. Mais sa thèse semble cohérente. Il y a d’autres passages concernés, par exemple :
Les Romains ont été vaincus, dans le pays voisins , et après leur défaite ils seront les vainqueurs, dans quelques années. A Allah appartient le commandement, au début et à la fin, et ce jour-là les Croyants se réjouiront. (s. 30,2-4)
On comprend mal comment les croyants pourraient se réjouir que Dieu vienne au secours des infidèles…

Epsilon a écrit :Si vous extrapolez le mot « associateur » nous pouvons dire, d’un point de vue de l’Islam, que Dieu lui-même est un « associateur » … puisqu’il a créé Adam à son image et dont tous les Anges devaient l’adorer … est-il pour autant un « polythéiste » ???
Et où, dans le Coran est-il indiqué qu’Allah aurait créé l’homme à son image ? Il me semblait justement que l’islam refusait absolument cette prétention.

Quant au fait que les anges, dans le Coran, devaient se prosterner devant Adam, je trouve aussi que c’est bizarre. Surtout que de nos jours, les musulmans refuseraient sans doute de se prosterner devant un homme.

Mais il n’empêche que le Coran accuse formellement (à tort, bien entendu) les chrétiens de polythéisme. Ou alors, il va falloir que vous m’expliquiez ce que peut bien signifier d’autre le fait de dire que Jésus et Marie sont deux divinités en dehors d’Allah.

Cordialement,
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Raistlin »

Epsilon a écrit :Tout cela pour faire comprendre à Raistlin que le Coran n'est pas a priori contre les "associateurs" ... ce qui rend "l'association" intolérable/condamnable c'est qu'elle soit faite sans l'autorisation de Dieu (et donc à son insu) ... et partant qu'elle institue des "divinités" indépendante et donc "égale" à Dieu.
Ce que vous dites est vraiment obscur... J'ai du mal à voir où vous voulez en venir.

Le Coran condamne explicitement toute forme d'associationnisme, qui signifie de donner à Allah des "associés", donc d'avoir d'autres dieux. Jamais le Coran ne sous-entend qu'il existerait une forme d'associationnisme autorisée : le Coran affirme l'unicité d'Allah et en conséquence, le rejet de tout polythéisme.

Qu'il soit demandé aux anges de se prosterner devant Adam ne saurait signifier, pour un musulman, qu'Allah aurait permis aux anges de lui associer Adam. Et je rappelle que nulle part dans le Coran il n'est dit que l'homme fut créé à l'image de Dieu.

Cordialement,
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Re: La falsification des Ecritures selon l'islam

Message non lu par Epsilon »

Cher Raistlin

Vous dites :
« le contexte nous présente Marie comme étant mise en défaut car étant enceinte sans être mariée ».

Si l’on veut … bien que la notion de « mise en défaut » ne me semble pas convenable … disons qu’elle se retire « dans un lieu éloigné » pour éviter les « incompréhension/commérage » de son entourage (en Orient à cette époque et même maintenant il n'y a guère d'autres solution) … mais elle accepte son rôle sans aucune culpabilité de sa part.

Mais le contexte immédiat du verset qui nous intéresse est que Marie est en train d’accoucher … et qu’elle se sent horriblement seule/oubliée dans ses douleurs … et privée de tout pour accomplir cet accouchement.

Puis nous avons notre verset le (19,24) qui dit :
« L’enfant qui se trouvait à ses pieds l’appela : « Ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds » ».

Nous trouvons deux fois le terme « pied » (littéralement les deux fois : au-dessous de toi) … ce que l’on peut comprendre c’est que Jésus étant né dit à sa Mère qu’elle trouvera l’eau nécessaire pour les besoins de la cause … on rejoint (23,50) ou le « lieu éloigné » est une « colline tranquille et arrosée ».

Cet épisode est à rapprocher avec Ge (21,18-19) ou … Agar trouve un puit et donne ainsi à boire à son fils Ismaël.

Pour répondre à Luxenberg :

a) Marie vient d’accoucher toute seule Jésus ne peut être qu'à ses « pieds » !!! maintenant l’argument qu’il doit être dans ses bras parce qu’il lui parle … franchement le plus « étrange » n’est-il pas qu’il parle ???

b) L’histoire de la « source » il n’y a rien « d’étrange » … d’une part j’ai dit ce qu’il en été … et d’autre par sans eaux dans le désert on ne va pas loin !!!

NON non … c’est complètement farfelu sa traduction : « Ton Seigneur a fait le fruit de ton enfantement légitime » …

N’hésitez pas UNE seconde à la poubelle !!! c'est digne des Témoins de Jehovah et leur falsifications.

Concernant (30,2-4) c’est une question que vous posez … car il n’y a pas la « traduction » de Luxenberg ???

A ce sujet vous dites :
« On comprend mal comment les croyants pourraient se réjouir que Dieu vienne au secours des infidèles » … bon pourquoi pas … mais « les voies du Seigneurs sont impénétrables » il faut lire la suite.

Ce « rûm » (Romain) fait probablement référence aux « Byzantins » en guerre avec les Persans commandés par Kosroés … le mot « ‘dib’a » s’applique à un nombre entre 3 et 9 … on pourrait dire « dans moins de dix ans » ou « dans qcq années ».

NB : Concernant les « Gens du Livre », « Associateurs » et autres « Polythéismes » je crois que nous avons fait le tour du sujet … je ne saurais en dire plus.



Cordialement, Epsilon
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