Quelles solutions alternatives à l'avortement en France ?

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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Amour&Responsabilité »

Si personne ne propose à ses amis de les aider à élever un enfant plutôt que d'avorter, c'est parce que les gens n'y pensent même pas, et n'oseraient pas faire cette proposition.

C'est à l'Église de promouvoir ce genre d'initiative, d'exhorter les uns à aider à accueillir des enfants, les autres à accepter de se laisser aider.

Dans le cas de la proposition que j'avais faite à mon amie, il ne s'agissait pas d'adoption. Je m'étais renseignée, rien ne nous interdisait dans la loi d'héberger cet enfant, tout en laissant tous les droits à la mère. C'est sûr que cela aurait supposé aussi certains déchirements, car on se serait attachés à cet enfant et réciproquement, mais il n'y aurait pas eu de raison de couper les liens un jour.

En suite, en ce qui concerne l'adoption, celle qui est encadrée par la loi, je pense qu'il n'y a rien de compliqué là-dedans. Les orphelinats poussiéreux dont parle Ficelle concernent plutôt les enfants qui n'ont pas été officiellement "abandonnés" par leurs parents, mais qui ont été retirés à leurs parents sans pour autant être adoptables. Pour ceux qui sont adoptables, il y a une foule de parents sur liste d'attente qui attendent des années pour pouvoir adopter, alors que tant d'enfants sont éliminés.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Isabelle47 »

Vous êtes une bonne personne, très généreuse et positive. :oui:

Cependant, est-ce que prendre en charge l'éducation d'un enfant sans l'adopter ne serait pas générateur de beaucoup de difficultés d'ordre relationnel?
Je pense à des tensions et conflits entre la mère et la famille qui élève son enfant. Cela suppose, pour que tout aille bien, une grande maturité de part et d'autre. Mais pourquoi pas, c'est assez admirable.

Vous dites que c'est à l'Eglise de donner le message mais cela demande aussi une organisation et un travail de mise en place par la suite, ne serait-ce que la mise en contact entre les personnes, une éventuelle surveillance et assistance et là, il faut des bras (et des têtes!) qui peuvent être bénévoles; encore faut-il les trouver, encore faut-il que ces personnes aient de réelles capacités pour accomplir cette tâche car l'amour, la bonne volonté ne suffisent pas.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Amour&Responsabilité »

Je ne pense pas qu'il faudrait institutionnaliser ce genre de pratiques. N'importe quelle femme, sauf pathologie, est apte à s'occuper d'un enfant. Institutionnaliser une entraide ponctuelle entre membres de la familles ou amis ou membres d'une même paroisse risquerait de dramatiser la situation. Ce que je demande à l'Église, c'est d'aider les chrétiens à ouvrir les yeux sur ce genre de possibilité d'exercer la charité auprès de leurs prochains, et d'aider les chrétiens à accepter ce genre d'aide quand ils en ont besoin. De la part d'un chrétien, se faire aider pour élever son enfant, ou encore donner son enfant à adopter, peut être un témoignage vital à donner à notre société. Car se faire aider est encore plus difficile que d'aider, quand ça concerne son propre enfant !

Bien sûr que c'est douloureux pour un enfant de ne pas vivre avec sa mère biologique. Mais vous devez savoir comme moi que les conflits, les défis, les souffrances, les ruptures, ne sont évitables dans aucune vie.

Camoufler les difficultés par un avortement secret, qui ne donne pas son mot à dire à celui qui est avorté, ne transformera pas la vie en fleuve tranquille pour autant, ni pour les parents, ni pour les autres enfants s'il y en a.

Choisir le défi de la vie dans des circonstances difficiles, ce sera douloureux parfois, mais c'est ce genre de défis qui rend la vie belle.
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Suliko
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Suliko »

Je ne vois que des mesures "dissuasive" et excessivement pénalisantes pour les femmes, mais aucune proposition réelle en faveur de la vie et de l'accueil de l'enfant.
J'aimerais juste revenir sur ce point précis. Je ne vois pas ce que vous entendez par mesure dissuasive et excessivement pénalisante pour les femmes. Jamais, en lisant des pro-vie, je n'ai eu cette impression.

Sinon, ce qui me pose problème, c'est les cas où la mère avorte pour des raisons économiques. Nous vivons tout de même en Occident, dans un pays riche. De plus, en France, les prestations sociales sont avantageuses. Il me semble donc que le problème, comme le dit amour et responsabilité, est ailleurs. C'est que notre société est trop individualiste, que les gens se sentent isolés et que l'entraide est moins présente que dans des pays pourtant bien plus pauvres. Je ne juge pas les mères qui agissent ainsi, mais je pointe juste du doigt une société telle que la nôtre qui, malgré sa richesse, n'est pas capable de résoudre de telles situations.

J'aimerais également préciser que je suis une femme et que je suis clairement contre l'avortement et toute loi qui permet ou encourage cet acte. Cela me peine que vous croyez que seuls les hommes sont contre la loi Veil d'une manière virulente.

D'ailleurs, je crois que le problème est avant tout que la société refuse de considérer les embryons comme des être humains. Interrogez les gens autour de vous, c'est flagrant de voir à quel point les raisonnements pour leur refuser ce statut peuvent être tordus, pour ne pas dire totalement irrationnels. Si tout le monde était convaincu qu'il s'agit de vies humaines à protéger, je peux vous assurer que le nombre d'avortement chuterait immédiatement. (Vous me direz: "Mais autrefois, elles avortaient quand même..." je vous répondrais alors que certes, il y avait des avortements, mais moins nombreux qu'aujourd'hui et que, d'autre part, il n'est plus du tout terriblement honteux aujourd'hui d'être enceinte hors mariage...)

Donc, pour résumer, le meilleur moyen pour diminuer l'avortement, c'est de faire prendre conscience aux gens de ce qu'est l'avortement. (A travers des associations, des marches pour la vie, etc...) et, comme le dit amour et responsabilité, de développer l'entraide, de ne pas hésitez à proposer son aide à une femme qui est prête à avorter...
Je ne pense pas non plus que la loi Veil puisse être abrogée d'un seul coup, mais c'est néanmoins un but clair, même si pas immédiat.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par PaxetBonum »

Vous demandez des aides ?
Oui vous avez raison.

Et bien faisons comme nos politiciens en lisse.
Etablissons les moyens et les sommes à trouver et cherchons comment y répondre.

Ne serait-il pas judicieux de chiffre le coût des avortements en France ?
Le coût de fonctionnement du planning familial.
Le coût des pratiques assassines hospitalières.
Le coût des médicaments abortifs.
Le coût des séances de psychotrucs pour se remettre de son avortement…

Tout cela coûte une fortune qui, redistribuée, autoriserait de nombreuses aides et soutiens
Beaucoup d'énergie et d'argent perdu à tuer pourraient être consacrés à faire vivre.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par salésienne05 »

Le travail en amont :

- penser que nous nous adressons à TOUS les Français, quelle que soit ler confession ou leur non-confession. Donc, si nous souhaitons résoudre le problème de l'avortement en France, notre démarche première n'est pas confessionnelle. C'est réellement car nous pensons que CHAQUE VIE mérite d'être accueillie et vécue.

- L'embryon : c'est là que le bât blesse. Car, jusqu'à la seconde semaine, voire jusqu'au 21è jour environ, l'embryon n'en est pas un. Alors, mis à part le côté "confessionnel", je ne vois pas comment prouver qu'une cellule divisée, sans système nerveux, et sans ébauche de coeur, est un être humain... Nous, on veut bien le croire par la foi, mais ceux qui n'ont pas la foi, comment le pourraient-ils ? Ceci dit, ce n'est qu'un minuscule problème dans la mesure où la majorité des avortements ont lieu bien après le jour "fécondation + 18"

Pour enrayer l'avortement chez les plus jeunes :

- une solide formation amoureuse et sexuelle dès la 3è (voire avant : les jeunes sont excessivement précoces en la matière actuellement) : l'amour, le désir, les bases d'une relation amoureuse saine, les cycles, la fécondité féminine, la fécondité masculine, apprendre à connaître son corps et ses périodes de fécondité en atelier (méthode Billings, sympto-thermique, etc). Travailler notamment sur le chantage affectif qui peut s'opérer envers les jeunes filles ("si tu ne couches pas, je te quitte")
- pour les parents : difficile car souvent, notamment dans les milieux défavorisés, ce thème n'est jamais abordé ou mal.
- informer, même si cela peut blesser l'entendement d'un catholique pratiquant, sur les moyens de contraception.
- créer un réseau de familles d'accueil, où les jeunes filles pourraient être accueillies en dehors de leur lieu de vie habituel (sauf si elles sont assez fortes pour affronter le regard des autres), pourraient poursuivre leurs études, avoir un soutien affectif et financier.
- créer des cellules d'accompagnements jusqu'au troisième anniversaire de l'enfant, voire plus si cela est nécessaire.
- imaginer un "médiateur" familial pour éviter les réactions trop sévères et disproportionnées des familles face à la grossesse de leur fille.
- faciliter l'entraide familiale

Pour les plus âgées :

- le même genre de réseaux que pour les jeunes filles pour les femmes les plus démunies ou seules.
- une politique de logement pertinente (chez nous, en zone touristique, aucun logement de plus de 70 m² accessible à des classes moyennes)
- des allocations familiales plus adaptées (indexées sur le revenu et sur le lieu de résidence -le coût de la vie variant d'un lieu à un autre)
- des vraies aides familiales (crèches, nourrices, périscolaire, aides pour les enfants en situation de handicap, etc).
- une éducation "patronale" vis à vis des mères (une de mes amies, mère de 4 enfants et cadre, s'est entendue dire par son patron, à chacune de ses grossesses "eh bien, je ne vous félicite pas !").
- mettre les pères biologiques devant leurs responsabilités (quand ils n'assument pas), et les responsabiliser dans la maîtrise de la fécondité (quand ils sont présents).

Isabelle faisait remarquer justement leproblème du coût de ce genre de mesures... Oui, certes, mais là, je dirais qu'il faut prendre l'argent là où il est pour le distribuer à bon escient. Nul n'a besoin de 800 000 € de salaire annuel pour vivre (les émolument du PDG d'Orange me semble-t-il), d'autant que nul travail ne "vaut" tant, quelles que soient les responsabilités...Avoir un salaire rien qu'en plaçant son argent n'est pas très vertueux non plus. L'argent, quand il faut le trouver, on le trouve toujours...

Enfin, le problème du logement est vraiment prégnant. Ma belle-mère, avec ses 11 enfants me disait : "Quand on fait beaucoup d'enfants, il faut soit beaucoup d'argent, soit beaucoup de place". Je le crois aisément aujourd'hui.

Fraternellement.

Cécile
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Isabelle47 »

Salesienne, merci, vous faites un tour d'horizon précis et réaliste (exhaustif?).

Cela en serait presque décourageant de prendre ainsi conscience que la mise en pratique de ses convictions est tellement complexe et difficile à réaliser!
D'autant qu'aucun parti politique ne semble prêt à s'engager dans une voie ou l'autre telles que vous les mentionnez :(
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Suliko
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Suliko »

- L'embryon : c'est là que le bât blesse. Car, jusqu'à la seconde semaine, voire jusqu'au 21è jour environ, l'embryon n'en est pas un. Alors, mis à part le côté "confessionnel", je ne vois pas comment prouver qu'une cellule divisée, sans système nerveux, et sans ébauche de coeur, est un être humain... Nous, on veut bien le croire par la foi, mais ceux qui n'ont pas la foi, comment le pourraient-ils ? Ceci dit, ce n'est qu'un minuscule problème dans la mesure où la majorité des avortements ont lieu bien après le jour "fécondation + 18"
Vous vous trompez. Notre argumentation n'a rien de confessionnel. Si nous croyons qu'il y a vie dès la conception, c'est grâce à des arguments rationnels, scientifiques. Il y a matériel génétique dès la fusion de l'ovule et du spermatozoïde. Il ne s'agit donc pas que d'un tas de cellules, mais bien de cellules destinées à donner un être humain. Bref, d'autres membres du forum vous expliquerons cela mieux que moi. Tout est écrit dans les fils consacrés à la question (Je pense notamment aux posts de Raistlin, qui sont bien écrits et clairs sur la question)

- une solide formation amoureuse et sexuelle dès la 3è (voire avant : les jeunes sont excessivement précoces en la matière actuellement) : l'amour, le désir, les bases d'une relation amoureuse saine, les cycles, la fécondité féminine, la fécondité masculine, apprendre à connaître son corps et ses périodes de fécondité en atelier (méthode Billings, sympto-thermique, etc). Travailler notamment sur le chantage affectif qui peut s'opérer envers les jeunes filles ("si tu ne couches pas, je te quitte")
Vous n'imaginez pas à quel point ce genre de formation sera décrié comme réac par les associations féministes...

Et en ce qui concerne les moyens de contraceptions, il ne faut quand même pas oublier que la majorité des femmes qui avortent étaient justement sous contraception. En plus, vous ne croyez pas que c'est un peu contradictoire avec ce que vous venez d'écrire sur la formation amoureuse? Ce que l'on nous enseigne actuellement en cours, c'est justement que l'on peut avoir des relations sexuelles dès que l'on se sent prêt (et l'on dit cela à des jeunes de 12-13 ans...Je vous laisse imaginer l'impact...) et qu'il ne faut pas oublier sa contraception. Bref, tout l'opposé d'une véritable éducation à l'amour.

Sinon, pour le reste, je suis globalement d'accord. Surtout sur la question du logement. Il est vrai que les appartements sont peu prévus pour des familles nombreuses...
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par PaxetBonum »

salésienne05 a écrit :
- L'embryon : c'est là que le bât blesse. Car, jusqu'à la seconde semaine, voire jusqu'au 21è jour environ, l'embryon n'en est pas un. Alors, mis à part le côté "confessionnel", je ne vois pas comment prouver qu'une cellule divisée, sans système nerveux, et sans ébauche de coeur, est un être humain... Nous, on veut bien le croire par la foi, mais ceux qui n'ont pas la foi, comment le pourraient-ils ? Ceci dit, ce n'est qu'un minuscule problème dans la mesure où la majorité des avortements ont lieu bien après le jour "fécondation + 18"
Là cela relève de l'horticulture : si vous voulez savoir 'quelle est cette graine ?' vous la laissez pousser et vous en verrez l'arbre.
J'invite ceux qui pensent que ces cellules en divisions ne sont pas dores et déjà un être humain, à le laisser croître et ils verront le résultat.
Un prêtre expliquait cela très bien à ses étudiants de philosophie pro-avortement :
"A la naissance c'est un être humaine ? "
"Oui" répondent-ils
"2 mois avant c'était un être humain ?"
"Oui" répondent-ils
"4 mois avan c'était un être humain ?"
"Oui" répondent-ils
"8 mois avan c'était un être humain ?"
"Oui" répondent-ils
"Bon alors, à quel moment il cesse d'être humain quand on remonte dans le temps ?"
Grand silence…
Pax et Bonum !
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par PaxetBonum »

Suliko a écrit :
Et en ce qui concerne les moyens de contraceptions, il ne faut quand même pas oublier que la majorité des femmes qui avortent étaient justement sous contraception. En plus, vous ne croyez pas que c'est un peu contradictoire avec ce que vous venez d'écrire sur la formation amoureuse? Ce que l'on nous enseigne actuellement en cours, c'est justement que l'on peut avoir des relations sexuelles dès que l'on se sent prêt (et l'on dit cela à des jeunes de 12-13 ans...Je vous laisse imaginer l'impact...) et qu'il ne faut pas oublier sa contraception. Bref, tout l'opposé d'une véritable éducation à l'amour.
Vous avez raison.
Vous ne prévoyez pas dans votre programme une éducation au respect de la vie, à la notion de responsabilité amoureuse…
Enseigner la contraception c'est donner porte ouverte aux relations sexuelles désordonnées, on l'a bien constaté.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Amour&Responsabilité »

salésienne05 a écrit :Le travail en amont :

- penser que nous nous adressons à TOUS les Français, quelle que soit ler confession ou leur non-confession. Donc, si nous souhaitons résoudre le problème de l'avortement en France, notre démarche première n'est pas confessionnelle. C'est réellement car nous pensons que CHAQUE VIE mérite d'être accueillie et vécue.

- L'embryon : c'est là que le bât blesse. Car, jusqu'à la seconde semaine, voire jusqu'au 21è jour environ, l'embryon n'en est pas un. Alors, mis à part le côté "confessionnel", je ne vois pas comment prouver qu'une cellule divisée, sans système nerveux, et sans ébauche de coeur, est un être humain... Nous, on veut bien le croire par la foi, mais ceux qui n'ont pas la foi, comment le pourraient-ils ? Ceci dit, ce n'est qu'un minuscule problème dans la mesure où la majorité des avortements ont lieu bien après le jour "fécondation + 18"
[+] Texte masqué
Pour enrayer l'avortement chez les plus jeunes :

- une solide formation amoureuse et sexuelle dès la 3è (voire avant : les jeunes sont excessivement précoces en la matière actuellement) : l'amour, le désir, les bases d'une relation amoureuse saine, les cycles, la fécondité féminine, la fécondité masculine, apprendre à connaître son corps et ses périodes de fécondité en atelier (méthode Billings, sympto-thermique, etc). Travailler notamment sur le chantage affectif qui peut s'opérer envers les jeunes filles ("si tu ne couches pas, je te quitte")
- pour les parents : difficile car souvent, notamment dans les milieux défavorisés, ce thème n'est jamais abordé ou mal.
- informer, même si cela peut blesser l'entendement d'un catholique pratiquant, sur les moyens de contraception.
- créer un réseau de familles d'accueil, où les jeunes filles pourraient être accueillies en dehors de leur lieu de vie habituel (sauf si elles sont assez fortes pour affronter le regard des autres), pourraient poursuivre leurs études, avoir un soutien affectif et financier.
- créer des cellules d'accompagnements jusqu'au troisième anniversaire de l'enfant, voire plus si cela est nécessaire.
- imaginer un "médiateur" familial pour éviter les réactions trop sévères et disproportionnées des familles face à la grossesse de leur fille.
- faciliter l'entraide familiale

Pour les plus âgées :

- le même genre de réseaux que pour les jeunes filles pour les femmes les plus démunies ou seules.
- une politique de logement pertinente (chez nous, en zone touristique, aucun logement de plus de 70 m² accessible à des classes moyennes)
- des allocations familiales plus adaptées (indexées sur le revenu et sur le lieu de résidence -le coût de la vie variant d'un lieu à un autre)
- des vraies aides familiales (crèches, nourrices, périscolaire, aides pour les enfants en situation de handicap, etc).
- une éducation "patronale" vis à vis des mères (une de mes amies, mère de 4 enfants et cadre, s'est entendue dire par son patron, à chacune de ses grossesses "eh bien, je ne vous félicite pas !").
- mettre les pères biologiques devant leurs responsabilités (quand ils n'assument pas), et les responsabiliser dans la maîtrise de la fécondité (quand ils sont présents).

Isabelle faisait remarquer justement leproblème du coût de ce genre de mesures... Oui, certes, mais là, je dirais qu'il faut prendre l'argent là où il est pour le distribuer à bon escient. Nul n'a besoin de 800 000 € de salaire annuel pour vivre (les émolument du PDG d'Orange me semble-t-il), d'autant que nul travail ne "vaut" tant, quelles que soient les responsabilités...Avoir un salaire rien qu'en plaçant son argent n'est pas très vertueux non plus. L'argent, quand il faut le trouver, on le trouve toujours...

Enfin, le problème du logement est vraiment prégnant. Ma belle-mère, avec ses 11 enfants me disait : "Quand on fait beaucoup d'enfants, il faut soit beaucoup d'argent, soit beaucoup de place". Je le crois aisément aujourd'hui.

Fraternellement.
Cécile
Bonjour Cécile,

Plusieurs de vos propositions sont très intéressantes, mais vous nous proposez là un programme politique dont nous ne pouvons pas espérer qu'il sera mis en place par le prochain président, quel qu'il soit...

Nous pourrions aussi souhaiter que tous les hommes respectent les femmes et toutes les femmes respectent les hommes, mais ça ne nous avance pas beaucoup.

Si j'ai parlé d'initiatives que pourrait prendre l'Église, et d'attitudes que pourraient adopter les chrétiens, c'est parce que nous sommes l'Église, et nous pouvons agir dans ce sens. Et tout ce que nous pourrons commencer à vivre entre chrétiens, toutes les attitudes que les chrétiens pourront avoir envers leurs frères chrétiens et non chrétiens finira par avoir des répercussions sur la société tout entière, avec le temps.

Nous pouvons aussi soutenir les associations militantes comme l'alliance VITA, la Fondation de Service Politique, l'institut Jérôme Lejeune, qui essaient de sensibiliser la population, en particulier via Internet, et de faire pression sur les politiques pour qu'ils adoptent l'une ou l'autre mesure. Mais les résultats sont limités et très lents à obtenir, sauf exception, comme quand l'Alliance VITA a réussi à empêcher que l'Europe vote la suppression du droit à l'objection de conscience.

Je pense que ce qui est le plus efficace pour faire évoluer la société, c'est que nous chrétiens ayons d'une part les idées très claires sur le bien et le mal (et en ce sens le genre d'échanges que nous avons est très bon), et qu'en même temps nous ayons un profond amour pour chacun, sans juger ceux qui agissent contre la vie, souvent sans avoir conscience de la portée de leurs actes, et en étant toujours disponibles pour aider à sauver une vie.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Kerniou »

Je souscris aux propos qui déplorent qu'une loi qui avait été adoptée pour les situations de détresse soit maintenant utilisée comme contraception ou mesure de facilité; même des médecins pro- avortement se plaignent de ce droit à l'avortement revendiqué !
En ce qui concerne la propension au recours à l'avortement plutôt qu'à la grossesse menée jusqu'à son terme, je voudrais rappeler que dans les premières semaines la femme ne sent pas l'enfant grandir en elle et il reste donc un peu "abstrait" tout comme la sensation et le sentiment de porter la vie en elle. Ce début de grossesse ne se fait promesse de vie que quand l'enfant est désiré et attendu. Quand la mère le sent bouger, les choses changent.
Si l'avortement reste un traumatisme, l'abandon pour le don à une autre famille en est un autre encore plus culpabilisant puisque la mère doit se séparer d'un enfant vivant et constitué qu'elle a senti vivre en elle. L'avortement parait si simple ... alors qu'il n'en est rien.
Heureusement, l'opprobre que l'entourage portait sur la grossesse hors mariage a cessé; mais au profit d'un souci de bien-être et de confort de vie imposé par l'entourage. Comme si le corps de la femme et sa fécondité restaient un enjeu pour le groupe social.

Je voudrais reprendre quelques points:
- Le fait de prendre en charge l'enfant d'un(e) ami(e) ou d'un(e) parent(e) est déjà reconnu par la loi sous le terme de: " Tiers digne de confiance " qui assure à ses frais l'éducation des enfants qui lui sont officiellement confiés avec l'accord de la famille biologique. Contrairement aux " Familles d'Accueil ", les tiers dignes de confiance ne perçoivent pas de salaire et, si je ne m'abuse, les prestations sociales sont leur versées ou non, en fonction de leurs ressources et de celles de la famille biologique. Que quelqu'un me reprenne si je me trompe; d'autant plus que les lois changent.
- En ce qui concerne les allocations pour les enfants handicapés, les parents doivent s'adresser à la Maison Départementale Pour le Handicap ( MDPH ). Ils vont constituer un dossier qui est examiné en commissions pour évaluer les aides en besoin de présence d'une tierce personne en fonction des soins que le handicap de l'enfant nécessite et de son autonomie qui est appréciée en fonction de celle d'un enfant de son âge. Les enfants scolarisés ou accueillis dans un établissement ou service spécialisé bénéficient d'une " Allocation d'Education Spéciale " de base qui à la quelle s'ajoute un complément relatif à l'aide personnalisée dont l'enfant a besoin. En fonction de l'évolution de l'enfant, les indemnités peuvent diminuer; ce qui n'est pas bien vécu par certaines familles.
" L'Allocation d'Adulte Handicapé " (AAH) est accordée à partir de 20 ans. Il est possible que les noms de ces indemnités aient changé mais le principe reste le même.
Pour avoir siégé dans ces commissions, je peux dire que les parents et les enfants y sont reçus et les cas y sont étudiés avec sérieux en fonction des barèmes établis par la loi. Dans certains départements, le nouveau système s'est mis en place avec retards et dysfonctionnements...
Ces allocations sont, maintenant, versées par le Conseil Général ce qui fait que selon les moyens des départements et régions les montants octroyés varient...
Je suis sortie du cadre stricto sensu des solutions alternatives à l'avortement mais les sujets avaient été évoqués.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Cgs »

Bonjour,
salésienne05 a écrit : - L'embryon : c'est là que le bât blesse. Car, jusqu'à la seconde semaine, voire jusqu'au 21è jour environ, l'embryon n'en est pas un. Alors, mis à part le côté "confessionnel", je ne vois pas comment prouver qu'une cellule divisée, sans système nerveux, et sans ébauche de coeur, est un être humain... Nous, on veut bien le croire par la foi, mais ceux qui n'ont pas la foi, comment le pourraient-ils ? Ceci dit, ce n'est qu'un minuscule problème dans la mesure où la majorité des avortements ont lieu bien après le jour "fécondation + 18"
Cette idée est fausse, tant sur le plan scientifique que sur le plan métaphysique.

Relisez le fil de discussion sur l'avortement, en particulier la page 8 où cela est expliqué :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... &start=105

Le reste de vos propositions, en accord avec le sujet de ce fil de discussion, est intéressant. Bien-sûr, c'est difficile à mettre en place, mais je suis persuadé que cela est possible.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par ti'hamo »

@Salésienne

Il me semble que touts vos propositions sont de bon sens, et recoupent ce que j'avais en tête en essayant de formuler une réponse lorsque j'ai commencé la lecture de ce fil.

Par contre, pour être réaliste il ne faut pas oublier qu'il y a un problème de mentalité qui freine ou empêche l'application de telles mesures : l'éducation des jeunes générations comme vous la demandez est évidemment une énorme partie de la solution,
mais avec cette proposition vous vous ferez incendier et jeter comme réactionnaire et fasciste à la solde du Vatican et du retour à l'ordre moral. La seule question qu'on vous posera sera : "ah, mais, vous, vous êtes croyante, non ? Ah oui ben d'accord, on a compris".

Parce que vous voulez mettre la connaissance de son corps, de son cycle, et les méthodes fondées sur cette connaissance (Billings, sympto-thermique), sur le même plan que les autres méthodes de contraception : là, vous vous attaquez à un dogme (non, mais, c'est bien, et je dis la même chose - je dis juste qu'il y a un groooos obstacle à la réalisation de ces mesures).
Jetez un œil sur les publications du Planning Familial, tout puissant dans ce domaine : toutes ces techniques y sont groupées sous le terme "méthodes naturelles", en précisant que ça n'est pas fiable, point.
(ce qui est aussi intelligent et sensé que si on chiffrait l'efficacité des autres méthodes en les regroupant toutes ensembles, sas les distinguer).

De plus, la volonté de mettre en œuvre toutes ces mesures saines et intelligentes, est forcément ancrée dans la conviction que l'avortement est un mal à éviter à tout prix. Or, ça, c'est une idée de moins en moins autorisée - voir à ce sujet de récentes polémiques, sur le fait qu'un avortement puisse être "de confort", voir aussi à ce sujet les réactions de responsables (femmes) européennes, l'année dernière, à la campagne organisée en Hongrie pour promouvoir l'adoption : une campagne sans condamnation des femmes demandant l'avortement, mais qui a été accusée d'être en totale contradiction avec les "valeurs de l'Europe".

Il faut donc bien être conscient de cela : oser dire que l'avortement est un mal qu'il faut éviter, sera de plus en plus difficile à affirmer. L'idée en place, c'est que l'avortement doit être un droit, point, et qu'il ne faut pas discuter plus loin, que toute discussion est une "remise en cause du droit à l'avortement" (oui, même si vous expliquez que vous ne voulez pas abroger ce droit), que l'avortement doit être vu comme une solution parmi d'autres et que toute idée différente sur cette question revient à juger les femmes qui avortent (ben, oui, si vous dites que l'avortement c'est un mal à éviter, alors vous dites qu'elles auraient dû l'éviter, hein ? hein ?), et ça c'est mal.


Donc, oui à vos mesures, mais il y a un gros mur idéologique à franchir, à contourner ou à percer.
Dans le contexte actuel, personne ne vous laissera jamais mettre en place une éducation à la sexualité telle que vous la proposez - parce que, voyez-vous, ce serait trop "moralisateur".

L'éducation sexuelle à la mode, c'est l'exposition "le zizi sexuel", avec Titeuf et ses amis, je vous le rappelle.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
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ti'hamo
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par ti'hamo »

@Salésienne

Mais sinon, concrètement, oui, je suis d'accord avec vous, j'aurais des responsabilités politiques c'est ce que je voudrais mettre en place. Notamment concernant le logement - c'est bien, vous montrez comment tout est lié :
je continue de m'étonner qu'il n'y ait aucun contrôle politique sur le prix de l'immobilier - qui dans certaines régions est totalement indécent.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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