Comment annoncer la foi chrétienne ?
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Forum d'échange entre chrétiens sur la façon de vivre l'Évangile au quotidien, dans chacun des domaines de l'existence
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- Géraldine
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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
C'est vrai qu'il faut ce silence intérieur pour se laisser toucher, envahir par cet Amour(j' aime bien ce passage que vous avez pris comme citation.)et se laisser conduire, s'oublier soi-même, mourir à soi- même pour mieux laisser place à l'Esprit-Saint dans nos âmes si pauvres....
Dieu est Amour, sans Lui, nous ne savons rien faire.
In Xto
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Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
- Laurent L.
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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Ti'hamo,
La durée du catéchuménat fait débat dans le clergé aussi.
Un curé marseillais connu se plaint régulièrement de la durée - qu'il juge trop longue - du catéchuménat actuel, faisant comme Cécile référence aux temps apostoliques.
Il est vrai que, lorsqu'on lit les Actes des apôtres, on baptise à tour de bras, et par maisons entières !
D'autres au contraire louent l'exigence et la durée du catéchuménat, se référant à d'autres époques de l'antiquité chrétienne notamment...
Le père Bouyer était, il me semble, favorable à ce long catéchuménat. C'est ce que j'ai cru comprendre à la lecture d'un de ses livres sur l'initiation chrétienne. Il semblait nostalgique d'une certaine antiquité plus "initiatique" (traditio et reditio symbolorum, etc.).
La durée du catéchuménat fait débat dans le clergé aussi.
Un curé marseillais connu se plaint régulièrement de la durée - qu'il juge trop longue - du catéchuménat actuel, faisant comme Cécile référence aux temps apostoliques.
Il est vrai que, lorsqu'on lit les Actes des apôtres, on baptise à tour de bras, et par maisons entières !
D'autres au contraire louent l'exigence et la durée du catéchuménat, se référant à d'autres époques de l'antiquité chrétienne notamment...
Le père Bouyer était, il me semble, favorable à ce long catéchuménat. C'est ce que j'ai cru comprendre à la lecture d'un de ses livres sur l'initiation chrétienne. Il semblait nostalgique d'une certaine antiquité plus "initiatique" (traditio et reditio symbolorum, etc.).
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Ah mais justement j'apprécie assez le père Bouyer. :-)
Mais sans doute peut-on concilier les deux observations, qui ont chacune une part de vérité : peut-être est-ce que le catéchuménat n'est pas trop long, mais perçu comme trop long,
parce qu'il n'est pas assez valorisé, pas bien compris ; sans doute ceux qui le trouvent trop long se voient comme "piétinant à la porte", sans bien comprendre pourquoi ; peut-être faudrait-il beaucoup plus centrer la vie de l'Église et de la paroisse sur les catéchumènes, les mettre en quelque sorte au premier rang (au propre comme au figuré), au centre (enfin, non, c'est Dieu qui est au centre, mais donc justement plus proches du centre), les impliquer d'avantage que quiconque, accompagner tous ensembles leur montée, leur progression,
qu'ils fassent déjà "partie de la famille" et le sentent vraiment, bien avant d'y être pleinement admis, plutôt que d'avoir l'impression de patienter pour rien, en marge, sans trouver de réponses à leur questions - comme un enfant qui brûle de participer, de poser ses mille questions métaphysiques et de montrer ce qu'il en a compris, et à qui on demande juste d'être gentil, d'être sage, et de ne pas traîner dans les pattes pendant qu'on s'occupe de la maison et des tâches ménagères.
Une sorte de Montessori du catéchuménat, quoi.
Mais sans doute peut-on concilier les deux observations, qui ont chacune une part de vérité : peut-être est-ce que le catéchuménat n'est pas trop long, mais perçu comme trop long,
parce qu'il n'est pas assez valorisé, pas bien compris ; sans doute ceux qui le trouvent trop long se voient comme "piétinant à la porte", sans bien comprendre pourquoi ; peut-être faudrait-il beaucoup plus centrer la vie de l'Église et de la paroisse sur les catéchumènes, les mettre en quelque sorte au premier rang (au propre comme au figuré), au centre (enfin, non, c'est Dieu qui est au centre, mais donc justement plus proches du centre), les impliquer d'avantage que quiconque, accompagner tous ensembles leur montée, leur progression,
qu'ils fassent déjà "partie de la famille" et le sentent vraiment, bien avant d'y être pleinement admis, plutôt que d'avoir l'impression de patienter pour rien, en marge, sans trouver de réponses à leur questions - comme un enfant qui brûle de participer, de poser ses mille questions métaphysiques et de montrer ce qu'il en a compris, et à qui on demande juste d'être gentil, d'être sage, et de ne pas traîner dans les pattes pendant qu'on s'occupe de la maison et des tâches ménagères.
Une sorte de Montessori du catéchuménat, quoi.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
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[Konrad Lorenz]
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jean_droit
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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
IL me semble que dans certaines de nos paroisses il faudrait bien plus entourer les personnes qui sont à des moments délicats de leur vie.
Je pense à l'entourage des personnes décédées qui doit être suivi dans le temps.
Je pense aux parents des baptisés.
Je pense aux jeunes mariés.
Et, bien sûr, aux catéchumènes. Il ne faudrait pas qu'ils se sentent isolés ou entourés par quelques catholiques mais qu'ils soient vraiment accompagnés par l'ensemble des fidèles.
Nous avons tous un effort à faire sur ce point là.
Ce qui me semble important c'est autant l'après que l'avant.
Ne pas laisser toutes ces personnes presque seules une fois les sacrements donnés.
C'est un reproche donné parfois.
Je pense à l'entourage des personnes décédées qui doit être suivi dans le temps.
Je pense aux parents des baptisés.
Je pense aux jeunes mariés.
Et, bien sûr, aux catéchumènes. Il ne faudrait pas qu'ils se sentent isolés ou entourés par quelques catholiques mais qu'ils soient vraiment accompagnés par l'ensemble des fidèles.
Nous avons tous un effort à faire sur ce point là.
Ce qui me semble important c'est autant l'après que l'avant.
Ne pas laisser toutes ces personnes presque seules une fois les sacrements donnés.
C'est un reproche donné parfois.
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Bonjour Jean,
Je suis bien d'accord avec vous. Néanmoins, j'oserais cette petite critique : une vie paroissiale, ça se construit. On ne peut raisonnablement demander aux paroissiens de tout connaître de la vie de ceux qui ne viennent qu'occasionnellement, et qui ne cherchent pas à s'intégrer au tissu paroissial.
C'est aussi aux jeunes mariés, aux catéchumènes, etc. de rejoindre la vie paroissiale. L'effort est donc dans les deux sens.
Bien à vous,
Je suis bien d'accord avec vous. Néanmoins, j'oserais cette petite critique : une vie paroissiale, ça se construit. On ne peut raisonnablement demander aux paroissiens de tout connaître de la vie de ceux qui ne viennent qu'occasionnellement, et qui ne cherchent pas à s'intégrer au tissu paroissial.
C'est aussi aux jeunes mariés, aux catéchumènes, etc. de rejoindre la vie paroissiale. L'effort est donc dans les deux sens.
Bien à vous,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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jean_droit
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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Bien sûr que je suis d'accord avec vous.
Et puis je suis, sans doute, un peu aveuglé par l'état peu brillant de ma paroisse.
Et puis il est facile de dire ce qu'il faudrait faire.
Pourtant je ressens ce manque de suivi.
Je pense aux familles des personnes décédées ou aux familles des enfants baptisés.
Peut être qu'en assistant plus les familles on pourrait attirer quelques fidèles.
Une façon comme un autre de faire de l'évangélisation.
Je pense qu'il est important, aussi, quand nous intervenons au sein d'une association caritative catholique d'affirmer modestement que c'est au nom du Christ que nous agissons. Aider les corps mais aussi les âmes.
Et puis je suis, sans doute, un peu aveuglé par l'état peu brillant de ma paroisse.
Et puis il est facile de dire ce qu'il faudrait faire.
Pourtant je ressens ce manque de suivi.
Je pense aux familles des personnes décédées ou aux familles des enfants baptisés.
Peut être qu'en assistant plus les familles on pourrait attirer quelques fidèles.
Une façon comme un autre de faire de l'évangélisation.
Je pense qu'il est important, aussi, quand nous intervenons au sein d'une association caritative catholique d'affirmer modestement que c'est au nom du Christ que nous agissons. Aider les corps mais aussi les âmes.
- Jean-Mic
- Pater civitatis

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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
à jean_droit et à Raistlin :
Ça se pratique, mais ... c'est dûr ! Le retour sur investissement, si je puis m'exprimer ainsi
est décevant
...
Nos moyens ne sont sans doute pas adéquats, nos invitations tombent peut-être comme un cheveu sur la soupe quelques mois après le sacrement ou les funérailles ... C'est pourtant une vraie bonne piste à suivre, j'en suis persuadé. Elle soit être suivie par quelques-uns au nom de la communauté et portée par tous. Il ne faut pas se le cacher, cela demande du temps et de la persévérance pour des équipes (deuil, mariage, baptême) qui ne sont déjà pas si nombreuses et qui sont déjà si présentes sur le front.
C'est une vraie réflexion pour les pasteurs et les équipes pastorales.
C'est aussi une vraie source de joie, j'en témoigne.
Fraternel salut à tous;
Jean-Mic
PS : Je peux vous garantir que, dans notre petite paroisse, LA catéchumène est chaleureusement entourée.
Ça se pratique, mais ... c'est dûr ! Le retour sur investissement, si je puis m'exprimer ainsi
Nos moyens ne sont sans doute pas adéquats, nos invitations tombent peut-être comme un cheveu sur la soupe quelques mois après le sacrement ou les funérailles ... C'est pourtant une vraie bonne piste à suivre, j'en suis persuadé. Elle soit être suivie par quelques-uns au nom de la communauté et portée par tous. Il ne faut pas se le cacher, cela demande du temps et de la persévérance pour des équipes (deuil, mariage, baptême) qui ne sont déjà pas si nombreuses et qui sont déjà si présentes sur le front.
C'est une vraie réflexion pour les pasteurs et les équipes pastorales.
C'est aussi une vraie source de joie, j'en témoigne.
Fraternel salut à tous;
Jean-Mic
PS : Je peux vous garantir que, dans notre petite paroisse, LA catéchumène est chaleureusement entourée.
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Vous savez, nous sommes dans une société individualiste. Le concept de vie paroissiale, pour des occidentaux, est déjà étrange. Sur ma paroisse où il y a une forte population africaine, nous voyons que cet aspect communautaire leur pose beaucoup moins de problèmes. Mais les Français "de souche", eux, c'est une autre paire de manches !Jean-Mic a écrit :Ça se pratique, mais ... c'est dûr ! Le retour sur investissement, si je puis m'exprimer ainsiest décevant
...
Pour ma part, je crois que ça doit venir du ou des prêtres. Je vois comment ça se passe sur ma paroisse et il y a une vraie grâce de "famille". On a vraiment le sentiment d'être en famille quand on est à l'église. Et ça, ça vient beaucoup des prêtres qui encouragent les moments conviviaux, qui nous exhortent à nous parler les uns les autres, qui font l'effort de montrer l'exemple en accueillant personnellement les gens, etc. Bien sûr, il y a aussi la grâce de la communauté de l'Emmanuel qui joue (c'est une paroisse administrée par la communauté), mais je crois vraiment que c'est aux pasteurs d'impulser la vie paroissiale.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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jean_droit
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- Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
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Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Oh ! Je me doute que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des efforts déployés.
Quelque part je me sens confronté au même problème.
Mon curé se pose, m'a-t-on dit, bien des questions sur les résultats pratiques de ses excellents initiatives.
Il y a de quoi être déstabilisé.
Mais si nous arrivons à faire venir ne serait-ce qu'une personne à la messe, si nous arrivons à donner une image positive de l'Eglise et de notre paroisse, il me semble que c'est notre meilleure récompense.
Je pense qu'il peut y avoir des fruits "collatéraux" comme pour chacun de nous un sentiment plus fort d'appartenir à une communauté et donc de resserer les liens entre nous.
Je rêve, peut être.
Quelque part je me sens confronté au même problème.
Mon curé se pose, m'a-t-on dit, bien des questions sur les résultats pratiques de ses excellents initiatives.
Il y a de quoi être déstabilisé.
Mais si nous arrivons à faire venir ne serait-ce qu'une personne à la messe, si nous arrivons à donner une image positive de l'Eglise et de notre paroisse, il me semble que c'est notre meilleure récompense.
Je pense qu'il peut y avoir des fruits "collatéraux" comme pour chacun de nous un sentiment plus fort d'appartenir à une communauté et donc de resserer les liens entre nous.
Je rêve, peut être.
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Bonjour à tous et que la Paix du Seigneur soit toujours avec nous !
Après une lecture attentive de toutes les propositions et suggestions faites par nos frères et soeurs chrétiens ci-dessus, voici quelques remarques complémentaires pour tenter de nous faire avancer.
Tout d'abord, il faudrait dissocier le fond de la forme de notre discours d'évangélisation. La forme semble être le point faible de l'Eglise catholique. Si nous regardons de près nos cousins protestants, ces derniers ont su s'affranchir des codes de l'establishment et n'hésitent pas à communiquer sur les miracles et les bienfaits de leur communauté. De ce fait ces techniques de communication s'inscrivent réellement dans une démarche de type commercial. Évidemment cela nous paraît en contradiction avec les Évangiles où Jésus invite chacune des personnes qu'il guérit à garder la plus grande discrétion sur le miracle ainsi produit. Cependant entre la grande timidité à communiquer grand publique chez les catholiques, notamment les prêtres, et l'exhubérances de certains évangélistes protestants, il y a deux mondes, et la voie la plus juste doit probablement se situer au milieu. En somme, c'est avant tout la manière de communiquer du clergé qu'il faudrait mettre au goût du jour. Pourquoi ne pas utiliser à cet effet des groupes de travail composés de prêtres, de croyants et de jeunes chrétiens issus des filières du marketing, afin de rendre tout cela à la fois efficace et conforme ? De plus le souffle de l'Esprit Saint ne doit pas nous économiser ce travail de rendre intelligible et accessible notre message.
Ce qui nous amène à un point de réflexion qui n'a pas encore été abordé. Je viens d'évoquer le rôle prépondérant du clergé dans cette mission. Dans cette optique cela concernerait tout le clergé jusqu'au Pape lui-même. En effet le discours de ce dernier encourage toujours les croyants dans leur ferveur, acquis de fait à sa cause. Mais son discours s'adresse-t-il réellement aux brebis égarées ? N'est-il pas trop élitiste ? Lorsqu'un adolescent ou un jeune adulte en construction et en quête de repères, se réfère au discours tronqué du Pape qu'il voit quelques minutes à la télévision, peut-on sincèrement imaginé qu'il puisse s'identifier à la fois au discours du Saint Père et à la fois au personnage-même du Pape ? Cela paraît fort peu probable. Or il demeure que les fidèles des autres branches du christianisme et de l'Islam s'identifient plus facilement à leurs orateurs. Il y a en cela une grande différence avec l'Eglise catholique. Certains contaisteront ce point en argumentant que le message du Christ serait perverti si nous tentions de communiquer autrement. Mais alors qu'en serait-il de l'audace à laquelle nous exhorte Jésus ?
Pour poursuivre sur les atouts du protestantisme ou de l'Islam, un autre point cité par les auteurs ci-dessus, notamment par vous Raistlin, concerne la communauté et la vie paroissiale. En effet pour ceux d'entre nous qui ont pu paratger un moment de prière avec des protestants ou des musulmans, les sentiments de ferveur et d'appartenance qui en ressortent sont très marquants. Et malheureusement comme cela a éte souligné par plusieurs d'entre nous plus haut, nos messes ne laissent pas transparaître un tel sentiment d'appartenance communautaire. Or il s'agit là d'un besoin fondamental de l´être humain que de se sentir appartenir à un groupe et y être ainsi reconnu. Le matérialisme de notre vie française, les petits groupes sur le parvis de l'Eglise, l'élitisme préservé entre le clergé et la bourgeoisie, sont autant d'ingrédients qui peuvent rebuter les futurs chrétiens de tous les milieux, cela avant même d'avoir été sensibilisé à la Parole. Autrement dit, il est possible que nos comportements de chrétiens parasitent l'accès aux Évangiles. Alors comment prétendre pouvoir évangéliser en pareille situation ?
Pour finir sur notre accessibilité, je terminerai par une richesse qui me paraît complètement être tombée en désuétude. Il s'agit du contenu et de la portée des homélies. Le sermon du curé comme nous le disions à une époque. Connecter la symbolique des paraboles, ainsi que l'exemplarité des paroles et comportements de Jésus, au quotidien des fidèles présents et à venir me paraît un enjeu central. Malheureusement, comme cela a été commenté précédemment, le discours du prêtre peut pêcher à cet endroit (sans mauvais jeu de mot). Soit les homélies manquent de concret pour que l'auditoire puisse accorder les Évangiles à leur quotidien, soit elles sont élitistes ou faites de concepts abstraits purs qui ne résonnent plus comme avant dans les oreilles des personnes assistant à la messe. L'Amour inconditionnel du Seigneur, la Résurrection, la Vie éternelle s'adressent à des initiés qui en comprennent le sens et qui vivent de cet Amour au quotidien. Mais sont-ils assimilables pour un novice ? Or le partage d'expériences de vie accessibles et universelles ne seraient-il pas une porte d'entrée pour une évangélisation vivante et percutante ?
Pour conclure, nous parlons sans cesse de l'influence de Jésus dans nos vies. A nous de savoir partager ce Souffle ainsi que le message infiniment riche de l'Évangile. La prière, la Carême et les autres points du dogme viendront bien après. Enfin, évangéliser suppose de savoir accueillir autrui dans sa différence, ses péchés et son absence de connaissance du divin. Il est possible que nos préjugés mettent en échec tout cela avant même d'avoir su utiliser le Verbe pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Fraternellement.
Après une lecture attentive de toutes les propositions et suggestions faites par nos frères et soeurs chrétiens ci-dessus, voici quelques remarques complémentaires pour tenter de nous faire avancer.
Tout d'abord, il faudrait dissocier le fond de la forme de notre discours d'évangélisation. La forme semble être le point faible de l'Eglise catholique. Si nous regardons de près nos cousins protestants, ces derniers ont su s'affranchir des codes de l'establishment et n'hésitent pas à communiquer sur les miracles et les bienfaits de leur communauté. De ce fait ces techniques de communication s'inscrivent réellement dans une démarche de type commercial. Évidemment cela nous paraît en contradiction avec les Évangiles où Jésus invite chacune des personnes qu'il guérit à garder la plus grande discrétion sur le miracle ainsi produit. Cependant entre la grande timidité à communiquer grand publique chez les catholiques, notamment les prêtres, et l'exhubérances de certains évangélistes protestants, il y a deux mondes, et la voie la plus juste doit probablement se situer au milieu. En somme, c'est avant tout la manière de communiquer du clergé qu'il faudrait mettre au goût du jour. Pourquoi ne pas utiliser à cet effet des groupes de travail composés de prêtres, de croyants et de jeunes chrétiens issus des filières du marketing, afin de rendre tout cela à la fois efficace et conforme ? De plus le souffle de l'Esprit Saint ne doit pas nous économiser ce travail de rendre intelligible et accessible notre message.
Ce qui nous amène à un point de réflexion qui n'a pas encore été abordé. Je viens d'évoquer le rôle prépondérant du clergé dans cette mission. Dans cette optique cela concernerait tout le clergé jusqu'au Pape lui-même. En effet le discours de ce dernier encourage toujours les croyants dans leur ferveur, acquis de fait à sa cause. Mais son discours s'adresse-t-il réellement aux brebis égarées ? N'est-il pas trop élitiste ? Lorsqu'un adolescent ou un jeune adulte en construction et en quête de repères, se réfère au discours tronqué du Pape qu'il voit quelques minutes à la télévision, peut-on sincèrement imaginé qu'il puisse s'identifier à la fois au discours du Saint Père et à la fois au personnage-même du Pape ? Cela paraît fort peu probable. Or il demeure que les fidèles des autres branches du christianisme et de l'Islam s'identifient plus facilement à leurs orateurs. Il y a en cela une grande différence avec l'Eglise catholique. Certains contaisteront ce point en argumentant que le message du Christ serait perverti si nous tentions de communiquer autrement. Mais alors qu'en serait-il de l'audace à laquelle nous exhorte Jésus ?
Pour poursuivre sur les atouts du protestantisme ou de l'Islam, un autre point cité par les auteurs ci-dessus, notamment par vous Raistlin, concerne la communauté et la vie paroissiale. En effet pour ceux d'entre nous qui ont pu paratger un moment de prière avec des protestants ou des musulmans, les sentiments de ferveur et d'appartenance qui en ressortent sont très marquants. Et malheureusement comme cela a éte souligné par plusieurs d'entre nous plus haut, nos messes ne laissent pas transparaître un tel sentiment d'appartenance communautaire. Or il s'agit là d'un besoin fondamental de l´être humain que de se sentir appartenir à un groupe et y être ainsi reconnu. Le matérialisme de notre vie française, les petits groupes sur le parvis de l'Eglise, l'élitisme préservé entre le clergé et la bourgeoisie, sont autant d'ingrédients qui peuvent rebuter les futurs chrétiens de tous les milieux, cela avant même d'avoir été sensibilisé à la Parole. Autrement dit, il est possible que nos comportements de chrétiens parasitent l'accès aux Évangiles. Alors comment prétendre pouvoir évangéliser en pareille situation ?
Pour finir sur notre accessibilité, je terminerai par une richesse qui me paraît complètement être tombée en désuétude. Il s'agit du contenu et de la portée des homélies. Le sermon du curé comme nous le disions à une époque. Connecter la symbolique des paraboles, ainsi que l'exemplarité des paroles et comportements de Jésus, au quotidien des fidèles présents et à venir me paraît un enjeu central. Malheureusement, comme cela a été commenté précédemment, le discours du prêtre peut pêcher à cet endroit (sans mauvais jeu de mot). Soit les homélies manquent de concret pour que l'auditoire puisse accorder les Évangiles à leur quotidien, soit elles sont élitistes ou faites de concepts abstraits purs qui ne résonnent plus comme avant dans les oreilles des personnes assistant à la messe. L'Amour inconditionnel du Seigneur, la Résurrection, la Vie éternelle s'adressent à des initiés qui en comprennent le sens et qui vivent de cet Amour au quotidien. Mais sont-ils assimilables pour un novice ? Or le partage d'expériences de vie accessibles et universelles ne seraient-il pas une porte d'entrée pour une évangélisation vivante et percutante ?
Pour conclure, nous parlons sans cesse de l'influence de Jésus dans nos vies. A nous de savoir partager ce Souffle ainsi que le message infiniment riche de l'Évangile. La prière, la Carême et les autres points du dogme viendront bien après. Enfin, évangéliser suppose de savoir accueillir autrui dans sa différence, ses péchés et son absence de connaissance du divin. Il est possible que nos préjugés mettent en échec tout cela avant même d'avoir su utiliser le Verbe pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Fraternellement.
"Le royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache, et dans sa joie il va, vend tout ce qu'il a, et achète ce champ". Évangile selon Saint Matthieu chap.13, v.44.
- Géraldine
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- Localisation : Province du Hainaut Occidental Belgique.
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Pensez à l' admirable prière de Charles de Foucaud que je n' ai sous les yeux.....sa simplicité résume tout.
Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
@Œdipe
Du coup, on ne voit plus trop ce qu'on est sensé annoncer ?
Ah. Mais dans ce cas, la question de l'évangélisation ne se pose plus. C'est une façon originale de régler la question, remarquez."L'Amour inconditionnel du Seigneur, la Résurrection, la Vie éternelle s'adressent à des initiés"
Du coup, on ne voit plus trop ce qu'on est sensé annoncer ?
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
La Paix soit sur vous Ti'hamo,
Que sommes-nous censés annoncer avant l'Amour du Seigneur, la Résurrection et la Vie éternelle. Plusieurs des intervenants de ce forum ont pu constater et écrire la désaffection de l'Église par les classes populaires. Force est de constater que les 3 notions ci-dessus mentionnées ne sont pas accessibles dans un premier temps. En effet, proférer à votre interlocuteur que Dieu, dans sa Miséricorde, l'aime de manière infinie et dans sa singularité, alors même que votre interlocuteur se préoccupe principalement de son pouvoir d'achat, de ses factures et de ses crédits à la consommation, semble ne pas faire écho comme nous le souhaiterions dans notre effort d'évangélisation. La part abstraite et mystérieuse de l'Amour du Seigneur ne sont donc pas accessibles pour ceux qui sont aux prises avec des questions matérialistes mais également légitimes dans la prise en charge de leurs familles. C'est pourquoi j'avançais l'argument que les notions abstraites du christianisme s'adressent à des initiés. Mon propos n'est pas d'éluder ces aspects de la Bonne Nouvelle, puisque sans la Résurrection du Christ, point de Salut pour nous.
Cependant j'émets l'hypothèse que la Bonne Nouvelle doit être annoncée en faisant référence au quotidien de nos interlocuteurs. D'autres intervenants l'ont d'ailleurs souligné plus haut. Peut-être votre interrogation est de savoir quelles notions plus prosaïques nous pourrions annoncer dans un premier contact ?
La première idée est l'amour du prochain, avant d'évoquer son enracinement dans l'Amour de Dieu et pour Dieu. En effet il semble concret d'indiquer à qui l'on s'adresse que nous l'accueillons à la messe ou au presbytère, tel qu'il est, sans jugement, sans question de revenu, avec ses défauts, ses erreurs et par conséquent ses péchés. Notre chaleur humaine et notre absence de jugement, doublés de notre écoute, sont de précieux dons de soi que les brebis égarées ne trouveront pas dans d'autres cercles sociaux où le conformisme ou la performance sont prépondérants. Si nous réussissons à cette étape, nous nous inscrivons pleinement dans les pas de Jésus et par notre comportement-même, annonçons implicitement la Parole. Ensuite nous pourrons répondre aux questions qui émergeront naturellement chez notre interlocuteur, surpris dans sa singularité et sa subjectivité. C'est alors que les concepts plus abstraits intrinsèques à notre travail d'évangélisation pourront opérer.
Tels sont mon ressenti actuel et ma grille de lecture que je souhaitais partager avec vous. L'amour du prochain comme témoignage de l'Amour de Dieu.
Fraternellement.
Que sommes-nous censés annoncer avant l'Amour du Seigneur, la Résurrection et la Vie éternelle. Plusieurs des intervenants de ce forum ont pu constater et écrire la désaffection de l'Église par les classes populaires. Force est de constater que les 3 notions ci-dessus mentionnées ne sont pas accessibles dans un premier temps. En effet, proférer à votre interlocuteur que Dieu, dans sa Miséricorde, l'aime de manière infinie et dans sa singularité, alors même que votre interlocuteur se préoccupe principalement de son pouvoir d'achat, de ses factures et de ses crédits à la consommation, semble ne pas faire écho comme nous le souhaiterions dans notre effort d'évangélisation. La part abstraite et mystérieuse de l'Amour du Seigneur ne sont donc pas accessibles pour ceux qui sont aux prises avec des questions matérialistes mais également légitimes dans la prise en charge de leurs familles. C'est pourquoi j'avançais l'argument que les notions abstraites du christianisme s'adressent à des initiés. Mon propos n'est pas d'éluder ces aspects de la Bonne Nouvelle, puisque sans la Résurrection du Christ, point de Salut pour nous.
Cependant j'émets l'hypothèse que la Bonne Nouvelle doit être annoncée en faisant référence au quotidien de nos interlocuteurs. D'autres intervenants l'ont d'ailleurs souligné plus haut. Peut-être votre interrogation est de savoir quelles notions plus prosaïques nous pourrions annoncer dans un premier contact ?
La première idée est l'amour du prochain, avant d'évoquer son enracinement dans l'Amour de Dieu et pour Dieu. En effet il semble concret d'indiquer à qui l'on s'adresse que nous l'accueillons à la messe ou au presbytère, tel qu'il est, sans jugement, sans question de revenu, avec ses défauts, ses erreurs et par conséquent ses péchés. Notre chaleur humaine et notre absence de jugement, doublés de notre écoute, sont de précieux dons de soi que les brebis égarées ne trouveront pas dans d'autres cercles sociaux où le conformisme ou la performance sont prépondérants. Si nous réussissons à cette étape, nous nous inscrivons pleinement dans les pas de Jésus et par notre comportement-même, annonçons implicitement la Parole. Ensuite nous pourrons répondre aux questions qui émergeront naturellement chez notre interlocuteur, surpris dans sa singularité et sa subjectivité. C'est alors que les concepts plus abstraits intrinsèques à notre travail d'évangélisation pourront opérer.
Tels sont mon ressenti actuel et ma grille de lecture que je souhaitais partager avec vous. L'amour du prochain comme témoignage de l'Amour de Dieu.
Fraternellement.
"Le royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache, et dans sa joie il va, vend tout ce qu'il a, et achète ce champ". Évangile selon Saint Matthieu chap.13, v.44.
Re: Comment annoncer la foi chrétienne ?
Donc, finalement, il s'agit de pratiquer la charité, en fait, l'amour du prochain - et si, remarquant notre constance dans ce domaine, il nous en demande la source, l'origine, lui parler de notre foi.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
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