A en croire notre intelligentsia, grande adepte de la langue de bois, la nouvelle identité européenne serait, ni plus ni moins, le multiculturalisme !
Passons rapidement sur l’inspiration libérale, relativiste, nihiliste et laïciste de cette conception, pour en venir droit au fait : le multiculturalisme est une chimère !
1. Qu’est ce que le multiculturalisme ?
Le multiculturalisme se définit comme la coexistence de cultures différentes dans une société. Jusque là, pas de problème. Selon cette acceptation littérale, l'Europe a toujours été une société multiculturelle. Que l'on pense par exemple à la minorité juive en exil en Europe pendant 19 siècles... Et pourtant, l'Europe classique possédait bien sa propre identité : elle était la civilisation chrétienne née sur les ruines de l'Empire romain ayant lui-même assimilé la culture grecque classique.
En fait, ce qui pose problème, c'est que, lorsque nos chères élites disent : "la nouvelle identité européenne est le multiculturalisme", il faut comprendre que l'Europe n'a plus ou ne devrait plus avoir de culture propre ! D'où la réticence à faire mention de l'héritage chrétien dans la future constitution de l'UE…
L'illusion multiculturaliste consiste à croire que les différentes cultures peuvent et devraient être mises sur un pied d'égalité sociale.
Or, autant la coexistence pacifiée d’une culture majoritaire et de cultures minoritaires est tout à fait possible… autant la coexistence égalitaire sous une même autorité politique de plusieurs cultures aussi antagonistes que peuvent l’être la Chrétienté et l’Islam est toujours conflictuelle…
2. Qu'est-ce qu'une culture ?
En fait, c'est surtout faire preuve d'une grande naïveté et d'une grande méconnaissance de ce qu'est fondamentalement une culture !
A écouter les tenants du multiculturalisme, la culture chinoise consiste à porter un chapeau pointu, à pratiquer les arts martiaux ou la calligraphie, à manger ses nems avec des baguettes, à saluer en ricanant et à fêter le nouvel an avec un carnaval de Dragons ! A les entendre, la culture arabo-musulmane consiste à s’habiller d’une Djellaba, à boire du thé à la menthe en fumant un narguilé sur un fond de Raï et à égorger un mouton pour l'Aïd el Kebir !
Bref, ils confondent culture et folklore ! Dès lors, comment s’étonner que ces technocrates qui ont une vision aussi superficielle et matérialiste de ce qu’est fondamentalement une culture croient sincèrement atteindre l’universel lorsqu’ils présentent le multiculturalisme ? Imbéciles !
Mais la culture touche à l’identité profonde de la personne humaine et de la communauté politique qu’est la Cité :
Agenda Social - Anthologie de textes du magistère (Extrait cité : n°160)Jean-Paul II a écrit :[align=justify]Il n'est pas possible de comprendre l'homme en partant exclusivement du domaine de l'économie, il n'est pas possible de le définir en se fondant uniquement sur son appartenance à une classe. On comprend l'homme d'une manière plus complète si on le replace dans son milieu culturel, en considérant sa langue, son histoire, les positions qu'il adopte devant les événements fondamentaux de l'existence comme la naissance, l'amour, le travail, la mort. Au centre de toute culture se trouve l'attitude que l'homme prend devant le mystère le plus grand, le mystère de Dieu. Au fond, les cultures des diverses nations sont autant de manières d'aborder la question du sens de l'existence personnelle : quand on élimine cette question, la culture et la vie morale des nations se désagrègent.
(Centesimus Annus, n° 24)[/align]
3. Culture majoritaire et Cultures minoritaires
Un modèle éprouvé
L’existence de cultures minoritaires au sein de la civilisation européenne est une réalité historique pluriséculaire.
Pendant des siècles et des siècles, une minorité juive a vécu en Europe chrétienne : parfois cette minorité fut persécutée, néanmoins le plus souvent la coexistence se révéla pacifique.
Respecter les droits des personnes appartenant aux minorités culturelles
En raison de l'unité fondamentale du genre humain et de la dignité transcendante de la personne humaine faite à l’image de son Créateur, il est juste de reconnaître à toute personne, sans distinction de sexe, de race, de culture ni de religion l’ensemble des droits attachés à la dignité humaine.
Sans le respect des droits humains des personnes membres des minorités culturelles, il est mensonger de parler de cohabitation pacifique.
Devoirs des personnes appartenant aux minorités culturelles
Un proverbe dit : À Rome, fais comme les Romains ! Alors, en terre d’Islam, faisons comme les musulmans ! Et de même, qu'en Europe, chacun fasse comme les Européens !
Les personnes appartenant aux minorités culturelles doivent respecter la culture majoritaire, c’est-à-dire les lois, les us et les coutumes de la société dans laquelle elles vivent.
Les cultures minoritaires, justement parce qu’elles sont minoritaires, ne peuvent prétendre à un traitement égalitaire par le gouvernement de la Cité. (On évitera donc de leur faire miroiter une illusoire société "multiculturelle"…)
Les personnes appartenant à ces minorités culturelles et qui refusent ce statut de "culture minoritaire" sont libres de rejoindre d'autres cieux, où leur culture est majoritaire…
Quand les droits des personnes appartenant à des minorités sont respectées et qu'elles-mêmes accomplissent leurs devoirs, qui peut douter que ne règne la Concorde ?
4. L’Illusion du Multiculturalisme égalitaire
La culture est l’âme d’une nation. Or, de même qu’un homme ayant plusieurs identités est malade de schizophrénie, de même l’Etat "multiculturel" est condamné à l’implosion.
La science historique le prouve : que l’on pense à l’embrasement du Soudan ou à l’éclatement sanglant de l’ex-Yougoslavie…
En fait, nous serions bien en peine de fournir un seul exemple de cohabitation harmonieuse et égalitaire de cultures fondamentalement hétérogènes sous un même ensemble politique…
La philosophie l’explique : les cultures des grandes civilisations sont rigoureusement et mutuellement incompatibles dans leur façon d’aborder des questions aussi existentielles que le sens de l’existence, la dignité de la personne humaine ou les objectifs de la vie sociale... Ces cultures étant incompatibles entres elles, il est illusoire de vouloir créer un Etat "multiculturel" : cet Etat ne peut être, en fait, qu'un Etat a-culturel, c'est-à-dire relativiste...
Puisque l'Etat ne peut être qu’ "uni-culturel", il est logique et parfaitement légitime que sa politique "porte la griffe", de façon prépondérante, de la culture majoritaire… sans que les droits de quiconque puissent être considérés comme "bafoués" !
Et, quoiqu’en pensent les anticléricaux, la religion est l’un des éléments prépondérants, sinon le principal, dans la constitution de l’identité personnelle et sociale : la meilleure preuve étant que les sphères d’influences des religions recouvrent celles des civilisations. Même en Europe, les schismes du christianisme épousent les divisions géopolitiques de la Chrétienté.
5. L’Arnaque relativiste
Il est illusoire de vouloir créer un Etat "multiculturel" : cet Etat ne peut être, en fait, qu'un Etat a-culturel, c'est-à-dire relativiste…
Relativisme : doctrine qui affirme que tout est relatif, que les valeurs dépendent des circonstances et sont variables. (Encyclopædia Universalis)
Le relativisme n’est pas une culture de substitution (une contre-culture) : il est la non-culture ! Le relativisme représente le refus constant d’apporter une réponse aux questions existentielles : Qui suis-je ? Quel est le sens de mon existence ? Que dois-je faire ?...
(Comment, dès lors, s’étonner du mal-être existentiel croissant de nos sociétés ?)
Pour l’Europe, le relativisme incarne le péril iconoclaste. Un iconoclasme exclusif, car, sous couvert de "tolérance", le relativisme se caractérise par son sectarisme à l'égard de quiconque ne partage pas son credo. Celui qui est convaincu et défend ses convictions se voit immédiatement qualifié de "psychorigide"…
L’Etat relativiste n’est donc pas le chimérique Etat "multiculturelle" : il est bien l’Etat a-culturel !
Outre le déracinement, les carences spirituelles induites et les victimes individuelles du sectarisme relativiste, l’autre grand danger est le morcellement de la société. En effet, sous l’influence de cette idéologie sont menées des politiques migratoires et d’assimilation totalement irresponsables dont le symptôme le plus criant est la montée des communautarismes qui va mettre durablement à mal la cohésion sociale et territoriale…
Christophe
(That’s all, folks !)






